Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Du bois pour les cercueils - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Du bois pour les cercueils

Электронная книга - «Du bois pour les cercueils». Краткое содержание книги:

Le commissaire Gradenne prend froid dans l'hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine ?
Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d'une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts !
Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d'un Poulsard… ? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d'âge sans beaucoup d'affinage à la PJ, mais avec du… nez, avisé et goûteux !
1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 46
Перейти на страницу:

— C’est aussi mon avis.

— Cela dit, il faut se méfier de l’eau qui dort. Sans le bousculer, je l’ai quand même cuisiné un peu. Mais dès que je lui ai parlé de la nuit tragique, il s’est mis sur la défensive…

— Et à propos de Sidi Bleda ?

— J’ai abordé le sujet plusieurs fois, mais il ne réagit pas à ce nom. Je n’ai pas insisté parce que j’ai compris qu’il s’étonnait que je lui reparle de ce village.

— J’aimerais bien savoir qui a envoyé ces copies d’articles à Verdoux !

— Et Guardac, tu es allé voir ?

— Oui ! Il a en effet quitté l’usine des Landes le mardi soir, plus tôt qu’il l’avait d’abord prétendu. Il pouvait donc matériellement être ici dans la nuit de mercredi à jeudi. Il affirme être passé chez un oncle à Toulouse.

— Pourquoi ne pas l’avoir dit ?

– À cause de ses mauvaises relations avec Verdoux. Quand il a su que l’autre avait été trouvé mort dans l’atelier-pilote, il a préféré se mettre hors de cause.

— Ce n’est pas malin. Qu’en penses-tu ?

— Il m’a pourtant presque convaincu. Je découvre chaque jour un peu plus combien il y avait ici un climat de haine contre Verdoux. Manifestement, plus d’un lui en voulait. En apprenant cette mort dont il ignorait les circonstances, Guardac pouvait s’imaginer que quelqu’un lui avait réglé son compte. Ce qui finalement s’est révélé vrai. Je ne lui ai pas caché qu’il devenait particulièrement suspect et qu’il avait intérêt à justifier son emploi du temps. Je crois bien que je lui ai fichu la trouille. Mais je dois vous quitter, quelqu’un m’attend.

Effectivement, un homme très corpulent, en bleu de travail, patientait dans le couloir. Pas très grand, le cheveu rare, rouge de figure, il avait une soixantaine d’années et ne devait pas être loin de la retraite.

— Entrez, je vous prie, proposa Quentin.

Gilles Desmarais était chaudronnier. Il disposait d’un petit atelier un peu à l’écart car il avait besoin d’espace pour son activité. Il expliqua à Quentin qu’avec les nombreux conduits de gros diamètre pour le transport pneumatique des copeaux qu’il fallait périodiquement remplacer tout comme les cyclones, il ne manquait pas d’ouvrage. Il parlait fort et était un peu dur d’oreille comme la plupart des chaudronniers.

Célibataire, il vivait avec sa mère et cultivait un grand jardin. Homme plutôt rustique, il devait être plus à son affaire dans la mise en forme de ses tôles que dans un salon. Il se tenait bien droit sur la chaise devant Quentin, les deux mains sur le bureau, des mains massives, garnies de callosités qui attestaient d’un travail manuel intense.

— Comment étaient vos relations avec Verdoux ?

— Je le voyais très peu, le moins possible. Je suis tout seul dans mon atelier et, quand il arrivait, je m’arrangeais pour entreprendre un travail bruyant. Dès qu’il m’entendait taper sur une tôle, il repartait.

— Comment le trouviez-vous ?

— Comme un patron ! Plus rapide à engueuler qu’à encourager.

— Vous connaissez bien Michel Petrod ?

— Bien sûr ! On se connaît depuis l’école primaire.

— Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?

— Je crois que c’était le mercredi. Il devait voir le patron le soir.

— Vous savez pourquoi ?

— Il ne me l’a pas dit, mais je pense que c’était pour lui demander des congés. J’ai compris ça le lendemain quand j’ai su qu’il était en vacances.

— Que fait-il quand il ne travaille pas ?

— Oh ! lui, il est toujours dans les bois ou à la pêche. Il vit tout seul comme un homme libre. Sans trahir un grand secret, il a eu une vie sentimentale bien remplie, mais il ne s’est jamais fixé. Peut-être est-il avec une bonne amie ?

