Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� C�est que vous n��tiez pas en rapport avec elle. Je vais vous y mettre.
Et Balsamo prit la main de Philippe et la mit dans celle d�Andr�e.
Aussit�t la jeune fille sourit et murmura:
� Ah! c�est toi, mon fr�re?
� Vous voyez, dit Balsamo, elle vous reconna�t maintenant.
� Oui. C�est �trange.
� Interrogez, elle r�pondra.
� Mais, si elle ne se souvenait pas �veill�e, comment se souviendra-t-elle endormie?
� C�est un des myst�res de la science.
Et Balsamo, poussant un soupir, alla dans un coin s�asseoir sur un fauteuil.
Philippe restait immobile, sa main dans la main d�Andr�e. Comment allait-il commencer ses interrogations, dont le r�sultat serait pour lui la certitude de son d�shonneur et la r�v�lation d�un coupable, � qui peut-�tre sa vengeance ne pourrait s�adresser?
Quant � Andr�e, elle �tait dans un calme voisin de l�extase, et sa physionomie indiquait plut�t la qui�tude que tout autre sentiment.
Tout fr�missant, il ob�it n�anmoins au coup d��il expressif de Balsamo qui lui disait de se pr�parer.
Mais, � mesure qu�il pensait � son malheur, � mesure que son visage s�assombrissait, celui d�Andr�e se couvrait d�un nuage, et ce fut elle qui commen�a par lui dire:
� Oui, tu as raison, fr�re, c�est un grand malheur pour la famille.
Andr�e traduisait ainsi la pens�e qu�elle lisait dans l�esprit de son fr�re.
Philippe ne s�attendait pas � ce d�but; il tressaillit.
� Quel malheur? demanda-t-il sans trop savoir ce qu�il r�pondait.
� Ah! tu le sais bien, mon fr�re.
� Forcez-la de parler, monsieur, elle parlera.
� Comment puis-je la forcer?
� Veuillez qu�elle parle, voil� tout.
Philippe regarda sa s�ur en formulant une volont� int�rieure.
Andr�e rougit.
� Oh! dit la jeune fille, comme c�est mal � toi, Philippe, de croire qu�Andr�e t�a tromp�.
� Tu n�aimes donc personne? demanda Philippe.
� Personne.
� Alors ce n�est pas un complice, c�est un coupable qu�il me faut punir?
� Je ne vous comprends pas, mon fr�re.
Philippe regarda le comte comme pour lui demander avis.
� Pressez-la, dit Balsamo.
� Que je la presse?
� Oui, interrogez franchement.
� Sans respect pour la pudeur de cette enfant?
� Oh! soyez tranquille, � son r�veil, elle ne se souviendra de rien.
� Mais pourra-t-elle r�pondre � mes questions?
� Voyez-vous bien? demanda Balsamo � Andr�e.
Andr�e tressaillit au son de cette voix; elle tourna son regard sans rayon du c�t� de Balsamo.
� Moins bien, dit-elle, que si c��tait vous qui m�interrogeassiez; mais cependant j�y vois.
� Eh bien, demanda Philippe, si tu y vois, ma s�ur, raconte-moi en d�tail cette nuit de ton �vanouissement.
� Ne commencez-vous point par la nuit du 31 mai, monsieur? Vos soup�ons remontaient � cette nuit, ce me semble? Le moment est venu de tout �claircir � la fois.
� Non, monsieur, r�pondit Philippe, c�est inutile, et, depuis un instant, je crois � votre parole. Celui qui dispose d�un pouvoir tel que le v�tre n�en use pas pour arriver � un but vulgaire. Ma s�ur, r�p�ta Philippe, racontez-moi tout ce qui s�est pass� dans cette nuit de votre �vanouissement.
� Je ne me rappelle pas, dit Andr�e.
� Vous entendez, monsieur le comte?
� Il faut qu�elle se rappelle, il faut qu�elle parle; ordonnez-le-lui.
� Mais, si elle �tait dans le sommeil?�
� L��me veillait.
Alors il se leva, �tendit la main vers Andr�e et, avec un froncement de sourcils qui indiquait un redoublement de volont� et d�action:
� Souvenez-vous, dit-il, je le veux.
� Je me souviens, dit Andr�e.
� Oh! fit Philippe essuyant son front.
� Que voulez-vous savoir?
� Tout!
� � partir de quel moment?
� � partir du moment o� vous vous �tes couch�e.
� Vous voyez-vous vous-m�me? demanda Balsamo.
� Oui, je me vois. Je tiens � la main le verre pr�par� par Nicole� Oh! mon Dieu!
� Quoi? Qu�y a-t-il?
� Oh! la mis�rable!
� Parle, ma s�ur, parle.
