Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 86
Перейти на страницу:

� Tu en conviens donc?

� Oui.

� Tu avoues donc que tu as �t� bien m�chante?

� Bien m�chante! Oh! oui. Mais tu me pardonnes, n�est-ce pas?

� Je te pardonnerai quand tu m�auras expliqu� cet �trange myst�re contre lequel je lutte depuis que je te connais.

� �coute, Balsamo. C�est qu�il y a en moi deux Lorenza bien distinctes: une qui t�aime et une qui te d�teste, comme il y a en moi deux existences oppos�es: l�une pendant laquelle j�absorbe toutes les joies du paradis, l�autre pendant laquelle j��prouve tous les tourments de l�enfer.

� Et ces deux existences sont, l�une, le sommeil, n�est-ce pas, et l�autre, la veille?

� Oui.

� Et tu m�aimes quand tu dors, et tu me d�testes quand tu veilles?

� Oui.

� Pourquoi cela?

� Je ne sais.

� Tu dois le savoir.

� Non.

� Cherche bien, regarde en toi-m�me, sonde ton propre c�ur.

� Ah! oui� Je comprends maintenant.

� Parle.

� Quand Lorenza veille, c�est la Romaine, c�est la fille superstitieuse de l�Italie; elle croit que la science est un crime et l�amour un p�ch�. Alors elle a peur du savant Balsamo, elle a peur du beau Joseph. Son confesseur lui a dit qu�en t�aimant elle perdrait son �me, et elle te fuira, toujours, sans cesse, jusqu�au bout du monde.

� Et quand Lorenza dort?

� Oh! c�est autre chose alors; elle n�est plus romaine, elle n�est plus superstitieuse, elle est femme. Alors elle voit dans le c�ur et dans l�esprit de Balsamo; elle voit que ce g�nie r�ve des choses sublimes. Alors elle comprend combien elle est peu de chose, compar�e � lui. Et elle voudrait vivre et mourir pr�s de lui, afin que l�avenir pronon��t tout bas le nom de Lorenza, en m�me temps qu�il prononcera tout haut le nom de� Cagliostro!

� C�est donc sous ce nom que je deviendrai c�l�bre?

� Oui, oui, c�est sous ce nom.

� Ch�re Lorenza! tu aimeras donc ce nouveau logement?

� Il est bien plus riche que tous ceux que tu m�as d�j� donn�s; mais ce n�est pas pour cela que je l�aime.

� Et pourquoi l�aimes-tu?

� Parce que tu promets de l�habiter avec moi.

� Ah! quand tu dors, tu sais donc bien que je t�aime ardemment, avec passion?

La jeune femme ramena contre elle ses deux genoux qu�elle prit dans ses bras, et, tandis qu�un p�le sourire effleurait ses l�vres:

� Oui, je le vois, dit-elle. Oui, je le vois, et cependant, cependant, ajouta-t elle avec un soupir, il y a quelque chose que tu aimes plus que Lorenza.

� Et quoi donc? demanda Balsamo en tressaillant.

� Ton r�ve.

� Dis mon �uvre.

� Ton ambition.

� Dis ma gloire.

� Oh! mon Dieu! mon Dieu!

Le c�ur de la jeune femme s�oppressa, des larmes silencieuses coul�rent � travers ses paupi�res ferm�es.

� Que vois-tu donc? demanda Balsamo, �tonn� de cette effrayante lucidit� qui parfois l��pouvantait lui-m�me.

� Oh! je vois des t�n�bres parmi lesquelles glissent des fant�mes; il y en a qui tiennent � la main leurs t�tes couronn�es, et toi, toi, tu es au milieu de tout cela, comme un g�n�ral au milieu de la m�l�e. Il me semble que tu as les pouvoirs de Dieu, tu commandes, et l�on ob�it.

� Eh bien, dit Balsamo avec joie, cela ne te rend pas fi�re de moi?

� Oh! tu es assez bon pour ne pas �tre grand. D�ailleurs, je me cherche dans tout ce monde qui t�entoure, et je ne me vois pas. Oh! je n�y serai plus� Je n�y serai plus, murmura-t-elle tristement.

� Et o� seras-tu?

� Je serai morte.

Balsamo frissonna.

� Toi morte, ma Lorenza? s��cria-t-il. Non, non, nous vivrons ensemble et pour nous aimer.

� Tu ne m�aimes pas.

� Oh! si fait.

� Pas assez, du moins, pas assez! s��cria-t-elle en saisissant de ses deux bras la t�te de Joseph. Pas assez, ajouta-t-elle en appuyant sur son front des l�vres ardentes qui multipliaient leurs caresses.

� Que me reproches-tu?

� Ta froideur. Vois, tu te recules. Est-ce que je te br�le avec mes l�vres, que tu fuis devant mes baisers? Oh! rends-moi ma tranquillit� de jeune fille, mon couvent de Subiaco, les nuits de ma cellule solitaire. Rends-moi les baisers que tu m�envoyais sur l�aile des brises myst�rieuses, et que, dans mon sommeil, je voyais venir � moi comme des sylphes aux ailes d�or, et qui fondaient mon �me dans les d�lices.

� Lorenza! Lorenza!

