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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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Même si ce n’était pas sa musique de prédilection, l’ambiance pop-rock de l’endroit ne déplut pas à Patrick. Sur un vieux rock de Chuck Berry, il attrapa sa collègue par la main.

— Tu danses ?

Elle se laissa conduire sur la piste où il fit une démonstration de ses talents. Décidément, il la surprendrait toujours. Amusé, le DJ enchaîna plusieurs rocks d’affilée… Tous les deux étaient en nage.

— Pas mal, à ton âge.

— Tu m’as tué.

Il se rapprocha du comptoir et commanda deux mojitos.

L’affaire criminelle était loin.

— J’adore dans notre boulot ces imprévus, ces rencontres… On reste des ados, on n’a pas l’impression de vieillir, remarqua Léanne.

— Un peu quand même, non ? Se lever à six heures, passer une nuit blanche, on ne le supporte plus de la même manière au bout d’un moment.

Elle haussa les épaules.

— Je ne te parle pas du physique, mais du mental, de ce qui se passe là, dit-elle en posant son index au milieu du front.

Elle sourit encore en le dévisageant :

— Et t’as réussi à garder tes lunettes sur la tête ! Parfois, je me demande si elles ne sont pas collées.

Leur soirée se poursuivit entre le bar et la piste. Au moment de partir, le patron claqua quelques bises sonores à Patrick, peu habitué à ces coutumes locales. Après un moment de surprise, il se laissa faire.

— Tu restes une semaine, tu deviens Niçois, s’amusa Léanne lorsqu’ils se retrouvèrent dans la rue.

— Peut-être un peu plus d’une semaine, tout de même !

39

Accueilli à l’aéroport par Hakim, Patrick se rendit directement au « 36 ». Legal était rentré d’Espagne dans la nuit. Ils retrouvèrent le groupe dans le bureau d’Isabelle Hervier. Outre la petite aventure du capitaine, qui faisait de lui la vedette du jour, l’enquête espagnole avait surtout permis d’identifier formellement la tueuse en la personne de Leïla Hamoudni. Pour le reste, Girard s’expliqua :

— Nous connaissons maintenant l’ambiance générale qui a précédé les meurtres, et qui les a suivis. Toujours rien sur le tueur inconnu.

— Il ressemble tout de même diablement à Fahrid. Il n’a pas de frères, celui-là ? demanda Isabelle.

— Non, il faut chercher ailleurs. On a fait les vérifs : proche famille, cousins… Personne ne correspond. Soit ils ont un alibi sérieux, soit ils ne ressemblent pas à Fahrid, indiqua Marc.

Ce matin-là, la commissaire se voulait optimiste :

— Il faut compter sur l’opération qu’on est en train de mettre en place pour les Stups. On va se faire toute la cité avec une palanquée de services : CRS, BRI, RAID, DCPJ, le SDPJ 93, les Stups d’ici au grand complet et nous. Il va y avoir du monde sur le terrain, d’autant qu’il y aura aussi des gens de la SAT et de la DGSI qui ont identifié des réseaux dormants, des jeunes soupçonnés de djihadisme ou de financer des groupes salafistes… Pour acheter la paix, les trafiquants donnent de l’argent. On va ramasser du monde, test ADN pour ceux qu’on ne connaît pas… On va bien le dénicher, notre gars.

Patrick réfléchit à voix haute et reprit les bases de leur investigation :

— L’image des caméras de l’hôpital n’est pas très nette. On voit Leïla ressortir avec un mec vêtu d’une blouse blanche. Par la suite on la retrouve dehors avec Fahrid. On a toujours cru qu’il s’agissait de la même personne, et on a faux ! Ça veut peut-être dire que le second tueur est resté dans l’hôpital. J’ai pensé à un truc… Et s’il y travaillait ?

— Mouais, fit la commissaire, tout est possible…

– Ça peut aussi être quelqu’un qui a un enfant hospitalisé.

