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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Cela m�est arriv� effectivement.

� Eh bien! monseigneur, voici une pierre et de l�acide.

� Non, je suis convaincu.

� Monseigneur, faites-moi le plaisir de vous assurer que ces lingots sont non seulement de l�or, mais encore de l�or sans alliage.

Le cardinal paraissait r�pugner � donner cette preuve d�incr�dulit�; et cependant il �tait visible qu�il n��tait point convaincu.

Balsamo toucha lui-m�me les lingots et soumit le r�sultat � l�exp�rience de son h�te.

� Vingt-huit carats, dit-il; je vais verser les deux autres.

Dix minutes apr�s, les deux cents livres d�or �taient �tal�es en quatre lingots sur l��toupe �chauff�e par le contact.

� Votre �minence est venue en carrosse, n�est-ce pas? Du moins, c�est en carrosse que je l�ai vue venir.

� Oui.

� Monseigneur fera approcher son carrosse de la porte, et mon laquais portera les lingots dans son carrosse.

� Cent mille �cus! murmura le cardinal en �tant son masque, comme pour voir par ses propres yeux l�or gisant � ses pieds.

� Et celui-l�, monseigneur, vous pourrez dire d�o� il vient, n�est-ce pas? car vous l�avez vu faire.

� Oh! oui, et j�en t�moignerai.

� Non pas, non pas, dit vivement Balsamo, on n�aime pas les savants en France; ne t�moignez de rien, monseigneur. Oh! si je faisais des th�ories au lieu de faire de l�or, je ne dis pas.

� Alors que puis-je faire pour vous? dit le prince en soulevant avec peine un lingot de cinquante livres dans ses mains d�licates.

Balsamo le regarda fixement, et, sans aucun respect, se mit � rire.

� Qu�y a-t-il donc de risible dans ce que je vous dis? demanda le cardinal.

� Votre �minence m�offre ses services, je crois!

� Sans doute.

� En v�rit�, ne serait-il pas plus � propos que je lui offrisse les miens?

La figure du cardinal s�assombrit.

� Vous m�obligez, monsieur, dit-il, et cela je m�empresse de le reconna�tre, mais si cependant la reconnaissance que je vous garde devait �tre plus lourde que je ne le crois, je n�accepterais point le service. Il y a encore, Dieu merci, dans Paris assez d�usuriers pour que je trouve, moiti� sur gage, moiti� sur ma signature, cent mille �cus d�ici � apr�s-demain, et rien que mon anneau �piscopal vaut quarante mille livres.

Et le pr�lat �tendit sa main blanche comme celle d�une femme, � l�annulaire duquel brillait un diamant gros comme une noisette.

� Mon prince, dit Balsamo en s�inclinant, il est impossible que vous ayez pu croire un instant � mon intention de vous offenser?

Puis, comme s�il se parlait � lui-m�me:

� Il est �trange, continua-t-il, que la v�rit� fasse cet effet � quiconque s�appelle prince.

� Comment cela?

� Eh! sans doute! Votre �minence me propose ses services � moi! Je vous le demande � vous-m�me, monseigneur, de quelle nature peuvent �tre les services que Votre �minence est � m�me de me rendre?

� Mais mon cr�dit � la cour d�abord.

� Monseigneur, monseigneur, vous savez vous-m�me que ce cr�dit est bien �branl�, et j�aimerais presque autant celui de M. de Choiseul, qui n�a plus que quinze jours peut-�tre � rester ministre� Tenez, mon prince, en fait de cr�dit, tenons-nous en au mien. Voici de bel et bon or. Chaque fois que Votre �minence en voudra, elle me le fera dire la veille ou le matin m�me, et je lui en fournirai � son d�sir; et avec de l�or, on a tout, n�est-ce pas, monseigneur?

� Non, pas tout, murmura le cardinal, tomb� au rang de prot�g� et ne cherchant m�me plus � reprendre sa position de protecteur.

� Ah! c�est vrai. J�oubliais, dit Balsamo, que monseigneur d�sire autre chose que de l�or, un bien plus pr�cieux que toutes les richesses du monde; mais ceci ne regarde plus la science, c�est du ressort de la magie. Monseigneur, dites un mot, et l�alchimiste est pr�t � faire place au magicien.

� Merci, monsieur, je n�ai plus besoin de rien, je ne d�sire plus rien, dit tristement le cardinal.

Balsamo s�approcha de lui.

