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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Philippe s�avan�a donc. La dauphine ne le perdit pas du regard pendant tout le temps qu�il mit � franchir cette distance de cent pas, et lui choisit le moment le plus favorable pour bien placer son salut respectueux.

La dauphine, se tournant vers l�huissier:

� Le nom de cette personne qui salue? dit-elle.

L�huissier lut sur le billet d�audience:

� M. Philippe de Taverney, madame, r�pliqua-t-il.

� C�est vrai�, dit la princesse.

Et elle attacha sur le jeune homme un plus long, un plus curieux regard.

Philippe attendait � demi courb�.

� Bonjour, monsieur de Taverney, dit Marie-Antoinette. Comment se porte mademoiselle Andr�e?

� Assez mal, madame, r�pliqua le jeune homme; mais ma s�ur sera bien heureuse de ce t�moignage d�int�r�t que daigne lui donner Votre Altesse royale.

La dauphine ne r�pondit pas; elle avait lu bien des souffrances sur les traits amaigris et p�les de Philippe; elle reconnaissait bien difficilement sous l�habit modeste du citadin ce bel officier qui, le premier, lui avait servi de guide sur la terre de France.

� Monsieur Mique, dit-elle en se rapprochant de l�architecte, nous sommes donc convenus de l�ornement de la salle de danse; la plantation du bois voisin est d�j� d�cid�e. Pardonnez-moi de vous avoir tenu au froid si longtemps.

C��tait le cong�. Mique salua et partit.

La dauphine salua aussit�t toutes les personnes qui attendaient � quelque distance, et ces personnes se retir�rent imm�diatement. Philippe crut que ce salut l�allait atteindre comme les autres, et d�j� son c�ur souffrait, lorsque la princesse, passant devant lui:

� Vous disiez donc, monsieur, continua-t-elle, que votre s�ur est malade?

� Sinon malade, madame, se h�ta de r�pondre Philippe, du moins languissante.

� Languissante! s��cria la dauphine avec int�r�t; une si belle sant�!

Philippe s�inclina. La jeune princesse lui lan�a encore un de ces regards investigateurs que, chez un homme de sa race, on e�t appel� un regard de l�aigle. Puis, apr�s une pause:

� Permettez que je marche un peu, dit-elle, le vent est froid.

Elle fit quelques pas; Philippe �tait rest� en place.

� Quoi! vous ne me suivez pas? dit Marie-Antoinette en se retournant.

Philippe, en deux bonds, fut pr�s d�elle.

� Pourquoi donc ne m�avez-vous pas pr�venue plus t�t de cet �tat de mademoiselle Andr�e, � qui je m�int�resse?

� H�las! dit Philippe, Votre Altesse vient de dire le mot� Votre Altesse s�int�ressait � ma s�ur� mais, maintenant�

� Je m�int�resse encore, sans doute, monsieur� Cependant, il me semble que mademoiselle de Taverney a quitt� mon service bien pr�matur�ment.

� La n�cessit�, madame! dit tout bas Philippe.

� Quoi! ce mot est affreux: la n�cessit�!� Expliquez-moi ce mot, monsieur.

Philippe ne r�pondit pas.

� Le docteur Louis, continua la dauphine, m�a racont� que l�air de Versailles �tait funeste � la sant� de mademoiselle de Taverney; que cette sant� se r�tablirait dans le s�jour de la maison paternelle� Voil� tout ce qu�on m�a dit; or, votre s�ur m�a rendu une seule visite avant son d�part. Elle �tait p�le, elle �tait triste; je dois dire qu�elle me t�moigna beaucoup de d�vouement dans cette derni�re entrevue, car elle pleura des larmes abondantes!

� Des larmes sinc�res, madame, dit Philippe, dont le c�ur battait violemment, des larmes qui ne sont pas taries.

� J�ai cru voir, poursuivit la princesse, que monsieur votre p�re avait forc� sa fille � venir � la cour, et que, sans doute, cette enfant regrettait votre pays, quelque affection�

� Madame, se h�ta de dire Philippe, ma s�ur ne regrette que Votre Altesse.

� Et elle souffre� Maladie �trange, que l�air du pays devait gu�rir, et que l�air du pays aggrave.

� Je n�abuserai pas Votre Altesse plus longtemps, dit Philippe; la maladie de ma s�ur est un profond chagrin qui l�a conduite � un �tat voisin du d�sespoir. Mademoiselle de Taverney n�aime cependant au monde que Votre Altesse et moi, mais elle commence � pr�f�rer Dieu � toutes les affections, et l�audience que j�ai eu l�honneur de solliciter, madame, a pour but de vous demander votre protection relativement � ce d�sir de ma s�ur.

