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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Cette voiture renfermait, comme l�avait dit la voyante, Mgr Louis de Rohan, �v�que de Strasbourg, que son impatience portait � venir trouver, avant le temps fix�, le sorcier dans son antre.

Le cocher, que bon nombre d�aventures galantes du beau pr�lat aguerrissaient contre l�obscurit�, les fondri�res et les dangers de certaines rues myst�rieuses, ne se rebuta pas le moins du monde, lorsque, apr�s avoir suivi les boulevards Saint-Denis et Saint-Martin, encore peupl�s et �clair�s, il lui fallut aborder le boulevard d�sert et sombre de la Bastille.

La voiture s�arr�ta au coin de la rue Saint-Claude, sur le boulevard m�me, et, d�apr�s l�ordre du ma�tre, alla se cacher sous les arbres, � vingt pas.

Alors M. de Rohan, en habit de ville, se glissa dans la rue et vint frapper trois fois � la porte de l�h�tel, qu�il avait facilement reconnu � la description que lui en avait faite le comte de F�nix.

Le pas de Fritz retentit dans la cour, la porte s�ouvrit.

� N�est-ce point ici que demeure M. le comte de F�nix? demanda le prince.

� Oui, monseigneur, r�pondit Fritz.

� Est-il au logis?

� Oui, monseigneur.

� Bien, annoncez.

� Son �minence le cardinal de Rohan, n�est-ce pas, monseigneur?

Le prince demeura tout �tourdi. Il regarda sur lui, autour de lui, si quelque chose pouvait, dans son costume ou dans son entourage, avoir trahi sa qualit�. Il �tait seul et v�tu en la�que.

� Comment savez-vous mon nom? demanda-t-il.

� Monsieur vient de me dire, � l�instant m�me, qu�il attendait Son �minence.

� Oui, mais demain, apr�s-demain?

� Non, monseigneur, ce soir.

� Votre ma�tre vient de vous dire qu�il m�attendait ce soir?

� Oui, monseigneur.

� Bien, annoncez-moi alors, dit le cardinal en mettant un double louis dans la main de Fritz.

� Alors, dit Fritz, que Votre �minence prenne la peine de me suivre.

Le cardinal fit de la t�te un signe annon�ant qu�il y consentait.

Fritz marcha d�un pas empress� vers la porte de l�antichambre, qu�un grand cand�labre de bronze dor� �clairait de ses douze bougies.

Le cardinal suivait tout surpris et tout r�veur.

� Mon ami, dit-il en s�arr�tant � la porte du salon, il y a sans doute m�prise, et, dans ce cas, je ne voudrais pas d�ranger le comte; il est impossible que je sois attendu par lui, puisqu�il ignore que je devais venir.

� Monseigneur est bien Son �minence le cardinal prince de Rohan, �v�que de Strasbourg? demanda Fritz.

� Oui, mon ami.

� Alors, c�est bien monseigneur que M. le comte attend.

Et, allumant successivement les bougies de deux autres cand�labres, Fritz s�inclina et sortit.

Cinq minutes s��coul�rent pendant lesquelles le cardinal, en proie � une singuli�re �motion, regarda l�ameublement plein d��l�gance de ce salon et les huit tableaux de ma�tres suspendus � ses lambris.

La porte s�ouvrit et le comte de F�nix parut sur le seuil.

� Bonsoir, monseigneur, dit-il simplement.

� On m�a dit que vous m�attendiez! s��cria le cardinal sans r�pondre � cette salutation, que vous m�attendiez ce soir? C�est impossible.

� J�en demande pardon � monseigneur, mais je l�attendais, r�pondit le comte. Peut-�tre doute-t-il de la v�rit� de mes paroles en voyant l�accueil indigne que je lui fais; mais, arriv� � Paris depuis quelques jours, je suis install� � peine. Que Son �minence veuille donc m�excuser.

� Vous m�attendiez! Et qui vous a pr�venu de ma visite?

� Vous-m�me, monseigneur.

� Comment cela?

� N�avez-vous pas arr�t� votre voiture � la barri�re Saint-Denis?

� Oui.

� N�avez-vous pas appel� votre valet de pied, qui est venu parler � Son �minence � la porti�re de son carrosse?

� Oui.

� Ne lui avez-vous pas dit: �Rue Saint-Claude, au Marais, par le faubourg Saint-Denis et le boulevard�, paroles qu�il a r�p�t�es au cocher?

� Oui. Mais vous m�avez donc vu? Vous m�avez donc entendu?

� Je vous ai vu, monseigneur, je vous ai entendu.

� Vous �tiez donc l�?

� Non, monseigneur, je n��tais pas l�.

� Et o� �tiez-vous?

� J��tais ici.

� Vous m�avez vu, vous m�avez entendu d�ici?

� Oui, monseigneur.

