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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� C�est cela, et vous lui avez fait payer ce respect: vous vous �tes veng� de ses m�pris, par quoi? par un guet-apens.

� Oh! non, non; le guet-apens ne vient pas de moi; une occasion de commettre le crime m�a �t� fournie.

� Par qui?

� Par vous.

Balsamo se redressa comme si un serpent l�e�t piqu�.

� Par moi? s��cria-t-il.

� Par vous, oui, monsieur, par vous, r�p�ta Gilbert; monsieur, vous avez endormi mademoiselle Andr�e; puis vous vous �tes enfui; � mesure que vous vous �loigniez, les jambes lui manquaient; elle a fini par tomber. Je l�ai prise dans mes bras alors pour la reporter dans sa chambre; j�ai senti sa chair pr�s de ma chair: un marbre f�t devenu vivant!� moi, qui aimais, j�ai c�d� � mon amour. Suis-je donc aussi criminel qu�on le dit, monsieur? Je vous le demande � vous, � vous la cause de mon malheur.

Balsamo reporta sur Gilbert son regard charg� de tristesse et de piti�.

� Tu as raison, enfant, dit-il, c�est moi qui ai caus� ton crime et l�infortune de cette jeune fille.

� Et, au lieu d�y porter rem�de, vous qui �tes un homme si puissant et qui devriez �tre si bon, vous avez aggrav� le malheur de la jeune fille, vous avez suspendu la mort sur la t�te du coupable.

� C�est vrai, r�pliqua Balsamo, et tu parles sagement. Depuis quelque temps, vois-tu, jeune homme, je suis une cr�ature maudite, et tous mes desseins en sortant de mon cerveau, prennent des formes mena�antes et nuisibles; cela tient � des malheurs que, moi aussi, j�ai subis, et que tu ne comprends pas. Toutefois, ce n�est point une raison pour que je fasse souffrir les autres: que demandes-tu? Voyons.

� Je vous demande le moyen de tout r�parer, monsieur le comte, crime et malheur.

� Tu aimes cette jeune fille?

� Oh! oui.

� Il y a bien des sortes d�amour. De quel amour l�aimes-tu?

� Avant de la poss�der, je l�aimais avec d�lire; aujourd�hui, je l�aime avec fureur. Je mourrais de douleur si elle me recevait avec col�re; je mourrais de joie si elle me permettait de baiser ses pieds.

� Elle est fille noble, mais elle est pauvre, dit Balsamo r�fl�chissant.

� Oui.

� Cependant, son fr�re est un homme de c�ur que je crois peu entich� du vain privil�ge de la noblesse. Qu�arriverait-il si tu demandais � ce fr�re d��pouser sa s�ur?

� Il me tuerait, r�pondit froidement Gilbert; cependant, comme je d�sire plut�t la mort que je ne la crains, si vous me conseillez de faire cette demande, je la ferai.

Balsamo r�fl�chit.

� Tu es un homme d�esprit, dit-il, et l�on dirait encore que tu es un homme de c�ur, bien que tes actions soient vraiment criminelles, ma complicit� � part. Eh bien, va trouver, non pas M. de Taverney le fils, mais le baron de Taverney, son p�re, et dis-lui, dis-lui, entends-tu bien, que le jour o� il t�aura permis d��pouser sa fille, tu apporteras une dot � mademoiselle Andr�e.

� Je ne puis pas dire cela, monsieur le comte: je n�ai rien.

� Et moi, je te dis que tu lui porteras en dot cent mille �cus que je te donnerai pour r�parer le malheur et le crime, ainsi que tu le disais tout � l�heure.

� Il ne me croira pas, il me sait pauvre.

� Eh bien, s�il ne te croit pas, tu lui montreras ces billets de caisse, et, en les voyant, il ne doutera plus.

En disant ces mots, Balsamo ouvrit le tiroir d�une table et compta trente billets de caisse de dix mille livres chacun.

Puis il les remit � Gilbert.

� Et c�est de l�argent, cela? demanda le jeune homme.

� Lis.

Gilbert jeta un avide regard sur la liasse qu�il tenait � la main et reconnut la v�rit� de ce que lui disait Balsamo.

Un �clair de joie brilla dans ses yeux.

� Il serait possible! s��cria-t-il. Mais non, une pareille g�n�rosit� serait trop sublime.

� Tu es d�fiant, dit Balsamo; tu as raison, mais habitue-toi � choisir tes sujets de d�fiance. Prends donc ces cent mille �cus, et va chez M. de Taverney.

