Joseph Balsamo. Tome II
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #2
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:
� Y pensez-vous, monseigneur? un re�u � moi, et pour quoi faire?
� J�emprunte souvent, mon cher comte, dit le cardinal; mais je vous pr�viens que je ne re�ois jamais.
� Comme il vous plaira, mon prince.
Le cardinal prit une plume sur la table, et �crivit d�une �norme et illisible �criture un re�u dont l�orthographe ferait peur � la gouvernante d�un sacristain d�aujourd�hui.
� Est-ce bien cela? demanda-t-il en le pr�sentant � Balsamo.
� Parfaitement, r�pliqua le comte, le mettant dans sa poche sans m�me jeter les yeux dessus.
� Vous ne le lisez pas, monsieur?
� J�avais la parole de Votre �minence, et la parole des Rohan vaut mieux qu�un gage.
� Monsieur le comte de F�nix, dit le cardinal avec un demi-salut bien significatif de la part d�un homme de cette qualit�, vous �tes un galant homme, et, si je ne puis vous faire mon oblig�, vous me permettrez d��tre heureux de demeurer le v�tre.
Balsamo s�inclina � son tour et tira une sonnette, au bruit de laquelle Fritz apparut.
Le comte lui dit quelques mots en allemand.
Fritz se baissa, et, comme un enfant qui emporterait huit oranges, un peu embarrass�, mais nullement courb� ou retard�, il enleva les huit lingots d�or dans leur enveloppe d��toupe.
� Mais c�est un Hercule que ce gaillard-l�! dit le cardinal.
� Il est assez fort, oui, monseigneur, r�pondit Balsamo; mais il est vrai de dire que, depuis qu�il est � mon service, je lui laisse boire chaque matin trois gouttes d�un �lixir compos� par mon savant ami le docteur Althotas; aussi le voil� qui commence � profiter; dans un an, il portera les cent marcs d�une seule main.
� Merveilleux! incompr�hensible! murmura le cardinal. Oh! je ne pourrai r�sister au d�sir de parler de tout cela!
� Faites, monseigneur, faites, r�pondit Balsamo en riant; mais n�oubliez pas que parler de tout cela, c�est prendre l�engagement de venir �teindre vous-m�me la flamme de mon b�cher, si par hasard il prenait envie au Parlement de me faire r�tir en place de Gr�ve.
Et ayant escort� son illustre visiteur jusque sous la porte coch�re, il prit cong� de lui avec un salut respectueux.
� Mais votre valet, le seigneur Fritz, je ne le vois pas, dit le cardinal.
� Il est all� porter l�or dans votre voiture, monseigneur.
� Il sait donc o� elle est?
� Sous le quatri�me arbre � droite en tournant le boulevard. C�est cela que je lui disais en allemand, monseigneur.
Le cardinal leva les mains au ciel et disparut dans l�ombre.
Balsamo attendit que Fritz f�t rentr�, et remonta chez lui en fermant toutes les portes.
Chapitre 60. L��lixir de vie
Balsamo, demeur� seul, vint �couter � la porte de Lorenza.
Elle dormait d�un sommeil �gal et doux.
Il entrouvrit alors un guichet fix� en dehors et la contempla quelque temps dans une douce et tendre r�verie. Puis, repoussant le guichet et traversant la chambre que nous avons d�crite et qui s�parait l�appartement de Lorenza du cabinet de physique, il s�empressa d�aller �teindre ses fourneaux, en ouvrant un immense conduit qui d�gagea toute la chaleur par la chemin�e, et donna passage � l�eau d�un r�servoir plac� sur la terrasse.
Puis, serrant pr�cieusement dans un portefeuille de maroquin noir le re�u du cardinaclass="underline"
� La parole des Rohan est bonne, murmura-t-il, mais pour moi seulement, et l�-bas il est bon que l�on sache � quoi j�emploie l�or des fr�res.
Ces paroles s��teignaient sur ses l�vres, quand trois coups secs, frapp�s au plafond, lui firent lever la t�te.
� Oh! oh! dit-il, voici Althotas qui m�appelle.
Puis, comme il donnait de l�air au laboratoire, rangeait toute chose avec m�thode, repla�ait la plaque sur les briques, les coups redoubl�rent.
� Ah! il s�impatiente; c�est bon signe.
Balsamo prit une longue tringle de fer, et frappa � son tour.
Puis il alla d�tacher de la muraille un anneau de fer, et, au moyen d�un ressort qui se d�tendit, une trappe se d�tacha du plafond et s�abaissa jusqu�au sol du laboratoire. Balsamo se pla�a au centre de la machine, qui, au moyen d�un autre ressort, remonta doucement, enlevant son fardeau avec la m�me facilit� que les gloires de l�op�ra enl�vent les dieux et les d�esses, et l��l�ve se trouva chez le ma�tre.
