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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Oh!

� Conspirateur.

� Oh!

� Faussaire.

� Oh!

� Adult�re, faux monnayeur, empirique, charlatan, chef de secte; un homme dont j�ai l�histoire sur mes registres, dans cette cassette que vous voyez, partout.

� Ah! oui, je comprends, dit Balsamo; vous avez l�histoire, mais vous n�avez pas l�homme.

� Non.

� Diable! ce serait plus important, ce me semble.

� Sans doute; mais vous allez voir comme nous sommes pr�s de le tenir. Certes, Prot�e n�a pas plus de formes; Jupiter n�a pas plus de noms que n�en a ce myst�rieux voyageur: Acharat en �gypte, Balsamo en Italie, Somini en Sardaigne, marquis d�Anna � Malte, marquis Pellegrini en Corse, enfin comte de�

� Comte de�? ajouta Balsamo.

� C�est ce dernier nom, monsieur, que je n�ai pas bien pu lire, mais vous m�aiderez, n�est-ce pas, j�en suis s�r, car il n�est point que vous n�ayez connu cet homme pendant vos voyages et dans chacune des contr�es que j�ai cit�es tout � l�heure.

� Renseignez-moi un peu, voyons, dit Balsamo avec tranquillit�.

� Ah! je comprends; vous d�sirez une sorte de signalement, n�est-ce pas, monsieur le comte?

� Oui, monsieur, s�il vous pla�t.

� Eh bien, dit M. de Sartine en fixant sur Balsamo un �il qu�il essayait de rendre inquisiteur, c�est un homme de votre �ge, de votre taille, de votre tournure; tant�t grand seigneur semant l�or, tant�t charlatan cherchant les secrets naturels, tant�t affili� sombre de quelque confr�rie myst�rieuse qui jure dans l�ombre la mort des rois et l��croulement des tr�nes.

� Oh! dit Balsamo, c�est bien vague.

� Comment, bien vague?

� Si vous saviez combien j�ai vu d�hommes qui ressemblent � ce portrait!

� En v�rit�!

� Sans doute; et vous ferez bien de pr�ciser un peu si vous voulez que je vous aide. D�abord, savez-vous en quel pays il habite de pr�f�rence?

� Il les habite tous.

� Mais en ce moment, par exemple?

� En ce moment, il est en France.

� Et qu�y fait-il, en France?

� Il dirige une immense conspiration.

� Ah! voil� un renseignement, � la bonne heure; et, si vous savez quelle conspiration il dirige, eh bien, vous tenez un fil au bout duquel, selon toute probabilit�, vous trouverez votre homme.

� Je le crois comme vous.

� Eh bien, si vous le croyez, pourquoi, en ce cas, me demandez-vous conseil? C�est inutile.

� Ah! c�est que je me consulte encore.

� Sur quoi?

� Sur ceci.

� Dites.

� Le ferai-je arr�ter, oui ou non?

� Oui ou non?

� Oui ou non.

� Je ne comprends pas le non, monsieur le lieutenant de police; car enfin, s�il conspire�

� Oui; mais s�il est un peu garanti par quelque nom, par quelque titre?

� Ah! je comprends. Mais quel nom, quel titre? Il faudrait me dire cela pour que je vous aidasse dans vos recherches, monsieur.

� Eh! monsieur, je vous l�ai d�j� dit, je sais le nom sous lequel il se cache; mais�

� Mais vous ne savez point celui sous lequel il se montre, n�est-ce pas?

� Justement; sans quoi�

� Sans quoi, vous le feriez arr�ter?

� Imm�diatement.

� Eh bien, mon cher monsieur de Sartine, c�est bien heureux, comme vous me le disiez tout � l�heure, que je sois arriv� en ce moment, car je vais vous rendre le service que vous me demandiez.

� Vous?

� Oui.

� Vous allez me dire son nom?

� Oui.

� Le nom sous lequel il se montre?

� Oui.

� Vous le connaissez donc?

� Parfaitement.

� Et quel est ce nom? demanda M. de Sartine en expectative de quelque mensonge.

� Le comte de F�nix.

� Comment! le nom sous lequel vous vous �tes fait annoncer?�

� Le nom sous lequel je me suis fait annoncer, oui.

� Votre nom?

� Mon nom.

� Alors, cet Acharat, ce Somini, ce marquis d�Anna, ce marquis Pellegrini, ce Joseph Balsamo, c�est vous?

� Mais oui, dit simplement Balsamo, c�est moi-m�me.

M. de Sartine prit une minute pour se remettre de l��blouissement que lui causa cette effront�e franchise.

� J�avais devin�, vous voyez, dit-il. Je vous connaissais, je savais que ce Balsamo et ce comte de F�nix ne faisaient qu�un.

