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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Vous �tes ma femme, cependant.

� Oh! voil� o� est l��uvre du d�mon.

� Pauvre insens�e! dit Balsamo avec un tendre regard.

� Mais je suis romaine, murmura Lorenza, et un jour, un jour je me vengerai.

Balsamo secoua doucement la t�te.

� N�est-ce pas que vous dites cela pour m�effrayer, Lorenza? demanda-t-il en souriant.

� Non, non, je le ferai comme je le dis.

� Femme chr�tienne, que dites-vous? s��cria Balsamo avec une autorit� surprenante. Votre religion, qui dit de rendre le bien pour le mal, n�est donc qu�hypocrisie, puisque vous pr�tendez suivre cette religion et que vous rendez, vous, le mal pour le bien?

Lorenza parut un instant frapp�e de ces paroles.

� Oh! dit-elle, ce n�est pas une vengeance que de d�noncer � la soci�t� ses ennemis, c�est un devoir.

� Si vous me d�noncez comme un n�croman, comme un sorcier, ce n�est pas la soci�t� que j�offense, c�est Dieu que je brave. Pourquoi alors, si je brave Dieu, Dieu, qui n�a qu�un signe � faire pour me foudroyer, ne se donne-t-il pas la peine de me punir, et laisse-t-il ce soin aux hommes, faibles comme moi, soumis � l�erreur comme moi?

� Il oublie, il tol�re, murmura la jeune femme; il attend que vous vous r�formiez.

Balsamo sourit.

� Et, en attendant, dit-il, il vous conseille de trahir votre ami, votre bienfaiteur, votre �poux.

� Mon �poux? Ah! Dieu merci, jamais votre main n�a touch� la mienne sans me faire rougir ou frissonner.

� Et, vous le savez, j�ai toujours g�n�reusement cherch� � vous �pargner ce contact.

� C�est vrai, vous �tes chaste, et c�est la seule compensation qui soit accord�e � mes malheurs. Oh! s�il m�e�t fallu subir votre amour!

� Oh! myst�re, myst�re imp�n�trable! murmura Balsamo, qui semblait suivre sa pens�e plut�t que r�pondre � celle de Lorenza.

� Terminons, dit Lorenza; pourquoi me prenez-vous ma libert�?

� Pourquoi, apr�s me l�avoir donn�e volontairement, voulez-vous la reprendre? Pourquoi fuyez-vous celui qui vous prot�ge? Pourquoi allez-vous demander appui � une �trang�re contre celui qui vous aime? Pourquoi menacez-vous sans cesse celui qui ne vous menace jamais de r�v�ler des secrets qui ne sont point � vous, et dont vous ignorez la port�e?

� Oh! dit Lorenza sans r�pondre � l�interrogation, le prisonnier qui veut fermement redevenir libre le redevient toujours, et vos barreaux ne m�arr�teront pas plus que ne l�a fait votre cage ambulante.

� Ils sont solides� heureusement pour vous, Lorenza! dit Balsamo avec une mena�ante tranquillit�.

� Dieu m�enverra quelque orage comme celui de la Lorraine, quelque tonnerre qui les brisera!

� Croyez-moi, priez Dieu de n�en rien faire; croyez-moi, d�fiez-vous de ces exaltations romanesques, Lorenza; je vous parle en ami, �coutez-moi.

Il y avait tant de col�re concentr�e dans la voix de Balsamo, tant de feu sombre couvait dans ses yeux, sa main blanche et musculeuse se crispait d�une fa�on si �trange � chacune des paroles qu�il pronon�ait lentement et presque solennellement, que Lorenza, �tourdie au plus fort de sa r�bellion, �couta malgr� elle.

� Voyez-vous, mon enfant, continua Balsamo sans que sa voix e�t rien perdu de sa mena�ante douceur, j�ai t�ch� de rendre cette prison habitable pour une reine; fussiez-vous reine, rien ne vous y manquera. Calmez donc cette exaltation folle. Vivez ici comme vous eussiez v�cu dans votre couvent. Habituez-vous � ma pr�sence; aimez-moi comme un ami, comme un fr�re. J�ai de grands chagrins, je vous les confierai; d�effroyables d�ceptions, parfois un sourire de vous me consolera. Plus je vous verrai bonne, attentive, patiente, plus j�amincirai les barreaux de votre cellule. Qui sait? dans un an, dans six mois, peut-�tre serez vous aussi libre que moi, en ce sens que vous ne voudrez plus me voler votre libert�.

