Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� Oh!
� Conspirateur.
� Oh!
� Faussaire.
� Oh!
� Adult�re, faux monnayeur, empirique, charlatan, chef de secte; un homme dont j�ai l�histoire sur mes registres, dans cette cassette que vous voyez, partout.
� Ah! oui, je comprends, dit Balsamo; vous avez l�histoire, mais vous n�avez pas l�homme.
� Non.
� Diable! ce serait plus important, ce me semble.
� Sans doute; mais vous allez voir comme nous sommes pr�s de le tenir. Certes, Prot�e n�a pas plus de formes; Jupiter n�a pas plus de noms que n�en a ce myst�rieux voyageur: Acharat en �gypte, Balsamo en Italie, Somini en Sardaigne, marquis d�Anna � Malte, marquis Pellegrini en Corse, enfin comte de�
� Comte de�? ajouta Balsamo.
� C�est ce dernier nom, monsieur, que je n�ai pas bien pu lire, mais vous m�aiderez, n�est-ce pas, j�en suis s�r, car il n�est point que vous n�ayez connu cet homme pendant vos voyages et dans chacune des contr�es que j�ai cit�es tout � l�heure.
� Renseignez-moi un peu, voyons, dit Balsamo avec tranquillit�.
� Ah! je comprends; vous d�sirez une sorte de signalement, n�est-ce pas, monsieur le comte?
� Oui, monsieur, s�il vous pla�t.
� Eh bien, dit M. de Sartine en fixant sur Balsamo un �il qu�il essayait de rendre inquisiteur, c�est un homme de votre �ge, de votre taille, de votre tournure; tant�t grand seigneur semant l�or, tant�t charlatan cherchant les secrets naturels, tant�t affili� sombre de quelque confr�rie myst�rieuse qui jure dans l�ombre la mort des rois et l��croulement des tr�nes.
� Oh! dit Balsamo, c�est bien vague.
� Comment, bien vague?
� Si vous saviez combien j�ai vu d�hommes qui ressemblent � ce portrait!
� En v�rit�!
� Sans doute; et vous ferez bien de pr�ciser un peu si vous voulez que je vous aide. D�abord, savez-vous en quel pays il habite de pr�f�rence?
� Il les habite tous.
� Mais en ce moment, par exemple?
� En ce moment, il est en France.
� Et qu�y fait-il, en France?
� Il dirige une immense conspiration.
� Ah! voil� un renseignement, � la bonne heure; et, si vous savez quelle conspiration il dirige, eh bien, vous tenez un fil au bout duquel, selon toute probabilit�, vous trouverez votre homme.
� Je le crois comme vous.
� Eh bien, si vous le croyez, pourquoi, en ce cas, me demandez-vous conseil? C�est inutile.
� Ah! c�est que je me consulte encore.
� Sur quoi?
� Sur ceci.
� Dites.
� Le ferai-je arr�ter, oui ou non?
� Oui ou non?
� Oui ou non.
� Je ne comprends pas le non, monsieur le lieutenant de police; car enfin, s�il conspire�
� Oui; mais s�il est un peu garanti par quelque nom, par quelque titre?
� Ah! je comprends. Mais quel nom, quel titre? Il faudrait me dire cela pour que je vous aidasse dans vos recherches, monsieur.
� Eh! monsieur, je vous l�ai d�j� dit, je sais le nom sous lequel il se cache; mais�
� Mais vous ne savez point celui sous lequel il se montre, n�est-ce pas?
� Justement; sans quoi�
� Sans quoi, vous le feriez arr�ter?
� Imm�diatement.
� Eh bien, mon cher monsieur de Sartine, c�est bien heureux, comme vous me le disiez tout � l�heure, que je sois arriv� en ce moment, car je vais vous rendre le service que vous me demandiez.
� Vous?
� Oui.
� Vous allez me dire son nom?
� Oui.
� Le nom sous lequel il se montre?
� Oui.
� Vous le connaissez donc?
� Parfaitement.
� Et quel est ce nom? demanda M. de Sartine en expectative de quelque mensonge.
� Le comte de F�nix.
� Comment! le nom sous lequel vous vous �tes fait annoncer?�
� Le nom sous lequel je me suis fait annoncer, oui.
� Votre nom?
� Mon nom.
� Alors, cet Acharat, ce Somini, ce marquis d�Anna, ce marquis Pellegrini, ce Joseph Balsamo, c�est vous?
� Mais oui, dit simplement Balsamo, c�est moi-m�me.
M. de Sartine prit une minute pour se remettre de l��blouissement que lui causa cette effront�e franchise.
� J�avais devin�, vous voyez, dit-il. Je vous connaissais, je savais que ce Balsamo et ce comte de F�nix ne faisaient qu�un.
