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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Eh bien, cachez-vous ici, mon enfant; le petit grenier est toujours libre.

� Vous �tes un homme que j�aime, mon ma�tre! s��cria Gilbert, et l�offre que vous me faites me comble de joie; je ne vous demande, en effet, qu�un abri; quant � mon pain, je le gagnerai; vous savez que je ne suis pas un paresseux.

� Eh bien, dit Rousseau d�un air inquiet, si la chose est convenue ainsi, montez l�-haut; que madame Rousseau ne vous voie pas ici; elle ne monte plus au grenier, puisque, depuis votre d�part, nous n�y serrons plus rien; votre paillasse y est rest�e, arrangez-vous du mieux possible.

� Merci, monsieur; cela �tant ainsi, je serai plus heureux que je ne le m�rite.

� Maintenant, est-ce l� tout ce que vous d�sirez? dit Rousseau en poussant du regard Gilbert hors de la chambre.

� Non, monsieur; mais encore un mot, s�il vous pla�t.

� Dites.

� Vous m�avez un jour, � Luciennes, accus� de vous avoir trahi; je ne trahissais personne, monsieur, je suivais mon amour.

� Ne parlons plus de cela. Est-ce tout?

� Oui; maintenant, monsieur Rousseau, quand on ne sait pas l�adresse de quelqu�un � Paris, est-il possible de se la procurer?

� Sans doute, quand cette personne est connue.

� Celle dont je veux parler est fort connue.

� Son nom?

� M. le comte Joseph Balsamo.

Rousseau frissonna; il n�avait pas oubli� la s�ance de la rue Pl�tri�re.

� Que voulez-vous � cet homme? demanda-t-il.

� Une chose toute simple. Je vous avais accus�, vous, mon ma�tre, d��tre moralement la cause de mon crime, puisque je croyais n�avoir ob�i qu�� la loi naturelle.

� Et je vous ai d�tromp�? s��cria Rousseau tremblant � l�id�e de cette responsabilit�.

� Vous m�avez �clair�, du moins.

� Eh bien, que voulez-vous dire?

� Que mon crime a non seulement eu une cause morale, mais une cause physique.

� Et ce comte de Balsamo est la cause physique, n�est-ce pas?

� Oui. J�ai copi� des exemples, j�ai saisi une occasion, et, en cela, je le reconnais maintenant, j�ai agi en animal sauvage, et non en homme. L�exemple, c�est vous; l�occasion, c�est M. le comte de Balsamo. O� demeure-t-il? le savez-vous?

� Oui.

� Donnez-moi son adresse, alors.

� Rue Saint-Claude, au Marais.

� Merci, je vais chez lui de ce pas.

� Prenez garde, mon enfant, s��cria Rousseau en le retenant, c�est un homme puissant et profond.

� Ne craignez rien, monsieur Rousseau, je suis r�solu, et vous m�avez appris � me poss�der.

� Vite, vite, montez l�-haut! s��cria Rousseau, j�entends se fermer la porte de l�all�e; c�est sans doute madame Rousseau qui rentre; cachez-vous dans ce grenier jusqu�� ce qu�elle soit revenue ici; ensuite vous sortirez.

� La clef, s�il vous pla�t?

� Au clou, dans la cuisine, comme d�habitude.

� Adieu, monsieur, adieu.

� Prenez du pain, je vous pr�parerai du travail pour cette nuit.

� Merci!

Et Gilbert s�esquiva si l�g�rement, qu�il �tait d�j� dans son grenier avant que Th�r�se e�t mont� le premier �tage.

Muni du pr�cieux renseignement que lui avait donn� Rousseau, Gilbert ne fut pas long � ex�cuter son projet.

En effet, Th�r�se n�eut pas plus t�t referm� la porte de son appartement, que le jeune homme, qui, de la porte de la mansarde, avait suivi tous ses mouvements, descendit l�escalier avec autant de rapidit� que s�il n�e�t pas �t� affaibli par un long je�ne. Il avait la t�te pleine d�id�es d�esp�rance, de rancunes, et derri�re tout cela planait une ombre vengeresse qui l�aiguillonnait de ses plaintes et de ses accusations.

Il arriva rue Saint-Claude dans un �tat difficile � d�crire.

Comme il entrait dans la cour de l�h�tel, Balsamo reconduisait jusqu�� la porte le prince de Rohan, qu�un devoir de politesse avait amen� chez son g�n�reux alchimiste.

Or, comme le prince en sortait, s�arr�tant une derni�re fois pour renouveler ses remerciements � Balsamo, le pauvre enfant, d�guenill�, s�y glissait comme un chien, n�osant regarder autour de lui de peur de s��blouir.

Le carrosse du prince Louis l�attendait au boulevard; le pr�lat traversa lestement l�espace qui le s�parait de sa voiture, qui partit avec rapidit� d�s que la porti�re fut referm�e sur lui.

