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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� J�avais oubli�.

� Quoi?

� L�, l�, dans le cabinet de Nicole, un couteau � la main�

� Un couteau � la main?

� Je le vois, il est p�le comme la mort.

� Qui?

� Gilbert.

Philippe retenait son haleine.

� Il suit le roi, continua Andr�e; il ferme la porte derri�re lui; il met le pied sur la bougie qui br�lait le tapis; il s�avance vers moi. Oh!�

La jeune fille se dressa dans les bras de son fr�re. Chaque muscle de son corps se raidit, comme s�il e�t �t� pr�s de se rompre.

� Oh! le mis�rable! dit-elle enfin.

Et elle retomba sans force.

� Mon Dieu! dit Philippe n�osant interrompre.

� C�est lui! c�est lui! murmura la jeune fille.

Puis, se dressant jusqu�� l�oreille de son fr�re, l��il �tincelant et la voix fr�missante:

� Tu le tueras, n�est-ce pas, Philippe?

� Ah! oui, s��cria le jeune homme en bondissant.

Et il rencontra derri�re lui un gu�ridon charg� de porcelaines qu�il renversa.

Les porcelaines se bris�rent.

Au bruit de cette chute se m�la un bruit sourd et une commotion soudaine des cloisons, puis un cri d�Andr�e qui domina le tout.

� Qu�est cela? dit Balsamo. Une porte s�est ouverte.

� Nous �coutait-on? s��cria Philippe en mettant l��p�e � la main.

� C��tait lui, dit Andr�e; encore lui.

� Mais qui donc, lui?

� Gilbert, Gilbert, toujours. Ah! tu le tueras, n�est-ce pas, Philippe, tu le tueras?

� Oh! oui, oui, oui! s��cria le jeune homme.

Et il s��lan�a dans l�antichambre, l��p�e � la main, tandis qu�Andr�e �tait retomb�e sur le sofa.

Balsamo s��lan�a apr�s le jeune homme et le retint par le bras.

� Prenez garde, monsieur! dit-il; ce qui est secret deviendrait public; il fait jour, et l��cho des maisons royales est bruyant.

� Oh! Gilbert, Gilbert, murmurait Philippe; et il �tait cach� l�, il nous entendait; je pouvais le tuer. Oh! malheur sur le mis�rable!

� Oui, mais silence; vous retrouverez ce jeune homme; c�est de votre s�ur qu�il faut vous occuper, monsieur. Vous le voyez, elle commence � �tre fatigu�e de tant d��motions.

� Oh! oui, je comprends ce qu�elle souffre par ce que je souffre moi-m�me; ce malheur est si affreux, si peu r�parable! Oh! monsieur, monsieur j�en mourrai!

� Vous vivrez pour elle, au contraire, chevalier; car elle a besoin de vous, n�ayant que vous: aimez-la, plaignez-la, conservez-la� Et maintenant, continua-t-il apr�s quelques secondes de silence, vous n�avez plus besoin de moi, n�est-ce pas?

� Non, monsieur; pardonnez-moi mes soup�ons, pardonnez-moi mes offenses; et cependant tout le mal vient de vous, monsieur.

� Je ne m�excuse point, chevalier; mais vous oubliez ce qu�a dit votre s�ur?�

� Qu�a-t-elle dit? Ma t�te se perd.

� Si je ne fusse pas venu, elle buvait le breuvage pr�par� par Nicole, et alors c��tait le roi� Eussiez-vous trouv� le malheur moins grand?

� Non, monsieur, il eut �t� �gal toujours; et, je le vois bien, nous �tions condamn�s. R�veillez ma s�ur, monsieur.

� Mais elle me verra, mais elle comprendra peut-�tre ce qui s�est pass�; mieux vaut que je la r�veille comme je l�ai endormie, � distance.

� Merci! merci!

� Alors, � mon tour, adieu, monsieur.

� Un mot encore, comte. Vous �tes homme d�honneur?

� Oh! le secret, voulez-vous dire?

� Comte�

� C�est une recommandation inutile, monsieur; d�abord, parce que je suis homme d�honneur; ensuite, parce que, d�cid� � ne plus avoir rien de commun avec les hommes, je vais oublier les hommes et leurs secrets; toutefois, monsieur, comptez sur moi si je puis jamais vous �tre utile. Mais non, mais non, je ne suis plus utile � rien, je ne vaux plus rien sur la terre. Adieu, monsieur, adieu!

Et, s�inclinant devant Philippe, Balsamo regarda encore une fois Andr�e, dont la t�te penchait en arri�re avec tous les sympt�mes de la douleur et de la lassitude.

� O science, murmura-t-il, que de victimes pour un r�sultat sans valeur!

Et il disparut.

