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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Je voulais vous voir, continua Philippe, je voulais vous parler; j�eusse, pour p�n�trer jusqu�� vous, brav� la mort.

Balsamo continuait de garder le silence et semblait attendre un �claircissement aux paroles du jeune homme, sans avoir la force ni la curiosit� de le demander.

� Je vous tiens, continua Philippe, je vous tiens enfin, et nous allons nous expliquer, s�il vous pla�t; mais veuillez d�abord cong�dier cet homme.

Et, du doigt, Philippe d�signait Fritz, qui venait de soulever la porti�re comme pour demander � son ma�tre ses derniers ordres � l��gard de l�importun visiteur.

Balsamo attacha sur Philippe un regard dont le but �tait de p�n�trer ses intentions; mais, en se retrouvant en face d�un homme son �gal par le rang et par la distinction, Philippe avait repris son calme et sa force. Il fut imp�n�trable.

Alors Balsamo, d�un simple mouvement de la t�te, ou plut�t des sourcils, cong�dia Fritz, et les deux hommes s�assirent en face l�un de l�autre, Philippe le dos tourn� � la chemin�e, Balsamo le coude appuy� sur un gu�ridon.

� Parlez vite et clairement, s�il vous pla�t, monsieur, dit Balsamo; car je ne vous �coute que par bienveillance et, je vous en pr�viens, je me lasserais promptement.

� Je parlerai comme je dois, monsieur, et autant que je le jugerai convenable, dit Philippe; et, sauf votre bon plaisir, je vais commencer par une interrogation.

� ce mot, un froncement terrible de sourcils d�gagea des yeux de Balsamo un �clair �lectrique.

Ce mot lui rappelait de tels souvenirs, que Philippe e�t fr�mi s�il avait su ce qu�il remuait au fond du c�ur de cet homme.

Cependant, apr�s un moment de silence employ� � reprendre son empire sur lui-m�me:

� Interrogez, dit Balsamo.

� Monsieur, r�pondit Philippe, vous ne m�avez jamais bien expliqu� l�emploi de votre temps pendant cette fameuse nuit du 31 mai, � partir de ce moment o� vous enlev�tes ma s�ur du milieu des mourants et des morts qui encombraient la place Louis XV?

� Qu�est-ce que cela signifie? demanda Balsamo.

� Cela signifie, monsieur le comte, que toute votre conduite, cette nuit-l�, m�a �t� et m�est plus que jamais suspecte.

� Suspecte?

� Oui, et que, selon toute probabilit�, elle n�a point �t� celle d�un homme d�honneur.

� Monsieur, dit Balsamo, je ne vous comprends pas; vous devez remarquer que ma t�te est fatigu�e, affaiblie, et que cette faiblesse me cause naturellement des impatiences.

� Monsieur! s��cria � son tour Philippe, irrit� du ton plein de hauteur et de calme � la fois que Balsamo gardait avec lui.

� Monsieur, continua Balsamo du m�me ton, depuis que j�ai eu l�honneur de vous voir, j�ai �prouv� un grand malheur; ma maison a br�l� en partie, et divers objets pr�cieux, tr�s pr�cieux, entendez-vous bien, ont �t� perdus pour moi; il en r�sulte que j�ai conserv� de ce chagrin quelque �garement. Soyez donc fort clair, je vous prie, ou bien je prendrai cong� de vous imm�diatement.

� Oh! non pas, monsieur, dit Philippe, non pas, vous ne prendrez point cong� de moi aussi facilement que vous le dites; je respecterai vos chagrins si vous vous montrez compatissant aux miens; � moi aussi, monsieur, il est arriv� un malheur bien grand, bien plus grand qu�� vous, j�en suis s�r.

Balsamo sourit de ce sourire d�sesp�r� que Philippe avait d�j� vu errer sur ses l�vres.

� Moi, monsieur, continua Philippe, j�ai perdu l�honneur de ma famille.

� Eh bien, monsieur, r�pliqua Balsamo, que puis-je faire � ce malheur, moi?

� Ce que vous pouvez y faire? s��cria Philippe les yeux �tincelants.

� Sans doute.

� Vous pouvez me rendre ce que j�ai perdu, monsieur!

� Ah ��! vous �tes fou, monsieur! s��cria Balsamo.

Et il �tendit sa main vers la sonnette.

Mais il fit ce geste si mollement et avec si peu de col�re que le bras de Philippe l�arr�ta aussit�t.

� Je suis fou? s��cria Philippe d�une voix saccad�e. Mais ne comprenez-vous donc pas qu�il s�agit de ma s�ur, de ma s�ur que vous avez tenue �vanouie dans vos bras, le 31 mai; de ma s�ur que vous avez conduite dans une maison, selon vous honorable, selon moi inf�me; de ma s�ur, en un mot, dont je vous demande l�honneur l��p�e � la main?

