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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Comme c�est int�ressant, tout cela!

� Mais attendez donc, vous �tes trop press�e aussi, ma ch�re; je regarde� et vois� devinez quoi� je vous le donne en cent.

� Allez donc.

� Je vois un jeune monsieur obstruant avec un morceau de pain le robinet de la fontaine, et produisant, gr�ce � l�obstacle qu�il opposait � l�eau, cette extravasion et ce rejaillissement.

� C�est �tonnant comme ce que vous me racontez l� m�int�resse! dit Chon en haussant les �paules.

� Attendez donc: j�avais jur� tr�s fort en me sentant �clabouss�; l�homme au pain tremp� se retourne, et je vois�

� Vous voyez?

� Mon philosophe, ou plut�t notre philosophe.

� Qui cela, Gilbert?

� En personne: t�te nue, veste ouverte, bas mal tir�s, souliers sans boucles, en n�glig� galant enfin.

� Gilbert!� et qu�a-t-il dit?

� Je le reconnais, il me reconna�t; je m�avance, il recule; j��tends le bras, il ouvre les jambes, et le voil� courant comme un l�vrier parmi les voitures, les porteurs d�eau.

� Vous l�avez perdu de vue?

� Je le crois parbleu bien! vous ne supposez point que je me sois mis � courir aussi, n�est-ce pas?

� C�est vrai, mon Dieu! c��tait impossible, je comprends; mais le voil� perdu.

� Ah! quel malheur! laissa �chapper mademoiselle Sylvie.

� Oui, certes, dit Jean; je suis son d�biteur d�une bonne ration d��trivi�res, et, si j�eusse mis la main sur son collet r�p�, il n�e�t rien perdu pour attendre, je vous jure; mais il devinait mes bonnes intentions � cet �gard, et il a jou� des jambes. N�importe, le voil� dans Paris, c�est l�essentiel; et � Paris, pour peu qu�on ne soit pas trop mal avec le lieutenant de police, on trouve tout ce qu�on cherche.

� Il nous le faut.

� Et quand nous l�aurons, nous le ferons je�ner.

� On l�enfermera, dit mademoiselle Sylvie; seulement, cette fois il faudra choisir un endroit s�r.

� Et Sylvie lui portera dans cet endroit s�r son pain et son eau; n�est-ce pas, Sylvie? dit le vicomte.

� Mon fr�re, ne rions pas, dit Chon; ce gar�on l� a vu l�affaire des chevaux de poste. S�il avait des motifs de vous en vouloir, il pourrait �tre � craindre.

� Aussi, reprit Jean, suis-je convenu avec moi-m�me, tout en montant ton escalier, d�aller trouver M. de Sartine et de lui raconter ma trouvaille. M. de Sartine me r�pondra qu�un homme nu-t�te, bas d�faits, souliers d�nou�s, et trempant son pain � une fontaine, habite bien pr�s de l�endroit o� on le rencontre ainsi fagot�, et alors il s�engagera � nous le retrouver.

� Que peut-il faire ici sans argent?

� Des commissions.

� Lui! un philosophe de cette sauvage esp�ce? Allons donc!

� Il aura trouv�, dit Sylvie, quelque vieille d�vote, sa parente, qui lui abandonne les cro�tes trop vieilles pour son carlin.

� Assez, assez; mettez le linge dans cette vieille armoire, Sylvie, et vous, mon fr�re, � notre observatoire!

Ils s�approch�rent, en effet, de la fen�tre avec de grandes pr�cautions.

Andr�e quitta sa broderie, elle �tendit nonchalamment ses jambes sur un fauteuil, puis allongea la main vers un livre plac� sur une chaise � sa port�e, l�ouvrit et commen�a une lecture que les spectateurs jug�rent �tre des plus attachantes, car la jeune fille demeura immobile du moment qu�elle eut commenc�.

� Oh! la studieuse personne! dit mademoiselle Chon; que lit-elle l�?

� Premier meuble indispensable, r�pondit le vicomte en tirant de sa poche une lunette qu�il allongea et braqua sur Andr�e, en l�appuyant, pour la fixer, � l�angle de la fen�tre.

Chon le regardait faire avec impatience.

� Eh bien, voyons, est-elle vraiment belle, cette cr�ature? demanda-t-elle au vicomte.

� Admirable, c�est une fille parfaite; quels bras! quelles mains! quels yeux! des l�vres � damner saint Antoine; des pieds, oh! les pieds divins! et la cheville� quelle cheville sous ce bas de soie!

� Allons, bon! devenez-en amoureux, maintenant, il ne vous manquerait plus que cela! dit Chon avec humeur.

� Eh bien, apr�s?� Cela ne serait pas d�j� si mal jou�, surtout si elle voulait m�aimer un peu � son tour; cela rassurerait un peu notre pauvre comtesse.

