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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Y pensez-vous, monseigneur? un reu moi, et pour quoi faire?

Jemprunte souvent, mon cher comte, dit le cardinal; mais je vous prviens que je ne reois jamais.

Comme il vous plaira, mon prince.

Le cardinal prit une plume sur la table, et crivit dune norme et illisible criture un reu dont lorthographe ferait peur la gouvernante dun sacristain daujourdhui.

Est-ce bien cela? demanda-t-il en le prsentant Balsamo.

Parfaitement, rpliqua le comte, le mettant dans sa poche sans mme jeter les yeux dessus.

Vous ne le lisez pas, monsieur?

Javais la parole de Votre minence, et la parole des Rohan vaut mieux quun gage.

Monsieur le comte de Fnix, dit le cardinal avec un demi-salut bien significatif de la part dun homme de cette qualit, vous tes un galant homme, et, si je ne puis vous faire mon oblig, vous me permettrez dtre heureux de demeurer le vtre.

Balsamo sinclina son tour et tira une sonnette, au bruit de laquelle Fritz apparut.

Le comte lui dit quelques mots en allemand.

Fritz se baissa, et, comme un enfant qui emporterait huit oranges, un peu embarrass, mais nullement courb ou retard, il enleva les huit lingots dor dans leur enveloppe dtoupe.

Mais cest un Hercule que ce gaillard-l! dit le cardinal.

Il est assez fort, oui, monseigneur, rpondit Balsamo; mais il est vrai de dire que, depuis quil est mon service, je lui laisse boire chaque matin trois gouttes dun lixir compos par mon savant ami le docteur Althotas; aussi le voil qui commence profiter; dans un an, il portera les cent marcs dune seule main.

Merveilleux! incomprhensible! murmura le cardinal. Oh! je ne pourrai rsister au dsir de parler de tout cela!

Faites, monseigneur, faites, rpondit Balsamo en riant; mais noubliez pas que parler de tout cela, cest prendre lengagement de venir teindre vous-mme la flamme de mon bcher, si par hasard il prenait envie au Parlement de me faire rtir en place de Grve.

Et ayant escort son illustre visiteur jusque sous la porte cochre, il prit cong de lui avec un salut respectueux.

Mais votre valet, le seigneur Fritz, je ne le vois pas, dit le cardinal.

Il est all porter lor dans votre voiture, monseigneur.

Il sait donc o elle est?

Sous le quatrime arbre droite en tournant le boulevard. Cest cela que je lui disais en allemand, monseigneur.

Le cardinal leva les mains au ciel et disparut dans lombre.

Balsamo attendit que Fritz ft rentr, et remonta chez lui en fermant toutes les portes.

Chapitre 60. Llixir de vie

Balsamo, demeur seul, vint couter la porte de Lorenza.

Elle dormait dun sommeil gal et doux.

Il entrouvrit alors un guichet fix en dehors et la contempla quelque temps dans une douce et tendre rverie. Puis, repoussant le guichet et traversant la chambre que nous avons dcrite et qui sparait lappartement de Lorenza du cabinet de physique, il sempressa daller teindre ses fourneaux, en ouvrant un immense conduit qui dgagea toute la chaleur par la chemine, et donna passage leau dun rservoir plac sur la terrasse.

Puis, serrant prcieusement dans un portefeuille de maroquin noir le reu du cardinaclass="underline"

La parole des Rohan est bonne, murmura-t-il, mais pour moi seulement, et l-bas il est bon que lon sache quoi jemploie lor des frres.

Ces paroles steignaient sur ses lvres, quand trois coups secs, frapps au plafond, lui firent lever la tte.

Oh! oh! dit-il, voici Althotas qui mappelle.

Puis, comme il donnait de lair au laboratoire, rangeait toute chose avec mthode, replaait la plaque sur les briques, les coups redoublrent.

Ah! il simpatiente; cest bon signe.

Balsamo prit une longue tringle de fer, et frappa son tour.

Puis il alla dtacher de la muraille un anneau de fer, et, au moyen dun ressort qui se dtendit, une trappe se dtacha du plafond et sabaissa jusquau sol du laboratoire. Balsamo se plaa au centre de la machine, qui, au moyen dun autre ressort, remonta doucement, enlevant son fardeau avec la mme facilit que les gloires de lopra enlvent les dieux et les desses, et llve se trouva chez le matre.

