Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
Philippe fit un mouvement, mais Balsamo l�arr�ta.
� Je vous ai promis une preuve, continua-t-il, je vous la donnerai. Est-ce tout de suite? Soit. Entrons � Trianon, plut�t que de perdre le temps � des inutilit�s. Pr�f�rez-vous attendre? Attendons, mais en silence et sans commotion, s�il vous pla�t.
Cela dit, et de l�air que nos lecteurs lui connaissent, Balsamo �teignit l��clair fugitif de son regard et se replongea dans sa m�ditation.
Philippe poussa un sourd rugissement, comme fait la b�te farouche qui s�appr�te � mordre; puis, changeant soudain d�attitude et de pens�e:
� Avec cet homme, dit-il, il faut persuader ou dominer par une sup�riorit� quelconque. Je n�ai pour l�heure aucun moyen de domination ou de persuasion; prenons patience.
Mais, comme il lui �tait impossible de prendre patience pr�s de Balsamo, il sauta � bas de la voiture et commen�a d�arpenter l�all�e verdoyante dans laquelle le carrosse �tait arr�t�.
Au bout de dix minutes, Philippe sentit qu�il lui �tait impossible d�attendre plus longtemps.
Il pr�f�ra donc se faire ouvrir la grille avant l�heure, au risque d��veiller les soup�ons.
� D�ailleurs, murmurait Philippe caressant une id�e qui, plusieurs fois d�j�, s��tait pr�sent�e � son esprit, d�ailleurs, quels soup�ons peut concevoir le suisse si je lui dis que la sant� de ma s�ur m�a inqui�t� � ce point d�aller � Paris chercher un m�decin, et d�amener ce m�decin ici d�s le lever du soleil?
Adoptant cette id�e, qui, par le d�sir qu�il avait de la mettre � ex�cution, avait peu � peu perdu tous ses dangers, il courut au carrosse.
� Oui, monsieur, dit-il, vous aviez raison, il est inutile d�attendre plus longtemps. Venez, venez�
Mais il fallut qu�il renouvel�t cet avertissement; � la seconde fois seulement, Balsamo se d�barrassa de son manteau, dans lequel il �tait envelopp�, ferma sa houppelande sombre � boutons d�acier bruni, et sortit du carrosse.
Philippe prit un sentier qui le conduisit � la grille du parc, avec toute l��conomie des diagonales.
� Marchons vite, dit-il � Balsamo.
Et son pas devint en effet si rapide, que Balsamo eut peine � le suivre.
La grille s�ouvrit, Philippe donna son explication au suisse, les deux hommes pass�rent.
Lorsque la grille fut referm�e sur eux, Philippe s�arr�ta encore une fois.
� Monsieur, lui dit-il, un dernier mot� Nous voici au terme; je ne sais quelle question vous allez poser � ma s�ur; �pargnez-lui au moins le d�tail de l�horrible sc�ne qui a pu se passer durant son sommeil. �pargnez la puret� de l��me, puisque c�en est fait de la virginit� du corps.
� Monsieur, r�pondit Balsamo, �coutez bien ceci: je ne suis jamais entr� dans le parc plus loin que ces futaies que vous voyez l�-bas, en face des b�timents o� loge votre s�ur. Je n�ai, par cons�quent jamais p�n�tr� dans la chambre de mademoiselle de Taverney, comme j�ai d�j� eu l�honneur de vous le dire. Quant � la sc�ne dont vous redoutez l�effet sur l�esprit de mademoiselle votre s�ur, cet effet ne se produira que pour vous, et sur une personne endormie, attendu que, d�s � pr�sent, d�s ce pas que je fais, je vais ordonner � mademoiselle votre s�ur de tomber dans le sommeil magn�tique.
Balsamo fit une halte, croisa ses bras, se tourna vers le pavillon qu�habitait Andr�e, et demeura un instant immobile, les sourcils fronc�s et avec l�expression de la volont� toute-puissante �tendue sur sa physionomie.
� Et tenez, dit-il en laissant retomber ses bras, mademoiselle Andr�e doit �tre endormie � cette heure.
La physionomie de Philippe exprima le doute.
� Ah! vous ne me croyez pas? reprit Balsamo. Eh bien! attendez. Pour bien vous prouver que je n�ai pas eu besoin d�entrer chez elle, je vais lui commander, tout endormie qu�elle est, de venir nous trouver au bas des degr�s, � l�endroit m�me o� je lui parlai lors de notre derri�re entrevue.
� Soit, dit Philippe; quand je verrai cela, je croirai.
