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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Le roi l�appelant � rester, M. de la Vauguyon put croire que Sa Majest� comprenait cette perte et voulait l�en d�dommager par quelque r�compense. Une �ducation achev�e, d�ordinaire on gratifie le pr�cepteur.

Ce qui engagea M. le duc de la Vauguyon, homme tr�s sensible, � redoubler de sensibilit�; pendant tout le d�ner, il avait port� son mouchoir � ses yeux, pour t�moigner du regret que lui causait la perte de son �l�ve. Une fois le dessert achev�, il avait sanglot�; mais se trouvant enfin seul, il partait plus calme.

L�appel du roi tira de nouveau le mouchoir de sa poche et les larmes de ses yeux.

� Venez, mon pauvre la Vauguyon, dit le roi en s��tablissant � l�aise dans une chaise longue; venez, que nous causions.

� Je suis aux ordres de Votre Majest�, r�pondit le duc.

� Asseyez-vous l�, mon tr�s cher; vous devez �tre fatigu�.

� M�asseoir, sire?

� Oui, l�, sans fa�on, tenez.

Et Louis XV indiqua au duc un tabouret plac� de telle mani�re que les lumi�res tombassent d�aplomb sur le visage du pr�cepteur et laissassent dans l�ombre celui du roi.

� Eh bien, cher duc, dit Louis XV, voil� une �ducation faite.

� Oui, sire.

Et la Vauguyon soupira.

� Belle �ducation, sur ma foi, continua Louis XV.

� Sa Majest� est trop bonne.

� Et qui vous fait bien de l�honneur, duc.

� Sa Majest� me comble.

� M. le dauphin est, je crois, un des savants princes de l�Europe?

� Je le crois, sire.

� Bon historien?

� Tr�s bon.

� G�ographe parfait?

� Sire, M. le dauphin dresse tout seul des cartes qu�un ing�nieur ne ferait pas.

� Il tourne dans la perfection?

� Ah! sire, le compliment revient � un autre, et ce n�est pas moi qui lui ai appris cela.

� N�importe, il le sait.

� � merveille m�me.

� Et l�horlogerie, hein?� quelle dext�rit�!

� C�est prodigieux, sire.

� Depuis six mois, toutes mes horloges courent les unes apr�s les autres, comme les quatre roues d�un carrosse, sans pouvoir se rejoindre. Eh bien, c�est lui seul qui les r�gle.

� Ceci rentre dans la m�canique, sire, et je dois avouer encore que je n�y suis pour rien.

� Oui, mais les math�matiques, la navigation?

� Oh! par exemple, sire, voil� les sciences vers lesquelles j�ai toujours pouss� M. le dauphin.

� Et il y est tr�s fort. L�autre soir, je l�ai entendu parler avec M. de la Peyrouse de grelins, de haubans et de brigantines.

� Tous termes de marine� Oui, sire.

� Il en parle comme Jean Bart.

� Le fait est qu�il y est tr�s fort.

� C�est pourtant � vous qu�il doit tout cela�

� Votre Majest� me r�compense bien au del� de mes m�rites en m�attribuant une part, si l�g�re qu�elle soit, dans les avantages pr�cieux que M. le dauphin a tir�s de l��tude.

� La v�rit�, duc, est que je crois que M. le dauphin sera r�ellement un bon roi, un bon administrateur, un bon p�re de famille� � propos, monsieur le duc, r�p�ta le roi en appuyant sur ces mots, sera-t-il un bon p�re de famille?

� Eh! mais, sire, r�pondit na�vement M. de la Vauguyon, je pr�sume que, toutes les vertus �tant en germe dans le c�ur de M. le dauphin, celle-l� y doit �tre renferm�e comme les autres.

� Vous ne me comprenez pas, duc, dit Louis XV. Je vous demande s�il sera un bon p�re de famille.

� Sire, je l�avoue, je ne comprends pas Votre Majest�. Dans quel sens me fait-elle cette question?

� Mais dans le sens, dans le sens� Vous n��tes pas sans avoir lu la Bible, monsieur le duc?

� Certainement, sire, que je l�ai lue.

� Eh bien, vous connaissez les patriarches, n�est-ce pas?

� Sans doute.

� Sera-t-il un bon patriarche?

M. de la Vauguyon regarda le roi, comme s�il lui e�t parl� h�breu; et, tournant son chapeau entre ses mains:

� Sire, r�pondit-il, un grand roi est tout ce qu�il veut.

� Pardon, monsieur le duc, insista le roi, je vois que nous ne nous entendons pas tr�s bien.

� Sire, je fais cependant de mon mieux.

