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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Quelles notes?

� Mes notes sur M. Rousseau. Est-ce que vous croyez qu�il fait un pas sans qu�on sache o� il va?

� Ah! vraiment! Il est donc v�ritablement dangereux?

� Non, mais il est inqui�tant; un fou pareil peut se rompre � tout moment un bras ou une cuisse, et l�on dirait que c�est nous qui le lui avons cass�.

� Eh! qu�il se torde le cou une bonne fois.

� Dieu nous en garde!

� Permettez-moi de vous dire que voil� ce que je ne comprends point.

� Le peuple lapide de temps en temps ce brave Genevois; mais il se le r�serve pour lui, et, s�il recevait le moindre caillou de notre part, ce serait nous qu�on lapiderait � notre tour.

� Oh! je ne connais pas toutes ces fa�ons-l�, excusez-moi.

� Aussi userons-nous des plus minutieuses pr�cautions. Maintenant, v�rifions la seule chance qui nous reste, celle qu�il ne soit pas chez M. Rousseau. Cachez-vous au fond de la voiture.

Jean ob�it, et M. de Sartine ordonna au cocher de faire quelques pas dans la rue.

Puis il ouvrit son portefeuille et en tira quelques papiers.

� Voyons, dit-il, si votre jeune homme est avec M. Rousseau, depuis quel jour doit-il y �tre?

� Depuis le 16.

� �17. � M. Rousseau a �t� vu herborisant � six heures du matin dans le bois de Meudon; il �tait seul.�

� Il �tait seul?

� Continuons. �� deux heures de l�apr�s-midi, le m�me jour, il herborisait encore, mais avec un jeune homme.�

� Ah! ah! fit Jean.

� Avec un jeune homme, r�p�ta M. de Sartine, entendez-vous?

� C�est cela, mordieu! c�est cela.

� Hein! qu�en dites-vous? �Le jeune homme est ch�tif.�

� C�est cela.

� �Il d�vore.�

� C�est cela.

� �Les deux particuliers arrachent des plantes et les font confire dans une bo�te de fer-blanc.�

� Diable! diable! fit du Barry.

� Ce n�est pas le tout. �coutez bien: �Le soir, il a ramen� le jeune homme; � minuit, le jeune homme n��tait pas sorti de chez lui.�

� Bon.

� �18. � Le jeune homme n�a pas quitt� la maison et para�t �tre install� chez M. Rousseau.�

� J�ai encore un reste d�espoir.

� D�cid�ment, vous �tes optimiste! N�importe, faites-moi part de cet espoir.

� C�est qu�il a quelque parent dans la maison.

� Allons! il faut vous satisfaire, ou plut�t vous d�sesp�rer tout � fait. Halte! cocher.

M. de Sartine descendit. Il n�avait pas fait dix pas qu�il rencontra un homme v�tu de gris et de mine assez �quivoque.

L�homme, en apercevant l�illustre magistrat, �ta son chapeau et le remit sans para�tre attacher au salut plus d�importance, quoique le respect et le d�vouement eussent �clat� dans son regard.

M. de Sartine fit un signe, l�homme s�approcha, re�ut, l�oreille basse, quelques injonctions, et disparut sous l�all�e de Rousseau.

Le lieutenant de police remonta en voiture.

Cinq minutes apr�s, l�homme gris reparut et s�approcha de la porti�re.

� Je tourne la t�te � droite, dit du Barry, pour qu�on ne me voie pas.

M. de Sartine sourit, re�ut la confidence de son agent et le cong�dia.

� Eh bien? demanda du Barry.

� Eh bien, la chance �tait mauvaise comme je m�en doutais; c�est bien chez Rousseau que loge votre Gilbert. Renoncez-y, croyez-moi.

� Que j�y renonce?

� Oui. Vous ne voudriez pas ameuter contre nous, pour une fantaisie, tous les philosophes de Paris, n�est-ce pas?

� Oh! mon Dieu! que dira ma s�ur Jeanne?

� Elle tient donc bien � ce Gilbert? demanda M. de Sartine.

� Mais oui.

� Eh bien alors, il vous reste les moyens de douceur: usez de gentillesse, amadouez M. Rousseau, et, au lieu de se laisser enlever Gilbert malgr� lui, il vous le donnera de bonne volont�.

� Ma foi, autant vaut nous donner � apprivoiser un ours.

