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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Chapitre 146. Deux douleurs

Gilbert avait jug� sainement la position lorsqu�il disait, en parlant de l�homme inconnu surpris par lui dans les jardins pendant cette soir�e qui avait �t� si fatale � mademoiselle de Taverney: �Le retrouvera-t-on?�

En effet, Philippe ignorait compl�tement o� demeurait Joseph Balsamo, comte de F�nix.

Mais il se rappela cette dame de condition, cette marquise de Saverny, chez laquelle, au 31 mai, Andr�e avait �t� conduite pour recevoir des soins.

Il n��tait point une heure tellement avanc�e, qu�on ne p�t se pr�senter chez cette dame, qui logeait rue Saint-Honor�. Philippe comprima toute agitation de son esprit et de ses sens: il monta chez la dame, et la femme de chambre lui donna aussit�t, sans h�sitation, l�adresse de Balsamo, rue Saint-Claude, au Marais.

Philippe se dirigea aussit�t vers la rue indiqu�e.

Mais ce ne fut pas sans une �motion profonde qu�il toucha le marteau de cette maison suspecte, o�, selon ses conjectures, se tenaient engloutis � jamais le repos et l�honneur de la pauvre Andr�e. Mais, avec un appel de sa volont�, il eut bient�t surmont� l�indignation et la sensibilit�, pour se r�server bien intactes les forces dont il comptait avoir besoin.

Il frappa donc � la maison d�une main assez assur�e et, selon les habitudes du lieu, la porte s�ouvrit.

Philippe entra dans la cour en tenant son cheval par la bride.

Mais il n�eut pas fait quatre pas, que Fritz sortant du vestibule et apparaissant au haut des degr�s, vint l�arr�ter avec cette question:

� Que veut monsieur?

Philippe tressaillit comme � un obstacle impr�vu.

Il regarda l�Allemand en fron�ant le sourcil comme si Fritz n�e�t pas accompli un simple devoir de serviteur.

� Je veux, dit-il, parler au ma�tre du logis, au comte de F�nix, r�pliqua Philippe en passant la bride de son cheval � un anneau et en marchant vers la maison, dans laquelle il entra.

� Monsieur n�est point chez lui, dit Fritz en laissant cependant passer Philippe, avec cette politesse d�un serviteur bien dress�.

Chose �trange, Philippe semblait avoir tout pr�vu, except� cette simple r�ponse.

Il demeura un instant interdit.

� O� le trouverai-je? demanda-t-il.

� Je ne sais, monsieur.

� Vous devez savoir cependant?

� Je vous demande pardon, monsieur ne me rend pas de comptes.

� Mon ami, dit Philippe, il faut pourtant que je parle � votre ma�tre ce soir.

� Je doute que cela soit possible.

� Il le faut; c�est pour une affaire de la plus haute importance.

Fritz s�inclina sans r�pondre.

� Il est donc sorti? demanda Philippe.

� Oui, monsieur.

� Il rentrera sans doute?

� Je ne crois pas, monsieur.

� Ah! vous ne croyez pas?

� Non.

� Tr�s bien, dit Philippe avec un commencement de fi�vre; en attendant, allez dire � votre ma�tre�

� Mais j�ai l�honneur de vous dire, r�pliqua imperturbablement Fritz, que monsieur n�est pas ici.

� Je sais ce que valent les consignes, mon ami, dit Philippe, et la v�tre est respectable; mais elle ne peut, en v�rit�, s�appliquer � moi, dont votre ma�tre ne pouvait pr�voir la visite, et qui viens ici par exception.

� La consigne est pour tout le monde, monsieur, r�pondit maladroitement Fritz.

� Alors, puisqu�il y a consigne, dit Philippe, le comte de F�nix est ici?

� Eh bien, apr�s? dit � son tour Fritz, que tant d�insistance commen�ait � impatienter.

� Eh bien, je l�y attendrai.

� Monsieur n�est pas ici, vous dis-je, r�pliqua-t-il; le feu a pris il y a quelque temps � la maison et, � la suite de cet incendie, elle est devenue inhabitable.

� Tu l�habites cependant, toi, dit Philippe, maladroit � son tour.

� Je l�habite comme gardien.

Philippe haussa les �paules en homme qui ne croit pas un mot de ce qu�on lui dit.

Fritz commen�ait � s�irriter.

� Au reste, dit-il, que M. le comte y soit ou n�y soit pas, on n�a pas, soit en sa pr�sence, soit en son absence, l�habitude de p�n�trer chez lui de force; et, si vous ne vous conformez pas aux habitudes, je vais �tre contraint�

Fritz s�arr�ta.