� Enfin, dit le roi, je vais parler plus clairement. Voyons, vous connaissez le dauphin comme votre enfant, n�est-ce pas?

� Oh! certes, sire.

� Ses go�ts?

� Oui.

� Ses passions?

� Oh! quant � ses passions, sire, c�est autre chose; monseigneur en e�t-il eu, que je les eusse extirp�es radicalement. Mais je n�ai pas eu cette peine, heureusement; monseigneur est sans passions.

� Vous avez dit heureusement?

� Sire, n�est-ce pas un bonheur?

� Ainsi, il n�en a pas?

� Des passions? Non, sire.

� Pas une?

� Pas une, j�en r�ponds.

� Eh bien, voil� justement ce que je redoutais. Le dauphin sera un tr�s bon roi, un tr�s bon administrateur, mais il ne sera jamais un bon patriarche.

� H�las! sire, vous ne m�avez aucunement recommand� de pousser M. le dauphin au patriarcat.

� Et c�est un tort que j�ai eu. J�aurais d� songer qu�il se marierait un jour. Mais, bien qu�il n�ait point de passions, vous ne le condamnez point tout � fait?

� Comment?

� Je veux dire que vous ne le jugez point incapable d�en avoir un jour.

� Sire, j�ai peur.

� Comment, vous avez peur?

� En v�rit�, dit lamentablement le pauvre duc, Votre Majest� me met au supplice.

� Monsieur de la Vauguyon, s��cria le roi, qui commen�ait � s�impatienter, je vous demande clairement si, avec passion ou sans passion, M. le duc de Berry sera un bon �poux. Je laisse de c�t� la qualification de p�re de famille et j�abandonne le patriarche.

� Eh bien, sire, voil� ce que je ne saurais pr�cis�ment dire � Votre Majest�.

� Comment, voil� ce que vous ne sauriez me dire?

� Non, sans doute, car je ne le sais pas, moi.

� Vous ne le savez pas! s��cria Louis XV avec une stup�faction qui fit osciller la perruque sur le chef de M. de la Vauguyon.

� Sire, M. le duc de Berry vivait sous le toit de Votre Majest� dans l�innocence de l�enfant qui �tudie.

� Eh! monsieur, cet enfant n��tudie plus, il se marie.

� Sire, j��tais le pr�cepteur de monseigneur�

� Justement, monsieur, il fallait donc lui apprendre tout ce qu�il doit savoir.

Et Louis XV se renversa dans son fauteuil en haussant les �paules.

� Je m�en doutais, ajouta-t-il avec un soupir.

� Mon Dieu, sire�

� Vous savez l�histoire de France, n�est-ce pas, monsieur de la Vauguyon?

� Sire, je l�ai toujours cru, et je continuerai m�me de le croire, � moins toutefois que Votre Majest� ne me dise le contraire.

� Eh bien, alors, vous devez savoir ce qui m�est arriv�, � moi, la veille de mes noces.

� Non, sire, je ne le sais pas.

� Ah! mon Dieu! mais vous ne savez donc rien?

� Si Votre Majest� voulait m�apprendre ce point qui m�est rest� inconnu?

� �coutez, et que ceci vous serve de le�on pour mes deux autres petits-fils, duc.

� J��coute, sire.

� Moi aussi, j�avais �t� �lev� comme vous avez �lev� le dauphin, sous le toit de mon grand-p�re. J�avais M. de Villeroy, un brave homme, mais un tr�s brave homme, tout comme vous, duc. Oh! s�il m�e�t laiss� plus souvent dans la soci�t� de mon oncle le r�gent! mais non, l�innocence de l��tude, comme vous dites, duc, m�avait fait n�gliger l��tude de l�innocence. Cependant, je me mariai, et, quand un roi se marie, monsieur le duc, c�est s�rieux pour le monde.

� Oh! oui, sire, je commence � comprendre.

� En v�rit�, c�est bien heureux. Je continue donc. M. le cardinal me fit sonder sur mes dispositions au patriarcat. Mes dispositions �taient parfaitement nulles, et j��tais l�-dessus d�une candeur � faire craindre que le royaume de France ne tomb�t en quenouille. Heureusement, M. le cardinal consulta M. de Richelieu l�-dessus: c��tait d�licat; mais M. de Richelieu �tait un grand ma�tre en pareille mati�re. M. de Richelieu eut une id�e lumineuse. Il y avait une demoiselle Lemaure ou Lemoure, je ne sais plus trop, laquelle faisait des tableaux admirables; on lui commanda une s�rie de sc�nes; vous comprenez?

� Non, sire.

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