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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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— Si, mais il faut absolument que tu viennes le voir. Je suis certaine qu’il te plaira.

Quand sa femme avait une idée fixe, elle était comme lui…, elle ne savait pas attendre.

— Mais, ça ne fait même pas une semaine que tu cherches.

— Quand c’est bien, c’est bien… Il faut se lancer. On doit y aller ensemble samedi prochain. Laisse-moi te raconter…

Et elle lui expliqua à quoi ressemblait la merveille en question, occasion à ne pas rater ! Il eut du mal à s’y intéresser. Enfin, Marianne le fit parler de son enquête niçoise et de la fameuse Léanne. Il n’avait pas véritablement le cœur à raconter…

— C’est quoi ton souci ? demanda sa femme à qui son humeur maussade n’avait pas échappé.

Patrick y alla de son idée concernant le second tueur.

– Ça se tient ! T’as vérifié s’il n’y avait pas des étudiants en médecine ? Il doit aussi y avoir une multitude de professions de santé avec des stagiaires en milieu hospitalier.

40

Legal, habituellement ponctuel, arriva à neuf heures dix. Le regard de Patrick s’attarda sur lui.

— T’es pas rentré chez toi ?

— Ben…

— T’es fringué comme hier.

Des rires fusèrent derrière eux.

— Nous, on a peut-être une petite idée sur son emploi du temps de la soirée, plaisanta Hakim.

Comme un enfant pris en faute, Legal rougit. Au même moment, il refusa un appel téléphonique. Patrick s’amusa de la gêne de son adjoint.

— Tu peux lui répondre.

Nouvelle sonnerie.

— Elle est déjà amoureuse, ironisa le commandant.

— J’ai toujours pensé que le capitaine devait être un virtuose, rit Jean-Paul.

— Bon, ça va… Ça suffit maintenant. C’est ma vie privée…

Il sortit dans le couloir à la recherche de plus de discrétion, voire d’intimité, mais revint aussitôt. Son visage s’était transformé. Finies les manières ! Le portable toujours collé à l’oreille, il changea de ton.

— Tu es certaine que c’est lui ?

Tout le monde comprit que la conversation concernait l’enquête.

— Il n’est pas là ce matin… Il est dans l’hôpital depuis seulement quelques jours… J’arrive !

*

Hélène Pélissier reçut le capitaine Legal accompagné de Patrick alors qu’elle l’attendait seul. Elle leur offrit un café, mais elle s’adressa presque exclusivement à Hervé.

— Ce matin, en arrivant, au moment de la visite, il manquait un stagiaire en médecine. On a souvent des étudiants étrangers. J’ai pensé au gars que tu cherches. Je ne l’ai pas vu souvent, car nous n’avons pas les mêmes horaires. Mais il lui ressemble. Tu peux me refaire voir la photo ?

Patrick la tendit à la surveillante qui l’examina longuement.

— Oui, ça peut être lui. Vous permettez que j’appelle des collègues du matin ?

Trois personnes crurent reconnaître un médecin stagiaire, Waheed Nawabi. Une heure plus tard, la présomption se transformait en quasi-certitude. Ils disposaient d’une photo, d’une adresse et d’un téléphone. À la sortie de l’hôpital, la procédure s’était épaissie de quelques procès-verbaux, et ils avaient maintenant un fil à tirer. Ils cherchaient un jeune étudiant marocain de 25 ans, venu faire un stage de trois mois dans différents hôpitaux parisiens. Ils étaient persuadés que son absence aujourd’hui ne pouvait qu’être la conséquence des investigations effectuées la veille.

Patrick réunit aussitôt ses troupes. La nervosité et l’excitation devenaient manifestes. Ne pas perdre de temps ! Des vérifications, une courte surveillance et ils « casseraient » l’adresse : une petite chambre, rue Mouffetard.

*

Garé à proximité de leur objectif, le commandant confirma à la commissaire qu’ils se débrouilleraient seuls, sans la BRI.

