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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Aussit�t le cadavre, cessant d��tre en rapport avec la pile, retomba morne et immobile comme auparavant.

� Aurais-tu cru cela de la mort, Acharat? dit le vieillard, et la croyais-tu d�aussi bonne composition, dis?

� �trange, en effet, �trange! dit Balsamo en se rapprochant.

� Tu vois qu�on peut arriver � ce que je disais, mon enfant, et que le premier pas est fait. Qu�est-ce que prolonger la vie, quand on est d�j� parvenu � annuler la mort?

� Mais on ne le sait pas encore, objecta Balsamo, car cette vie que vous lui avez rendue est une vie factice.

� Ayons du temps et nous retrouverons la vie r�elle. N�as-tu pas lu dans les po�tes romains que Cassid�e rendait la vie aux cadavres?

� Dans les po�tes, oui.

� Les Romains appelaient les po�tes vates, mon ami, n�oublie pas cela.

� Voyons, dites-moi cependant�

� Une objection encore?

� Oui. Si votre �lixir de vie �tait compos� et que vous en fissiez prendre � ce chien, il vivrait donc �ternellement?

� Sans doute.

� Et s�il tombait dans les mains d�un exp�rimentateur comme vous qui l��gorge�t?

� Bon, bon! s��cria le vieillard avec joie et en frappant ses deux mains l�une contre l�autre, voil� o� je t�attendais.

� Alors, si vous m�attendiez l�, r�pondez-moi.

� Je ne demande pas mieux.

� L��lixir emp�chera-t-il une chemin�e de tomber sur une t�te, une balle de percer un homme d�outre en outre, un cheval d�ouvrir d�un coup de pied le ventre de son cavalier?

Althotas regardait Balsamo du m�me �il qu�un spadassin doit regarder son adversaire dans un coup qui va lui permettre de le toucher.

� Non, non, non, dit-il, et tu es vraiment logicien, mon cher Acharat. Non, la chemin�e, non, la balle, non, le coup de pied de cheval, ne pourront pas �tre �vit�s tant qu�il y aura des maisons, des fusils et des chevaux.

� Il est vrai que vous ressusciterez les morts.

� Momentan�ment, oui; ind�finiment, non. Il faudrait d�abord pour cela que je trouvasse l�endroit du corps o� l��me est log�e, et cela pourrait �tre un peu long; mais j�emp�cherai cette �me de sortir du corps par la blessure qui aura �t� faite.

� Comment cela?

� En la refermant.

� M�me si cette blessure tranche une art�re?

� Sans doute.

� Ah! je voudrais voir cela.

� Eh bien, regarde, dit le vieillard.

Et, avant que Balsamo e�t pu l�arr�ter, il se piqua la veine du bras gauche avec une lancette.

Il restait si peu de sang dans le corps du vieillard, et ce sang roulait si lentement, qu�il fut quelque temps � venir aux l�vres de la plaie; mais enfin il y vint, et, ce passage ouvert, il sortit bient�t abondamment.

� Grand Dieu! s��cria Balsamo.

� Eh bien, quoi? dit Althotas.

� Vous �tes bless�, et gri�vement.

� Puisque tu es comme saint Thomas, et que tu ne crois qu�en voyant et qu�en touchant, il faut bien te faire voir, il faut bien te faire toucher.

Il prit alors une petite fiole qu�il avait plac�e � la port�e de sa main, et, en versant quelques gouttes sur la plaie:

� Regarde! dit-il.

Alors, devant cette eau presque magique, le sang s��carta, la chair se resserra, fermant la veine, et la blessure devint une piq�re trop �troite pour que cette chair coulante qu�on appelle le sang p�t s�en �chapper.

Cette fois, Balsamo regardait le vieillard avec stup�faction.

� Voil� encore ce que j�ai trouv�; qu�en dis-tu, Acharat?

� Oh! je dis, ma�tre, que vous �tes le plus savant des hommes.