Balsamo haussa les �paules.

� Eh! bon Dieu! murmura-t-il, que de d�tours pour en arriver � une chose si simple!

� Malheureux! s��cria Philippe.

� Quelle d�plorable voix vous avez, monsieur! dit Balsamo avec la m�me impatience triste; vous m�assourdissez. Voyons, ne venez-vous pas de me dire que j�avais insult� votre s�ur?

� Oui, l�che!

� Encore un cri et une insulte inutiles, monsieur; qui diable vous a donc dit que j�eusse insult� votre s�ur?

Philippe h�sita; le ton avec lequel Balsamo avait prononc� ces paroles le frappait de stupeur. C��tait le comble de l�impudence, ou c��tait le cri d�une conscience pure.

� Qui me l�a dit? reprit le jeune homme.

� Oui, je vous le demande.

� C�est ma s�ur elle-m�me, monsieur.

� Eh bien, monsieur, votre s�ur�

� Vous alliez dire? s��cria Philippe avec un geste mena�ant.

� J�allais dire, monsieur, que vous me donnez, en v�rit�, de vous et de votre s�ur une bien triste id�e. C�est la plus laide sp�culation du monde, savez-vous, que celle que font certaines femmes sur leur d�shonneur. Or, vous �tes venu, la menace � la bouche, comme les fr�res barbus de la com�die italienne, pour me forcer, l��p�e � la main, ou � �pouser votre s�ur, ce qui prouve qu�elle a grand besoin d�un mari, ou � vous donner de l�argent, parce que vous savez que je fais de l�or. Eh bien, mon cher monsieur, vous vous �tes tromp� sur les deux points: vous n�aurez point d�argent, et votre s�ur restera fille.

� Alors, j�aurai de vous le sang que vous avez dans les veines, s��cria Philippe, si toutefois vous en avez.

� Non, pas m�me cela, monsieur.

� Comment?

� Le sang que j�ai, je le garde, et j�avais pour le r�pandre, si j�eusse voulu, une occasion plus s�rieuse que celle que vous m�offrez. Ainsi, monsieur, obligez-moi de vous en retourner tranquillement et, si vous faites du bruit, comme ce bruit me fera mal � la t�te, j�appellerai Fritz; Fritz viendra, et, sur un signe de moi, il vous brisera en deux comme un roseau. Allez.

Cette fois, Balsamo sonna, et, comme Philippe voulait l�en emp�cher, il ouvrit un coffre d��b�ne pos� sur le gu�ridon, prit dans ce coffre un pistolet � deux coups qu�il arma.

� Eh bien, j�aime mieux cela, s��cria Philippe, tuez-moi!

� Pourquoi vous tuerais-je?

� Parce que vous m�avez d�shonor�.

Le jeune homme pronon�a � son tour ces paroles avec un tel accent de v�rit�, que Balsamo, le regardant d�un �il plein de douceur:

� Serait-il donc possible, dit-il, que vous fussiez de bonne foi?

� Vous en doutez? Vous doutez de la parole d�un gentilhomme?

� Et, continua Balsamo, que mademoiselle de Taverney e�t seule con�u l�indigne id�e, qu�elle vous e�t pouss� en avant?� Je veux l�admettre; je vais donc vous donner une satisfaction. Je vous jure sur l�honneur que ma conduite envers mademoiselle votre s�ur, dans la nuit du 31 mai, est irr�prochable; que ni point d�honneur, ni tribunal humain, ni justice divine, ne peuvent trouver quoi que ce soit de contraire � la plus parfaite prud�homie; me croyez-vous?

� Monsieur! fit le jeune homme �tonn�.

� Vous savez que je ne crains pas un duel, cela se lit dans les yeux, n�est-ce pas? Quant � ma faiblesse, ne vous y trompez pas, elle n�est qu�apparente. J�ai peu de sang au visage, c�est vrai; mais mes muscles n�ont rien perdu de leur force. En voulez-vous une preuve? Tenez�

Et Balsamo souleva d�une seule main, et sans effort, un �norme vase de bronze pos� sur un meuble de Boule.

� Eh bien, soit, monsieur, dit Philippe, je vous crois quant au 31 mai; mais c�est un subterfuge que vous employez, vous mettez votre parole sous la garantie d�une erreur de date. Depuis, vous avez revu ma s�ur.

Balsamo h�sita � son tour.

� C�est vrai, dit-il, je l�ai revue.

Et son front, �clairci un instant, s�assombrit d�une fa�on terrible.

� Ah! vous voyez bien! dit Philippe.

� Eh bien, que j�aie revu votre s�ur, qu�est-ce que cela prouve contre moi?

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