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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Il quitta la lucarne, et, apr�s avoir donn� un coup d��il � ses habits, il descendit l�escalier pour se rendre chez Balsamo.

Chapitre 155. Au 15 d�cembre

Gilbert n��prouva, de la part de Fritz, aucune difficult� pour �tre introduit pr�s de Balsamo.

Le comte se reposait sur un sofa, comme les gens riches et oisifs, de la fatigue d�avoir dormi toute la nuit; du moins c�est ce que pensa Gilbert en le voyant ainsi �tendu � une pareille heure.

Il faut croire que l�ordre avait �t� donn� au valet de chambre d�introduire Gilbert aussit�t qu�il se pr�senterait, car il n�eut pas besoin de dire son nom ou m�me d�ouvrir la bouche.

� son entr�e dans le salon, Balsamo se souleva l�g�rement sur son coude et referma son livre, qu�il tenait ouvert sans le lire.

� Oh! oh! dit-il, voici un gar�on qui se marie.

Gilbert ne r�pondit rien.

� C�est bon, fit le comte en reprenant son attitude insolente, tu es heureux et tu es presque reconnaissant. C�est fort beau. Tu viens me remercier; c�est du superflu. Garde cela, Gilbert, pour de nouveaux besoins. Les remerciements sont une monnaie de retour qui satisfait beaucoup de gens lorsqu�elle est distribu�e avec un sourire. Va, mon ami, va.

Il y avait dans ces paroles et dans le ton que Balsamo avait mis � les prononcer quelque chose de profond�ment lugubre et doucereux, qui frappa Gilbert � la fois comme un reproche et comme une r�v�lation.

� Non, dit-il, vous vous trompez, monsieur, je ne me marie pas du tout.

� Ah! fit le comte, que fais-tu donc alors?� Que t�est-il arriv�?

� Il est arriv� qu�on m�a �conduit, r�pliqua Gilbert.

Le comte se retourna tout � fait.

� Tu t�y es mal pris, mon cher.

� Mais non pas, monsieur; je ne crois pas, du moins.

� Qui t�a �vinc�?

� La demoiselle.

� C��tait certain; pourquoi n�as-tu pas parl� au p�re?

� Parce que la fatalit� n�a pas voulu.

� Ah! nous sommes fataliste?

� Je n�ai pas le moyen d�avoir de la foi.

Balsamo fron�a le sourcil, et regarda Gilbert avec une sorte de curiosit�.

� Ne parle pas ainsi des choses que tu ne connais pas, dit-il; chez les hommes faits, c�est de la b�tise; chez les enfants, c�est de l�outrecuidance. Je te permets d�avoir de l�orgueil, mais non d��tre un imb�cile; dis-moi que tu n�as pas le moyen d��tre un sot, et je t�approuverai. Au r�sum�, qu�as-tu fait?

� Voici. J�ai voulu, comme les po�tes, aller songer au lieu d�agir; j�ai voulu m�aller promener dans des all�es o� j�avais eu du plaisir � r�ver d�amour, et tout � coup la r�alit� s�est pr�sent�e � moi sans que je fusse pr�par�: la r�alit� m�a tu� sur place.

� C�est encore bien fait, Gilbert; car un homme, dans la situation o� tu te trouves, ressemble aux �claireurs d�une arm�e. Ces gens-l� ne doivent marcher que le mousqueton au poing droit et la lanterne sourde au poing gauche.

� Enfin, monsieur, j�ai �chou�; mademoiselle Andr�e m�a appel� sc�l�rat, assassin, et m�a dit qu�elle me ferait tuer.

� Bon! mais son enfant?

� Elle m�a dit que son enfant �tait � elle, non � moi.

� Apr�s?

� Apr�s, je me suis retir�.

� Ah!

Gilbert releva la t�te.

� Qu�eussiez-vous fait, vous? dit-il.

� Je ne sais pas encore; dis-moi ce que tu veux faire.

� La punir de ce qu�elle m�a fait subir d�humiliations.

� C�est un mot, cela.

� Non, monsieur, c�est une r�solution.

� Mais� tu t�es laiss� peut-�tre arracher ton secret� ton argent?

� Mon secret est � moi, et je ne le laisserai prendre � personne; l�argent �tait � vous, je le rapporte.

Et Gilbert ouvrit sa veste et en tira les trente billets de caisse, qu�il compta minutieusement en les �talant sur la table de Balsamo.

Le comte les prit, les plia, toujours en observant Gilbert, dont le visage ne trahit pas la plus l�g�re �motion.

� Il est honn�te, il n�est pas avide� Il a de l�esprit, de la fermet� c�est un homme, pensa-t-il.