� Non, non, s��cria Lorenza, qui ne pouvait comprendre qu�une r�solution si terrible s�alli�t avec une si douce voix, non, plus de promesses, plus de mensonges: vous m�avez enlev�e, enlev�e violemment; je suis � moi et � moi seule; rendez-moi donc au moins � Dieu, si vous ne voulez pas me rendre � moi-m�me. Jusqu�ici, j�ai tol�r� votre despotisme, parce que je me souviens que vous m�avez arrach�e � des brigands qui allaient me d�shonorer, mais d�j� cette reconnaissance s�affaiblit. Encore quelques jours de cette prison qui me r�volte, et je ne serai plus votre oblig�e, et plus tard, plus tard, prenez garde, j�en arriverai peut-�tre � croire que vous aviez avec ces brigands des rapports myst�rieux.

� Me feriez-vous l�honneur de voir en moi un chef de bandits? demanda ironiquement Balsamo.

� Je ne sais, mais tout au moins, ai-je surpris des signes, des paroles.

� Vous avez surpris des signes, des paroles? s��cria Balsamo en p�lissant.

� Oui, oui, dit Lorenza, je les ai surpris, je les sais, je les connais.

� Mais vous ne les direz jamais? Vous ne les redirez � �me qui vive, vous les enfermerez au plus profond de votre souvenir, afin qu�ils y meurent �touff�s?

� Oh! tout au contraire! s��cria Lorenza, heureuse comme on l�est dans la col�re, de trouver enfin l�endroit vuln�rable de son antagoniste. Je les garderai pr�cieusement dans ma m�moire, ces mots! Je les redirai tout bas tant que je serai seule, et tout haut � la premi�re occasion; je les ai d�j� dits.

� Et � qui? demanda Balsamo.

� � la princesse.

� Eh bien! Lorenza, �coutez bien ceci, dit Balsamo en enfon�ant ses doigts dans sa chair pour en �teindre l�effervescence et pour refouler son sang r�volt�, si vous les avez dits, vous ne les redirez plus; vous ne les redirez plus, parce que je tiendrai les portes closes, parce que j�aiguiserai les pointes de ces barreaux, parce que j��l�verai, s�il le faut, les murs de cette cour aussi haut que ceux de Babel.

� Je vous l�ai dit, Balsamo, s��cria Lorenza, on sort de toute prison, surtout quand l�amour de la libert� se renforce de la haine du tyran.

� � merveille, sortez-en donc, Lorenza; mais �coutez ceci: vous n�avez plus que deux fois � en sortir: � la premi�re je vous ch�tierai si cruellement que vous r�pandrez toutes les larmes de votre corps; � la seconde, je vous frapperai si impitoyablement que vous r�pandrez tout le sang de vos veines.

� Mon Dieu! mon Dieu! il m�assassinera! hurla la jeune femme arriv�e au dernier paroxysme de la col�re, en s�arrachant les cheveux et en se roulant sur le tapis.

Balsamo la consid�ra un instant avec un m�lange de col�re et de piti�. Enfin, la piti� parut l�emporter sur la col�re.

� Voyons, Lorenza, dit-il, revenez � vous, soyez calme; un jour viendra o� vous serez grandement r�compens�e de ce que vous aurez souffert ou cru souffrir.

� Enferm�e! enferm�e! criait Lorenza sans �couter Balsamo.

� Patience.

� Frapp�e!

� C�est un temps d��preuve.

� Folle! Folle!

� Vous gu�rirez.

� Oh! jetez-moi tout de suite dans un h�pital de fous! Enfermez-moi tout � fait dans une vraie prison!

� Non pas! vous m�avez trop bien pr�venu de ce que vous feriez contre moi.

� Eh bien! hurla Lorenza, la mort alors! la mort tout de suite!

Et, se relevant avec la souplesse et la rapidit� d�une b�te fauve, elle s��lan�a pour se briser la t�te contre la muraille.

Mais Balsamo n�eut qu�� �tendre la main vers elle et � prononcer du fond de sa volont�, bien plus encore que des l�vres, un seul mot pour l�arr�ter en route: Lorenza, lanc�e, s�arr�ta tout � coup, chancela et tomba endormie dans les bras de Balsamo.

L��trange enchanteur, qui semblait s��tre soumis tout le c�t� mat�riel de cette femme, mais qui luttait en vain contre le c�t� moral, souleva Lorenza entre ses bras et la porta sur son lit; alors il d�posa sur ses l�vres un long baiser, tira les rideaux de son lit, puis ceux des fen�tres, et sortit.

Quant � Lorenza, un sommeil doux et bienfaisant l�enveloppa comme le manteau d�une bonne m�re enveloppe l�enfant volontaire qui a beaucoup souffert, beaucoup pleur�.

Chapitre 58. La visite

Lorenza ne s��tait pas tromp�e: une voiture, apr�s �tre entr�e par la barri�re Saint-Denis, apr�s avoir suivi dans toute sa longueur le faubourg du m�me nom, avait tourn� entre la porte et l�angle form� par la derni�re maison, et longeait le boulevard.

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