— Il y a un truc qui me chagrine…

Patrick posa son ordinateur portable sur le bureau de la commissaire et chargea la vidéo. On voyait le couple entrer dans la chambre, puis le moment où il en ressortait.

— Regardez, fit-il remarquer en pointant l’homme du doigt, il se cache. Il sait qu’il y a les caméras, il détourne la tête… Il a fait du repérage en avance, ou il connaît parfaitement les lieux. En plus, il a des lunettes, le col de sa blouse est relevé… Tout ça, c’est fait exprès, c’est préparé.

— Qu’est-ce que tu proposes ? demanda Hervier.

— Présenter la photo de Fahrid au personnel hospitalier et à la sécurité. S’ils se ressemblent vraiment, ça peut marcher. Et puis la corpulence physique, la taille…

Le commandant se retourna vers Jean-Paul et Hakim.

— Nos deux ripeurs vont s’occuper de ça avec plaisir, non ?

En réponse, leur sourire se voulut un acquiescement.

— Qui ne risque rien… On peut aussi essayer autre chose…

Ses collègues attendaient la suite.

Il sortit de sa poche une enveloppe.

— Je viens de recevoir un courrier de Dazin. Il est certain d’avoir vu dans la cité l’homme en blouse. Il a peut-être raison. Il a fait ces photos montrant un individu qui pouvait effectivement ressembler à notre gars.

Hakim haussa les épaules et en attrapa une, pas convaincu.

— C’est un reubeu, moi aussi je lui ressemble, ça ne nous avance pas beaucoup !

*

Accompagné des ripeurs, Hervé Legal se rendit à l’hôpital Necker. Le capitaine avait insisté pour venir, au cas où il croiserait Hélène Pélissier, la surveillante du service. Celle-ci les accueillit chaleureusement :

— Vous êtes revenu d’Espagne ? demanda-t-elle à Legal, en l’embrassant devant les deux autres policiers.

Ses joues rosirent. Les jeunes échangèrent des petits sourires entre eux et s’éclipsèrent pour entreprendre leurs recherches.

— J’ai fait une gaffe ?

— Non, rit le capitaine. Je ne parle pas à tout le monde de ma vie privée.

— Vous avez encore du travail ici ? Je croyais que vous en aviez terminé.

— Une petite vérification dont je veux vous parler.

La photo de Fahrid, sa description, n’évoquaient rien à la surveillante, ni au personnel de soin. Les deux ripeurs n’eurent pas plus de chance. Seul Legal avait progressé, avec une nouvelle invitation au restaurant pour le soir même.

*

À vingt heures passées, Patrick rentra chez lui, déçu. Maintenant qu’il s’était mis dans la tête que le tueur pourrait être un membre de l’hôpital, cette idée l’obsédait. Marianne était à demi allongée sur le canapé du salon en train de lire un polar. Elle lui sourit et lui tendit la couverture du livre.

— Le dernier Prix du quai des Orfèvres. J’ai un peu l’impression de lire tes aventures ! Mais tu es bien meilleur que les flics de romans. Alors, comment va mon héros, Maigret ou James Bond ?

— Mort !

Elle éclata de rire.

— Qu’est-ce que c’est que ces vêtements ?

— Oh ! ça va. C’est tout ce que j’ai trouvé…

— Remarque, ce qui me rassure, c’est qu’en étant aussi sexy, tu ne risques pas d’attirer les filles.

— Arrête un peu. C’est le résultat d’une demi-heure dans un supermarché.

Elle se releva.

— Allez, viens m’embrasser et me raconter tes aventures… Je vais nous servir un apéro.

Après un baiser rapide sur les lèvres, il décida de filer prendre une douche et se changer. À son retour, l’attendaient deux verres de champagne rosé et un plateau-repas sur la table basse de leur salon.

— Ce soir, ce sera du froid.

— Champagne ? Pour fêter mon retour ?

— Pas exactement. Je crois que j’ai trouvé un appartement…

— … Tu ne devais pas m’attendre ?

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