Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 86
Перейти на страницу:

� Et qu�avez-vous fait alors, gourgandinier?

� Ma foi! dit Jean, j�ai couru toute la nuit et toute la matin�e.

� Quand je le disais� Oh! qui me servira mieux que l�on ne me sert? Qui me dira ce que cette fille est devenue, o� elle est?

� O� elle est? demanda Jean.

� Oui.

� � Paris, pardieu!

� � Paris?� Mais o� cela, � Paris?

� Rue Coq-H�ron.

� Qui vous l�a dit?

� Le cocher de sa voiture, que j�attendais aux �curies et que j�ai interrog�.

� Et il vous a dit?

� Qu�il venait de conduire tous les Taverney dans un petit h�tel de la rue Coq-H�ron, situ� dans un jardin et attenant � l�h�tel d�Armenonville.

� Ah! Jean, Jean, s��cria la comtesse, voil� qui me raccommode avec vous, mon ami; mais ce sont des d�tails qu�il nous faudrait. Comment vit-elle, qui voit-elle? Que fait-elle? Re�oit-elle des lettres? Voil� ce qu�il est important de savoir.

� Eh bien, on le saura.

� Et comment?

� Ah! voil�: comment? J�ai cherch�, moi; cherchez un peu � votre tour.

� Rue Coq-H�ron? dit vivement Chon.

� Rue Coq-H�ron, r�p�ta flegmatiquement Jean.

� Eh bien, rue Coq-H�ron, il doit y avoir des appartements � louer.

� Oh! excellente id�e! s��cria la comtesse. Il faut vite courir rue Coq-H�ron, Jean, louer une maison. On y cachera quelqu�un; ce quelqu�un verra entrer, verra sortir, verra man�uvrer. Vite, vite, la voiture! et allons rue Coq-H�ron.

� Inutile, il n�y a pas d�appartements � louer rue Coq-H�ron.

� Et comment savez-vous cela?

� Je m�en suis inform�, parbleu! mais il y en a�

� O� cela? Voyons.

� Rue Pl�tri�re.

� Qu�est-ce que cela, rue Pl�tri�re?

� Qu�est-ce que c�est que la rue Pl�tri�re?

� Oui.

� C�est une rue dont les derri�res donnent sur les jardins de la rue Coq H�ron.

� Eh bien, vite, vite! dit la comtesse, louons un appartement rue Pl�tri�re.

� Il est lou�, dit Jean.

� Homme admirable! s��cria la comtesse. Tiens, embrasse-moi, Jean.

Jean s�essuya la bouche, embrassa madame du Barry sur les deux joues, et lui fit une c�r�monieuse r�v�rence en signe de remerciement de l�honneur qu�il venait de recevoir.

� C�est bien heureux! dit Jean.

� On ne vous a pas reconnu, surtout?

� Qui diable voulez-vous qui me reconnaisse, rue Pl�tri�re?

� Et vous avez lou�?�

� Un petit appartement dans une maison borgne.

� On a d� vous demander pour qui?

� Sans doute.

� Et qu�avez-vous r�pondu?

� Pour une jeune veuve. Es-tu veuve, Chon?

� Parbleu! dit Chon.

� � merveille, dit la comtesse; c�est Chon qui s�installera dans l�appartement; c�est Chon qui guettera, qui surveillera; mais il ne faut pas perdre de temps.

� Aussi vais-je partir tout de suite, dit Chon. Les chevaux! les chevaux!

� Les chevaux! cria madame du Barry en sonnant de fa�on � r�veiller le palais tout entier de la Belle au Bois dormant.

Jean et la comtesse savaient � quoi s�en tenir sur le compte d�Andr�e.

Elle avait, rien qu�en paraissant, �veill� l�attention du roi: donc, Andr�e �tait dangereuse.

� Cette fille, dit la comtesse tandis qu�on attelait, ne serait pas une vraie provinciale, si, de son pigeonnier, elle n�avait amen� � Paris quelque amoureux transi; d�couvrons cet amoureux, et vite un mariage! Rien ne refroidira le roi comme un mariage entre amoureux de province.

� Diable! au contraire, fit Jean; d�fions-nous. C�est pour Sa Majest� tr�s chr�tienne, et vous le savez mieux que personne, comtesse, un morceau tr�s friand qu�une jeune mari�e; mais une fille ayant un amant contrarierait bien davantage Sa Majest�.