— Il n’a pas de famille ?

— Si, il a une sœur qui est mariée avec un éleveur en Auvergne. Il y va de temps en temps.

Quentin remercia Desmarais qui partit sans demander son reste. La nuit était tombée et le policier commençait à ressentir la fatigue des jours passés malgré l’arrivée de Ledran et les compliments de Gradenne. Il avait l’impression que la clé du mystère était à sa portée, mais il savait qu’il devait continuer à interroger tout le personnel pour ensuite comparer leurs emplois du temps. Dans cette région au climat rude qui avait subi les tourments de l’Histoire, il sentait les caractères bien trempés et les habitants imprégnés de cette énergie qu’ils retiraient de leurs terres, de leurs forêts, de leurs longs hivers, capables de garder des secrets. Un dicton lui revint en mémoire : « Comtois, têtes de bois ».

— J’ai envie de rentrer, pas toi ?

Quentin sursauta. Plongé dans ses pensées, il n’avait pas entendu venir Ledran.

— Vous avez raison. En voilà assez pour aujourd’hui, allons voir comment va notre commissaire.

— Tu ne pourrais pas te décider à me tutoyer ? Ne me dis pas que c’est à cause de notre différence d’âge. Cela me donne un coup de vieux.

— Je vais faire un effort, répondit Quentin en souriant.

Ils trouvèrent Gradenne dans le salon lisant le journal confortablement calé dans un fauteuil. Il semblait bien reposé et de bonne humeur.

— C’est toi, Bruchet, qui a tuyauté le journaliste de la Dépêche comtoise ? Je ne sais pas ce que tu lui as dit. Son article est tout simplement incompréhensible. Alors, il paraît que je suis la plaque tournante de l’enquête ? Je te remercie, je ne savais pas que j’avais joué un rôle aussi important. Et puis, tu aurais pu sourire pour la photo. Tu ressembles à un contrôleur des impôts.

— Vous allez bien, patron, vous serez d’attaque pour demain ?

— Je me suis ménagé pour ça. Je vous attendais pour l’apéro. Vous me raconterez vos découvertes de cet après-midi, et moi je vous dirai ce que Patsky a trouvé.

Quentin et Ledran s’installèrent à côté de lui et Moutiers apporta le Savagnin qui faisait maintenant office de traitement pour la grippe, accompagné d’une assiette garnie de tranches de saucisson et de petits morceaux de Comté avec une corbeille de pain de campagne.

— Ah ! Je me sens tout de suite beaucoup mieux, dit Gradenne en faisant claquer sa langue. À présent je vous écoute.

Chacun à son tour, les deux collègues racontèrent leurs entretiens. Le commissaire écoutait avec une grande concentration. Il avait bu son premier verre sans s’en rendre compte.

— Je me sens encore un peu faible, dit-il en clignant de l’œil, j’aurais encore besoin de fortifiant. Patron ? cria-t-il. Remettez-nous ça !

Quentin se sentait bien, peut-être un peu trop et, d’un signe de la main, fit comprendre à Gradenne qu’il craignait de dépasser ses limites s’il continuait à boire. Le commissaire d’un grand geste balaya ses scrupules et l’invita à prendre du bon temps.

— Je ne pousse pas au vice, Bruchet, mais il faut savoir se détendre. Il y a un temps pour tout. Pendant la journée, je vous invite à être sobre. Mais rien de tel qu’un bon vin du pays pour se rincer la cervelle et en extraire le maximum d’idées. Je sens que nous nous rapprochons de plus en plus du but. Si demain Petrod n’est pas revenu, je le fais rechercher. Son absence commence à être suspecte.

— Nous pourrions aussi perquisitionner son domicile, suggéra Quentin.

— C’est une idée, mais, pour l’instant, nous n’avons pas vraiment de bonne raison de le faire. J’en toucherai un mot au juge.

— Ce qui est troublant, poursuivit Ledran, c’est que les deux hommes ont eu des mots. Et comme par hasard, selon les témoignages, Petrod avait rendez-vous avec Verdoux le mercredi soir. Depuis, l’un est mort et l’autre a disparu.

1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 46
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)