� Ah! vous �tes un grand ministre, dit Balsamo, je l�avoue.
� Et vous un grand imprudent, dit le magistrat en se dirigeant vers sa sonnette.
� Imprudent! pourquoi?
� Parce que je vais vous faire arr�ter.
� Allons donc! r�pliqua Balsamo en faisant un pas entre la sonnette et le magistrat, est-ce qu�on m�arr�te, moi?
� Pardieu! que ferez-vous pour m�en emp�cher? Je vous le demande.
� Vous me le demandez?
� Oui.
� Mon cher lieutenant de police, je vais vous br�ler la cervelle.
Et Balsamo sortit de sa poche un charmant pistolet mont� en vermeil, et qu�on e�t cru cisel� par Benvenuto Cellini, qu�il dirigea tranquillement vers le visage de M. de Sartine, qui p�lit et tomba dans un fauteuil.
� L�, dit Balsamo en attirant un autre fauteuil pr�s de celui du lieutenant de police, et en s�asseyant; maintenant, nous voil� assis, nous pouvons causer un peu.
Chapitre 125. Causerie
M. de Sartine fut un instant � se remettre d�une alarme si chaude. Il avait vu, comme s�il e�t voulu regarder dedans, la gueule mena�ante du pistolet; il avait m�me senti sur son front le froid de son cercle de fer.
Enfin, il se remit.
� Monsieur, dit-il, j�ai sur vous un avantage; sachant � quel homme je parlais, je n�avais pas pris les pr�cautions que l�on prend contre les malfaiteurs ordinaires.
� Oh! monsieur, r�pliqua Balsamo, voil� que vous vous irritez et que les gros mots d�bordent; mais vous ne vous apercevez donc pas combien vous �tes injuste! Je viens pour vous rendre service.
M. de Sartine fit un mouvement.
� Service, oui, monsieur, reprit Balsamo, et voil� que vous vous m�prenez � mes intentions; voil� que vous me parlez de conspirateurs, juste au moment o� je venais vous d�noncer une conspiration.
Mais Balsamo avait beau dire, en ce moment-l�, M. de Sartine ne pr�tait pas grande attention aux paroles de ce dangereux visiteur; si bien que ce mot de conspiration, qui l�e�t r�veill� en sursaut en temps ordinaire, put � peine lui faire dresser l�oreille.
� Vous comprenez, monsieur, puisque vous savez si bien qui je suis, vous comprenez, dis-je, ma mission en France: envoy� par Sa Majest� le grand Fr�d�ric, c�est-�-dire ambassadeur plus ou moins secret de Sa Majest� prussienne; or, qui dit ambassadeur dit curieux; or, en ma qualit� de curieux, je n�ignore rien des choses qui se passent, et l�une de celles que je connais le mieux, c�est l�accaparement des grains.
Si simplement que Balsamo e�t prononc� ces derni�res paroles, elles eurent plus de pouvoir sur le lieutenant de police que n�en avaient eu toutes les autres, car elles rendirent M. de Sartine attentif.
Il releva lentement la t�te.
� Qu�est-ce que l�affaire des grains? dit-il en affectant autant d�assurance que Balsamo lui-m�me en avait d�ploy� au commencement de l�entretien. Veuillez me renseigner � votre tour, monsieur.
� Volontiers, monsieur, dit Balsamo. Voici ce que c�est.
� J��coute.
� Oh! vous n�avez pas besoin de me le dire� Des sp�culateurs fort adroits ont persuad� � Sa Majest� le roi de France qu�il devait construire des greniers pour les grains de ses peuples, en cas de disette. On a donc fait des greniers: pendant qu�on y �tait, on s�est dit qu�il fallait mieux les faire grands; on n�y a rien �pargn�, ni la pierre ni le moellon, et on les a faits tr�s grands.
� Ensuite?
� Ensuite, il a fallu les remplir; des greniers vides �taient inutiles; on les a donc remplis.
� Eh bien, monsieur? fit M. de Sartine ne voyant pas bien clairement encore o� voulait en venir Balsamo.
� Eh bien, vous devinez que, pour remplir de tr�s grands greniers, il a fallu y mettre une tr�s grande quantit� de bl�. N�est-ce pas vraisemblable?
� Sans doute.
� Je continue. Beaucoup de bl� retir� de la circulation, c�est un moyen d�affamer le peuple; car, notez ceci, toute valeur retir�e de la circulation �quivaut � un manque de production. Mille sacs de grains au grenier sont mille sacs de moins sur la place. Multipliez ces mille sacs par dix seulement, le bl� augmente aussit�t.