� Voyons, passez-moi cette lorgnette, et tr�ve de balivernes, si c�est possible� Oui, vraiment, elle est belle, cette fille, et il est impossible qu�elle n�ait pas un amant� Elle ne lit pas, voyez� le livre va lui tomber des mains� il glisse� le voil� qui d�gringole, tenez� Quand je vous le disais, Jean, elle ne lit pas, elle r�ve.

� Ou elle dort.

� Les yeux ouverts! De beaux yeux, sur ma foi!

� En tout cas, dit Jean, si elle a un amant, nous le verrons bien d�ici.

� Oui, s�il vient le jour; mais s�il vient la nuit?�

� Diable! je n�y songeais pas, et c�est cependant la premi�re chose � laquelle j�eusse d� songer� Cela prouve � quel point je suis na�f.

� Oui, na�f comme un procureur.

� C�est bon! me voil� pr�venu, j�inventerai quelque chose.

� Mais que cette lunette est bonne! dit Chon, je lirais presque dans le livre.

� Lisez, et dites-moi le titre. Je devinerai peut-�tre quelque chose d�apr�s le livre.

Chon s�avan�a avec curiosit�, mais elle se recula plus vite encore qu�elle ne s��tait avanc�e.

� Eh bien, qu�y a-t-il donc? demanda le vicomte.

Chon lui saisit le bras.

� Regardez avec pr�caution, mon fr�re, dit-elle, regardez donc quelle est la personne qui se penche hors de cette lucarne, � gauche. Prenez garde d��tre vu!

� Oh! oh! s��cria sourdement du Barry, c�est mon trempeur de cro�tes, Dieu me pardonne!

� Il va se jeter en bas.

� Non pas, il est cramponn� � la goutti�re.

� Mais que regarde-t-il donc avec ces yeux ardents, avec cette ivresse sauvage?

� Il guette.

Le vicomte se frappa le front.

� J�y suis, s��cria-t-il.

� Quoi?

� Il guette la petite, pardieu!

� Mademoiselle de Taverney?

� Eh! oui, voil� l�amoureux du pigeonnier! Elle vient � Paris, il accourt; elle se loge rue Coq-H�ron, il se sauve de chez nous pour aller demeurer rue Pl�tri�re; il la regarde, et elle r�ve.

� Sur ma foi, c�est la v�rit�, dit Chon; voyez donc ce regard, cette fixit�, ce feu livide de ses yeux: il est amoureux � en perdre la t�te.

� Ma s�ur, dit Jean, ne nous donnons plus la peine de guetter l�amoureuse, l�amoureux fera notre besogne.

� Pour son compte, oui.

� Non pas, pour le n�tre. Maintenant, laissez-moi passer, que j�aille un peu voir ce cher Sartine. Pardieu! nous avons de la chance. Mais prenez garde, Chon, que le philosophe ne vous voie; vous savez s�il d�campe vite.

Chapitre 63. Plan de campagne

M. de Sartine �tait rentr� � trois heures du matin et �tait tr�s fatigu�, mais en m�me temps tr�s satisfait, de la soir�e qu�il avait improvis�e au roi et � madame du Barry.

R�chauff� par l�arriv�e de madame la dauphine, l�enthousiasme populaire avait salu� Sa Majest� de plusieurs cris de �Vive le roi!� fort diminu�s de volume depuis cette fameuse maladie de Metz durant laquelle on avait vu toute la France dans les �glises ou en p�lerinage, pour obtenir la sant� du jeune Louis XV, appel� � cette �poque Louis XV le Bien-Aim�.

D�un autre c�t�, madame du Barry, qui ne manquait gu�re d��tre insult�e en public par quelques acclamations d�un genre particulier, avait au contraire, contre son attente, �t� gracieusement accueillie par plusieurs rang�es de spectateurs adroitement plac�s au premier plan, de sorte que le roi, satisfait, avait envoy� son petit sourire � M. de Sartine et que le lieutenant de police �tait assur� d�un bon remerciement.

Aussi avait-il cru pouvoir se lever � midi, ce qui ne lui �tait pas arriv� depuis bien longtemps, et avait-il profit�, en se levant, de cette esp�ce de jour de cong� qu�il se donnait pour essayer une ou deux douzaines de perruques neuves, tout en �coutant les rapports de la nuit, lorsqu�� la sixi�me perruque et au tiers de la lecture, on annon�a le vicomte Jean du Barry.

� Bon! pensa M. de Sartine, voici mon remerciement qui m�arrive! Qui sait, cependant? les femmes sont si capricieuses! Faites entrer M. le vicomte dans le salon.

Jean, d�j� fatigu� de sa matin�e, s�assit dans un fauteuil, et le lieutenant de police, qui ne tarda point � le venir trouver, put se convaincre qu�il n�y aurait rien de f�cheux dans l�entretien.

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