� Ce verre contient un breuvage pr�par�; si je le bois, je suis perdue.
� Un breuvage pr�par�! s��cria Philippe: dans quel but?
� Attends! attends!
� D�abord le breuvage.
� J�allais le porter � mes l�vres, mais� en ce moment�
� Eh bien?
� Le comte m�appela.
� Quel comte?
� Lui, dit Andr�e �tendant sa main vers Balsamo.
� Et alors?
� Alors, je reposai le verre et je m�endormis.
� Apr�s? apr�s? demanda Philippe.
� Je me levai, et j�allai le rejoindre.
� O� �tait le comte?
� Sous les tilleuls, en face de ma fen�tre.
� Et le comte n�est jamais entr� chez vous, ma s�ur?
� Jamais.
Un regard de Balsamo adress� � Philippe lui dit clairement: �Vous voyez si je vous trompais, monsieur?�
� Et vous dites que vous all�tes rejoindre le comte?
� Oui. Je lui ob�is quand il m�appelle.
� Que vous voulait le comte?
Andr�e h�sita.
� Dites, dites, s��cria Balsamo; je n��couterai pas.
Et il retomba sur son fauteuil en ensevelissant sa t�te dans ses mains, comme pour emp�cher le bruit de la parole d�Andr�e de venir jusqu�� lui.
� Dites, que vous voulait le comte? r�p�ta Philippe.
� Il voulait me demander des nouvelles�
Elle s�arr�ta de nouveau; on e�t dit qu�elle craignait de briser le c�ur du comte.
� Continuez, ma s�ur, continuez, dit Philippe.
� D�une personne qui s��tait �vad�e de sa maison, et � Andr�e baissa la voix �, et qui est morte depuis.
Si bas qu�Andr�e e�t prononc� ces paroles, Balsamo les entendit ou les devina, car il poussa un sombre g�missement.
Philippe s�arr�ta; il y eut un moment de silence.
� Continuez, continuez, dit Balsamo, votre fr�re veut tout savoir, mademoiselle; il faut que votre fr�re sache tout. Apr�s que cet homme eut re�u les renseignements qu�il d�sirait, que fit-il?
� Il s�enfuit, dit Andr�e.
� Vous laissant dans le jardin? demanda Philippe.
� Oui.
� Que f�tes-vous alors?
� Comme il s��loignait de moi, comme la force qui me soutenait s��loignait avec lui, je tombai.
� �vanouie?
� Non, toujours endormie, mais d�un sommeil de plomb.
� Pouvez-vous rappeler ce qui vous arriva pendant ce sommeil?
� Je t�cherai.
� Eh bien, qu�est-il arriv�? Dites.
� Un homme est sorti d�un buisson, m�a prise dans ses bras et m�a apport�e�
� O� cela?
� Ici, dans mon appartement.
� Ah!� et cet homme, le voyez-vous?
� Attendez� oui� oui� Oh! continua Andr�e avec un sentiment de d�go�t et de malaise. Ah! c�est encore ce petit Gilbert!
� Gilbert?
� Oui.
� Que fit-il?
� Il me d�posa sur ce sofa.
� Apr�s?
� Attendez�
� Voyez, voyez, dit Balsamo, je veux que vous voyiez.
� Il �coute� il va dans l�autre chambre� il recule comme effray� il entre dans le cabinet de Nicole� Mon Dieu! mon Dieu!
� Quoi!
� Un homme le suit; et moi, moi qui ne peux pas me lever, me d�fendre, crier, moi qui dors!
� Quel est cet homme?
� Mon fr�re! mon fr�re!
Et le visage d�Andr�e exprima la plus profonde douleur.
� Dites quel est cet homme, ordonna Balsamo, je le veux!
� Le roi, murmura Andr�e, c�est le roi.
Philippe frissonna.
� Ah! murmura Balsamo, je m�en doutais.
� Il s�approche de moi, continua Andr�e, il me parle, il me prend dans ses bras, il m�embrasse. Oh! mon fr�re! mon fr�re!
De grosses larmes roulaient dans les yeux de Philippe, tandis que sa main �treignait la poign�e de l��p�e que lui avait donn�e Balsamo.
� Parlez! parlez! continua le comte d�un ton de plus en plus imp�ratif.
� Oh! quel bonheur! il se trouble� il s�arr�te� il me regarde� il a peur� il fuit� Andr�e est sauv�e!
Philippe aspirait, haletant, chaque parole qui sortait de la bouche de sa s�ur.
� Sauv�e! Andr�e est sauv�e! r�p�ta-t-il machinalement.
� Attends, mon fr�re, attends!
Et la jeune fille, comme pour se soutenir, cherchait l�appui du bras de Philippe.
� Apr�s? apr�s? demanda Philippe.