Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome IV
Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 70
Перейти на страницу:

Rien ne vint l��clairer. Il aper�ut seulement une fois le visage de la dauphine qui s�approcha de la fen�tre pour regarder derri�re les vitres la cour, que peut-�tre elle n�avait jamais vue.

Il put aussi distinguer le docteur Louis ouvrant cette fen�tre, afin de laisser passer un peu d�air dans la chambre. Quant � entendre ce qui se disait, quant � voir le jeu des physionomies, Gilbert ne le put; un �pais rideau, qui servait de store, retomba le long de la fen�tre et intercepta tout le sens de la sc�ne.

On peut juger des angoisses du jeune homme. Le m�decin, � l��il de lynx, avait d�couvert le myst�re. L��clat devait avoir lieu, non pas imm�diatement, car Gilbert supposait avec raison que la pr�sence de la dauphine serait un obstacle, mais tout � l�heure, entre le p�re et la fille, apr�s le d�part des deux personnes �trang�res.

Gilbert, ivre de douleur et d�impatience, battait avec sa t�te les deux parois de la mansarde.

Il vit M. de Taverney sortir avec madame la dauphine, et le docteur �tait d�j� parti.

C�est entre M. de Taverney et la dauphine, se dit-il, que l�explication aura lieu.

Le baron ne revint pas trouver sa fille; Andr�e resta seule chez elle et passa le temps sur son sofa, tant�t � une lecture que les spasmes et la migraine la for�aient d�interrompre, tant�t dans des m�ditations d�une profondeur et d�une impassibilit� tellement �tranges, que Gilbert les prenait pour des extases, lorsqu�il en surprenait une p�riode par l�entreb�illement du rideau que le vent soulevait.

Andr�e, fatigu�e de douleurs et d��motions, s�endormit. Gilbert profita de ce r�pit pour aller recueillir au dehors les bruits et les commentaires.

Ce temps lui fut pr�cieux, � cause des r�flexions qu�il lui donna le temps de faire.

Le danger �tait tellement imminent, qu�il s�agissait de le combattre par une r�solution soudaine, h�ro�que.

Ce fut le premier point d�appui sur lequel cet esprit chancelant, � force d��tre subtil, retrouva du ressort et du repos.

Mais quelle r�solution prendre? Un changement dans des circonstances pareilles est une r�v�lation. La fuite? Ah! oui! la fuite, avec cette �nergie de la jeunesse, avec cette vigueur du d�sespoir et de la peur, qui doublent les forces d�un homme et les �galent � celles de toute une arm�e� Se cacher le jour, marcher la nuit, et parvenir enfin�

O�?

En quel endroit se cacher si bien, que ne puisse y atteindre le bras vengeur de la justice du roi?

Gilbert connaissait les m�urs de la campagne. Que pense-t-on dans des pays presque sauvages, presque d�serts � car, pour les villes, il n�y faut pas songer �? Que pense-t-on dans une bourgade, dans un hameau, de l��tranger qui vient mendier un jour son pain, ou qu�on soup�onne de le voler? Et puis Gilbert se savait par c�ur: une figure remarquable, une figure qui d�sormais porterait l�empreinte ind�l�bile d�un secret terrible, attirerait l�attention du premier observateur. Fuir �tait d�j� un danger; mais �tre d�couvert, c��tait une honte.

La fuite devait faire juger Gilbert coupable; il repoussa cette id�e et, comme si son esprit n�e�t eu de forces que tout juste pour trouver une id�e, le malheureux, apr�s la fuite, trouva la mort.

C��tait la premi�re fois qu�il y songeait; l�apparition de ce lugubre fant�me qu�il �voqua ne lui occasionna aucune peur.

� Il sera toujours temps, se dit-il, de songer � la mort lorsque toutes les ressources seront �puis�es. D�ailleurs, c�est une l�chet� que de se tuer, M. Rousseau l�a dit; souffrir est plus noble.

Sur ce paradoxe, Gilbert releva la t�te et recommen�a ses courses vagues dans les jardins.

Il en �tait aux premi�res lueurs de la s�curit�, lorsque tout � coup Philippe, arrivant comme nous l�avons vu, bouleversa toutes ses id�es et le jeta dans une nouvelle s�rie de perplexit�s.

Le fr�re! le fr�re appel�! c��tait donc bien av�r�! La famille prenait le parti du silence; oui, mais avec toutes les investigations, tous les raffinements de d�tails qui, pour Gilbert, valait tout l�appareil tortionnaire de la Conciergerie, du Ch�telet et de la Tournelle. C�est alors qu�on le tra�nerait devant Andr�e, qu�on le forcerait � s�agenouiller, � confesser bassement son crime, et qu�on le tuerait comme un chien avec le b�ton ou le couteau. Vengeance l�gitime qui d�avance avait son immunit� dans les pr�c�dents d�une foule d�aventures.