�Le carrosse est pr�t�, dit-il.

Chon s��lan�a, apr�s avoir serr� la main de Jean, apr�s avoir embrass� sa s�ur.

� Et Jean, pourquoi ne l�emmenez-vous pas? dit la comtesse.

� Non pas, j�irai de mon c�t�, r�pondit Jean. Attends-moi rue Pl�tri�re, Chon. Je serai la premi�re visite que tu recevras dans ton nouveau logement.

Chon partit, Jean se remit � table et avala une troisi�me tasse de chocolat.

Chon toucha d�abord � l�h�tel de famille, changea d�habit et s��tudia � prendre des airs bourgeois. Puis, lorsqu�elle fut contente d�elle, elle enveloppa d�un maigre mantelet de soie noire ses �paules aristocratiques, fit avancer une chaise � porteurs, et, une demi-heure apr�s, elle montait avec mademoiselle Sylvie un raide escalier conduisant � un quatri�me �tage.

C��tait � ce quatri�me �tage qu��tait situ� ce bienheureux logement retenu par le vicomte.

Comme elle arrivait au palier du second �tage, Chon se retourna; quelqu�un la suivait.

C��tait la vieille propri�taire, habitant le premier, qui avait entendu du bruit, qui �tait sortie et qui se trouvait fort intrigu�e de voir deux femmes si jeunes et si jolies entrer dans sa maison.

Elle leva sa t�te renfrogn�e et aper�ut deux t�tes rieuses.

� Hol�, mesdames, dit-elle, hol�! que venez-vous chercher ici?

� Le logement que mon fr�re a d� louer pour nous, madame, dit Chon en prenant son air de veuve; ne l�avez-vous pas vu, ou nous serions-nous tromp�es de maison?

� Non, non, c�est bien au quatri�me, dit la vieille propri�taire. Ah! pauvre jeune femme, veuve � votre �ge!

� H�las! dit Chon en levant les yeux au ciel.

� Mais vous serez tr�s bien rue Pl�tri�re; c�est une rue charmante; vous n�entendrez pas de bruit, votre appartement donne sur les jardins.

� C�est ce que j�ai d�sir�, madame.

� Cependant, par le corridor, vous pourrez voir dans la rue quand passeront les processions et quand joueront les chiens savants.

� Ah! �a me sera une grande distraction, madame, soupira Chon.

Et elle continua de monter.

La vieille propri�taire la suivit des yeux jusqu�au quatri�me �tage, et, quand Chon eut referm� sa porte:

� Elle a l�air d�une honn�te personne, dit-elle.

La porte referm�e, Chon courut aussit�t aux fen�tres donnant sur le jardin.

Jean n�avait pas commis d�erreur; presque au dessous des fen�tres de l�appartement lou� �tait le pavillon d�sign� par le cocher.

Bient�t il n�y eut plus aucun doute � avoir: une jeune fille vint s�asseoir pr�s de la fen�tre du pavillon, une broderie � la main; c��tait Andr�e.

Chapitre 62. L�appartement de la rue Pl�tri�re

Chon examinait la jeune fille depuis quelques instants � peine, quand le vicomte Jean, montant les escaliers quatre � quatre comme un clerc de procureur, apparut sur le seuil de l�appartement de la pr�tendue veuve.

� Eh bien? demanda-t-il.

� C�est toi, Jean? En v�rit�, tu m�as fait peur.

� Qu�en dis-tu?

� Je dis que je serai admirablement ici pour tout voir; malheureusement, je ne pourrai pas tout entendre.

� Ah! ma foi, tu demandes trop. � propos, une autre nouvelle.

� Laquelle?

� Merveilleuse!

� Bah!

� Incomparable!

� Que cet homme est assassinant avec ses exclamations!

� Le philosophe�

� Eh bien, quoi! le philosophe?

� On a beau dire:

� tout �v�nement le sage est pr�par�

Je suis un sage, eh bien, je n��tais pas pr�par� � celui-l�.

� Je vous demande un peu s�il ach�vera. Est-ce cette fille qui vous g�ne? Passez dans la chambre voisine, en ce cas, mademoiselle Sylvie.