� Maintenant, monsieur le comte, dit Gilbert, j�ai � vous rendre raison de deux louis que vous m�avez donn�s.

� N�exag�re rien, r�pliqua Balsamo; c�est beau de rendre cent mille �cus, c�est pu�ril de rendre quarante-huit livres.

� Je ne voulais pas vous les rendre; je voulais seulement vous dire ce que j�ai fait de ces louis afin que vous sachiez pertinemment que j�ai besoin d�en avoir d�autres.

� Voil� qui est diff�rent� Tu demandes, alors?

� Je demande�

� Pourquoi?

� Pour faire une chose de ce que vous avez tout � l�heure nomm� un mot.

� Soit. Tu veux te venger?

� Noblement, je le crois.

� Je n�en doute pas; mais cruellement, est-ce vrai?

� C�est vrai.

� Combien te faut-il?

� Il me faut vingt mille livres.

� Et tu ne toucheras pas � cette jeune femme? dit Balsamo croyant arr�ter Gilbert par cette question.

� Je ne la toucherai pas.

� Son fr�re?

� Non plus; son p�re non plus.

� Tu ne la calomnieras pas?

� Je n�ouvrirai jamais la bouche pour prononcer son nom.

� Bien, je te comprends� Mais c�est tout un, de poignarder une femme avec le fer, ou de la tuer par des bravades continuelles� Tu veux la braver en te montrant, en la suivant, en l�accablant de sourires pleins d�insulte et de haine.

� Je veux si peu faire ce que vous dites, que je viens vous demander, au cas o� l�envie me prendrait de quitter la France, un moyen de passer la mer sans qu�il m�en co�te.

Balsamo se r�cria.

� Ma�tre Gilbert, dit-il de sa voix � la fois aigre et caressante, qui ne contenait cependant ni douleur ni joie; ma�tre Gilbert, il me semble que vous n��tes pas cons�quent avec votre �talage de d�sint�ressement. Vous me demandez vingt mille livres, et, sur ces vingt mille livres, vous n�en pouvez prendre mille pour vous embarquer?

� Non, monsieur, et cela pour deux raisons.

� Voyons les raisons.

� La premi�re, c�est que je n�aurai effectivement pas un denier le jour o� je m�embarquerai; car, notez bien ceci, monsieur le comte, ce n�est pas pour moi que je demande; je demande pour la r�paration d�une faute que vous m�avez facilit�e�

� Ah! tu es tenace! dit Balsamo la bouche crisp�e.

� Parce que j�ai raison. Je vous demande de l�argent pour r�parer, vous dis-je, et non pour vivre ou pour me consoler; pas un sou de ces vingt mille livres n�effleurera ma poche: ils ont leur destination.

� Ton enfant, je vois cela�

� Mon enfant, oui, monsieur, r�pliqua Gilbert avec un certain orgueil.

� Mais toi?

� Moi, je suis fort, libre et intelligent; je vivrai toujours; je veux vivre!

� Oh! tu vivras! Jamais Dieu n�a donn� une volont� de cette force � des �mes qui doivent quitter pr�matur�ment la terre. Dieu habille chaudement les plantes qui ont besoin de braver de longs hivers; il donne la cuirasse d�acier aux c�urs qui ont � subir les longues �preuves. Mais tu avais, ce me semble, annonc� deux motifs pour ne pas garder mille livres: la d�licatesse d�abord�

� Ensuite la prudence. Le jour o� je quitterai la France, force me sera de me cacher� Ce n�est donc pas en allant trouver un capitaine dans un port, en lui remettant de l�argent � car je pr�sume que c�est ainsi qu�on fait �, ce n�est pas, dis-je, en m�allant vendre moi-m�me que je r�ussirai � me cacher.

� Alors, tu supposes que je puis t�aider � dispara�tre?

� Je sais que vous le pouvez.

� Qui te l�a dit?

� Oh! vous avez trop de moyens surnaturels � votre disposition pour n�avoir pas aussi l�arsenal tout entier des moyens naturels. Un sorcier n�est jamais si s�r de lui qu�il n�ait quelque bonne porte de salut.

� Gilbert, dit tout � coup Balsamo en �tendant la main sur le jeune homme, tu es un esprit aventureux, hardi; tu es p�tri de bien et de mal, comme une femme; tu es sto�que et probe sans aff�terie; je ferai de toi un homme tr�s grand; demeure avec moi. Je te crois capable de reconnaissance; demeure ici, te dis-je, cet h�tel est un asile s�r; moi, d�ailleurs, je quitte l�Europe dans quelques mois, je t�emm�nerai.

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