Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Mortels trafics - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56
Перейти на страницу:

En arrivant au « 36 », le commandant abandonna Waheed aux deux ripeurs pour le faire conduire dans les locaux de l’Identité judiciaire. Devant le nombre de gardes à vue, les services se répartirent les clients. Waheed fut tout naturellement hébergé au quai des Orfèvres.

Saïd Nasri intéressait plusieurs enquêtes en cours. Tout le monde se l’arrachait. Léanne se battit pour que la star du jour soit également logée à la Préfecture. Les autres services devraient se déplacer s’ils voulaient entendre le trafiquant.

Dans son bureau, Patrick s’amusa en sortant de sa poche les morceaux de verre et de métal. Il les fit disparaître dans un tiroir et considéra que, somme toute, Waheed valait bien une paire de binocles…

— Alors, on l’a ! se félicita un Legal enthousiaste, chaleureux, mais surtout rassuré.

— Oui, ce coup-ci, c’est bon, reste à savoir pourquoi ils ont fait ça et qui a pu commanditer.

Léanne débarqua à son tour.

— Content ?

— Sans toi, il nous échappait encore.

— On fait une bonne équipe, non ? Tu ne veux pas venir à Nice ? Le chef du groupe « criminelle » s’en va bientôt, propose ta mutation à Vignon, il sera ravi. Le partant ressemble comme deux gouttes d’eau à celui à qui on avait confié Nasri dans la voiture !

Patrick sourit.

— Je ne compte plus bouger. Je prendrai ma retraite à la Crim’… T’as commencé à entendre Nasri ?

— Il s’entretient avec son baveux. Et toi ?

— Le mien est à l’IJ, et il doit voir un commis d’office. Je prévois de l’entreprendre aussitôt après.

Waheed arriva pendant leurs papotages, encadré par les deux ripeurs, suivi d’un jeune avocat. Léanne quitta le bureau. Le commandant désigna une chaise :

— Assieds-toi là.

Il montra un autre siège juste derrière.

— Maître, si vous voulez bien !

Patrick abandonna son fauteuil à Hakim. Celui-ci commencerait la partie de procès-verbal relative à la grande identité. Adossé à une armoire, le commandant y alla quand même d’un préambule :

— Tu sais pourquoi tu es là ?

Waheed baissa la tête.

— Oui, monsieur.

— Deux enfants et une mère de famille tués. Tu pars pour trente ans incompressibles et, à la sortie, tu seras éjecté vers le Maroc. Je sais que ce sera pour y repartir en prison… Ta vie est finie, et ce sera la honte à tout jamais sur ta famille.

Le jeune se mit à pleurer.

— Ce n’est pas ma faute, monsieur, je vous jure… Je ne voulais pas…

— Il te reste à t’expliquer, mon garçon… L’avocat qui est avec toi pourra peut-être t’aider, mais tu pars de loin, de très loin… Il est difficile de comprendre comment un étudiant destiné à soigner peut en arriver là. Commence à parler avec mon collègue, on discutera ensemble après.

Waheed sanglota longtemps avant de se calmer. Âgé de vingt-cinq ans, de nationalité marocaine, étudiant en médecine, célibataire, sans enfant, il était issu d’un petit village de la région du Rif, entre Ketama et Chef Chaouen, d’une famille plus que modeste. Grâce à son instituteur, il avait pu étudier au collège, puis au lycée. Comme les bourses ne suffisaient pas pour permettre d’entrer à l’université, la famille Hamoudni était intervenue. L’aide de ces grands propriétaires terriens s’était rapidement transformée en une manne finançant non seulement ses études, mais également le reste de la famille. Un prêt à un frère pour ouvrir une boutique, un autre pour payer un mariage, et même une dot pour sa sœur. Tout allait bien jusqu’au jour où…

Patrick fit signe à Hakim de lui laisser sa place, et s’installa derrière le clavier pour s’attaquer aux choses sérieuses. D’un mot, il demanda à son collègue de faire revenir Léanne, et continua d’écouter Waheed.

— J’arrivais à Paris lorsque j’ai reçu un appel de Zouhir Hamoudni. Il m’a commandé d’aller en Seine-Saint-Denis voir un de ses amis, Saïd Nasri qui avait une chose importante à me dire. J’y suis allé. Je ne connaissais pas Saïd, ce n’est pas un Marocain de chez nous.

Waheed se prit la tête entre les mains, puis releva les yeux en essayant de se trouver une contenance, tant il peinait à énoncer la vérité.

— Je ne suis pas idiot, j’ai tout de suite compris que c’était un trafiquant de drogue. Il m’a expliqué qu’une famille au bled s’était mal comportée, qu’elle avait insulté les Hamoudni, qu’elle leur avait manqué de respect, et qu’il fallait les faire payer. En clair, j’ai compris qu’ils avaient été balancés et voulaient punir le traître et toute sa famille. Pour cela, ils avaient besoin de moi. J’ai eu peur.

Le suspect se mit à parler plus fort, comme pris d’une envie de crier sa vérité.

— J’ai dit que je n’étais pas un tueur, qu’ils étaient fous, que je voulais être médecin, sauver les gens, pas les tuer… Nasri a été le premier à me menacer : « Tu ne voudrais tout de même pas qu’il arrive malheur à ta sœur, à ta mère, à ta famille ».

Nouvelle crise de larmes.

— Tu veux un verre d’eau ? demanda Patrick.

Waheed répondit poliment, d’une voix enfantine suppliante :

— Oui, monsieur, s’il vous plaît.

Jean-Paul lui passa un gobelet. Patrick poursuivit :

— Tu connaissais Leïla ?

— Oui, Leïla Hamoudni. C’est la sœur de Zouhir.

— Comment tu t’es retrouvé avec elle ?

— Quand j’ai vu Nasri, il m’a dit de bien réfléchir aux conséquences de ma décision. Il m’a indiqué par quel vol arriverait Leïla, et il m’a laissé une voiture en me disant que je devais aller la chercher et revenir le voir avec elle.

— Donc, tu es allé à l’aéroport ?

— Oui. Dès qu’on a été dans la voiture, Leïla m’a parlé de son projet. J’étais à Necker, par pure coïncidence. À moins que…

Il s’interrompit avant de poursuivre :

— … Je n’en sais rien, j’ai pensé à tout. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas un hasard que j’y sois en stage, que le coup était préparé. C’est une famille très puissante, ils connaissent beaucoup de monde en France. Je ne sais pas, je me suis peut-être monté la tête. Toujours est-il qu’elle m’a dit qu’elle allait me donner cent mille euros si je l’aidais. J’ai crié. J’ai dit que je ne voulais pas d’argent. J’ai répété qu’il n’était pas question que je tue quelqu’un et là, elle est devenue comme folle. Elle m’a insulté en me disant que j’étais un chien, issu d’une famille de chiens. Mes parents et toute ma famille allaient payer. On était soit avec elle, soit contre elle et, de toute manière, avec tout ce que je savais maintenant, elle allait se méfier de moi. J’ai pris peur…

— Tu en as parlé à ta famille ? Quelqu’un est au courant de ça ?

— Non, à qui je pouvais en parler ? On s’est encore retrouvé dans la cité de Nasri. Il ne nous a pas reçus chez lui. Il est parano. Dès qu’il a quelque chose d’important à dire, il va dehors. Il a tout le temps peur d’être sur écoute.

— Tu as accepté de faire ce qu’elle voulait ?

— Non, mais elle a continué, comme si ça allait de soi. Elle ne m’a plus parlé. Elle m’a dit de me renseigner sur la chambre du gosse. Elle voulait aussi savoir s’il recevait des visites.

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)