— Tu es certain ? insista Isabelle.

— Mais oui. On sera six contre un seul, voire deux individus s’il est avec quelqu’un. Ça suffira ! Et il n’est peut-être même pas là.

— Tu as des doutes ?

— Oui, évidemment, sinon on n’attendrait pas. Hakim vient de repérer la chambre. Il n’y a aucun bruit, pas de lumière. La téléphonie confirme que son portable est débranché depuis hier soir. Mais on est sûr que c’est notre homme ! Il a déjà appelé Saïd Nasri et on a relevé une conversation avec Leïla.

— Une seule ?

— Oui, il a peut-être un autre téléphone qu’on ne connaît pas.

— Ou il a filé ?

— On n’en sait rien, s’énerva le commandant.

Il s’efforça d’expliquer sa stratégie :

— Si on tape, qu’il ne soit pas là et qu’il ait des copains dans l’immeuble, on risque de se griller… Je préfère attendre. Il est peut-être dehors et il va rentrer. Et si rien ne se passe, à six heures, on défonce la lourde.

La commissaire se rangea finalement à son jugement et leur souhaita bon courage et patience… La nuit serait longue. Au matin, toujours pas de lumière dans l’appartement. Plus le temps passait, plus une évidence s’imposait : le suspect n’était pas chez lui. Une nuit blanche pour rien ! Ils allaient investir un appartement vide.

Peu avant six heures, le commandant enclencha le bouton de sa radio.

— Allez, on y va.

Tout le dispositif se retrouva en bas de l’immeuble. Ils avaient la sale gueule des mauvais jours, pas rasés, les vêtements fripés, mal au dos.

– Ça va faire trois jours que tu ne t’es pas changé, rappela Patrick à son adjoint.

— Allez, finissons-en !

Il entraîna son groupe derrière lui. La fatigue, le doute et la lassitude lui mordaient les talons. Jean-Paul ouvrit la porte avec un passe de facteur. Dans le couloir, à l’abri des regards, ils enfilèrent leur brassard « Police ». Hakim passa devant. La montée des escaliers s’accompagna d’un concert de grincements. Au dernier étage, ils se répartirent de chaque côté d’une porte. La tension monta d’un cran. Le premier dégaina son Sig, les autres dégagèrent leur holster, main sur la crosse. Six heures ! Un signe de tête de Patrick, Hakim frappa contre le bois : « Police ! » Un bruit de lit qu’on pousse…

— Putain, il est là !

Coup de pied dans la porte… Devant eux, une fenêtre ouverte ! Il se précipita.

— Cet enfoiré se barre !

Le fuyard se laissa descendre le long de la gouttière pour atteindre un toit mitoyen. Le jeune flic s’apprêtait à enjamber la fenêtre pour le suivre. Patrick le bloqua :

— Arrête, tu ne vas pas mourir pour un con !

Le chef avait raison. Hakim reprit pied dans la chambre et accrocha Jean-Paul par le bras.

— Magne-toi, on va le rattraper.

Ils se précipitèrent dans l’escalier.

Dehors, le fugitif avançait prudemment dans un équilibre instable. Soudain, des ardoises se détachèrent sous ses pieds. Il se retrouva à plat ventre sur le toit.

— Putain ! Il va se tuer !

Waheed glissa jusqu’en limite de pente, ses chaussures se bloquèrent in extremis dans un chéneau. Il tourna la tête vers eux. Patrick eut l’impression qu’il leur décochait un sourire bravache. D’abord à genoux, puis debout, il continua d’avancer et disparut sur un nouveau pan de toiture.

— Je ne le vois plus, hurla Patrick dans la radio. Je ne sais pas où il est.

— Reçu d’Hakim. On fait les cages d’escalier des immeubles de la rue.

— J’ai appelé la permanence. La BAC et des bleus arrivent, prévint Legal.

Patrick ne décolérait pas :

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