� Et que, si je n�ai pas vaincu tout � fait la mort, n�est-ce pas? je lui ai du moins port� un coup dont il lui sera difficile de se relever. Vois-tu, mon fils, le corps humain a des os fragiles et qui peuvent se briser: je rendrai ces os aussi durs que l�acier. Le corps humain a du sang qui, lorsqu�il s��chappe, emm�ne avec lui la vie: j�emp�cherai que le sang ne sorte du corps. La chair est molle et facile � entamer, je la rendrai invuln�rable comme celle des paladins du Moyen �ge, sur laquelle s��moussait le fil des �p�es et le tranchant des haches. Il ne faut pour cela qu�un Althotas qui vive trois cents ans. Eh bien, donne-moi ce que je te demande, et j�en vivrai mille. Oh! mon cher Acharat, cela d�pend de toi. Rends-moi ma jeunesse, rends-moi la vigueur de mon corps, rends-moi la fra�cheur de mes id�es, et tu verras si je crains l��p�e, la balle, le mur qui croule, ou la b�te brute qui mord ou qui rue. � ma quatri�me jeunesse, Acharat, c�est-�-dire avant que j�aie v�cu l��ge de quatre hommes, j�aurai renouvel� la face de la terre, et, je te le dis, j�aurai fait pour moi et pour l�humanit� r�g�n�r�e un monde � mon usage, un monde sans chemin�es, sans �p�es, sans balles de mousquet, sans chevaux qui ruent; car alors, les hommes comprendront qu�il vaut mieux vivre, s�entraider, s�aimer, que de se d�chirer et de se d�truire.

� C�est vrai, ou du moins, c�est possible, ma�tre.

� Eh bien! apporte-moi l�enfant, alors.

� Laissez-moi r�fl�chir encore, et r�fl�chissez vous-m�me.

Althotas lan�a � son adepte un regard de souverain m�pris.

� Va! dit-il, va, je te convaincrai plus tard, et d�ailleurs, le sang de l�homme n�est pas un ingr�dient si pr�cieux qu�il ne puisse se remplacer peut-�tre par une autre mati�re. Va! je chercherai, je trouverai. Je n�ai pas besoin de toi. Va!

Balsamo frappa du pied la trappe, et descendit dans l�appartement inf�rieur, muet, immobile, et tout courb� sous le g�nie de cet homme, qui for�ait de croire aux choses impossibles, en faisant lui-m�me des choses impossibles.

Chapitre 61. Les renseignements

Cette nuit si longue, si fertile en �v�nements et que nous avons promen�e, comme le nuage des dieux mythologiques, de Saint-Denis � la Muette, de la Muette � la rue Coq-H�ron, de la rue Coq-H�ron � la rue Pl�tri�re, et de la rue Pl�tri�re � la rue Saint-Claude, cette nuit, madame du Barry l�avait employ�e � essayer de p�trir l�esprit du roi, selon ses vues, d�une politique nouvelle.

Elle avait surtout beaucoup insist� sur le danger qu�il y aurait � laisser les Choiseul gagner du terrain aupr�s de la dauphine.

Le roi avait r�pondu, en haussant les �paules, que madame la dauphine �tait une enfant et M. de Choiseul un vieux ministre; qu�en cons�quence il n�y avait pas de danger, attendu que l�une ne saurait pas travailler et que l�autre ne saurait pas amuser.

Puis, enchant� de ce bon mot, le roi avait coup� court aux explications.

Il n�en avait pas �t� de m�me de madame du Barry, qui avait cru remarquer des distractions chez le roi.

Louis XV �tait coquet. Son grand bonheur consistait � donner de la jalousie � ses ma�tresses, pourvu cependant que cette jalousie ne se traduis�t point par des querelles et des bouderies trop prolong�es.

Madame du Barry �tait jalouse, d�abord par amour-propre, ensuite par crainte. Sa position lui avait donn� trop de peine � conqu�rir, et la position �lev�e o� elle se trouvait �tait trop �loign�e de son point de d�part pour qu�elle os�t, comme madame de Pompadour, tol�rer d�autres ma�tresses au roi, et lui en chercher m�me quand Sa Majest� paraissait s�ennuyer, ce qui, on le sait, lui arrivait souvent.

Donc, madame du Barry �tant jalouse, comme nous l�avons dit, elle voulut conna�tre � fond les causes de la distraction du roi.

Le roi r�pondit ces paroles m�morables, dont il ne pensait pas un seul mot:

� Je m�occupe beaucoup du bonheur de ma bru, et je ne sais vraiment si M. le dauphin lui donnera tout le bonheur.

� Et pourquoi pas, sire?

� Parce que M. Louis, � Compi�gne, � Saint-Denis et � la Muette, m�a paru regarder beaucoup les autres femmes et tr�s peu la sienne.

� En v�rit�, sire, si Votre Majest� elle-m�me ne me disait une pareille chose, je ne le croirais pas: madame la dauphine est jolie, cependant.

� Elle est un peu maigre.

� Elle est si jeune!

� Bon! voyez mademoiselle de Taverney, elle a l��ge de l�archiduchesse.

� Eh bien?

� Eh bien, elle est parfaitement belle.

Un �clair brilla dans les yeux de la comtesse et avertit le roi de son �tourderie.

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