� Monsieur, dit Gilbert, tant qu�une pareille somme m�aura �t� donn�e sur une simple parole, je ne croirai pas � la r�alit� de ce don.

Balsamo prit une plume et �crivit:

�Je donne en dot � Gilbert, le jour o� il signera son contrat de mariage avec mademoiselle Andr�e de Taverney, la somme de cent mille �cus que je lui ai remise d�avance, dans l�espoir d�une heureuse n�gociation.

�Joseph Balsamo.�

� Prends ce papier, va, et ne doute plus.

Gilbert re�ut le papier d�une main tremblante.

� Monsieur, dit-il, si je vous dois un pareil bonheur, vous serez le dieu que j�adorerai sur la terre.

� Il n�y a qu�un Dieu qu�il faille adorer, r�pondit gravement Balsamo, et ce n�est pas moi. Allez, mon ami.

� Une derni�re gr�ce, monsieur?

� Laquelle?

� Donnez-moi cinquante livres.

� Tu me demandes cinquante livres quand tu en tiens trois cent mille entre tes mains?

� Ces trois cent mille livres ne seront � moi, dit Gilbert, que le jour o� mademoiselle Andr�e consentira � m��pouser.

� Et pourquoi faire ces cinquante livres?

� Afin que j�ach�te un habit d�cent avec lequel je puisse me pr�senter chez le baron.

� Tenez, mon ami, voil�, dit Balsamo.

Et il lui donna les cinquante livres qu�il d�sirait.

L�-dessus, il cong�dia Gilbert d�un signe de t�te, et, du m�me pas lent et triste, il rentra dans ses appartements.

Chapitre 152. Les projets de Gilbert

Une fois dans la rue, Gilbert laissa refroidir cette fi�vreuse imagination qui, aux derniers mots du comte, l�avait emport� au del�, non seulement du probable, mais encore du possible.

Arriv� � la rue Pastourel, il s�assit sur une borne, et, jetant les yeux autour de lui pour s�assurer que personne ne l�espionnait, il tira de sa poche les billets de caisse tout froiss�s par le serrement de sa main.

C�est qu�une id�e terrible lui �tait pass�e par l�esprit et lui avait fait venir la sueur au front.

� Voyons, dit-il en regardant les billets, si cet homme ne m�a point tromp�; voyons s�il ne m�a pas tendu un pi�ge; voyons s�il ne m�envoie pas � une mort certaine sous le pr�texte de me procurer un bonheur certain; voyons s�il ne fait pas pour moi ce que l�on fait pour le mouton qu�on attire � l�abattoir en lui offrant une poign�e d�herbe fleurie. J�ai ou� dire qu�il courait un grand nombre de faux billets de caisse, � l�aide desquels les rou�s de la cour trompaient les filles d�Op�ra. Voyons si le comte ne m�aurait pas pris pour dupe.

Et il d�tacha de la liasse un de ces billets de dix mille livres; puis, entrant chez un marchand, il demanda, en montrant le billet, l�adresse d�un banquier pour le changer, ainsi que son ma�tre, disait-il, l�en avait charg�.

Le marchand regarda le billet, le tourna et le retourna en l�admirant fort, car la somme �tait pompeuse et sa boutique bien modeste; puis il indiqua, rue Saint-Avoie, le financier dont Gilbert avait besoin.

Donc, le billet �tait bon.

Gilbert, joyeux et tout gonfl� de sa joie, rendit aussit�t les r�nes � son imagination, serra plus pr�cieusement que jamais la liasse dans son mouchoir, et, avisant rue Saint-Avoie un fripier dont l��talage le s�duisit, il fit emplette pour vingt-cinq livres, c�est-�-dire pour un des deux louis que Balsamo lui avait donn�s, d�un habit complet de petit drap marron, dont la propret� le charma, d�une paire de bas de soie noire un peu fan�s, et de souliers � boucles luisantes; une chemise de toile assez fine compl�ta le costume, plus d�cent que riche, dans lequel Gilbert s�admira par un seul coup d��il donn� dans le miroir du fripier.

Puis, laissant ses vieilles hardes comme appoint des vingt-cinq livres, il serra le pr�cieux mouchoir dans sa poche et passa de la boutique du fripier dans celle du perruquier, lequel, en un quart d�heure, acheva de rendre �l�gante et m�me belle cette t�te si remarquable du prot�g� de Balsamo.

Enfin, lorsque toutes ces op�rations furent accomplies, Gilbert entra chez un boulanger qui demeurait pr�s de la place Louis XV, et acheta dans sa boutique pour deux sous de pain, qu�il mangea rapidement en suivant la route de Versailles.

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