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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� C�est que vous n��tiez pas en rapport avec elle. Je vais vous y mettre.

Et Balsamo prit la main de Philippe et la mit dans celle d�Andr�e.

Aussit�t la jeune fille sourit et murmura:

� Ah! c�est toi, mon fr�re?

� Vous voyez, dit Balsamo, elle vous reconna�t maintenant.

� Oui. C�est �trange.

� Interrogez, elle r�pondra.

� Mais, si elle ne se souvenait pas �veill�e, comment se souviendra-t-elle endormie?

� C�est un des myst�res de la science.

Et Balsamo, poussant un soupir, alla dans un coin s�asseoir sur un fauteuil.

Philippe restait immobile, sa main dans la main d�Andr�e. Comment allait-il commencer ses interrogations, dont le r�sultat serait pour lui la certitude de son d�shonneur et la r�v�lation d�un coupable, � qui peut-�tre sa vengeance ne pourrait s�adresser?

Quant � Andr�e, elle �tait dans un calme voisin de l�extase, et sa physionomie indiquait plut�t la qui�tude que tout autre sentiment.

Tout fr�missant, il ob�it n�anmoins au coup d��il expressif de Balsamo qui lui disait de se pr�parer.

Mais, � mesure qu�il pensait � son malheur, � mesure que son visage s�assombrissait, celui d�Andr�e se couvrait d�un nuage, et ce fut elle qui commen�a par lui dire:

� Oui, tu as raison, fr�re, c�est un grand malheur pour la famille.

Andr�e traduisait ainsi la pens�e qu�elle lisait dans l�esprit de son fr�re.

Philippe ne s�attendait pas � ce d�but; il tressaillit.

� Quel malheur? demanda-t-il sans trop savoir ce qu�il r�pondait.

� Ah! tu le sais bien, mon fr�re.

� Forcez-la de parler, monsieur, elle parlera.

� Comment puis-je la forcer?

� Veuillez qu�elle parle, voil� tout.

Philippe regarda sa s�ur en formulant une volont� int�rieure.

Andr�e rougit.

� Oh! dit la jeune fille, comme c�est mal � toi, Philippe, de croire qu�Andr�e t�a tromp�.

� Tu n�aimes donc personne? demanda Philippe.

� Personne.

� Alors ce n�est pas un complice, c�est un coupable qu�il me faut punir?

� Je ne vous comprends pas, mon fr�re.

Philippe regarda le comte comme pour lui demander avis.

� Pressez-la, dit Balsamo.

� Que je la presse?

� Oui, interrogez franchement.

� Sans respect pour la pudeur de cette enfant?

� Oh! soyez tranquille, � son r�veil, elle ne se souviendra de rien.

� Mais pourra-t-elle r�pondre � mes questions?

� Voyez-vous bien? demanda Balsamo � Andr�e.

Andr�e tressaillit au son de cette voix; elle tourna son regard sans rayon du c�t� de Balsamo.

� Moins bien, dit-elle, que si c��tait vous qui m�interrogeassiez; mais cependant j�y vois.

� Eh bien, demanda Philippe, si tu y vois, ma s�ur, raconte-moi en d�tail cette nuit de ton �vanouissement.

� Ne commencez-vous point par la nuit du 31 mai, monsieur? Vos soup�ons remontaient � cette nuit, ce me semble? Le moment est venu de tout �claircir � la fois.

� Non, monsieur, r�pondit Philippe, c�est inutile, et, depuis un instant, je crois � votre parole. Celui qui dispose d�un pouvoir tel que le v�tre n�en use pas pour arriver � un but vulgaire. Ma s�ur, r�p�ta Philippe, racontez-moi tout ce qui s�est pass� dans cette nuit de votre �vanouissement.

� Je ne me rappelle pas, dit Andr�e.

� Vous entendez, monsieur le comte?

� Il faut qu�elle se rappelle, il faut qu�elle parle; ordonnez-le-lui.

� Mais, si elle �tait dans le sommeil?�

� L��me veillait.

Alors il se leva, �tendit la main vers Andr�e et, avec un froncement de sourcils qui indiquait un redoublement de volont� et d�action:

� Souvenez-vous, dit-il, je le veux.

� Je me souviens, dit Andr�e.

� Oh! fit Philippe essuyant son front.

� Que voulez-vous savoir?

� Tout!

� � partir de quel moment?

� � partir du moment o� vous vous �tes couch�e.

� Vous voyez-vous vous-m�me? demanda Balsamo.

� Oui, je me vois. Je tiens � la main le verre pr�par� par Nicole� Oh! mon Dieu!

� Quoi? Qu�y a-t-il?

� Oh! la mis�rable!

� Parle, ma s�ur, parle.

