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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Cette cour int�rieure �tait la bo�te qui renfermait et cachait � tous les yeux la seconde maison.

La chambre � laquelle conduisait cet escalier �tait �videmment une chambre d�homme. Les descentes de lit et les tapis plac�s devant les fauteuils et les canap�s �taient des plus magnifiques fourrures que fournissent l�Afrique et l�Inde. C��taient des peaux de lion, de tigre et de panth�re, aux yeux �tincelants et aux dents encore mena�antes; les murailles, tendues en cuir de Cordoue, du dessin le plus large et le plus harmonieux, �taient d�cor�es d�armes de toute esp�ce, depuis le tomahawk du Huron jusqu�au criss du Malais, depuis l��p�e en croix des anciens chevaliers jusqu�au cangiar de l�Arabe, depuis l�arquebuse incrust�e d�ivoire du XVIe jusqu�au fusil damasquin� d�or du XVIIIe.

On e�t inutilement cherch� � cette chambre une issue autre que celle de l�escalier; peut-�tre y en avait-il une ou plusieurs, mais inconnues, mais invisibles.

Un domestique allemand, de vingt-cinq � trente ans, le seul qu�on e�t vu depuis plusieurs jours errer dans la vaste maison, referma au verrou la porte coch�re, et, ouvrant la porte de la voiture pendant que le cocher impassible d�telait d�j� les chevaux, il tira du carrosse Lorenza endormie et la porta entre ses bras jusqu�� l�antichambre; l�, il la d�posa sur une table couverte d�un tapis rouge et abaissa sur ses pieds, avec discr�tion, le long voile blanc qui enveloppait la jeune femme.

Puis il sortit pour aller allumer aux lanternes de la voiture un chandelier � sept branches qu�il rapporta tout enflamm�.

Mais, pendant cet intervalle, si court qu�il e�t �t�, Lorenza avait disparu.

En effet, derri�re le valet de chambre, le comte de F�nix �tait entr�; il avait pris Lorenza entre ses bras � son tour; il l�avait port�e par la porte d�rob�e et par l�escalier secret dans la chambre des armes, apr�s avoir avec soin referm� les deux portes derri�re lui.

Une fois l�, du bout du pied, il pressa un ressort plac� dans l�angle de la chemin�e � haut manteau. Aussit�t une porte, qui n��tait autre que la plaque de cette chemin�e, roula sur deux gonds silencieux, et le comte, passant sous le chambranle, disparut, refermant avec le pied, comme il l�avait ouverte, cette porte myst�rieuse.

De l�autre c�t� de la chemin�e, il avait trouv� un second escalier, et, apr�s avoir mont� quinze marches tapiss�es de velours d�Utrecht, il avait atteint le seuil d�une chambre �l�gamment tendue de satin broch� de fleurs aux couleurs si vives et aux formes si bien dessin�es, qu�on e�t pu les prendre pour des fleurs naturelles.

Le meuble pareil �tait de bois dor�; deux grandes armoires d��caille incrust�es de cuivre, un clavecin et une toilette en bois de rose, un beau lit tout diapr�, des porcelaines de S�vres, composaient la partie indispensable du mobilier; des chaises, des fauteuils et des sofas, dispos�s avec sym�trie, dans un espace de trente pieds carr�s, ornaient le reste de l�appartement, qui, au reste, ne se composait que d�un cabinet de toilette et d�un boudoir attenant � la chambre.

Deux fen�tres masqu�es par d��pais rideaux donnaient le jour � cette chambre; mais, comme il faisait nuit � cette heure, les rideaux n�avaient rien � cacher.

Le boudoir et le cabinet de toilette n�avaient aucune ouverture. Des lampes consumant une huile parfum�e les �clairaient le jour comme la nuit, et, s�enlevant � travers le plafond, �taient entretenues par des mains invisibles.

Dans cette chambre, pas un bruit, pas un souffle; on e�t dit �tre � cent lieues du monde. Seulement, l�or y brillait de tous c�t�s, de belles peintures souriaient sur les murailles, et de longs cristaux de Boh�me, aux facettes chatoyantes, s�illuminaient comme des yeux ardents, lorsque, apr�s avoir d�pos� Lorenza sur un sofa, le comte, mal satisfait de la lumi�re tremblante du boudoir, fit jaillir le feu de cet �tui d�argent qui avait tant pr�occup� Gilbert, et alluma sur la chemin�e deux cand�labres charg�s de bougies roses.

