Du bois pour les cercueils
- Автор: Ragon Claude
- Год: 2010
- Язык: французский
- Год: Editions Fayard
- ISBN: 978-2213654706
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «Du bois pour les cercueils». Краткое содержание книги:
Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d'une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts !
Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d'un Poulsard… ? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d'âge sans beaucoup d'affinage à la PJ, mais avec du… nez, avisé et goûteux !
— Que veux-tu, mon pauvre ami, dans certains cas, la fin justifie les moyens. Il nous est bien arrivé de fermer parfois les yeux en échange d’informations… Les indicateurs et les espions ne sont pas des enfants de chœur… Je pense néanmoins que ce Verdoux n’est pas représentatif de l’armée. Celle-ci a compté des hommes d’honneur comme le général de la Bollardière et l’adjudant Wasser, mais aussi bien d’autres qui resteront anonymes.
— Je n’ai pas été un témoin direct de la guerre d’Algérie, intervint Quentin, mais d’après tout ce que j’ai lu, la France n’a pas toujours été très correcte !
– À la guerre comme à la guerre… Ceux d’en face n’étaient pas des tendres non plus ! Les pratiques de la chevalerie sont loin derrière nous… Crois-tu qu’il soit digne de bombarder des villes et de tuer des civils innocents ? Tu es jeune et idéaliste. C’est bien, mais tu risques de perdre tes illusions…
— Je m’en faisais sur les espions, dit Quentin. J’imaginais des hommes cultivés, parlant plusieurs langues et distingués…
— Comme James Bond ? plaisanta Ledran.
— Peut-être, répondit Quentin en souriant. À chacun son cinéma ou ses caricatures !
— Je connais plusieurs agents de nos services, reprit Gradenne. Certains sont bien, mais, par définition, les meilleurs passent inaperçus. Tout dépend du milieu qu’ils doivent infiltrer. À certains, on donnerait le bon Dieu sans confession pourvu qu’ils inspirent confiance. Ah ! je me sens bien, dit le commissaire en s’étirant. Dommage que l’aubergiste ne nous ait pas laissé la bouteille. J’aurais bien repris encore un verre.
Quentin regarda le commissaire du coin de l’œil et se demanda s’il n’avait pas un peu trop bu.
— En parlant d’espion, j’en ai rencontré un il y a peu de temps, ou plutôt une, car il y a aussi des femmes dans cette compagnie. Elle n’a pas vraiment la tête de l’emploi ! Il s’agit d’une personne charmante qui pourrait être ma fille. Pour approcher des militaires anglais, elle a une couverture astucieuse. Elle est supposée faire des études. Qui se méfierait d’elle ? Il faudra que je te la présente, Bruchet. Je suis sûr qu’elle te plairait.
— Je pense que nous ferions mieux d’aller nous reposer, préféra dire Quentin qui commençait à se sentir mal à l’aise.
— Tu as raison, acquiesça Gradenne en se levant lourdement.
Il titubait et dut se rattraper au dossier du fauteuil.
— Je vais quand même te dire son nom, dit-il en mettant sa main sur l’épaule de Quentin. Elle s’appelle Chloé Nartier.
— Comment ? cria Quentin. Quel nom avez-vous dit ? Vous avez bu décidément ?
— Chloé Nartier. Pourquoi ce nom vous met dans un tel état ? Je sais qu’il n’est jamais prudent de parler de ces gens-là, mais nous sommes entre nous…
Quentin était abasourdi.
— Et vous dites que c’est une espionne ?
C’est alors que le visage de Gradenne se transforma. Il sembla dégrisé d’un seul coup et partit d’un grand éclat de rire au grand étonnement de Ledran et de Quentin. Il se tenait les côtes et retomba sur son fauteuil.
— Ah ! si tu voyais ta tête. Je t’ai bien eu, hein ?
— Mais comment connaissez-vous ?…
— Assieds-toi, je vais te raconter sinon tu ne dormiras pas bien. Tu as vraiment cru que j’étais bourré ? Vois-tu, il m’en faut davantage. J’y suis allé au bluff et, encore une fois ça a marché. Hier, tu as donné une lettre à Moutiers pour qu’il la poste.
— Oui, c’est vrai.
— Quand le facteur est passé, c’est madame Moutiers qui était là. Or, tu t’étais trompé dans l’affranchissement. Elle a cru que c’était moi qui avais écrit la lettre et elle est venue me voir. J’ai aussitôt compris que tu en étais l’auteur et j’ai deviné de quoi il s’agissait. Rassure-toi, j’ai complété l’affranchissement. Le reste était facile à deviner. Un nom français avec pour adresse une université anglaise… Ce soir, le nom m’est revenu et je t’ai fait cette petite farce. Je t’avais d’abord sondé un peu en te parlant d’une mission outre-Manche.
Quentin était confus et se sentait ridicule.
— Mais alors, il n’y a pas de mission pour moi ?
— Cela dépend. Tu pourrais par exemple prendre une semaine de congé à Pâques pour aller goûter le pudding. Mais tu peux toujours refuser…
Les trois policiers rirent de bon cœur. Ledran avoua qu’il avait gobé le canular en s’étonnant néanmoins que Gradenne lâche aussi facilement des informations secrètes. Quentin, lui, fut soulagé après avoir eu très peur.
Le butin du cambriolage fut retrouvé le lendemain dans la cave des Verdoux. Des analyses complémentaires confirmèrent que « le cadavre de la presse » était bien celui de Michel Petrod. Plus tard, l’épouse fut jugée et condamnée.
L’auteur de la lettre anonyme ne fut jamais formellement identifié, même si Quentin continuait à avoir sa petite idée…
L’ingénieur Chatel fut nommé directeur de l’usine de Berthonex, mais celle-ci ferma un an plus tard.
Du même auteur
L’assassin n’aimait pas les livres Atelier de presse, 2007
PRIX DU QUAI DES ORFÈVRES
Le Prix du Quai des Orfèvres, fondé en 1946 par Jacques Catineau, est destiné à couronner chaque année le meilleur manuscrit d’un roman policier inédit, œuvre présentée par un écrivain de langue française.
• Le montant du prix est de 777 euros, remis à l’auteur le jour de la proclamation du résultat par M. le Préfet de police. Le manuscrit retenu est publié, dans l’année, par la Librairie Arthème Fayard, le contrat d’auteur garantissant un tirage minimal de 50 000 exemplaires.
• Le jury du Prix du Quai des Orfèvres, placé sous la présidence effective du Directeur de la Police Judiciaire, est composé de personnalités remplissant des fonctions ou ayant eu une activité leur permettant de porter un jugement sur les œuvres soumises à leur appréciation.
• Toute personne désirant participer au Prix du Quai des Orfèvres peut en demander le règlement à :
La date de réception des manuscrits est fixée au plus tard au 15 avril de chaque année.