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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Puis, roulant le nouveau-n� dans une couverture de laine il l�emporta, laissant la porte entreb�ill�e, pour ne pas redoubler le bruit si dangereux.

Une minute apr�s, il avait gagn� la rue par le jardin; il courait � la rencontre de son cabriolet, en chassait le postillon qui s��tait endormi sous la capote, et, fermant le rideau de cuir, tandis que l�homme remontait � chevaclass="underline"

� Un demi-louis pour toi, dit-il, si dans un quart d�heure nous avons franchi la barri�re.

Les chevaux, ferr�s � glace, partirent au galop.

Chapitre 160. La famille Pitou

Pendant la route, tout effrayait Gilbert. Le bruit des voitures qui suivaient ou d�passaient la sienne, les plaintes du vent dans les arbres dess�ch�s lui semblaient �tre une poursuite organis�e, ou des cris pouss�s par ceux � qui l�enfant avait �t� pris.

Cependant, rien ne mena�ait. Le postillon fit bravement son devoir et les deux chevaux arriv�rent fumants � Dammartin � l�heure que Gilbert avait fix�e, c�est-�-dire avant les premi�res clart�s du jour.

Gilbert donna son demi-louis, changea de chevaux et de postillon, et la course recommen�a.

Pendant toute la premi�re partie de la route, l�enfant, soigneusement abrit� par la couverture et garanti par Gilbert lui-m�me, n�avait pas senti les atteintes du froid et n�avait point pouss� un seul cri. Sit�t que le jour parut, apercevant au loin la campagne, Gilbert se sentit plus courageux, et, pour couvrir les plaintes que l�enfant commen�ait � faire entendre, il entama une de ces �ternelles chansons comme il en chantait � Taverney au retour de ses chasses.

Le cri de l�essieu, des soupentes, le bruit de ferraille de toute la voiture, les grelots des chevaux, lui firent un accompagnement diabolique dont le postillon augmenta lui-m�me l�intensit� en m�lant au refrain de Gilbert les �clats d�une Bourbonnaise tant soit peu s�ditieuse.

Il en r�sulta que ce dernier conducteur ne soup�onna m�me pas que Gilbert emportait un enfant dans le cabriolet. Il arr�ta ses chevaux en avant de Villers-Cotter�ts, re�ut, comme on en �tait convenu, le prix du voyage, plus un �cu de six livres, et Gilbert reprenant son fardeau soigneusement enferm� par les plis de la couverture, entonnant le plus s�rieusement possible sa chanson, s��loigna subitement, enjamba un foss� et disparut dans un sentier jonch� de feuilles, qui descendait, en tournoyant � gauche de la route, vers le village d�Haramont.

Le temps s��tait mis au froid. Plus de neige depuis quelques heures; un terrain ferme et h�riss� de broussailles aux longs filaments, aux touffes �pineuses. Au-dessus se dessinaient, sans feuilles et attrist�s, les arbres de la for�t, par les branchages desquels brillait l�azur p�le d�un ciel encore embrum�.

L�air si vif, les parfums des essences de ch�ne, les perles de glace suspendues aux extr�mit�s des branches, toute cette libert�, toute cette po�sie frapp�rent vivement l�imagination du jeune homme.

Il marcha d�un pas rapide et fier par la petite ravine, sans broncher, sans chercher; car il interrogeait, au milieu des bouquets d�arbres, le clocher du hameau et la fum�e bleue des chemin�es qui filtrait parmi les treillis gris�tres des branchages. Au bout d�une petite demi-heure, il franchissait un ruisseau bord� de lierre et de cresson jaunis, et demandait, � la premi�re cabane, aux enfants d�un laboureur, de le conduire chez Madeleine Pitou.

Muets et attentifs, sans �tre h�b�t�s ni immobiles comme d�autres paysans, les enfants se lev�rent, et regardant l��tranger dans les yeux, ils le conduisirent, se tenant par la main, jusqu�� une chaumi�re assez grande, d�assez bonne apparence, et situ�e sur le bord du ruisseau qui longeait la plupart des maisons du village.

Ce ruisseau roulait ses eaux limpides et un peu grossies par les premi�res fontes de neige. Un pont de bois, c�est-�-dire une grosse planche, joignait la route aux degr�s de terre qui conduisaient � la maison.

L�un des enfants, ses guides, montra de la t�te � Gilbert que l� demeurait Madeleine Pitou.

� L�? r�p�ta Gilbert.

L�enfant baissa le menton sans articuler un mot.

� Madeleine Pitou? demanda encore une fois Gilbert � l�enfant.

