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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Et Taverney se remit � rire.

� Mademoiselle de Taverney a eu bien peur� n�est-ce pas?� Elle se sent donc faible� Alors�

Philippe, se rapprochant tout � coup:

� Monsieur, dit-il, mademoiselle de Taverney n�a pas �t� faible, elle est vaincue! Elle a succomb�, elle est tomb�e dans un pi�ge.

� Dans un pi�ge?�

� Oui. Gardez, je vous prie, un peu de cette chaleur qui vous animait tout � l�heure pour fl�trir ces mis�rables qui ont complot� l�chement la ruine de cet honneur sans tache.

� Je ne comprends pas�

� Vous allez comprendre� Un l�che, vous dis-je, a introduit quelqu�un dans la chambre de mademoiselle de Taverney�

Le baron p�lit.

� Un l�che, continua Philippe, a voulu que le nom de Taverney� le mien� le v�tre, monsieur, f�t souill� d�une tache ind�l�bile� Voyons! o� est votre �p�e de jeune homme pour r�pandre un peu de sang? La chose en vaut-elle la peine?

� Monsieur Philippe�

� Ah! ne craignez rien; je n�accuse personne, moi; je ne connais personne� Le crime s�est tram� dans l�ombre, ex�cut� dans l�ombre� le r�sultat dispara�tra dans l�ombre aussi, je le veux! moi qui entends � ma mode la gloire de ma maison.

� Mais comment savez-vous?� s��cria le baron revenu de sa stupeur par l�app�t d�une inf�me ambition, d�un ignoble espoir; � quel signe reconnaissez-vous?�

� C�est ce que ne demandera personne de ceux qui pourraient entrevoir ma s�ur, votre fille, dans quelques mois, monsieur le baron!

� Mais alors, Philippe, s��cria le vieillard avec des yeux pleins de joie, alors la fortune et la gloire de la maison ne sont pas �vanouies; alors nous triomphons!

� Alors� vous �tes bien r�ellement l�homme que je pensais, dit Philippe avec un supr�me d�go�t; vous vous �tes trahi vous-m�me, et vous venez de manquer d�esprit devant un juge, apr�s avoir manqu� de c�ur devant votre fils.

� Insolent!

� Assez! r�pliqua Philippe. Craignez d��veiller, en parlant si haut, l�ombre, h�las! trop insensible de ma m�re, qui, si elle vivait, e�t veill� sur sa fille.

Le baron baissa les paupi�res devant l��blouissante clart� qui jaillissait des yeux de son fils.

� Ma fille, reprit-il apr�s un moment, ne me quittera pas sans ma volont�.

� Ma s�ur, dit Philippe, ne vous reverra jamais, mon p�re.

� Est-ce elle qui dit cela?

� C�est elle qui m�envoie vous le d�clarer.

Le baron essuya d�une main tremblante ses l�vres blanches et humides.

� Soit! dit-il.

Puis, haussant les �paules:

� J�ai eu du malheur en enfants, s��cria-t-iclass="underline" un sot et une brute.

Philippe ne r�pliqua rien.

� Bon, bon, continua Taverney; je n�ai plus besoin de vous; allez� si la th�se est r�cit�e.

� J�avais encore deux choses � vous dire, monsieur.

� Dites.

� La premi�re est celle-ci: le roi a donn�, � vous, un �crin de perles�

� � votre s�ur, monsieur�

� � vous, monsieur� D�ailleurs, peu importe� Ma s�ur ne porte point de joyaux pareils� Ce n�est pas une prostitu�e que mademoiselle de Taverney; elle vous prie de remettre l��crin � qui l�a donn�; ou, comme vous craindriez de d�sobliger Sa Majest�, qui a tant fait pour notre famille, de garder l��crin chez vous.

Philippe tendit l��crin � son p�re. Celui-ci le prit, l�ouvrit, regarda les perles et le jeta sur un chiffonnier.

� Apr�s? dit-il.

� Ensuite, monsieur, comme nous ne sommes pas riches, puisque vous avez engag� ou d�pens� jusqu�au bien de notre m�re, ce dont je ne vous fais pas reproche, � Dieu ne plaise�

� Il vaudrait mieux, dit le baron en grin�ant les dents.

� Mais, enfin, comme nous n�avons que Taverney qui vienne de cette succession modique, nous vous prions de choisir entre Taverney et ce petit h�tel o� nous sommes. Habitez l�un, nous nous retirerons dans l�autre.

