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Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
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Camille a aussitôt appelé Delavigne. Ils se sont connus au début de leur carrière, deux décennies plus tôt, il est commissaire à la Criminelle de Toulouse. En quatre heures, ils se sont appelés sept ou huit fois, Delavigne est un type carré, serviable, solidaire et sacrément embêté pour son pote Verhœven. Toute la matinée Camille, de son bureau, a assisté aux premières constatations et aux interrogatoires à peu près comme s’il y était.

— Il n’y a pas de doute, dit le juge, il s’agit sans conteste de la même meurtrière. D’un meurtre à l’autre, la manière est à peu près invariable. Le rapport fait remonter la mort de Mme Zanetti à samedi, aux toutes premières heures du matin.

— Son hôtel est connu chez nous, a dit Delavigne, une maison very quiet.

Ah oui, il est comme ça, Delavigne, il émaille volontiers sa conversation d’anglicismes. C’est son genre. Camille, ça l’énerve pas mal.

— La fille est arrivée mardi à Toulouse, on a retrouvé sa trace dans un hôtel près de la gare où elle est descendue sous le nom d’Astrid Berma. Elle change d’hôtel le lendemain. Mercredi, elle descend chez Zanetti, à l’hôtel du Pré Hardy, sous le nom de Laura Bloch, jeudi in the night, elle lui donne plusieurs coups de téléphone. En pleine gueule. Après quoi, elle l’achève à l’acide sulfurique, et vide la caisse de l’hôtel, environ deux mille euros, avant de disparaître.

— Pas avare en identités, en tout cas…

— Non, pour ça, rien à dire.

— On ne sait pas si elle est en voiture, en train, en avion. On va faire la gare SNCF, la gare routière, les agences de location, les taxis mais il va nous falloir du temps.

— On trouve ses empreintes partout, souligne le juge, dans sa chambre, dans le salon de Mme Zanetti, visiblement, ça ne la dérange pas qu’on les trouve. Elle n’est pas fichée, elle le sait, aucune raison de s’embarrasser. C’est à la limite de la provocation.

Le fait qu’il y ait, dans la pièce, un juge d’instruction et un commissaire divisionnaire n’empêche pas les flics d’obéir à la règle de Camille : aux réunions de synthèse, on reste debout. Adossé à la porte, Camille se tait. Il attend la suite.

— Ensuite ? demande Delavigne. Eh bien, jeudi soir, elle a accompagné Zanetti au bal du Central, c’est un truc assez picturesque

— Dans quel sens ?

— Un bal de vieux, d’esseulés. Des célibataires, des amateurs de la danse. En tenue complète avec les costards blancs, cravates rubans et les robes à froufrous… Moi, je trouve ça plutôt funny mais toi, je pense que ça te ferait déprimer.

— Je vois.

— Non, je ne pense pas que tu voies vraiment…

— À ce point ?

— Tu n’imagines même pas. On devrait placer le Central dans le circuit des touristes japonais comme pinnacle of achievement !

— Albert !

— Quoi ?

— Tu peux me le jouer lifté avec tes anglicismes, je trouve ça vraiment chiant.

— OK, boy.

— C’est beaucoup mieux… Le meurtre est lié à cette sortie ?

— A priori non. Aucun témoignage ne va dans ce sens. La soirée a été « animée », « sympa », quelqu’un a même dit « formidable », bref une soirée chiante, mais en tout cas sans problème, sans dispute, sauf les inévitables histoires de drague, de couples auxquelles la fille n’a pas participé. Très en retrait, paraît-il. On aurait dit qu’elle était là pour faire plaisir à Zanetti.

— Elles se connaissaient ?

— Zanetti l’a présentée comme sa nièce. Il a fallu moins d’une heure pour vérifier qu’elle n’a ni frère ni sœur. Dans cette famille, il n’y a pas plus de nièce que de communiante dans un boxon.

— Pour les communiantes, tu n’en sais rien…

— Ah si, monsieur ! À Toulouse, côté communiantes, nos proxénètes sont inébranlables !

— Mais, dit le juge, je sais que vous avez déjà tous les éléments par vos collègues de Toulouse. Non, l’intéressant n’est pas là.

Allez, vas-y, pense Camille.

— L’intéressant, c’est qu’elle n’avait tué jusqu’ici que des hommes, plus âgés qu’elle et que ce meurtre d’une femme de plus de cinquante ans met à mal votre hypothèse. Je fais ici référence à la théorie du commandant Verhœven de meurtres sexuels.

— C’était aussi la vôtre, monsieur le juge.

C’est Le Guen. Lui aussi en a un peu marre.

— Absolument ! dit le juge.

Il sourit, presque content.

— Nous avons tous fait la même erreur.

— Ça n’est pas une erreur, dit Camille.

Tout le monde le regarde.

— Bref, dit Delavigne, elles vont ensemble au bal, on regorge de témoignages, les amis et relations de la victime. On décrit la fille comme gentille, smiley (sorry), tous reconnaissent le portrait-robot que tu m’as envoyé. Jolie, mince, les yeux verts, châtain-roux. Deux femmes sont certaines qu’il s’agit d’une perruque.

— Je pense qu’elles ont raison.

— Soirée au bal du Central, puis retour à l’hôtel, vers trois heures du matin. Le meurtre doit avoir eu lieu peu de temps après parce que (grosse louche, hein, il faut attendre l’autopsie pour être certain) le légiste fait remonter le décès aux environs de trois heures et demie.

— Dispute ?

— Possible, mais alors, ça devait être un sacré différend. Pour se terminer à l’acide sulfurique…

— Personne n’a rien entendu ?

— No one. Sorry… En même temps, qu’est-ce que tu veux, à cette heure-là, tout le monde roupille. Et puis, quelques coups de téléphone dans la gueule, ça fait pas tant de bruit que ça non plus.

— Elle vivait seule, cette Zanetti ?

— D’après ce qu’on sait, ça dépendait des périodes. Ces derniers temps, oui, elle était seule.

— Peu importe l’hypothèse, commandant. Vous pouvez vous accrocher à la théorie que vous voulez, ça ne nous fait pas avancer d’un pouce et ça ne change malheureusement rien au résultat. Nous avons sur les bras une meurtrière totalement imprévisible, qui se déplace vite et souvent, qui tue indifféremment des hommes et des femmes et qui est absolument libre de ses mouvements et même pas inquiète puisqu’elle n’est pas fichée. Alors ma question est simple, monsieur le divisionnaire, comment comptez-vous vous y prendre ?

38

— Bon, si vous dites que c’est une demi-heure… Mais vous me ramenez ?

Il jurerait n’importe quoi, Félix. Il a pourtant l’impression que ça ne s’est pas si bien passé que ça avec Julia, qu’elle n’a pas trouvé sa conversation bien passionnante. Déjà la première fois, à la sortie du restaurant, il a senti qu’il n’était pas à la hauteur, tout à l’heure, au téléphone, il n’a pas l’impression d’avoir fait un très bon match non plus. À sa décharge, qu’elle le rappelle, ça l’a rendu dingue, il n’y croyait pas. Et maintenant cette soirée. Et d’abord ce restaurant, quelle idée il a eue. Pris au dépourvu, qu’est-ce que vous voulez dire… Cette fille vous appelle, allongée sur son lit, elle vous dit, ce soir, d’accord, ce soir, où ? Alors forcément, vous êtes désorienté, vous dites ce qui vous vient immédiatement à l’esprit et après…

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