� C�est peut-�tre moins difficile que vous ne pensez. Voyons, ne d�sesp�rons pas; il aime les jolis visages: celui de la comtesse est des plus beaux et celui de mademoiselle Chon n�est pas d�sagr�able; voyons, la comtesse fera-t-elle un sacrifice � sa fantaisie?

� Elle en fera cent.

� Consentirait-elle � devenir amoureuse de Rousseau?

� S�il le fallait absolument�

� Ce sera peut-�tre utile; mais, pour rapprocher nos personnages l�un de l�autre, il serait besoin d�un agent interm�diaire. Connaissez-vous quelqu�un qui connaisse Rousseau?

� M. de Conti.

� Mauvais! Il se d�fie des princes. Il faudrait un homme de rien, un savant, un po�te.

� Nous ne voyons pas ces gens-l�.

� N�ai-je pas rencontr�, chez la comtesse, M. de Jussieu?

� Le botaniste?

� Oui.

� Ma foi, je crois que oui; il vient � Trianon, et la comtesse lui laisse ravager ses plates-bandes.

� Voil� votre affaire; justement Jussieu est de mes amis.

� Alors cela ira tout seul?

� � peu pr�s.

� J�aurai donc mon Gilbert?

M. de Sartine r�fl�chit un moment.

� Je commence � croire que oui, dit-il, et sans violence, sans cris; Rousseau vous le donnera pieds et poings li�s.

� Vous croyez?

� J�en suis s�r.

� Que faut-il faire pour cela?

� La moindre des choses. Vous avez bien, du c�t� de Meudon ou de Marly, un terrain vide?

� Oh! cela ne manque pas; j�en connais dix entre Luciennes et Bougival.

� Eh bien! faites-y construire� comment appellerai-je cela? une sourici�re � philosophes.

� Pla�t-il? Comment avez-vous dit cela?

� J�ai dit une sourici�re � philosophes.

� Eh! mon Dieu! comment cela se b�tit-il?

� Je vous en donnerai le plan, soyez tranquille. Et maintenant, partons vite, voil� qu�on nous regarde. Cocher, touche � l�h�tel.

Chapitre 64. Ce qui arriva � M. de la Vauguyon, pr�cepteur des enfants de France, le soir du mariage de Monseigneur le dauphin

Les grands �v�nements de l�histoire sont pour le romancier ce que sont les montagnes gigantesques pour le voyageur. Il les regarde, il tourne autour d�elles, il les salue en passant, mais il ne les franchit pas.

Ainsi allons-nous regarder, tourner et saluer cette c�r�monie imposante du mariage de la dauphine � Versailles. Le c�r�monial de France est la seule chronique que l�on doive consulter en pareil cas.

Ce n�est pas en effet dans les splendeurs du Versailles de Louis XV, dans la description des habits de cour, des livr�es, des ornements pontificaux, que notre histoire � nous, cette suivante modeste qui, par un petit chemin d�tourn�, c�toie la grand-route de l�histoire de France, trouverait � gagner quelque chose.

Laissons s�achever la c�r�monie aux rayons du soleil ardent d�un beau jour de mai; laissons les illustres convi�s se retirer en silence et se raconter ou commenter les merveilles du spectacle auquel ils viennent d�assister, et revenons � nos �v�nements et � nos personnages � nous, lesquels, historiquement, ont bien une certaine valeur.

Le roi, fatigu� de la repr�sentation et surtout du d�ner, qui avait �t� long et calqu� sur le c�r�monial du d�ner des noces de M. le grand dauphin, fils de Louis XIV, le roi se retira chez lui � neuf heures et cong�dia tout le monde, ne retenant que M. de la Vauguyon, pr�cepteur des enfants de France.

Ce duc, grand ami des j�suites, qu�il esp�rait ramener, gr�ce au cr�dit de madame du Barry, voyait une partie de sa t�che termin�e par le mariage de M. le duc de Berry.

Ce n��tait pas la plus rude partie, car il restait encore � M. le pr�cepteur des enfants de France � parfaire l��ducation de M. le comte de Provence et de M. le comte d�Artois, �g�s, � cette �poque, l�un de quinze ans, l�autre de treize. M. le comte de Provence �tait sournois et indompt�; M. le comte d�Artois, �tourdi et indomptable; et puis le dauphin, outre ses bonnes qualit�s, qui le rendaient un pr�cieux �l�ve, �tait dauphin, c�est-�-dire le premier personnage de France apr�s le roi. M. de la Vauguyon pouvait donc perdre gros en perdant sur un tel esprit l�influence que peut-�tre une femme allait conqu�rir.

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