� Ah! vous �tes un grand ministre, dit Balsamo, je l�avoue.

� Et vous un grand imprudent, dit le magistrat en se dirigeant vers sa sonnette.

� Imprudent! pourquoi?

� Parce que je vais vous faire arr�ter.

� Allons donc! r�pliqua Balsamo en faisant un pas entre la sonnette et le magistrat, est-ce qu�on m�arr�te, moi?

� Pardieu! que ferez-vous pour m�en emp�cher? Je vous le demande.

� Vous me le demandez?

� Oui.

� Mon cher lieutenant de police, je vais vous br�ler la cervelle.

Et Balsamo sortit de sa poche un charmant pistolet mont� en vermeil, et qu�on e�t cru cisel� par Benvenuto Cellini, qu�il dirigea tranquillement vers le visage de M. de Sartine, qui p�lit et tomba dans un fauteuil.

� L�, dit Balsamo en attirant un autre fauteuil pr�s de celui du lieutenant de police, et en s�asseyant; maintenant, nous voil� assis, nous pouvons causer un peu.

Chapitre 125. Causerie

M. de Sartine fut un instant � se remettre d�une alarme si chaude. Il avait vu, comme s�il e�t voulu regarder dedans, la gueule mena�ante du pistolet; il avait m�me senti sur son front le froid de son cercle de fer.

Enfin, il se remit.

� Monsieur, dit-il, j�ai sur vous un avantage; sachant � quel homme je parlais, je n�avais pas pris les pr�cautions que l�on prend contre les malfaiteurs ordinaires.

� Oh! monsieur, r�pliqua Balsamo, voil� que vous vous irritez et que les gros mots d�bordent; mais vous ne vous apercevez donc pas combien vous �tes injuste! Je viens pour vous rendre service.

M. de Sartine fit un mouvement.

� Service, oui, monsieur, reprit Balsamo, et voil� que vous vous m�prenez � mes intentions; voil� que vous me parlez de conspirateurs, juste au moment o� je venais vous d�noncer une conspiration.

Mais Balsamo avait beau dire, en ce moment-l�, M. de Sartine ne pr�tait pas grande attention aux paroles de ce dangereux visiteur; si bien que ce mot de conspiration, qui l�e�t r�veill� en sursaut en temps ordinaire, put � peine lui faire dresser l�oreille.

� Vous comprenez, monsieur, puisque vous savez si bien qui je suis, vous comprenez, dis-je, ma mission en France: envoy� par Sa Majest� le grand Fr�d�ric, c�est-�-dire ambassadeur plus ou moins secret de Sa Majest� prussienne; or, qui dit ambassadeur dit curieux; or, en ma qualit� de curieux, je n�ignore rien des choses qui se passent, et l�une de celles que je connais le mieux, c�est l�accaparement des grains.

Si simplement que Balsamo e�t prononc� ces derni�res paroles, elles eurent plus de pouvoir sur le lieutenant de police que n�en avaient eu toutes les autres, car elles rendirent M. de Sartine attentif.

Il releva lentement la t�te.

� Qu�est-ce que l�affaire des grains? dit-il en affectant autant d�assurance que Balsamo lui-m�me en avait d�ploy� au commencement de l�entretien. Veuillez me renseigner � votre tour, monsieur.

� Volontiers, monsieur, dit Balsamo. Voici ce que c�est.

� J��coute.

� Oh! vous n�avez pas besoin de me le dire� Des sp�culateurs fort adroits ont persuad� � Sa Majest� le roi de France qu�il devait construire des greniers pour les grains de ses peuples, en cas de disette. On a donc fait des greniers: pendant qu�on y �tait, on s�est dit qu�il fallait mieux les faire grands; on n�y a rien �pargn�, ni la pierre ni le moellon, et on les a faits tr�s grands.

� Ensuite?

� Ensuite, il a fallu les remplir; des greniers vides �taient inutiles; on les a donc remplis.

� Eh bien, monsieur? fit M. de Sartine ne voyant pas bien clairement encore o� voulait en venir Balsamo.

� Eh bien, vous devinez que, pour remplir de tr�s grands greniers, il a fallu y mettre une tr�s grande quantit� de bl�. N�est-ce pas vraisemblable?

� Sans doute.

� Je continue. Beaucoup de bl� retir� de la circulation, c�est un moyen d�affamer le peuple; car, notez ceci, toute valeur retir�e de la circulation �quivaut � un manque de production. Mille sacs de grains au grenier sont mille sacs de moins sur la place. Multipliez ces mille sacs par dix seulement, le bl� augmente aussit�t.

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