� � quoi? demanda Philippe s�oubliant.

� � vous mettre dehors, r�pondit tranquillement Fritz.

� Toi? s��cria Philippe, l��il �tincelant.

� Moi, r�pliqua Fritz reprenant, avec le caract�re particulier � sa nation, toutes les apparences du sang-froid � mesure que grandissait sa col�re.

Et il fit un pas vers le jeune homme, qui, exasp�r�, hors de lui, mit l��p�e � la main.

Fritz, sans s��mouvoir � la vue du fer, sans appeler � peut-�tre d�ailleurs �tait-il seul �, Fritz saisit � une panoplie une esp�ce de pieu arm� d�un fer court mais aigu et, s��lan�ant sur Philippe en b�tonniste plut�t qu�en escrimeur, il fit, du premier choc, voler en �clats la lame de cette petite �p�e.

Philippe poussa un cri de col�re et, s��lan�ant � son tour vers le troph�e, chercha � y saisir une arme.

En ce moment, la porte secr�te du corridor s�ouvrit et, se d�tachant sur le cadre sombre, le comte apparut.

� Qu�y a-t-il, Fritz? demanda-t-il.

� Rien, monsieur, r�pliqua le serviteur en abaissant son �pieu, mais en se pla�ant comme une barri�re en face de son ma�tre, qui, debout sur les degr�s de l�escalier d�rob�, le dominait de la moiti� du corps.

� Monsieur le comte de F�nix, dit Philippe, est-ce l�habitude de votre pays que les laquais re�oivent un gentilhomme l��pieu � la main, ou est-ce une consigne particuli�re � votre noble maison?

Fritz abaissa son �pieu et, sur un signe du ma�tre, le d�posa dans un angle du vestibule.

� Qui �tes-vous, monsieur? demanda le comte distinguant mal Philippe � la lueur de la lampe qui �clairait l�antichambre.

� Quelqu�un qui veut absolument vous parler.

� Qui veut?

� Oui.

� Voil� un mot qui excuse bien Fritz, monsieur; car, moi, je ne veux parler � personne et, quand je suis chez moi, je ne reconnais � personne le droit de vouloir me parler. Vous �tes donc coupable d�un tort vis-�-vis de moi; mais, ajouta Balsamo avec un soupir, je vous le pardonne, � la condition cependant que vous vous retirerez et ne troublerez pas davantage mon repos.

� Il vous sied bien, en v�rit�, s��cria Philippe, de demander du repos, vous qui m�avez �t� le mien!

� Moi, je vous ai �t� votre repos? demanda le comte.

� Je suis Philippe de Taverney! s��cria le jeune homme croyant que, pour la conscience du comte, ce mot r�pondait � tout.

� Philippe de Taverney?� Monsieur, dit le comte, j�ai �t� bien re�u chez votre p�re, soyez le bien re�u chez moi.

� Ah! c�est fort heureux! murmura Philippe.

� Veuillez me suivre, monsieur.

Balsamo referma la porte de l�escalier d�rob�, et, marchant devant Philippe, il le conduisit au salon o� nous avons vu n�cessairement se d�rouler quelques-unes des sc�nes de cette histoire, et particuli�rement la plus r�cente de toutes celles qui s�y �taient pass�es, celle des cinq ma�tres.

Le salon �tait �clair� comme si on e�t attendu quelqu�un; mais il �tait �vident que c��tait par une des habitudes luxueuses de la maison.

� Bonsoir, monsieur de Taverney, dit Balsamo d�un son de voix doux et voil� qui for�a Philippe de lever les yeux sur lui.

Mais, � la vue de Balsamo, Philippe fit un pas en arri�re.

Le comte, en effet, n��tait plus que l�ombre de lui-m�me: ses yeux caves n�avaient plus de lumi�re; ses joues, en maigrissant, avaient encadr� la bouche de deux plis, et l�angle facial, nu et osseux, faisait ressembler toute la t�te � une t�te de mort.

Philippe demeura atterr�. Balsamo regarda son �tonnement, et un sourire d�une tristesse mortelle effleura ses l�vres p�les.

� Monsieur, dit-il, je vous fais mes excuses pour mon serviteur; mais, en v�rit�, il suivait sa consigne, et c�est vous, permettez-moi de vous le dire, qui vous �tiez mis dans votre tort en la for�ant.

� Monsieur, dit Philippe, il y a, vous le savez, dans la vie des situations extr�mes, et j��tais dans une de ces situations-l�.

Balsamo ne r�pondit point.

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