Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� Cela prouve que vous l�avez plong�e dans ce sommeil inexplicable dont trois fois d�j�, � votre approche, elle a senti les atteintes, et que vous avez abus� de cette insensibilit� pour obtenir le secret du crime.
� Encore une fois, qui dit cela? s��cria � son tour Balsamo.
� Ma s�ur!
� Comment le sait-elle, puisqu�elle dormait?
� Ah! vous avouez donc qu�elle �tait endormie?
� Il y a plus, monsieur: j�avoue l�avoir endormie moi-m�me.
� Endormie?
� 0ui.
� Et dans quel but, si ce n�est pour la d�shonorer?
� Dans quel but, h�las! dit Balsamo, laissant retomber sa t�te sur sa poitrine.
� Parlez, parlez donc!
� Dans le but, monsieur, de lui faire r�v�ler un secret qui m��tait plus pr�cieux que la vie.
� Oh! ruse, subterfuge!
� Et c�est dans cette nuit, continua Balsamo suivant sa pens�e bien plut�t qu�il ne r�pondait � l�interrogation injurieuse de Philippe, c�est dans cette nuit que votre s�ur?�
� � �t� d�shonor�e, oui, monsieur.
� D�shonor�e?
� Ma s�ur est m�re!
Balsamo poussa un cri.
� Oh! c�est vrai, c�est vrai, dit-il, je me rappelle; je suis parti sans la r�veiller.
� Vous avouez, vous avouez! s��cria Philippe.
� Oui, et quelque inf�me, pendant cette nuit terrible, oh! terrible pour nous tous, monsieur, quelque inf�me aura profit� de son sommeil.
� Ah! voulez-vous me railler, monsieur?
� Non, je veux vous convaincre.
� Ce sera difficile.
� O� se trouve en ce moment votre s�ur?
� L� o� vous l�avez si bien d�couverte.
� � Trianon?
� Oui.
� Je vais � Trianon avec vous, monsieur.
Philippe demeura immobile d��tonnement.
� J�ai commis une faute, monsieur, dit Balsamo, mais je suis pur de tout crime. J�ai laiss� cette enfant dans le sommeil magn�tique. Eh bien, en compensation de cette faute, qu�il est juste de me pardonner, je vous apprendrai, moi, le nom du coupable.
� Dites-le, dites-le!
� Je ne le sais pas, moi, dit Balsamo.
� Qui donc le sait, alors?
� Votre s�ur.
� Mais elle a refus� de me le dire.
� Peut-�tre, mais elle me le dira, � moi.
� Ma s�ur?
� Si votre s�ur accuse quelqu�un, la croirez-vous?
� Oui, car ma s�ur, c�est l�ange de la puret�.
Balsamo sonna.
� Fritz, un carrosse! dit-il en voyant appara�tre l�Allemand.
Philippe arpentait le salon comme un fou.
� Le coupable! disait-il, vous promettez de faire conna�tre le coupable?
� Monsieur, dit Balsamo, votre �p�e a �t� bris�e dans la lutte, voulez-vous me permettre de vous en offrir une autre?
Et il prit sur un fauteuil une magnifique �p�e � poign�e de vermeil, qu�il passa dans la ceinture de Philippe.
� Mais vous? dit le jeune homme.
� Moi, monsieur, je n�ai pas besoin d�armes, r�pliqua Balsamo; ma d�fense est � Trianon, et mon d�fenseur, ce sera vous-m�me, quand votre s�ur aura parl�.
Un quart d�heure apr�s, ils montaient en carrosse, et Fritz, au grand galop de deux excellents chevaux, les conduisait sur la route de Versailles.
Chapitre 147. La route de Trianon
Toutes ces courses et toute cette explication avaient pris du temps, de sorte qu�il �tait plus de deux heures du matin quand on sortit de la rue Saint-Claude.
On mit une heure un quart pour arriver � Versailles, et dix minutes pour aller de Versailles � Trianon; de sorte que ce ne fut qu�� trois heures et demie que les deux hommes furent rendus � leur destination.
Pendant la seconde partie de la route, d�j� l�aube diaprait de sa teinte ros�e les bois pleins de fra�cheur et les coteaux de S�vres. Comme si un voile e�t �t� lentement soulev� � leurs yeux, les �tangs de Ville-d�Avray et ceux plus �loign�s de Buc s��taient illumin�s, pareils � des miroirs.
Puis �taient enfin apparus � leurs yeux les colonnades et les toits de Versailles, empourpr�s d�j� par les rayons d�un soleil invisible encore.
De temps en temps, une vitre o� se refl�tait un rayon de flamme �tincelait et trouait de sa lumi�re la teinte violac�e du brouillard du matin.