Cette nouvelle habitation du vieux savant pouvait avoir de huit � neuf pieds de hauteur sur seize de diam�tre; elle �tait �clair�e par le haut � la mani�re des puits et herm�tiquement ferm�e sur les quatre fa�ades.
Cette chambre �tait, comme on le voit, un palais relativement � son habitation dans la voiture.
Le vieillard �tait assis dans son fauteuil roulant, au centre d�une table de marbre taill�e en fer � cheval, et encombr�e de tout un monde, ou plut�t de tout un chaos de plantes, de fioles, d�outils, de livres, d�appareils et de papiers charg�s de caract�res cabalistiques.
Il �tait si pr�occup� qu�il ne se d�rangea point quand Balsamo apparut.
La lumi�re d�une lampe astrale, attach�e au point culminant du vitrage, tombait sur son cr�ne nu et luisant.
Il ressassait entre ses doigts une bouteille de verre blanc dont il interrogeait la transparence, � peu pr�s comme une m�nag�re qui fait son march� elle-m�me mire � la lumi�re les �ufs qu�elle ach�te.
Balsamo le regarda d�abord en silence; puis, au bout d�un instant:
� Eh bien, dit-il, il y a donc du nouveau?
� Oui! oui! Arrive, Acharat! tu me vois enchant�, ravi; j�ai trouv�, j�ai trouv�!�
� Quoi?
� Ce que je cherchais, pardieu!
� L�or?
� Ah bien� oui, l�or! allons donc!
� Le diamant?
� Bon! le voil� qui extravague. L�or, le diamant, belles trouvailles, ma foi, et il y aurait de quoi se r�jouir, sur mon �me, si j�avais trouv� cela!
� Alors, demanda Balsamo, ce que vous avez trouv�, c�est donc votre �lixir?
� Oui, mon ami, c�est mon �lixir; c�est-�-dire la vie, que dis-je, la vie! l��ternit� de la vie.
� Oh! oh! fit Balsamo attrist�, car il regardait cette recherche comme une �uvre folle, c�est encore de ce r�ve que vous vous occupez?
Mais Althotas, sans l��couter, mirait amoureusement sa fiole.
� Enfin, dit-il, la combinaison est trouv�e: �lixir d�Arist�e, vingt grammes; baume de mercure, quinze grammes; pr�cipit� d�or, quinze grammes; essence de c�dre du Liban, vingt-cinq grammes.
� Mais il me semble, qu�� l��lixir d�Arist�e pr�s, c�est votre derni�re combinaison, ma�tre?
� Oui, mais il y manquait l�ingr�dient principal, celui qui relie tous les autres, celui sans lequel les autres ne sont rien.
� Et vous l�avez trouv�, celui-l�?
� Je l�ai trouv�.
� Vous pouvez vous le procurer?
� Pardieu!
� Quel est-il?
� Il faut ajouter aux mati�res d�j� combin�es dans cette fiole les trois derni�res gouttes du sang art�riel d�un enfant.
� Eh bien, mais cet enfant, dit Balsamo �pouvant�, o� l�aurez-vous?
� Tu me le procureras.
� Moi?
� Oui, toi.
� Vous �tes fou, ma�tre.
� Eh bien, quoi? demanda l�impassible vieillard en promenant avec d�lice sa langue sur l�ext�rieur du flacon o�, par le bouchon mal clos, suintait une goutte d�eau; eh bien, quoi?�
� Et vous voulez avoir un enfant pour prendre les trois derni�res gouttes de son sang art�riel?
� Oui.
� Mais il faut tuer l�enfant pour cela?
� Sans doute, il faut le tuer; plus il sera beau, mieux cela vaudra.
� Impossible, dit Balsamo en haussant les �paules, on ne prend pas ici les enfants pour les tuer.
� Bah! s��cria le vieillard avec une atroce na�vet�, qu�est-ce donc qu�on en fait?
� On les �l�ve, pardieu!
� Ah ��! le monde est donc chang�? Il y a trois ans, on venait nous en offrir tant que nous en voulions, des enfants, pour quatre charges de poudre ou une demi-bouteille d�eau-de-vie.
� C��tait au Congo, ma�tre.
� Eh bien, oui, c��tait au Congo. Il m�est �gal que l�enfant soit noir, � moi. Ceux qu�on nous offrait, je me le rappelle, �taient tr�s gentils, tr�s fris�s, tr�s fol�tres.
� � merveille! dit Balsamo; mais malheureusement, cher ma�tre, nous ne sommes pas au Congo.
� Ah! nous ne sommes pas au Congo? dit Althotas. Eh bien, o� sommes nous donc?