� Allons donc!

� Monseigneur oublie que je suis sorcier.

� Ah! c�est vrai, j�oubliais, monsieur� Comment faut-il que je vous appelle? M. le baron Balsamo, ou M. le comte de F�nix?

� Chez moi, monseigneur, je n�ai pas de nom: je m�appelle le Ma�tre.

� Oui, c�est le titre herm�tique. Ainsi donc, ma�tre, vous m�attendiez?

� Je vous attendais.

� Et vous aviez chauff� votre laboratoire?

� Mon laboratoire est toujours chauff�, monseigneur.

� Et vous me permettrez d�y entrer?

� J�aurai l�honneur d�y conduire Votre �minence.

� Et je vous y suivrai, mais � une condition.

� Laquelle?

� C�est que vous me promettrez de ne pas me mettre personnellement en rapport avec le diable. J�ai grand-peur de Sa Majest� Lucifer.

� Oh! monseigneur!

� Oui, d�ordinaire, on prend pour faire le diable de grands coquins de gardes-fran�aises r�form�s, ou des ma�tres d�armes � plumet, qui, pour jouer au naturel le r�le de Satan, rouent les gens de chiquenaudes et de nasardes apr�s avoir �teint les chandelles.

� Monseigneur, dit Balsamo en souriant, jamais mes diables � moi n�oublient qu�ils ont l�honneur d�avoir affaire � des princes, et ils se souviennent toujours du mot de M. de Cond�, qui promit � l�un d�eux, s�il ne se tenait pas tranquille, de rosser si bien son fourreau, qu�il serait forc� d�en sortir, ou de s�y conduire plus d�cemment.

� Bien, dit le cardinal, voil� qui me ravit; passons au laboratoire.

� Votre �minence veut-elle prendre la peine de me suivre?

� Marchons.

Chapitre 59. L�or

Le cardinal de Rohan et Balsamo enfil�rent un petit escalier qui conduisait, parall�lement au grand, dans les salons du premier �tage. L�, sous une vo�te, Balsamo trouva une porte qu�il ouvrit, et un corridor sombre apparut aux yeux du cardinal, qui s�y engagea r�solument.

Balsamo referma la porte.

Au bruit que cette porte fit en se refermant, le cardinal regarda derri�re lui avec une certaine �motion.

� Monseigneur, nous voici arriv�s, dit Balsamo; nous n�avons plus qu�� ouvrir devant nous et � refermer derri�re nous cette derni�re porte; seulement, ne vous �tonnez point du son �trange qu�elle rendra, elle est de fer.

Le cardinal, que le bruit de la premi�re porte avait fait tressaillir, fut heureux d�avoir �t� pr�venu � temps, car les grincements m�talliques des gonds et de la serrure eussent fait vibrer d�sagr�ablement des nerfs moins susceptibles que les siens.

Il descendit trois marches et entra.

Un grand cabinet avec des solives nues au plafond, une vaste lampe et son abat-jour, force livres, beaucoup d�instruments de chimie et de physique, tel �tait l�aspect premier de ce nouveau logis.

Au bout de quelques secondes, le cardinal sentit qu�il ne respirait plus que p�niblement.

� Que veut dire cela? demanda-t-il. On �touffe ici, ma�tre, la sueur me coule. Quel est ce bruit?

� Voici la cause, monseigneur, comme dit Shakespeare, fit Balsamo en tirant un grand rideau d�amiante et en d�couvrant un vaste fourneau de briques, au centre duquel deux trous �tincelaient comme les yeux du lion dans les t�n�bres.

Ce fourneau tenait le centre d�une seconde pi�ce, d�une grandeur double de la premi�re, et que le prince n�avait pas aper�ue, masqu�e qu�elle �tait par le rideau d�amiante.

� Oh! oh! dit le prince en reculant, ceci est assez effrayant, ce me semble.

� C�est un fourneau, monseigneur.

� Oui, sans doute; mais vous avez cit� Shakespeare; moi, je citerai Moli�re: il y a fourneau et fourneau; celui-ci a un air tout � fait diabolique, et son odeur ne me pla�t pas; que diable cuit-on l� dedans?

� Mais ce que Votre �minence m�a demand�.

� Pla�t-il?

� Sans doute, Votre �minence m�a, je crois, fait la gr�ce d�accepter un �chantillon de mon savoir-faire. Je devais ne me mettre � l��uvre que demain soir, puisque Votre �minence ne devait venir qu�apr�s-demain; mais, Votre �minence ayant chang� d�avis, j�ai, aussit�t que je l�ai vue en route pour la rue Saint-Claude, allum� le fourneau et fait la mixtion; il en r�sulte que le fourneau bout et que dans dix minutes vous aurez votre or. Permettez que j�ouvre le vasistas pour �tablir un courant d�air.

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