En arrivant au bout de l�avenue qui conduit de Versailles � Trianon, Philippe avait fait arr�ter la voiture; et, s�adressant � son compagnon, qui, pendant tout le voyage, avait gard� un morne silence:
� Monsieur, lui dit-il, force nous sera, j�en ai bien peur, d�attendre quelque temps ici. Les portes ne s�ouvrent pas � Trianon avant cinq heures du matin, et je craindrais, en for�ant la consigne, que notre arriv�e ne sembl�t suspecte aux surveillants et aux gardes.
Balsamo ne r�pondit rien, mais t�moigna, par un mouvement de t�te, qu�il acquies�ait � la proposition.
� D�ailleurs, monsieur, continua Philippe, ce retard me donnera le temps de vous communiquer quelques r�flexions faites pendant mon voyage.
Balsamo leva sur Philippe un regard vague tout charg� d�ennui et d�indiff�rence.
� Comme il vous plaira, monsieur, dit-il; parlez, je vous �coute.
� Vous m�avez dit, monsieur, reprit Philippe, que, pendant la nuit du 31 mai, vous aviez d�pos� ma s�ur chez madame la marquise de Saverny?
� Vous vous en �tes assur� vous-m�me, monsieur, dit Balsamo, puisque vous avez fait une visite de remerciement � cette dame.
� Vous avez donc ajout� que, puisqu�un domestique des �curies du roi vous avait accompagn� de l�h�tel de la marquise chez nous, c�est-�-dire rue Coq-H�ron, vous ne vous �tiez point trouv� seul avec elle; je vous ai cru sur la foi de votre honneur.
� Et vous avez bien fait, monsieur.
� Mais, en ramenant ma pens�e sur des circonstances plus r�centes, j�ai �t� forc� de me dire qu�il y a un mois, � Trianon, pour lui parler, cette nuit o� vous avez trouv� moyen de vous glisser dans les jardins, vous avez d� entrer dans sa chambre.
� Je ne suis jamais entr�, � Trianon, dans la chambre de votre s�ur, monsieur.
� �coutez, cependant!� Voyez-vous, avant que d�arriver en face d�Andr�e, il faut que toutes choses soient claires.
� �claircissez les choses, monsieur le chevalier, je ne demande pas mieux, et nous sommes venus pour cela.
� Eh bien, ce soir-l� � faites attention � votre r�ponse, car ce que je vais vous dire est positif, et je le tiens de la bouche m�me de ma s�ur �, ce soir-l�, dis-je, ma s�ur s��tait couch�e de bonne heure; c�est donc au lit que vous l�avez surprise?
Balsamo secoua la t�te en signe de d�n�gation.
� Vous niez; prenez-y garde! dit Philippe.
� Je ne nie pas, monsieur; vous m�interrogez, je r�ponds.
� Eh bien, je continue d�interroger; continuez donc de r�pondre.
Balsamo ne s�irrita point, mais, au contraire, fit signe � Philippe qu�il attendait.
� Lorsque vous �tes mont� chez ma s�ur, continua Philippe s�animant de plus en plus, lorsque vous l�avez surprise et endormie par votre infernal pouvoir, Andr�e �tait couch�e, elle lisait, elle a senti l�invasion de cette torpeur que votre pr�sence lui impose toujours, et elle a perdu connaissance. Or, vous dites que vous n�avez fait que de l�interroger; seulement, ajoutez-vous, vous �tes parti en oubliant de la r�veiller, et cependant, ajouta Philippe en saisissant le poignet de Balsamo et en le serrant convulsivement, cependant, lorsqu�elle a repris ses sens, le lendemain, elle �tait, non plus dans son lit, mais au pied de son sofa, demi-nue� R�pondez � cette accusation, monsieur, et ne tergiversez pas.
Pendant cette interpellation, Balsamo, pareil � un homme qu�on r�veille lui m�me, chassait une � une les noires id�es qui assombrissaient son esprit.
� En v�rit�, monsieur, dit-il, vous n�eussiez pas d� revenir sur ce sujet et me chercher ainsi une �ternelle querelle: je suis venu ici par condescendance et par int�r�t pour vous; il me semble que vous l�oubliez. Vous �tes jeune, vous �tes officier, vous avez l�habitude de parler haut en mettant la main sur un pommeau d��p�e: tout cela vous fait raisonner faux en de graves circonstances. J�ai fait l�-bas, chez moi, plus que je n�eusse d� faire pour vous convaincre et obtenir de vous un peu de repos. Vous recommencez; prenez-y garde, car, si vous me fatiguez, je m�endormirai dans la profondeur de mes chagrins, aupr�s desquels les v�tres, je vous jure, sont des passe-temps fol�tres, et, quand je dors ainsi, monsieur, malheur � qui me r�veille! Je ne suis point entr� dans la chambre de votre s�ur, voil� tout ce que je puis vous dire; c�est votre s�ur qui, de son propre mouvement, auquel, je vous l�avoue, ma volont� avait une grande part, c�est votre s�ur qui est venue me trouver au jardin.