Alors il revint vers Lorenza, et, mettant sur une pile de coussins un genou en terre devant elle:

� Lorenza! dit-il.

La jeune femme, � cet appel, se souleva sur un coude, quoique ses yeux restassent ferm�s. Mais elle ne r�pondit point.

� Lorenza, r�p�ta-t-il, dormez-vous de votre sommeil ordinaire ou du sommeil magn�tique?

� Je dors du sommeil magn�tique, r�pondit Lorenza.

� Alors, si je vous interroge, vous pourrez r�pondre?

� Je crois que oui.

� Bien.

Il se fit un instant de silence; puis le comte de F�nix continua:

� Regardez dans la chambre de Madame Louise que nous venons de quitter, il y a trois quarts d�heure � peu pr�s.

� J�y regarde, r�pondit Lorenza.

� Et y voyez-vous?

� Oui.

� Le cardinal de Rohan s�y trouve-t-il encore?

� Je ne l�y vois pas.

� Que fait la princesse?

� Elle prie avant de se mettre au lit.

� Regardez dans les corridors et dans les cours du couvent si vous voyez Son �minence?

� Je ne la vois pas.

� Regardez � la porte si sa voiture y est encore.

� Elle n�y est plus.

� Suivez la route que nous avons suivie.

� Je la suis.

� Voyez-vous des carrosses sur la route?

� Oh! oui, plusieurs.

� Et dans ces carrosses reconnaissez-vous le cardinal?

� Non.

� Rapprochez-vous de Paris.

� Je m�en rapproche.

� Encore.

� Oui.

� Encore.

� Ah! je le vois.

� O� cela?

� � la Barri�re.

� Est-il arr�t�?

� Il s�arr�te en ce moment. Un valet de pied descend de derri�re la voiture.

� Il lui parle?

� Il va lui parler.

� �coutez, Lorenza. Il est important que je sache ce que le cardinal a dit � cet homme.

� Vous ne m�avez pas ordonn� d��couter � temps. Mais attendez, attendez, le valet de chambre parle au cocher.

� Que lui dit-il?

� Rue Saint-Claude, au Marais, par le boulevard.

� Bien, Lorenza, merci.

Le comte �crivit quelques mots sur un papier, plia le papier autour d�une petite plaque de cuivre, destin�e sans doute � lui donner du poids, tira le cordon d�une sonnette, poussa un bouton au-dessous duquel s�ouvrit une gueule, laissa glisser le billet dans l�ouverture, qui se referma apr�s l�avoir englouti.

C��tait la mani�re dont le comte, lorsqu�il �tait enferm� dans les chambres int�rieures, correspondait avec Fritz.

Puis, revenant � Lorenza:

� Merci, r�p�ta-t-il.

� Tu es donc content de moi? demanda la jeune femme.

� Oui, ch�re Lorenza!

� Eh bien, ma r�compense alors!

Balsamo sourit et approcha ses l�vres de celles de Lorenza, dont tout le corps frissonna au voluptueux contact.

� Oh! Joseph! Joseph! murmura-t-elle avec un soupir presque douloureux. Joseph! que je t�aime!

Et la jeune femme �tendit ses deux bras pour serrer Balsamo contre son c�ur.

Chapitre 56. La double existence � Le sommeil

Balsamo se recula vivement, les deux bras de Lorenza ne saisirent que l�air et retomb�rent en croix sur sa poitrine.

� Lorenza, dit Balsamo, veux-tu causer avec ton ami?

� Oh! oui, dit-elle; mais parle-moi toi-m�me souvent� j�aime tant ta voix!

� Lorenza, tu m�as dit souvent que tu serais bien heureuse si tu pouvais vivre avec moi, s�par�e du monde entier.

� Oui, ce serait le bonheur.

� Eh bien, j�ai r�alis� ton v�u, Lorenza. Dans cette chambre, nul ne peut nous poursuivre, nul ne peut nous atteindre; nous sommes seuls, bien seuls.

� Ah! tant mieux.

� Dis-moi si cette chambre est de ton go�t.

� Ordonne-moi de voir alors.

� Vois!

� Oh! la charmante chambre! dit-elle.

� Elle te pla�t donc? demanda le comte avec douceur.

� Oh! oui: voil� mes fleurs favorites, mes h�liotropes vanille, mes roses pourpres, mes jasmins de la Chine. Merci, mon tendre Joseph; que tu es bon!

� Je fais ce que je peux pour te plaire, Lorenza.

� Oh! tu fais cent fois plus que je ne m�rite.

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