La dauphine leva la t�te.

� Elle veut entrer en religion, n�est-ce pas?

� Oui, madame.

� Et vous souffrirez cela, vous qui aimez cette enfant?

� Je crois juger sainement sa position, madame, et ce conseil est venu de moi. Cependant, j�aime assez ma s�ur pour que ce conseil ne soit pas suspect, et le monde ne l�attribuera point � mon avarice. Je n�ai rien � gagner � la claustration d�Andr�e: nous ne poss�dons rien ni l�un ni l�autre.

La dauphine s�arr�ta, et, jetant � la d�rob�e un nouveau regard sur Philippe:

� Voil� ce que je disais tout � l�heure quand vous n�avez pas voulu me comprendre, monsieur; vous n��tes pas riche?

� Votre Altesse�

� Pas de fausse honte, monsieur; il s�agit du bonheur de cette pauvre fille� R�pondez-moi sinc�rement, comme un honn�te homme� que vous �tes, j�en suis certaine.

L��il brillant et loyal de Philippe rencontra celui de la princesse et ne se baissa point.

� Je r�pondrai, madame, dit-il.

� Eh bien, est-ce par n�cessit� que votre s�ur veut quitter le monde? Qu�elle parle! Bon Dieu! les princes sont malheureux! Dieu leur a donn� un c�ur pour plaindre les infortunes, mais il leur a refus� cette clairvoyance supr�me qui devine le malheur sous les voiles de la discr�tion. R�pondez donc franchement: est-ce cela?

� Non, madame, dit Philippe avec fermet�; non, ce n�est pas cela; pourtant, ma s�ur d�sire entrer au couvent de Saint-Denis, et nous ne poss�dons que le tiers de la dot.

� La dot est de soixante mille livres! s��cria la princesse; vous n�avez donc que vingt mille livres?

� � peine, madame; mais nous savons que Votre Altesse peut d�un mot, et sans bourse d�lier, faire admettre une pensionnaire.

� Certes, je le puis.

� Voil� donc l�unique faveur que j�oserai solliciter de Votre Altesse, si d�j� elle n�a promis son intercession � quelqu�un aupr�s de Madame Louise de France.

� Colonel, vous me surprenez �trangement dit Marie-Antoinette; quoi! si pr�s de moi, j�ai tant de noble mis�re! Eh! colonel, c�est mal de m�avoir ainsi tromp�e.

� Je ne suis pas colonel, madame, r�pliqua doucement Philippe, je ne suis rien qu�un d�vou� serviteur de Votre Altesse.

� Pas colonel, dites-vous? Et depuis quand?

� Je ne l�ai jamais �t�, madame.

� Le roi a promis en ma pr�sence un r�giment�

� Dont le brevet n�a jamais �t� exp�di�.

� Mais vous aviez un grade�

� Que j�ai abandonn�, madame, �tant tomb� dans la disgr�ce du roi.

� Pourquoi?

� Je l�ignore.

� Oh! fit la dauphine avec une profonde tristesse; oh! la cour!

Alors Philippe sourit avec m�lancolie.

� Vous �tes un ange du ciel, madame, dit-il, et je regrette bien de ne pas servir la maison de France, afin d�avoir l�occasion de mourir pour vous.

Un �clair si vif et si ardent passa dans les yeux de la dauphine, que Philippe cacha son visage dans ses deux mains. La princesse n�essaya pas m�me de le consoler ou de l�arracher � la pens�e qui le dominait en ce moment.

Muette et respirant avec effort, elle effeuillait quelques roses du Bengale arrach�es � leur tige par sa main nerveuse et inqui�te.

Philippe revint � lui.

� Veuillez me pardonner, dit-il, madame.

Marie-Antoinette ne r�pondit pas � ces paroles.

� Votre s�ur entrera d�s demain, si elle veut, � Saint-Denis, dit-elle avec la vivacit� de la fi�vre, et vous, dans un mois, vous serez � la t�te d�un r�giment; je le veux!

� Madame, r�pliqua Philippe, voulez-vous avoir encore cette bont� de m�entendre en mes derni�res explications? Ma s�ur accepte le bienfait de Votre Altesse royale; moi, je dois le refuser.

� Vous refusez?

� Oui, madame; j�ai re�u un affront de la cour� Les ennemis qui me l�ont fait infliger trouveraient moyen de me frapper plus fort, me voyant plus �lev�.

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