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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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— Ravi de vous rencontrer, Léanne m’a dit grand bien de vous.

— Je n’en doute pas.

Vignon évoqua rapidement le résultat de l’opération espagnole. Un succès dont tout le monde se félicitait. Et cet argent saisi était la cerise sur le gâteau.

— En tout cas, « bravo » à vous deux, on avance vite !

Faire des compliments et en recevoir n’était pas le fort de Léanne.

— Vous avez eu la juge ?

— Toujours aussi impatiente ! souffla Vignon. Oui, je l’ai eue. Elle a décidé de faire le déplacement avec sa greffière. Elle en profitera pour autoriser personnellement les prolongations de garde à vue. Ce sera un moyen pour elle de s’assurer de la bonne volonté de votre repenti.

— Elle n’a pas confiance en nous ?

Vignon haussa les épaules.

— Ne soyez pas ridicule. Vous savez comme moi que Laurence Albertini a TOUTE confiance en nous. Ce dossier l’intéresse, vous devriez être plutôt ravie d’avoir une juge qui mord autant sur une affaire. Ils ne sont pas tous comme cela. En plus, elle vient pour nous féliciter… Elle a dit qu’elle apporterait du champagne.

La flic se radoucit.

— Léanne est comme toutes les femmes, railla Vignon en regardant Patrick. Quand on parle champagne, ça va tout de suite mieux.

Le commissaire s’adressa de nouveau à sa collaboratrice :

— Donc, avec la juge, il ne devrait pas y avoir de problème.

— Il n’est pas question qu’il aille en prison !

— Pas si simple, il est tout de même bien impliqué.

— Il faut pourtant l’aider. Parce qu’avoir fait tomber un réseau comme aviseur ou informateur, autant c’est glorifiant quand on est dehors, autant en maison d’arrêt, ça devient un réel embarras, s’amusa Patrick.

Profitant des remarques du Parisien, le commissaire l’encouragea à parler de son enquête.

— Si Yves maintient ses déclarations sur P.V., on commence à comprendre pourquoi les gosses et Anissa Ben Hamid sont morts. Pour le commanditaire, il faudra chercher au Maroc, c’est encore lié à vos investigations.

Vignon ne put s’empêcher de l’interrompre.

— Décidément, je vois que vous nous préparez une mission ensemble, et au Maroc. Vous savez que mademoiselle est un cœur à prendre ?

— Je suis marié.

— Et…

Le commissaire ne laissa pas intervenir Léanne.

— Je sais, vous les préférez plus jeunes…

Patrick éclata de rire. Il pensa au serveur de Carcassonne. Léanne le foudroya du regard.

— …

— Quelque chose que je devrais savoir ? demanda Vignon.

— Non, absolument rien, j’allais vous parler du second tueur. Il doit se terrer dans le 93. On a déjà son ADN. On va bien finir par le récupérer, lui.

— Il est surprenant qu’il ne soit pas encore identifié, s’étonna Vignon. Les gamins des cités échappent rarement au prélèvement ADN, le passage par la case police est presque une constante.

— C’est vrai.

— Vous restez longtemps avec nous ?

— Je dois appeler mon service pour voir ça. Je prévois d’entendre Yves et de refaire une audition rapide des autres. J’envisage de partir demain matin. Nous allons nous revoir très vite. Si j’ai bien compris, vous allez venir chez nous pour la partie parisienne. On trouvera peut-être mon tueur à ce moment-là.

Le commissaire poursuivit en relatant les interpellations de la matinée. Les geôles étaient pleines. Entre un lot de motards, des lieutenants de Braghanti et Braghanti lui-même, ils comptaient une trentaine de gardés à vue.

— Toute l’antenne travaille pour les Stups, même la Financière.

– Ça leur fait du bien, pour ce qu’ils font d’habitude ! ne put s’empêcher d’ironiser la commandant.

— Décidément, vous n’arrêtez vraiment jamais. Pas étonnant que vos collègues ne vous aiment pas.

Elle fronça les sourcils sur un regard noir.