� Ce verre contient un breuvage pr�par�; si je le bois, je suis perdue.

� Un breuvage pr�par�! s��cria Philippe: dans quel but?

� Attends! attends!

� D�abord le breuvage.

� J�allais le porter � mes l�vres, mais� en ce moment�

� Eh bien?

� Le comte m�appela.

� Quel comte?

� Lui, dit Andr�e �tendant sa main vers Balsamo.

� Et alors?

� Alors, je reposai le verre et je m�endormis.

� Apr�s? apr�s? demanda Philippe.

� Je me levai, et j�allai le rejoindre.

� O� �tait le comte?

� Sous les tilleuls, en face de ma fen�tre.

� Et le comte n�est jamais entr� chez vous, ma s�ur?

� Jamais.

Un regard de Balsamo adress� � Philippe lui dit clairement: �Vous voyez si je vous trompais, monsieur?�

� Et vous dites que vous all�tes rejoindre le comte?

� Oui. Je lui ob�is quand il m�appelle.

� Que vous voulait le comte?

Andr�e h�sita.

� Dites, dites, s��cria Balsamo; je n��couterai pas.

Et il retomba sur son fauteuil en ensevelissant sa t�te dans ses mains, comme pour emp�cher le bruit de la parole d�Andr�e de venir jusqu�� lui.

� Dites, que vous voulait le comte? r�p�ta Philippe.

� Il voulait me demander des nouvelles�

Elle s�arr�ta de nouveau; on e�t dit qu�elle craignait de briser le c�ur du comte.

� Continuez, ma s�ur, continuez, dit Philippe.

� D�une personne qui s��tait �vad�e de sa maison, et � Andr�e baissa la voix �, et qui est morte depuis.

Si bas qu�Andr�e e�t prononc� ces paroles, Balsamo les entendit ou les devina, car il poussa un sombre g�missement.

Philippe s�arr�ta; il y eut un moment de silence.

� Continuez, continuez, dit Balsamo, votre fr�re veut tout savoir, mademoiselle; il faut que votre fr�re sache tout. Apr�s que cet homme eut re�u les renseignements qu�il d�sirait, que fit-il?

� Il s�enfuit, dit Andr�e.

� Vous laissant dans le jardin? demanda Philippe.

� Oui.

� Que f�tes-vous alors?

� Comme il s��loignait de moi, comme la force qui me soutenait s��loignait avec lui, je tombai.

� �vanouie?

� Non, toujours endormie, mais d�un sommeil de plomb.

� Pouvez-vous rappeler ce qui vous arriva pendant ce sommeil?

� Je t�cherai.

� Eh bien, qu�est-il arriv�? Dites.

� Un homme est sorti d�un buisson, m�a prise dans ses bras et m�a apport�e�

� O� cela?

� Ici, dans mon appartement.

� Ah!� et cet homme, le voyez-vous?

� Attendez� oui� oui� Oh! continua Andr�e avec un sentiment de d�go�t et de malaise. Ah! c�est encore ce petit Gilbert!

� Gilbert?

� Oui.

� Que fit-il?

� Il me d�posa sur ce sofa.

� Apr�s?

� Attendez�

� Voyez, voyez, dit Balsamo, je veux que vous voyiez.

� Il �coute� il va dans l�autre chambre� il recule comme effray� il entre dans le cabinet de Nicole� Mon Dieu! mon Dieu!

� Quoi!

� Un homme le suit; et moi, moi qui ne peux pas me lever, me d�fendre, crier, moi qui dors!

� Quel est cet homme?

� Mon fr�re! mon fr�re!

Et le visage d�Andr�e exprima la plus profonde douleur.

� Dites quel est cet homme, ordonna Balsamo, je le veux!

� Le roi, murmura Andr�e, c�est le roi.

Philippe frissonna.

� Ah! murmura Balsamo, je m�en doutais.

� Il s�approche de moi, continua Andr�e, il me parle, il me prend dans ses bras, il m�embrasse. Oh! mon fr�re! mon fr�re!

De grosses larmes roulaient dans les yeux de Philippe, tandis que sa main �treignait la poign�e de l��p�e que lui avait donn�e Balsamo.

� Parlez! parlez! continua le comte d�un ton de plus en plus imp�ratif.

� Oh! quel bonheur! il se trouble� il s�arr�te� il me regarde� il a peur� il fuit� Andr�e est sauv�e!

Philippe aspirait, haletant, chaque parole qui sortait de la bouche de sa s�ur.

� Sauv�e! Andr�e est sauv�e! r�p�ta-t-il machinalement.

� Attends, mon fr�re, attends!

Et la jeune fille, comme pour se soutenir, cherchait l�appui du bras de Philippe.

� Apr�s? apr�s? demanda Philippe.

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