Cette nouvelle habitation du vieux savant pouvait avoir de huit neuf pieds de hauteur sur seize de diamtre; elle tait claire par le haut la manire des puits et hermtiquement ferme sur les quatre faades.

Cette chambre tait, comme on le voit, un palais relativement son habitation dans la voiture.

Le vieillard tait assis dans son fauteuil roulant, au centre dune table de marbre taille en fer cheval, et encombre de tout un monde, ou plutt de tout un chaos de plantes, de fioles, doutils, de livres, dappareils et de papiers chargs de caractres cabalistiques.

Il tait si proccup quil ne se drangea point quand Balsamo apparut.

La lumire dune lampe astrale, attache au point culminant du vitrage, tombait sur son crne nu et luisant.

Il ressassait entre ses doigts une bouteille de verre blanc dont il interrogeait la transparence, peu prs comme une mnagre qui fait son march elle-mme mire la lumire les ufs quelle achte.

Balsamo le regarda dabord en silence; puis, au bout dun instant:

Eh bien, dit-il, il y a donc du nouveau?

Oui! oui! Arrive, Acharat! tu me vois enchant, ravi; jai trouv, jai trouv!

Quoi?

Ce que je cherchais, pardieu!

Lor?

Ah bien oui, lor! allons donc!

Le diamant?

Bon! le voil qui extravague. Lor, le diamant, belles trouvailles, ma foi, et il y aurait de quoi se rjouir, sur mon me, si javais trouv cela!

Alors, demanda Balsamo, ce que vous avez trouv, cest donc votre lixir?

Oui, mon ami, cest mon lixir; cest--dire la vie, que dis-je, la vie! lternit de la vie.

Oh! oh! fit Balsamo attrist, car il regardait cette recherche comme une uvre folle, cest encore de ce rve que vous vous occupez?

Mais Althotas, sans lcouter, mirait amoureusement sa fiole.

Enfin, dit-il, la combinaison est trouve: lixir dAriste, vingt grammes; baume de mercure, quinze grammes; prcipit dor, quinze grammes; essence de cdre du Liban, vingt-cinq grammes.

Mais il me semble, qu llixir dAriste prs, cest votre dernire combinaison, matre?

Oui, mais il y manquait lingrdient principal, celui qui relie tous les autres, celui sans lequel les autres ne sont rien.

Et vous lavez trouv, celui-l?

Je lai trouv.

Vous pouvez vous le procurer?

Pardieu!

Quel est-il?

Il faut ajouter aux matires dj combines dans cette fiole les trois dernires gouttes du sang artriel dun enfant.

Eh bien, mais cet enfant, dit Balsamo pouvant, o laurez-vous?

Tu me le procureras.

Moi?

Oui, toi.

Vous tes fou, matre.

Eh bien, quoi? demanda limpassible vieillard en promenant avec dlice sa langue sur lextrieur du flacon o, par le bouchon mal clos, suintait une goutte deau; eh bien, quoi?

Et vous voulez avoir un enfant pour prendre les trois dernires gouttes de son sang artriel?

Oui.

Mais il faut tuer lenfant pour cela?

Sans doute, il faut le tuer; plus il sera beau, mieux cela vaudra.

Impossible, dit Balsamo en haussant les paules, on ne prend pas ici les enfants pour les tuer.

Bah! scria le vieillard avec une atroce navet, quest-ce donc quon en fait?

On les lve, pardieu!

Ah ! le monde est donc chang? Il y a trois ans, on venait nous en offrir tant que nous en voulions, des enfants, pour quatre charges de poudre ou une demi-bouteille deau-de-vie.

Ctait au Congo, matre.

Eh bien, oui, ctait au Congo. Il mest gal que lenfant soit noir, moi. Ceux quon nous offrait, je me le rappelle, taient trs gentils, trs friss, trs foltres.

merveille! dit Balsamo; mais malheureusement, cher matre, nous ne sommes pas au Congo.

Ah! nous ne sommes pas au Congo? dit Althotas. Eh bien, o sommes nous donc?

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