� Monseigneur, dit-il, un prince jeune, ardent, beau, riche, et qui s�appelle Rohan, ne peut pas faire une pareille r�ponse � un magicien.

� Et pourquoi cela?

� Parce que le magicien lit au fond du c�ur et sait le contraire.

� Je ne d�sire rien, je ne veux rien, monsieur, reprit le cardinal presque �pouvant�.

� J�aurais cru, au contraire, que les d�sirs de Son �minence �taient tels, qu�elle n�osait se les avouer � elle-m�me, reconnaissant que c��taient des d�sirs de roi.

� Monsieur, dit le cardinal en tressaillant, vous faites allusion, je crois, � quelques paroles que vous m�avez d�j� dites chez la princesse.

� Oui, je l�avoue, monseigneur.

� Monsieur, alors vous vous �tes tromp� et vous vous trompez encore maintenant.

� Oubliez-vous, monseigneur, que je vois aussi clairement dans votre c�ur ce qui s�y passe en ce moment, que j�ai vu clairement votre carrosse sortir des Carm�lites de Saint-Denis, d�passer la barri�re, prendre le boulevard et s�arr�ter sous les arbres, � cinquante pas de ma maison?

� Alors expliquez-vous et dites-moi quelque chose qui me frappe.

� Monseigneur, il a toujours fallu aux princes de votre maison un amour grand et hasardeux; vous ne d�g�n�rez pas. C�est la loi.

� Je ne sais ce que vous voulez dire, comte, balbutia le prince.

� Au contraire, vous me comprenez � merveille. J�aurais pu toucher plusieurs des cordes qui vibrent en vous; mais pourquoi l�inutile? J�ai �t� droit � celle qu�il faut attaquer; oh! celle-l� vibre profond�ment, j�en suis s�r.

Le cardinal releva la t�te, et, par un dernier effort de d�fiance, interrogea le regard si clair et si assur� de Balsamo.

Balsamo souriait avec une telle expression de sup�riorit�, que le cardinal baissa les yeux.

� Oh! vous avez raison, monseigneur, vous avez raison, ne me regardez point; car alors je vois trop clairement ce qui se passe dans votre c�ur; car votre c�ur est comme un miroir qui garderait la forme des objets qu�il a r�fl�chis.

� Silence, comte de F�nix; silence, dit le cardinal subjugu�.

� Oui, vous avez raison, silence, car le moment n�est pas encore venu de laisser voir un pareil amour.

� Pas encore, avez-vous dit?

� Pas encore.

� Cet amour a donc un avenir?

� Pourquoi pas?

� Et vous pourriez me dire, vous, si cet amour n�est pas insens�, comme je l�ai cru moi-m�me, comme je le crois encore, comme je le croirai jusqu�au moment o� une preuve du contraire me sera donn�e?

� Vous demandez beaucoup, monseigneur; je ne puis rien vous dire sans �tre mis en contact avec la personne qui vous inspire cet amour, ou avec quelque objet venant d�elle.

� Et quel objet faudrait-il pour cela?

� Une tresse de ses beaux cheveux dor�s, si petite qu�elle soit, par exemple.

� Oh! oui vous �tes un homme profond! Oui, vous l�avez dit, vous lisez dans les c�urs comme je lirais, moi, dans un livre.

� H�las! c�est ce que me disait votre pauvre arri�re-grand-oncle, le chevalier Louis de Rohan, lorsque je lui fis mes adieux sur la plate-forme de la Bastille, au pied de l��chafaud sur lequel il monta si courageusement.

� Il vous dit cela� que vous �tiez un homme profond?

� Et que je lisais dans les c�urs. Oui, car je l�avais pr�venu que le chevalier de Pr�ault le trahirait, il ne voulut pas me croire, et le chevalier de Pr�ault le trahit.

� Quel singulier rapprochement faites-vous entre mon anc�tre et moi? dit le cardinal en p�lissant malgr� lui.

� C�est uniquement pour vous rappeler qu�il s�agit d��tre prudent, monseigneur, en vous procurant des cheveux qu�il vous faudra couper sous une couronne.

� N�importe o� il faudra les aller prendre, vous les aurez, monsieur.

� Bien, maintenant voici votre or, monseigneur; j�esp�re que vous ne doutez plus que ce soit bien de l�or.

� Donnez-moi une plume et du papier.

� Pour quoi faire, monseigneur?

� Pour vous faire un re�u des cent mille �cus que vous me pr�tez si gracieusement.

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