� Approchons-nous jusque dans cette all�e, et attendons derri�re la charmille.
Philippe et Balsamo all�rent prendre la place d�sign�e.
Balsamo �tendit la main vers l�appartement d�Andr�e.
Mais il �tait � peine dans cette attitude qu�un l�ger bruit se fit entendre dans la charmille voisine.
� Un homme! dit Balsamo. Prenons garde.
� O� cela? demanda Philippe en cherchant des yeux celui que lui signalait le comte.
� L�, dans le taillis � gauche, dit celui-ci.
� Ah! oui, dit Philippe, c�est Gilbert, un ancien serviteur � nous.
� Avez-vous quelque chose � craindre de ce jeune homme?
� Non, je ne crois pas; mais n�importe, arr�tez, monsieur: si Gilbert est lev�, d�autres peuvent �tre lev�s comme lui.
Pendant ce temps, Gilbert s��loignait �pouvant�; car, en apercevant ensemble Philippe et Balsamo, il comprenait instinctivement qu�il �tait perdu.
� Eh bien, monsieur, demanda Balsamo, � quoi vous d�cidez-vous?
� Monsieur, dit Philippe �prouvant malgr� lui l�esp�ce de charme magn�tique que cet homme r�pandait autour de lui, monsieur, si r�ellement votre pouvoir est assez grand pour amener mademoiselle de Taverney jusqu�� nous, manifestez ce pouvoir par un signe quelconque, mais n�amenez pas ma s�ur � un endroit d�couvert comme celui-ci, o� le premier venu puisse entendre vos questions et ses r�ponses.
� Il �tait temps, dit Balsamo, saisissant le bras du jeune homme et lui montrant, � la fen�tre du corridor des communs, Andr�e, blanche et s�v�re, qui sortait de sa chambre, et, ob�issant � l�ordre de Balsamo, s�appr�tait � descendre l�escalier.
� Arr�tez-la, arr�tez-la, dit Philippe �perdu et stup�fait � la fois.
� Soit, dit Balsamo.
Le comte �tendit le bras dans la direction de mademoiselle de Taverney, qui s�arr�ta aussit�t.
Puis, comme la statue qui marche au festin de pierre, apr�s une halte d�un instant, elle fit volte-face et rentra dans sa chambre.
Philippe se pr�cipita derri�re elle; Balsamo le suivit.
Philippe entra presque en m�me temps qu�Andr�e dans la chambre; et, saisissant la jeune fille dans ses bras, il la fit asseoir.
Quelques instants apr�s Philippe, Balsamo entra et ferma la porte derri�re lui.
Mais, si rapide qu�e�t �t� l�intervalle qui s�parait ces entr�es, un troisi�me personnage avait eu le temps de se glisser entre les deux hommes et de p�n�trer dans le cabinet de Nicole, o� il s��tait cach�, comprenant que sa vie allait d�pendre de cet entretien.
Ce troisi�me personnage, c��tait Gilbert.
Chapitre 148. R�v�lation
Balsamo ferma la porte derri�re lui, et, apparaissant sur le seuil au moment o� Philippe contemplait sa s�ur avec une terreur m�l�e de curiosit�:
� �tes-vous pr�t, chevalier? demanda-t-il.
� Oui, monsieur, oui, balbutia Philippe tout tremblant.
� Nous pouvons donc commencer � interroger votre s�ur?
� S�il vous pla�t, dit Philippe en essayant de soulever avec sa respiration le poids qui �crasait sa poitrine.
� Mais, avant tout, dit Balsamo, regardez votre s�ur.
� Je la vois, monsieur.
� Vous croyez bien qu�elle dort, n�est-ce pas?
� Oui.
� Et que, par cons�quent, elle n�a aucune conscience de ce qui se passe ici?
Philippe ne r�pondit pas, il fit seulement un geste de doute.
Alors Balsamo alla au foyer et alluma une bougie qu�il passa devant les yeux d�Andr�e, sans que la flamme lui f�t baisser la paupi�re.
� Oui, oui, elle dort, c�est visible, dit Philippe; mais de quel �trange sommeil, mon Dieu!
� Eh bien, je vais l�interroger, continua Balsamo; ou plut�t, vous avez manifest� la crainte que je n�adressasse � votre s�ur quelque indiscr�te question, interrogez vous-m�me, chevalier.
� Mais je lui ai parl�, mais je l�ai touch�e tout � l�heure: elle n�a point paru m�entendre, elle n�a point paru me sentir.