Le baron froissa son jabot de dentelles avec une fureur qui ne se trahit que par l�agitation de ses doigts, la moiteur de son front, le fr�missement de ses l�vres; Philippe m�me ne les remarqua pas. Il avait d�tourn� la t�te.

� J�aime mieux Taverney, r�pliqua le baron.

� Alors, nous garderons l�h�tel.

� Comme vous voudrez.

� Quand partirez-vous?

� Ce soir m�me� Non, tout de suite.

Philippe s�inclina.

� � Taverney, continua le baron, on para�t roi avec trois mille livres de rente� Je serai deux fois roi.

Il �tendit la main vers le chiffonnier pour prendre l��crin, qu�il serra dans sa poche.

Puis il se dirigea vers la porte.

Tout � coup, revenant sur ses pas, avec un atroce sourire:

� Philippe, dit-il, je vous permets de signer de notre nom le premier trait� de philosophie que vous publierez. Quant � Andr�e� pour son premier ouvrage� conseillez-lui de l�appeler Louis ou Louise: c�est un nom qui porte bonheur.

Et il sortit en ricanant. Philippe, l��il sanglant, le front en feu, serra de sa main la garde de son �p�e, en murmurant:

� Mon Dieu! donnez-moi la patience, accordez-moi l�oubli!

Chapitre 151. Le cas de conscience

Apr�s avoir transcrit, avec ce soin m�ticuleux qui le caract�risait, quelques pages de ses R�veries d�un promeneur solitaire, Rousseau venait de terminer un frugal d�jeuner.

Quoiqu�une retraite lui e�t �t� offerte par M. de Girardin dans les d�licieux jardins d�Ermenonville, Rousseau, h�sitant � se soumettre � l�esclavage des grands, comme il disait dans sa monomanie misanthropique, habitait encore ce petit logement de la rue Pl�tri�re que nous connaissons.

De son c�t�, Th�r�se, ayant achev� de mettre en ordre le petit m�nage, venait de prendre son panier pour aller � la provision.

Il �tait neuf heures du matin.

La m�nag�re, selon son habitude, vint demander � Rousseau ce qu�il pr�f�rait pour le d�ner du jour.

Rousseau sortit de sa r�verie, leva lentement la t�te et regarda Th�r�se comme fait un homme � moiti� �veill�.

� Tout ce que vous voudrez, dit-il, pourvu qu�il y ait des cerises et des fleurs.

� On verra, dit Th�r�se, si tout cela n�est pas trop cher.

� Bien entendu, dit Rousseau.

� Car enfin, continua Th�r�se, je ne sais pas si ce que vous faites ne vaut rien, mais il me semble qu�on ne vous paie plus comme autrefois.

� Tu te trompes, Th�r�se, on me paie le m�me prix; mais je me fatigue et travaille moins, et puis mon libraire est en retard avec moi d�un demi-volume.

� Vous verrez que celui-l� vous fera encore banqueroute.

� Il faut esp�rer que non, c�est un honn�te homme.

� Un honn�te homme, un honn�te homme! Quand vous avez dit cela, vous croyez avoir tout dit.

� J�ai dit beaucoup, au moins, r�pliqua Rousseau en souriant; car je ne le dis pas de tout le monde.

� C�est pas �tonnant: vous �tes si maussade!

� Th�r�se, nous nous �loignons de la question.

� Oui, vous voulez vos cerises, gourmand; vous voulez vos fleurs, sybarite!

� Que voulez-vous! ma bonne m�nag�re, r�pliqua Rousseau avec une patience d�ange, j�ai le c�ur et la t�te si malades, que, ne pouvant sortir, je me r�cr�erai, du moins, � voir un peu de ce que Dieu jette � pleines mains dans les campagnes.

En effet, Rousseau �tait p�le et engourdi, et ses mains paresseuses feuilletaient un livre que ses yeux ne lisaient pas.

Th�r�se secoua la t�te.

� C�est bon, c�est bon, dit-elle, je sors pour une heure; souvenez-vous bien que je mets la clef sous le paillasson, et que, si vous en avez besoin�

� Oh! je ne sortirai pas, dit Rousseau.

� Je sais bien que vous ne sortirez pas, puisque vous ne pouvez pas tenir debout; mais je vous dis cela pour que vous fassiez un peu attention aux gens qui peuvent venir et que vous ouvriez si l�on sonne; car, si l�on sonne, vous serez s�r que ce n�est pas moi.

� Merci, bonne Th�r�se, merci; allez.

La gouvernante sortit en grommelant selon son habitude; mais le bruit de son pas lourd et tra�nant se fit encore entendre longtemps dans l�escalier.

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