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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Mais sa m�ditation n�avait pas �t� troubl�e encore, soit que l�entr�e de la grotte e�t �chapp� aux uns, soit que les autres, l�ayant vue, eussent d�daign� d�y entrer.

Tout � coup, une ombre timide, ind�cise, s�interposa entre le jour et la caverne, sur le seuil m�me� Philippe vit quelqu�un marcher, les mains en avant, la t�te baiss�e, du c�t� de l�eau murmurante. Cette personne se heurta m�me une fois aux rochers, son pied ayant gliss� sur des herbes.

Alors Philippe se leva et vint tendre la main � cette personne pour l�aider � reprendre le bon chemin. Dans ce mouvement de courtoisie, ses doigts rencontr�rent la main du voyageur dans les t�n�bres.

� Par ici, dit-il avec affabilit�; monsieur, l�eau est par ici.

Au son de cette voix, l�inconnu leva pr�cipitamment la t�te, et s�appr�tait � r�pondre, montrant � d�couvert son visage dans la p�nombre azur�e de la grotte.

Mais Philippe, poussant tout � coup un cri d�horreur, fit un bond en arri�re.

L�inconnu, de son c�t�, jeta un cri d�effroi et recula.

� Gilbert!

� Philippe!

Ces deux mots �clat�rent en m�me temps, comme un tonnerre souterrain.

Puis on n�entendit plus que le bruit d�une sorte de lutte. Philippe avait serr� de ses deux mains le cou de son ennemi, et l�attirait au fond de la caverne.

Gilbert se laissait tra�ner sans prof�rer une seule plainte. Adoss� aux roches de l�enceinte, il ne pouvait plus reculer.

� Mis�rable! je te tiens, enfin!� rugit Philippe. Dieu te livre � moi� Dieu est juste!

Gilbert �tait livide et ne faisait pas un geste; il laissa tomber ses deux bras � ses c�t�s.

� Oh! l�che et sc�l�rat! dit Philippe; il n�a pas m�me l�instinct de la b�te f�roce qui se d�fend.

Mais Gilbert r�pondit d�une voix pleine de douceur:

� Me d�fendre! Pourquoi?

� C�est vrai, tu sais bien que tu es en mon pouvoir, tu sais bien que tu as m�rit� le plus horrible ch�timent. Tous tes crimes sont av�r�s. Tu as avili une femme par la honte et tu l�as tu�e par l�inhumanit�. C��tait peu pour toi de souiller une vierge, tu as voulu assassiner une m�re!

Gilbert ne r�pondit rien. Philippe, qui s�enivrait insensiblement au feu de sa propre col�re, porta de nouveau sur Gilbert des mains furieuses. Le jeune homme ne r�sista point.

� Tu n�es donc pas un homme? dit Philippe en le secouant avec rage, tu n�en as donc que le visage?� Quoi! pas m�me de r�sistance!� Mais je t��trangle, tu vois bien, r�siste donc! d�fends-toi donc� l�che! l�che! assassin!

Gilbert sentit les doigts ac�r�s de son ennemi p�n�trer dans sa gorge; il se redressa, se roidit et, vigoureux comme un lion, jeta loin de lui Philippe, d�un seul mouvement d��paules, puis il se croisa les bras.

� Vous voyez, dit-il, que je pourrais me d�fendre si je voulais; mais � quoi bon? Voil� que vous courez � votre fusil. J�aime bien mieux �tre tu� d�un seul coup que d�chir� par des ongles et �cras� de coups honteux.

Philippe avait saisi, en effet, son fusil; mais, � ces mots, il le repoussa.

� Non, murmura-t-il.

Puis, tout haut:

� O� vas-tu?� Comment es-tu venu ici?

� Je suis embarqu� sur l�Adonis.

� Tu te cachais donc? Tu m�avais donc vu?

� Je ne savais pas m�me que vous fussiez � bord.

� Tu mens.

� Je ne mens pas.

� Comment se fait-il que je ne t�aie pas vu?

� Parce que je ne sortais de ma chambre que la nuit.

� Tu vois, tu te caches!

� Sans doute.

� De moi?

� Non, vous dis-je; je vais en Am�rique avec une mission, et je ne dois pas �tre vu. Le capitaine m�a log� � part� pour cela.

� Tu te caches, te dis-je, pour me d�rober ta personne� et surtout pour cacher l�enfant que tu as d�rob�.

� L�enfant? dit Gilbert.

� Oui, tu as vol� et emport� cet enfant pour t�en faire une arme un jour, pour en tirer un gain quelconque, mis�rable!

Gilbert secoua la t�te.

� J�ai repris l�enfant, dit-il, pour que personne ne lui apprit � m�priser ou � renier son p�re.

Philippe reprit haleine un moment.