� Oh! ce n�est pas la peine, et cette belle enfant n�est pas de trop, au contraire. Reste, Sylvie, reste.

Et le vicomte caressa du doigt le menton de la belle fille, dont le sourcil se fron�ait d�j� � l�id�e qu�on allait dire une chose qu�elle n�entendrait pas.

� Qu�elle reste donc; mais parlez.

� Eh! je ne fais pas autre chose depuis que je suis ici.

� Pour ne rien dire� Taisez-vous alors et laissez-moi regarder; cela vaut mieux.

� Calmons-nous. Je passais donc, comme je disais, devant la fontaine.

� Justement vous ne disiez pas un mot de cela.

� Bon! voil� que vous m�interrompez.

� Non.

� Je passais donc devant la fontaine, et je marchandais quelques vieux meubles pour cet affreux logement, quand tout � coup je sens un jet d�eau qui �clabousse mes bas.

� Comme c�est int�ressant, tout cela!

� Mais attendez donc, vous �tes trop press�e aussi, ma ch�re; je regarde� et vois� devinez quoi� je vous le donne en cent.

� Allez donc.

� Je vois un jeune monsieur obstruant avec un morceau de pain le robinet de la fontaine, et produisant, gr�ce � l�obstacle qu�il opposait � l�eau, cette extravasion et ce rejaillissement.

� C�est �tonnant comme ce que vous me racontez l� m�int�resse! dit Chon en haussant les �paules.

� Attendez donc: j�avais jur� tr�s fort en me sentant �clabouss�; l�homme au pain tremp� se retourne, et je vois�

� Vous voyez?

� Mon philosophe, ou plut�t notre philosophe.

� Qui cela, Gilbert?

� En personne: t�te nue, veste ouverte, bas mal tir�s, souliers sans boucles, en n�glig� galant enfin.

� Gilbert!� et qu�a-t-il dit?

� Je le reconnais, il me reconna�t; je m�avance, il recule; j��tends le bras, il ouvre les jambes, et le voil� courant comme un l�vrier parmi les voitures, les porteurs d�eau.

� Vous l�avez perdu de vue?

� Je le crois parbleu bien! vous ne supposez point que je me sois mis � courir aussi, n�est-ce pas?

� C�est vrai, mon Dieu! c��tait impossible, je comprends; mais le voil� perdu.

� Ah! quel malheur! laissa �chapper mademoiselle Sylvie.

� Oui, certes, dit Jean; je suis son d�biteur d�une bonne ration d��trivi�res, et, si j�eusse mis la main sur son collet r�p�, il n�e�t rien perdu pour attendre, je vous jure; mais il devinait mes bonnes intentions � cet �gard, et il a jou� des jambes. N�importe, le voil� dans Paris, c�est l�essentiel; et � Paris, pour peu qu�on ne soit pas trop mal avec le lieutenant de police, on trouve tout ce qu�on cherche.

� Il nous le faut.

� Et quand nous l�aurons, nous le ferons je�ner.

� On l�enfermera, dit mademoiselle Sylvie; seulement, cette fois il faudra choisir un endroit s�r.

� Et Sylvie lui portera dans cet endroit s�r son pain et son eau; n�est-ce pas, Sylvie? dit le vicomte.

� Mon fr�re, ne rions pas, dit Chon; ce gar�on l� a vu l�affaire des chevaux de poste. S�il avait des motifs de vous en vouloir, il pourrait �tre � craindre.

� Aussi, reprit Jean, suis-je convenu avec moi-m�me, tout en montant ton escalier, d�aller trouver M. de Sartine et de lui raconter ma trouvaille. M. de Sartine me r�pondra qu�un homme nu-t�te, bas d�faits, souliers d�nou�s, et trempant son pain � une fontaine, habite bien pr�s de l�endroit o� on le rencontre ainsi fagot�, et alors il s�engagera � nous le retrouver.

� Que peut-il faire ici sans argent?

� Des commissions.

� Lui! un philosophe de cette sauvage esp�ce? Allons donc!

� Il aura trouv�, dit Sylvie, quelque vieille d�vote, sa parente, qui lui abandonne les cro�tes trop vieilles pour son carlin.

� Assez, assez; mettez le linge dans cette vieille armoire, Sylvie, et vous, mon fr�re, � notre observatoire!