Le roi Louis XV �tait fort complaisant pour la noblesse en semblables occasions.

Et puis Philippe �tait le plus redoutable vengeur que mademoiselle de Taverney p�t appeler � l�aide; Philippe, le seul de la famille qui e�t montr� � Gilbert des sentiments d�homme et presque d��gal, Philippe ne tuerait-il pas aussi s�rement le coupable avec un mot qu�avec le fer, si ce mot �tait: �Gilbert, vous avez mang� notre pain, et vous nous d�shonorez!�

Aussi avons-nous vu Gilbert se d�robant d�s la premi�re apparition de Philippe; aussi, en revenant, n�ob�it-il qu�� son instinct pour ne pas s�accuser lui-m�me et, d�s cet instant, concentra-t-il toutes ses forces vers un seul but: la r�sistance.

Il suivit Philippe, le vit monter chez Andr�e, causer avec le docteur Louis; il �pia tout, jugea tout, comprit le d�sespoir de Philippe. Il vit na�tre et grandir cette douleur: sa terrible sc�ne avec Andr�e, il la devina au jeu des ombres derri�re le rideau.

� Je suis perdu, pensa-t-il.

Et aussit�t, sa raison s��garant, il s�empara d�un couteau pour tuer Philippe, qu�il s�attendait � voir para�tre � sa porte�, ou pour se tuer lui-m�me, s�il le fallait.

Tout au contraire, Philippe se r�concilia avec sa s�ur; Gilbert le vit � genoux, baisant les mains d�Andr�e. C��tait un espoir nouveau, une porte de salut. Si Philippe n��tait pas encore mont� avec des cris de fureur, c��tait parce qu�Andr�e ignorait compl�tement le nom du coupable. Si elle, le seul t�moin, le seul accusateur ne savait rien, nul ne savait donc rien. Si Andr�e, fol espoir, savait et n�avait pas dit, c��tait plus que le salut, c��tait le bonheur, c��tait le triomphe.

D�s ce moment, Gilbert se haussa r�solument jusqu�au niveau de la situation. Rien ne l�arr�ta plus dans sa marche aussit�t qu�il eut recouvr� la nettet� de son coup d��il.

� O� sont les traces, dit-il, si mademoiselle de Taverney ne m�accuse pas? Et, fou que je suis, est-ce du r�sultat qu�elle m�accuserait, ou du crime? Or, elle ne m�a pas reproch� le crime: rien, depuis trois semaines, ne m�a indiqu� qu�elle me d�test�t ou m��vit�t plus qu�auparavant.

�Si donc elle n�a pas connu la cause, rien dans l�effet ne trahit moi plus qu�un autre. J�ai vu, moi, le roi lui-m�me dans la chambre de mademoiselle Andr�e. J�en t�moignerais, au besoin, devant le fr�re et, malgr� toutes les d�n�gations de Sa Majest�, on me croirait� Oui; mais ce serait l� un bien p�rilleux parti� Je me tairai: le roi a trop de moyens de prouver son innocence ou d��craser mon t�moignage. Mais, � d�faut du roi, dont le nom ne peut �tre invoqu� en tout ceci sous peine de prison perp�tuelle ou de mort, n�ai-je pas cet homme inconnu qui, la m�me nuit, a fait descendre mademoiselle de Taverney dans le jardin?� Celui-l� comment se d�fendra-t-il? Celui-l�, comment le devinerait-on? Comment le retrouverait-on si on le devinait? Celui-l� n�est qu�un homme ordinaire; je le vaux bien, et je me d�fendrai toujours bien contre lui. D�ailleurs, on ne songe pas m�me � moi. Dieu seul m�a vu�, ajouta-t-il en riant avec amertume. Mais ce Dieu qui tant de fois vit mes larmes et mes douleurs sans rien dire, pourquoi commettrait-il l�injustice de me r�v�ler en cette occasion, la premi�re qu�il m�ait fournie d��tre heureux?�

�Au surplus, si le crime existe, il est � lui et non � moi, et M. de Voltaire prouve surabondamment qu�il n�y a plus de miracles. Je suis sauv�, je suis tranquille, mon secret m�appartient. L�avenir est � moi.�

Apr�s ces r�flexions, ou plut�t apr�s cette composition avec sa conscience, Gilbert serra ses outils aratoires, alla prendre avec ses compagnons le repas du soir. Il fut gai, insouciant, provoquant m�me. Il avait eu des remords, il avait eu peur, c�est une double faiblesse qu�un homme, un philosophe, devait se h�ter d�effacer. Seulement, il comptait sans sa conscience: Gilbert ne dormit pas.

1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 70
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)