� mesure qu�il s��loignait, Andr�e se ranimait; elle souleva sa t�te pesante comme si elle e�t �t� de plomb et, regardant son fr�re avec des yeux �tonn�s:

� Oh! Philippe, murmura-t-elle, que vient-il donc de se passer?

Philippe comprima le sanglot qui l��touffait et, souriant avec h�ro�sme:

� Rien, ma s�ur, dit-il.

� Rien?

� Non.

� Et cependant, il me semble que j�ai �t� folle et que j�ai r�v�!

� R�v�? et qu�as-tu r�v�, ch�re et bonne Andr�e?

� Oh! le docteur Louis, le docteur Louis, mon fr�re!

� Andr�e! s��cria Philippe en lui serrant la main, Andr�e, tu es pure comme la lumi�re du jour; mais tout t�accuse, tout te perd; un secret terrible nous est impos� � tous deux. Je vais aller trouver le docteur Louis, pour qu�il dise � madame la dauphine que tu es atteinte de ce mal inexorable du pays, que le s�jour seul de Taverney peut te gu�rir, et puis nous partirons, soit pour Taverney, soit pour quelque autre lieu du monde; puis, tous deux isol�s ici-bas, nous aimant, nous consolant�

� Cependant, mon fr�re, dit Andr�e, si je suis pure comme tu dis?�

� Ch�re Andr�e, je t�expliquerai tout cela; en attendant, pr�pare-toi au d�part.

� Mais mon p�re?

� Mon p�re, dit Philippe d�un air sombre, mon p�re, cela me regarde, je le pr�parerai.

� Il nous accompagnera donc?

� Mon p�re, oh! impossible; nous deux, Andr�e, nous deux seuls, te dis-je.

� Oh! que tu m�effraies, ami! que tu m��pouvantes, mon fr�re! que je souffre, Philippe!

� Dieu est au bout de tout, Andr�e, dit le jeune homme; ainsi donc, du courage. Je cours trouver le docteur; toi, Andr�e, toi, ce qui te rend malade, c�est le chagrin d�avoir quitt� Taverney, chagrin que tu cachais par respect pour madame la dauphine. Allons, allons, sois forte, ma s�ur; il y va de notre honneur � tous deux.

Et Philippe se h�ta d�embrasser sa s�ur, car il suffoquait.

Puis il ramassa son �p�e qu�il avait laiss�e tomber, la remit au fourreau d�une main tremblante et s��lan�a dans l�escalier.

Un quart d�heure apr�s, il frappait � la porte du docteur Louis, qui, tout le temps que la cour habitait Trianon, habitait Versailles.

Chapitre 149. Le petit jardin du docteur Louis

Le docteur Louis, � la porte duquel nous avons laiss� Philippe, se promenait dans un petit jardin enterr� entre quatre grands murs et qui faisait partie des d�pendances d�un vieux couvent d�ursulines, transform� en un magasin de fourrage pour MM. les dragons de la maison du roi.

Le docteur Louis lisait, en marchant, les �preuves d�un nouvel ouvrage qu�il �tait en train de faire imprimer, et se baissait de temps en temps pour arracher de l�all�e dans laquelle il se promenait, ou des plates-bandes qui s�allongeaient a sa droite et � sa gauche, les mauvaises herbes qui choquaient son instinct de sym�trie et d�ordre.

Une seule servante un peu bourrue, comme tout domestique d�un homme de travail qui ne veut pas �tre d�rang�, tenait toute la maison du docteur.

Au bruit que fit le marteau de bronze raisonnant sous la main de Philippe, elle s�approcha de la porte et l�entreb�illa.

Mais le jeune homme, au lieu de parlementer avec la servante, poussa la porte et entra. Une fois ma�tre de l�all�e, il aper�ut le jardin, et dans le jardin le docteur.

Alors, sans faire attention aux allocutions et aux cris de la vigilante gardienne, il s��lan�a dans le jardin.

Au bruit de ses pas, le docteur leva la t�te.

� Ah! ah! dit-il, c�est vous?

� Pardonnez-moi, docteur, d�avoir ainsi forc� votre porte et troubl� votre solitude, mais le moment que vous avez pr�vu est arriv�; j�ai besoin de vous et je viens r�clamer votre assistance.

� Je vous l�ai promise, monsieur, dit le docteur, et je vous la promets.

Philippe s�inclina, trop �mu pour entamer de lui-m�me la conversation.

Le docteur Louis comprit son h�sitation.

� Comment se porte la malade? demanda-t-il inquiet de cette p�leur de Philippe, et craignant quelque catastrophe � l�issue de ce drame.

� Fort bien, Dieu merci, docteur, et ma s�ur est une si digne et si honn�te jeune fille, qu�en v�rit� Dieu ne serait pas juste s�il lui envoyait la souffrance et le danger.

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