Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Alex - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 77
Перейти на страницу:

— Hein ? Non, toi, je te garde.

Camille le regarde, avec sa tête longue comme un jour sans pain. Il lui sourit.

— T’es monté en grade. Tu es chauffeur personnel d’un commandant de police. Tu es au pays de l’ascenseur social, tu savais pas ?

40

— Très gentille ! a dit l’épicier arabe.

Armand s’est chargé de l’épicier arabe. Avec les commerçants, il est toujours volontaire, surtout avec les épiciers, une aubaine qui ne se produit pas tous les jours. Quand il interroge, il fait un peu peur avec sa dégaine de SDF, il marche entre les rayons, se montre impressionnant avec des sous-entendus inquiétants et mine de rien, ça lui permet de piller le magasin, il attrape ici un paquet de chewing-gums, là une canette de Coca, puis une seconde, il pose ses questions à la cantonade, le commerçant le voit remplir ses poches en picorant des plaquettes de chocolat, des sachets de bonbons, des biscuits, des barres chocolatées, il aime le sucre, Armand. Sur la fille, il n’apprend pas grand-chose, il insiste tout de même. S’appelait comment ? Payait en espèces, jamais de carte, jamais de chèques ? Elle venait souvent ? Habillée comment ? Et l’autre soir, elle a acheté quoi exactement ? Et quand il a les poches archipleines, il dit merci pour votre collaboration et va vider son chargement dans le coffre de la voiture où il a toujours des sacs plastique usagés pour des occasions de ce genre.

Et Mme Guénaude, c’est Camille qui l’a trouvée. La soixantaine, lourde, avec un serre-tête. Ronde et sanguine comme une bouchère, avec des yeux fuyants. Et très embêtée. Vraiment très très très embêtée, elle se tortille comme une écolière à qui on viendrait de proposer la botte, le genre qui agace les commandants de police. Le genre aussi à appeler la police facilement, à se draper dans sa dignité de propriétaire. Alors, non, ça n’était pas seulement une voisine, comment dire, elle la connaissait oui et non, on a du mal à comprendre ses réponses qui n’en sont pas, énervant.

Il faut quatre minutes pour que Camille la foute quasiment à poil, la mère Guénaude. Gabrielle. Elle empeste le mensonge, la mauvaise foi et l’hypocrisie. La malveillance. Boulangers-pâtissiers, avec son mari. Le 1er janvier 2002, Dieu est descendu sur terre, Il s’est incarné sous la forme du passage à l’euro. Et quand Il se déplace en personne, Dieu n’est pas le genre de type à lésiner sur les miracles. Après la multiplication des pains, multiplication du pognon. Par sept. Du jour au lendemain. Dieu est un génial simplificateur.

Devenue veuve, la mère Guénaude loue au noir tout ce qu’elle possède, elle assure que c’est pour rendre service, « ça ne serait que de moi… ». Absente le jour où les flics ont pris quasiment le quartier d’assaut. J’étais chez ma fille à Juvisy. N’empêche. Quand elle a appris, à son retour, que la fille qu’on cherchait ressemblait furieusement à son ancienne locataire, pas d’appel à la police, je ne pouvais pas savoir que c’était elle, si j’avais pu deviner, vous pensez bien.

— Je vais vous foutre en taule, dit Camille.

Elle arrive à pâlir, c’est dire si la menace lui fait de l’effet. Pour la rassurer, Camille ajoute :

— En taule, avec vos économies, vous pourrez vous offrir tous les suppléments de la cantine.