� Si cela �tait vrai, dit-il, si je pouvais le croire, tu serais moins sc�l�rat que je ne l�ai pens�; mais tu as vol�, pourquoi ne mentirais-tu pas?

� Vol�! j�ai vol�, moi?

� Tu as vol� l�enfant.

� C�est mon fils! il est � moi! On ne vole pas, monsieur, quand on reprend son propre bien.

� �coute! dit Philippe fr�missant de col�re. Tout � l�heure l�id�e m�est venue de te tuer. Je l�avais jur�, j�en avais le droit.

Gilbert ne r�pondit pas.

� Maintenant, Dieu m��claire. Dieu t�a jet� sur mon chemin comme pour me dire: �La vengeance est inutile; on ne doit se venger que quand on est abandonn� de Dieu�� Je ne te tuerai pas; je d�truirai seulement l��difice de malheur que tu as �chafaud�. Cet enfant est ta ressource pour l�avenir; tu vas tout � l�heure me rendre cet enfant.

� Mais je ne l�ai pas, dit Gilbert. On n�emm�ne pas en mer un enfant de quinze jours.

� Il a bien fallu que tu lui trouves une nourrice: pourquoi n�aurais-tu pas emmen� la nourrice?

� Je vous dis que je n�ai pas emmen� l�enfant.

� Alors tu l�as laiss� en France? � quel endroit l�as-tu laiss�?

Gilbert se tut.

� R�ponds! o� l�as-tu mis en nourrice et avec quelles ressources?

Gilbert se tut.

� Ah! mis�rable, tu me braves! dit Philippe; tu ne crains donc pas de r�veiller ma col�re?� Veux-tu me dire o� est l�enfant de ma s�ur? Veux-tu me rendre cet enfant?

� Mon enfant est � moi, murmura Gilbert.

� Sc�l�rat! Tu vois bien que tu veux mourir!

� Je ne veux pas rendre mon enfant.

� Gilbert, �coute, je te parle avec douceur; Gilbert, j�essaierai d�oublier le pass�, j�essaierai de te pardonner; Gilbert, tu comprends ma g�n�rosit�, n�est-ce pas?� Je te pardonne! Tout ce que tu as jet� de honte et de malheur sur notre maison, je te le pardonne; c�est un grand sacrifice� Rends-moi cet enfant. Veux-tu davantage?� Veux-tu que j�essaie de vaincre les r�pugnances si l�gitimes d�Andr�e? Veux-tu que j�interc�de pour toi? Eh bien!� je le ferai� rends-moi cet enfant� Encore un mot� Andr�e aime son fils� ton fils avec fr�n�sie; elle se laissera toucher par ton repentir, je te le promets, je m�y engage; mais rends-moi cet enfant, Gilbert, rends-le-moi!

Gilbert croisa ses bras en fixant sur Philippe un regard plein du feu le plus sombre.

� Vous ne m�avez pas cru, dit-il, je ne vous crois pas; non que vous ne soyez un honn�te homme, mais parce que j�ai sond� l�ab�me des pr�jug�s de caste. Plus de retour possible, plus de pardon. Nous sommes ennemis mortels� Vous �tes le plus fort, soyez vainqueur� Je ne vous demande pas votre arme, moi; ne me demandez pas la mienne�

� Tu avoues donc que c�est une arme?

� Contre le m�pris, oui; contre l�ingratitude, oui; contre l�insulte, oui!

� Encore une fois, Gilbert, dit Philippe l��cume � la bouche, veux-tu?�

� Non.

� Prends garde!

� Non.

� Je ne veux pas t�assassiner; je veux que tu aies la chance de tuer le fr�re d�Andr�e. Un crime de plus!� Ah! ah! c�est tentant. Prends ce pistolet; en voici un autre; comptons chacun jusqu�� trois, et tirons.

Et il jeta un des deux pistolets aux pieds de Gilbert.

Le jeune homme resta immobile.

� Un duel, dit-il, c�est justement ce que je refuse.

� Tu aimes mieux que je te tue! s��cria Philippe, fou de rage et de d�sespoir.

� J�aime mieux �tre tu� par vous.

� R�fl�chis� Ma t�te se perd.

� J�ai r�fl�chi.

� Je suis dans mon droit: Dieu doit m�absoudre.

� Je le sais� tuez-moi.

� Une derni�re fois, veux-tu te battre?

� Non.

� Tu refuses de te d�fendre?

� Oui.

� Eh bien, meurs comme un sc�l�rat dont je purge la terre, meurs comme un sacril�ge, meurs comme un bandit, meurs comme un chien!

Et Philippe l�cha son coup de pistolet presque � bout portant sur Gilbert. Celui-ci �tendit les bras, pencha d�abord en arri�re, puis en avant, et tomba sur la face sans pousser un cri. Philippe sentit le sable s�impr�gner sous son pied d�un sang ti�de; il perdit tout � fait la raison, et s��lan�a hors de la caverne.

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