Ils s�approch�rent, en effet, de la fen�tre avec de grandes pr�cautions.

Andr�e quitta sa broderie, elle �tendit nonchalamment ses jambes sur un fauteuil, puis allongea la main vers un livre plac� sur une chaise � sa port�e, l�ouvrit et commen�a une lecture que les spectateurs jug�rent �tre des plus attachantes, car la jeune fille demeura immobile du moment qu�elle eut commenc�.

� Oh! la studieuse personne! dit mademoiselle Chon; que lit-elle l�?

� Premier meuble indispensable, r�pondit le vicomte en tirant de sa poche une lunette qu�il allongea et braqua sur Andr�e, en l�appuyant, pour la fixer, � l�angle de la fen�tre.

Chon le regardait faire avec impatience.

� Eh bien, voyons, est-elle vraiment belle, cette cr�ature? demanda-t-elle au vicomte.

� Admirable, c�est une fille parfaite; quels bras! quelles mains! quels yeux! des l�vres � damner saint Antoine; des pieds, oh! les pieds divins! et la cheville� quelle cheville sous ce bas de soie!

� Allons, bon! devenez-en amoureux, maintenant, il ne vous manquerait plus que cela! dit Chon avec humeur.

� Eh bien, apr�s?� Cela ne serait pas d�j� si mal jou�, surtout si elle voulait m�aimer un peu � son tour; cela rassurerait un peu notre pauvre comtesse.

� Voyons, passez-moi cette lorgnette, et tr�ve de balivernes, si c�est possible� Oui, vraiment, elle est belle, cette fille, et il est impossible qu�elle n�ait pas un amant� Elle ne lit pas, voyez� le livre va lui tomber des mains� il glisse� le voil� qui d�gringole, tenez� Quand je vous le disais, Jean, elle ne lit pas, elle r�ve.

� Ou elle dort.

� Les yeux ouverts! De beaux yeux, sur ma foi!

� En tout cas, dit Jean, si elle a un amant, nous le verrons bien d�ici.

� Oui, s�il vient le jour; mais s�il vient la nuit?�

� Diable! je n�y songeais pas, et c�est cependant la premi�re chose � laquelle j�eusse d� songer� Cela prouve � quel point je suis na�f.

� Oui, na�f comme un procureur.

� C�est bon! me voil� pr�venu, j�inventerai quelque chose.

� Mais que cette lunette est bonne! dit Chon, je lirais presque dans le livre.

� Lisez, et dites-moi le titre. Je devinerai peut-�tre quelque chose d�apr�s le livre.

Chon s�avan�a avec curiosit�, mais elle se recula plus vite encore qu�elle ne s��tait avanc�e.

� Eh bien, qu�y a-t-il donc? demanda le vicomte.

Chon lui saisit le bras.

� Regardez avec pr�caution, mon fr�re, dit-elle, regardez donc quelle est la personne qui se penche hors de cette lucarne, � gauche. Prenez garde d��tre vu!

� Oh! oh! s��cria sourdement du Barry, c�est mon trempeur de cro�tes, Dieu me pardonne!

� Il va se jeter en bas.

� Non pas, il est cramponn� � la goutti�re.

� Mais que regarde-t-il donc avec ces yeux ardents, avec cette ivresse sauvage?

� Il guette.

Le vicomte se frappa le front.

� J�y suis, s��cria-t-il.

� Quoi?

� Il guette la petite, pardieu!

� Mademoiselle de Taverney?

� Eh! oui, voil� l�amoureux du pigeonnier! Elle vient � Paris, il accourt; elle se loge rue Coq-H�ron, il se sauve de chez nous pour aller demeurer rue Pl�tri�re; il la regarde, et elle r�ve.

� Sur ma foi, c�est la v�rit�, dit Chon; voyez donc ce regard, cette fixit�, ce feu livide de ses yeux: il est amoureux � en perdre la t�te.

� Ma s�ur, dit Jean, ne nous donnons plus la peine de guetter l�amoureuse, l�amoureux fera notre besogne.

� Pour son compte, oui.

� Non pas, pour le n�tre. Maintenant, laissez-moi passer, que j�aille un peu voir ce cher Sartine. Pardieu! nous avons de la chance. Mais prenez garde, Chon, que le philosophe ne vous voie; vous savez s�il d�campe vite.

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)