Et celui-ci ayant r�it�r� sa muette affirmation, Gilbert franchit le petit pont et vint pousser la porte de la chaumi�re, tandis que les enfants, qui s��taient repris la main, regardaient de toutes leurs forces ce que venait faire chez Madeleine ce beau monsieur en habit brun, avec des souliers � boucles.

Du reste, Gilbert n�avait encore aper�u dans le village d�autres cr�atures vivantes que ces enfants. Haramont �tait bien r�ellement le d�sert tant souhait�.

Aussit�t que la porte eut �t� ouverte, un spectacle plein de charme pour tout le monde en g�n�ral, et pour un apprenti philosophe en particulier, frappa les regards de Gilbert.

Une robuste paysanne allaitait un bel enfant de quelques mois, tandis que, agenouill� devant elle, un autre enfant, vigoureux gars de quatre � cinq ans, faisait � haute voix une pri�re.

Dans un coin de la chemin�e, pr�s d�une fen�tre, ou plut�t d�un trou perc� dans la muraille et ferm� par une vitre, une autre paysanne de trente-cinq � trente-six ans filait du lin, son rouet � droite d�elle, un tabouret de bois sous ses pieds, un bon gros chien caniche sur ce tabouret.

Le chien, apercevant Gilbert, aboya d�une fa�on assez hospitali�re et civile, tout juste ce qu�il fallait pour t�moigner de sa vigilance. L�enfant en pri�res se retourna, coupant la phrase du Pater, et les deux femmes pouss�rent une sorte d�exclamation qui tenait le milieu entre la surprise et la joie.

Gilbert commen�a par sourire � la nourrice.

� Bonne dame Madeleine, dit-il, je vous salue.

La paysanne fit un bond.

� Monsieur sait mon nom? dit-elle.

� Comme vous voyez; mais ne vous interrompez pas, je vous prie. En effet, au lieu d�un nourrisson que vous avez, vous allez en avoir deux.

Et il d�posa sur le berceau grossier de l�enfant campagnard le petit enfant citadin qu�il avait apport�.

� Oh! qu�il est mignon! s��cria la paysanne qui filait.

� Oui, s�ur Ang�lique, bien mignon, dit Madeleine.

� Madame est votre s�ur? demanda Gilbert en d�signant la fileuse.

� Ma s�ur, oui, monsieur, r�pliqua Madeleine; la s�ur de mon homme.

� Oui, ma tante, ma tante G�lique, murmura d�une voix de basse-taille le marmot, qui se m�lait � la conversation sans s��tre relev�.

� Tais-toi, Ange, tais-toi, dit la m�re; tu interromps monsieur.

� Ce que j�ai � vous proposer est bien simple, bonne dame. L�enfant que voici est fils d�un fermier de mon ma�tre� un fermier ruin� Mon ma�tre, parrain de cet enfant, veut qu�il soit �lev� � la campagne, et qu�il devienne un bon laboureur� bonne sant� bonnes m�urs� Voulez-vous vous charger de cet enfant?

� Mais, monsieur�

� Il est n� hier, et n�a pas encore eu de nourrice, interrompit Gilbert. D�ailleurs, c�est le nourrisson dont a d� vous parler ma�tre Niquet, tabellion � Villers-Cotter�ts.

Madeleine saisit aussit�t l�enfant et lui donna le sein avec une imp�tuosit� g�n�reuse qui attendrit profond�ment Gilbert.

� On ne m�avait pas tromp�, dit-il; vous �tes une brave femme. Je vous confie donc cet enfant au nom de mon ma�tre. Je vois qu�il sera heureux ici, et je veux qu�il apporte en cette chaumi�re un r�ve de bonheur en �change de celui qu�il y trouvera. Combien avez-vous pris par mois aux enfants de ma�tre Niquet, de Villers-Cotter�ts?

� Douze livres, monsieur; mais M. Niquet est riche, et il ajoutait bien par ci par-l� quelques livres pour le sucre et l�entretien.

� M�re Madeleine, dit Gilbert avec fiert�, l�enfant que voici vous payera vingt livres par mois, ce qui fait deux cent quarante livres par an.

� J�sus! s��cria Madeleine; merci, monsieur.

� Voici la premi�re ann�e, dit Gilbert en �talant sur la table dix beaux louis qui firent ouvrir de grands yeux aux deux femmes, et sur lesquels le petit Ange Pitou allongea sa main d�vastatrice.

� Mais monsieur, si l�enfant ne vivait pas? objecta timidement la nourrice.

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