� Oh! ne me fuis pas, Balsamo, ne me fuis pas, je t�en supplie; donne-moi ta main, que je la presse, tes yeux, que je les embrasse; je suis ta femme, enfin!

� Oui, oui, ma Lorenza ch�rie, oui, tu es ma femme bien-aim�e.

� Et tu souffres que je passe ainsi pr�s de toi, inutile, d�laiss�e! Tu as une fleur chaste et solitaire dont le parfum t�appelle, et tu repousses son parfum! Ah! je le sens bien, je ne suis rien pour toi.

� Tu es tout, au contraire, ma Lorenza, puisque c�est toi qui fais ma force, ma puissance, mon g�nie, puisque sans toi je ne pourrais plus rien. Cesse donc de m�aimer de cette fi�vre insens�e qui trouble les nuits des femmes de ton pays. Aime-moi comme je t�aime, moi.

� Oh! ce n�est pas de l�amour, ce n�est pas de l�amour que tu as pour moi.

� C�est au moins tout ce que je demande de toi; car tu me donnes tout ce que je d�sire, car cette possession de l��me me suffit pour �tre heureux.

� Heureux! dit Lorenza d�un air de m�pris; tu appelles cela �tre heureux?

� Oui, car, pour moi, �tre heureux, c�est �tre grand.

Lorenza poussa un long soupir.

� Oh! si tu savais ce que c�est, ma douce Lorenza, que de lire � d�couvert dans le c�ur des hommes pour les dominer avec leurs propres passions!

� Oui, je vous sers � cela, je le sais bien.

� Ce n�est pas tout. Tes yeux lisent pour moi dans le livre ferm� de l�avenir. Ce que je n�ai pu apprendre avec vingt ann�es de labeurs et de mis�res, toi, ma douce colombe, innocente et pure, quand tu veux, tu me l�apprends. Mes pas, sur lesquels tant d�ennemis jettent des emb�ches, tu les �claires; mon esprit, dont d�pendent ma vie, ma fortune, ma libert�, tu le dilates comme l��il du lynx qui voit pendant la nuit. Tes beaux yeux, en se fermant au jour de ce monde, s�ouvrent � une clart� surhumaine! Ils veillent pour moi. C�est toi qui me fais libre, qui me fais riche, qui me fais puissant.

� Et toi, en �change, tu me fais malheureuse! s��cria Lorenza tout �perdue d�amour.

Et, plus avide que jamais, elle entoura de ses deux bras Balsamo, qui, lui-m�me, tout impr�gn� de la flamme �lectrique, ne r�sistait plus que faiblement.

Il fit cependant un effort, et d�noua le lien vivant qui l�enveloppait.

� Lorenza! Lorenza! dit-il, par piti�!�

� Je suis ta femme, s��cria-t-elle, et non ta fille! Aime-moi comme un �poux aime sa femme, et non comme mon p�re m�aimait.

� Lorenza, dit Balsamo tout fr�missant lui-m�me de d�sirs, ne me demande pas, je t�en supplie, un autre amour que celui que je te puis donner.

� Mais, s��cria la jeune femme en levant ses deux bras d�sesp�r�s au ciel, ce n�est point de l�amour, cela, ce n�est point de l�amour!

� Oh! si, c�est de l�amour� mais de l�amour saint et pur, comme on le doit � une vierge.

La jeune femme fit un brusque mouvement qui d�roula les longues nattes de ses cheveux noirs. Son bras, si blanc et si nerveux � la fois, s��lan�a presque mena�ant vers le comte.

� Oh! que signifie donc cela? dit-elle d�une voix br�ve et d�sol�e. Et pourquoi m�as-tu fait abandonner mon pays, mon nom, ma famille, tout, jusqu�� mon Dieu? Car ton Dieu ne ressemble pas au mien. Pourquoi as-tu pris sur moi cet empire absolu, qui fait de moi ton esclave, qui fait de ma vie ta vie, de mon sang ton sang? Entends-tu bien? Pourquoi as-tu fait toutes ces choses, si c�est pour m�appeler la vierge Lorenza?

Balsamo soupira � son tour, �cras� sous l�immense douleur de cette femme au c�ur bris�.

� H�las! dit-il, c�est ta faute, ou plut�t la faute de Dieu. Pourquoi Dieu a-t-il fait de toi cet ange au regard infaillible � l�aide duquel je soumettrai l�univers? Pourquoi lis-tu dans tous les c�urs au travers de leur enveloppe mat�rielle comme on lit une page derri�re une vitre? C�est parce que tu es l�ange de puret�, Lorenza! c�est parce que tu es le diamant sans tache, c�est parce que rien ne fait ombre en ton esprit; c�est que Dieu, voyant cette forme immacul�e, pure et radieuse, comme celle de sa sainte M�re, veut bien y laisser descendre, quand je l�invoque, au nom des �l�ments qu�il a faits, son Saint-Esprit, qui d�ordinaire plane au-dessus des �tres vulgaires et sordides, faute de trouver en eux une place sans souillure sur laquelle il puisse se reposer. Vierge, tu es voyante, ma Lorenza; femme, tu ne serais plus que mati�re.

1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)