— Ceux qui bossent avec moi ne se plaignent pas. Les autres, je m’en moque. S’ils passaient moins de temps à me critiquer et plus à chasser les voyous, tout le monde y gagnerait.

Cela étant envoyé, elle reprit :

— Bon. Et alors, les auditions ?

Le commissaire contourna son bureau et vint s’adosser à un mur.

— On n’a fait que des interrogatoires de « chique ». Pour le moment, on n’est pas entré dans le vif du sujet. Ils se demandent pourquoi ils sont là. L’intitulé de la commission rogatoire les étonne : « Importation, transport, usage, cession de drogue », et tout cela « en bande organisée »… Ils ne comprennent pas. Beaucoup affirment même se rencontrer pour la première fois. On est encore dans le temps de l’innocence. Quand on va avancer nos billes, les écoutes, les surveillances et le reste, tout ce beau monde va en venir à de meilleurs sentiments.

— Braghanti ?

— Je l’ai pris en compte. J’ai fait une première audition. On a surtout parlé pétanque. On a déjà joué ensemble. C’est un de mes admirateurs !

Léanne s’impliquait tellement dans cette affaire qu’elle en perdait le sens de l’humour. Elle soupira et secoua légèrement la tête. Le commissaire sourit en la regardant s’énerver.

— On va le reprendre à deux.

— Et le SIAT ? s’inquiéta Léanne.

– Ça y est, j’ai les rapports. Raynal a fait un super boulot !

Vignon attrapa sur son bureau plusieurs documents qu’il tendit aux deux commandants… Le silence s’imposa. Patrick ajusta ses lunettes. Ils tournèrent les pages pour commencer aux moments qui les intéressaient le plus, l’arrivée de Raynal à Marbella, sa rencontre avec le reste de l’équipe, le rôle de chacun, ses impressions, la gestion de l’accident de circulation, la fuite dans la montagne, le meurtre de Juan Camarro et finalement, comment il avait réussi à sauver le reste de la famille.

— Il a fait fort, jugea Léanne. Faut vraiment des couilles pour s’embarquer dans un truc comme ça. Dans un film, c’est facile, mais dans la réalité… !

Les deux autres approuvèrent d’un simple geste de tête. Patrick se concentra sur la partie concernant Leïla. À la demande des enquêteurs, l’agent infiltré avait rédigé un passage spécial sur la morte de l’autoroute et ce qu’il savait d’elle. Il confirmait qu’elle était la sœur du trafiquant marocain fournisseur de la résine de cannabis. Les meurtres commis à Paris avaient pour but de punir une famille de balances. Il avait appris tout cela en entendant des discussions, mais ne pouvait étayer plus.

– Ça ne donne pas grand-chose, indiqua Patrick en cachant difficilement sa déception. Ça permet de conforter les déclarations d’Yves. Mais pas de trouver le second tueur. Quant au reste, l’enquête devra vraiment se poursuivre au Maroc.

Vignon tourna des pages pour remonter en arrière.

– À propos d’Yves, vous avez vu que Raynal mentionne qu’il était différent du reste des voyous. Il ne s’intégrait pas au groupe et surtout, il a tenté de se révolter plusieurs fois, ça peut l’aider pour la suite.

— Quand on est avec ce genre de types, on marche dans la combine, ou bien on est contre eux, et on est mort ! On comprend qu’il n’ait pas pu faire grand-chose.

– Ça fait combien de temps que vous aviez un agent impliqué ? demanda Patrick.

— Plusieurs mois. Quand on a su que Braghanti travaillait avec des motards, on a pensé à les infiltrer. On a eu de la chance. Le SIAT a bâti une légende autour de Raynal de manière à les séduire. Quand il a eu le contact, ils lui ont rapidement fait confiance… Grâce à lui, on remonte sur plusieurs livraisons de Braghanti aux bandes de Hell’s. Raynal avait déjà escorté de la came en France, mais c’est la première fois qu’il allait jusqu’en Espagne. Il était temps, on devait suspendre sa mission.

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