Balsamo l�avait suivi d�un regard m�lancolique et, quand la voiture eut disparu, il se tourna vers le perron.

Sur ce perron �tait une esp�ce de mendiant dans l�attitude de la supplication.

Balsamo marcha � lui; quoique sa bouche f�t muette, son regard expressif interrogeait.

� Un quart d�heure d�audience, s�il vous pla�t, monsieur le comte, dit le jeune homme aux habits d�guenill�s.

� Qui �tes-vous, mon ami? demanda Balsamo avec une supr�me douceur.

� Ne me reconnaissez-vous pas? demanda Gilbert.

� Non; mais n�importe, venez, r�pliqua Balsamo sans s�inqui�ter de la mine �trange du solliciteur, non plus que de ses v�tements et de son importunit�.

Et, marchant devant lui, il le conduisit dans la premi�re chambre, o�, s��tant assis, sans changer de ton et de visage:

� Vous demandiez si je vous reconnaissais? dit-il.

� Oui, monsieur le comte.

� En effet, il me semble vous avoir vu quelque part.

� � Taverney, monsieur, lorsque vous y v�ntes, la veille du jour du passage de la dauphine.

� Que faisiez-vous � Taverney?

� J�y demeurais.

� Comme serviteur de la famille?

� Non pas; comme commensal.

� Vous avez quitt� Taverney?

� Oui, monsieur, voil� pr�s de trois ans.

� Et vous �tes venu?�

� � Paris, o� d�abord j�ai �tudi� chez M. Rousseau; apr�s quoi, j�ai �t� plac� dans les jardins de Trianon en qualit� d�aide-jardinier-fleuriste, par la protection de M. de Jussieu.

� Voil� de beaux noms que vous me citez l�, mon ami. Que me voulez vous?

� Je vais vous le dire.

Et, faisant une pause, il fixa sur Balsamo un regard qui ne manquait pas de fermet�.

� Vous rappelez-vous, continua-t-il, �tre venu � Trianon pendant la nuit du grand orage, il y aura vendredi six semaines?

Balsamo devint sombre, de s�rieux qu�il �tait.

� Oui, je me souviens, dit-il; m�auriez-vous vu, par hasard?

� Je vous ai vu.

� Alors, vous venez pour vous faire payer le secret? dit Balsamo d�un ton mena�ant.

� Non, monsieur; car ce secret, j�ai plus d�int�r�t encore que vous � le garder.

� Alors vous �tes celui qu�on nomme Gilbert? dit Balsamo.

� Oui, monsieur le comte.

Balsamo enveloppa de son regard profond et d�vorant le jeune homme dont le nom emportait une accusation si terrible.

Il fut surpris, lui qui se connaissait en hommes, de l�assurance de son maintien, de la dignit� de sa parole.

Gilbert s��tait pos� devant une table sur laquelle il ne s�appuyait pas; une de ses mains effil�es, blanches m�me malgr� l�habitude des travaux rustiques, �tait cach�e dans sa poitrine; l�autre tombait avec gr�ce � son c�t�.

� Je vois � votre contenance, dit Balsamo, ce que vous venez faire ici: vous savez qu�une d�nonciation terrible a �t� faite contre vous par mademoiselle de Taverney, qu�avec l�aide de la science j�ai forc�e de dire la v�rit�; vous venez me reprocher ce t�moignage, n�est-ce pas? cette �vocation d�un secret qui, sans moi, f�t rest� envelopp� dans les t�n�bres comme dans une tombe?

Gilbert se contenta de secouer la t�te.

� Vous auriez tort cependant, continua Balsamo; car, en admettant que j�eusse voulu vous d�noncer sans y �tre forc� par mon int�r�t, � moi que l�on accusait; en admettant que je vous eusse trait� en ennemi, que je vous eusse attaqu� tandis que je me contentais de me d�fendre; en admettant, dis-je, tout cela, vous n�avez le droit de rien dire, car, en v�rit�, vous avez commis une l�che action.

Gilbert froissa rudement sa poitrine avec ses ongles, mais il ne r�pondit encore rien.

� Le fr�re vous poursuivra, et la s�ur vous fera tuer, reprit Balsamo, si vous avez l�imprudence de vous promener comme vous faites dans les rues de Paris.

� Oh! quant � cela, peu m�importe, dit Gilbert.

� Comment, peu vous importe?

� Oui; j�aimais mademoiselle Andr�e; je l�aimais comme elle ne sera aim�e de personne; mais elle m�a m�pris�, moi qui avais des sentiments si respectueux pour elle; elle m�a m�pris�, moi qui d�j� deux fois l�avais tenue entre mes bras, sans m�me oser approcher mes l�vres du bas de sa robe.

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