La fille, ici, c’était Emma. Pourquoi pas. Après Nathalie, Léa, Laura, Camille est prêt à tout. Mme Guénaude doit s’asseoir pour regarder le portrait-robot. Elle ne s’assoit pas, elle s’effondre. Oui, c’est elle, c’est bien elle, ah, que d’émotions, elle se tient la poitrine, Camille se demande si elle ne va pas aller rejoindre son mari au paradis des malfaisants. Elle n’est restée que trois mois, Emma, ne recevait jamais personne, elle s’absentait des fois, justement la semaine passée, elle a dû partir rapidement, elle revenait d’un déplacement en province, avec un torticolis, elle avait fait une mauvaise chute, elle a dit dans le Sud, elle a payé ses deux mois, une affaire de famille, a-t-elle expliqué, très ennuyée de partir si vite. Elle débite tout ce qu’elle sait, la boulangère, elle ne sait plus quoi faire pour satisfaire le commandant Verhœven. Si elle osait, elle proposerait de l’argent. En regardant le petit flic au regard froid, elle sent confusément que ça n’est pas pertinent. Camille recompose l’histoire malgré le désordre des informations. Elle désigne le tiroir du buffet, un papier bleu, l’adresse qu’elle a donnée. Camille ne se précipite pas, il n’a aucune illusion à ce sujet, il ouvre tout de même le tiroir en tirant son portable.

— C’est son écriture ?

— Non, c’est la mienne.

— Je me disais aussi…

Il dicte l’adresse et reste en ligne. Devant lui, au-dessus du buffet, encadré, un tableau au canevas exhibe un cerf dans un sous-bois vert pomme.

— Il a vraiment l’air con, votre cerf…

— C’est ma fille qui l’a fait, risque la Guénaude.

— Vous êtes vraiment des nuisibles.

La mère Guénaude gratte le fond de sa mémoire. Emma travaillait dans la banque, laquelle, on ne sait pas, une banque étrangère, bah voyons. Camille interroge mais il connaît déjà toutes les réponses, la mère Guénaude palpait un loyer démesuré pour ne pas poser de questions, c’est le contrat implicite quand on loue au noir.

L’adresse est fausse, Camille raccroche.

Louis arrive avec deux techniciens de l’Identité. Les jambes coupées, la propriétaire ne peut pas les accompagner quand ils montent à l’étage. Elle n’a pas encore trouvé à relouer. On sait déjà ce qu’on va trouver dans l’appartement d’Emma : les empreintes de Léa, l’ADN de Laura, les traces de Nathalie.

Camille lâche :

— J’ai oublié, vous rendrez aussi des comptes pour complicité de meurtres. Meurtres au pluriel…

Bien qu’assise, Gabrielle Guénaude cherche tout de même un appui en saisissant le bord de la table. Elle est en sueur, presqu’en transe.

— Si ! hurle-t-elle soudain. Le déménageur, je le connais !

Camille revient aussitôt sur ses pas.

Des cartons, des meubles démontés, elle n’avait pas grand-chose, vous savez, commente-t-elle, pincée. Camille comprend que pour la Guénaude, quelqu’un qui ne possède rien n’est rien ou pas grand-chose. On est aussitôt en communication avec le déménageur, la secrétaire ne se montre pas très empressée, au téléphone, non, vraiment, elle ne peut pas donner de renseignements, on ne sait pas à qui on a affaire.

— OK, dit Camille, je vais venir prendre les renseignements moi-même ! Mais je vous préviens, si je me déplace, je ferme votre boutique pour l’année, je vous balance un contrôle fiscal qui remontera à votre entrée en maternelle et vous, vous personnellement, je vous fous en taule pour obstruction à la justice et si vous avez des mômes, ils vont direct à la DDASS !

Ça a beau être bidon au-delà du raisonnable, ça fait de l’effet, la secrétaire s’excite, donne l’adresse du garde-meubles où la fille a fait entreposer toutes ses affaires, son nom : Emma Szekely.

Camille se fait épeler.

— S, Z, au début, c’est ça ? Vous interdisez tout accès à ce box, vous m’entendez ? Personne ! Je suis clair ?

C’est à dix minutes d’ici. Camille raccroche et hurle de nouveau :

— Une équipe ! Tout de suite !

Il se rue dans l’escalier.

41

Alex, par précaution, est descendue dans le parking par les escaliers. Sa Clio démarre au quart de tour. L’habitacle est frais. Elle se regarde un instant dans le rétroviseur avant de démarrer. Quand même bien fatiguée, elle passe l’index sous chaque œil, se fait un sourire qui tourne à la grimace. Elle se tire la langue et démarre.

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)