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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Des menaces! s��cria la fi�re Andr�e, des menaces � une femme!

Et elle se leva p�le et mena�ante elle-m�me.

� Oui, des menaces, non pas � une femme, mais � une cr�ature sans foi, sans honneur.

� Des menaces! continua Andr�e en s�exasp�rant peu � peu; des menaces � moi qui ne sais rien, qui ne comprends rien, qui vous regarde tous comme des fous sanguinaires ligu�s pour me faire mourir de chagrin, sinon de honte!

� Eh bien, oui! s��cria Philippe, meurs donc! meurs donc, si tu n�avoues; meurs � l�instant m�me. Dieu te juge, et je vais te frapper.

Et le jeune homme ramassa convulsivement son �p�e, et, prompt comme l��clair, en appuya la pointe sur la poitrine de sa s�ur.

� Bien, bien, tuez-moi! s��cria celle-ci sans s�effrayer de l��clair qui jaillit de la lame, sans chercher � �viter la douleur de la piq�re.

Et elle s��lan�a en avant, pleine de douleur et de d�mence, et son �lan fut si vif, que l��p�e lui e�t travers� la poitrine sans la subite terreur de Philippe et la vue de quelques gouttes de sang qui tach�rent la mousseline jet�e autour du cou de sa s�ur.

Le jeune homme �tait au bout de sa force et de sa col�re: il recula, laissa �chapper le fer de ses mains et, tombant � genoux avec des sanglots, il entoura de ses bras le corps de la jeune fille.

� Andr�e! Andr�e! s��cria-t-il, non! non! c�est moi qui mourrai. Tu ne m�aimes plus, tu ne me connais plus, je n�ai plus rien � faire en ce monde. Oh! tu aimes quelqu�un � ce point, Andr�e, que tu pr�f�res la mort � un aveu vers� dans mon sein? O Andr�e! ce n�est pas toi qui dois mourir, c�est moi qui mourrai.

Et il fit un mouvement pour fuir; mais d�j� Andr�e l�avait saisi par le cou avec ses deux mains, �gar�e, le couvrant de baisers, le baignant de larmes.

� Non, non, dit-elle, tu avais raison d�abord. Tue-moi, Philippe; car on dit que je suis coupable. Mais toi, si noble, si pur, si bon, toi que personne n�accuse, vis, et seulement plains-moi au lieu de me maudire.

� Eh bien, ma s�ur, reprit le jeune homme, au nom du ciel, au nom de notre amiti� d�autrefois, voyons, ne crains rien, ni pour toi, ni pour celui que tu aimes; celui-l�, quel qu�il soit, me sera sacr�, f�t-il mon plus grand ennemi, f�t-il le dernier des hommes. Mais je n�ai pas d�ennemi, Andr�e; mais tu es si noble de c�ur et de pens�e, que tu dois avoir bien choisi ton amant. Eh bien, celui que tu as choisi, je vais l�aller trouver, je vais l�appeler mon fr�re. Tu ne dis rien; mais un mariage entre toi et lui est donc impossible? Est-ce cela que tu veux dire? Eh bien, soit! je me r�signerai, je garderai toute ma douleur pour moi, j��toufferai cette voix imp�rieuse de l�honneur qui demande du sang. Je n�exige plus rien de toi, pas m�me le nom de cet homme. Soit, cet homme t�a plu, il m�est cher� Seulement, nous quitterons la France, nous fuirons ensemble. Le roi t�a fait don d�une riche parure, � ce qu�on m�a dit: eh bien, nous la vendrons; nous enverrons la moiti� du prix � notre p�re; puis, avec l�autre, nous vivrons ignor�s; je serai tout pour toi, Andr�e. Tu seras tout pour moi. Moi, moi, je n�aime personne; tu vois bien que je te suis d�vou�. Andr�e, tu vois ce que je fais; tu vois que tu peux compter sur mon amiti�; voyons, me refuseras-tu encore ta confiance, apr�s ce que je viens de dire? Voyons, voyons, ne m�appelleras-tu pas ton fr�re?

Andr�e avait �cout� en silence tout ce que venait de dire le jeune homme �perdu.

Le battement de son c�ur indiquait seul la vie; son regard seul indiquait la raison.

� Philippe, dit-elle apr�s un long silence, tu as pens� que je ne t�aimais plus, pauvre fr�re! tu as pens� que j�avais aim� un autre homme; tu as pens� que j�avais oubli� la loi de l�honneur, moi qui suis fille noble et qui comprends tous les devoirs que ce mot m�impose!� Mon ami, je te le pardonne; oui, oui, en vain m�as-tu crue inf�me, en vain m�as-tu appel�e l�che; oui, oui, je te pardonne, mais je ne te pardonnerai pas si tu me crois assez impie, assez vile pour te faire un faux serment. Je te jure, Philippe, par le Dieu qui m�entend, par l��me de ma m�re, qui ne m�a point assez prot�g�e, h�las! � ce qu�il para�t; je te jure, par mon ardent amour pour toi, que jamais une pens�e d�amour n�a distrait ma raison; que jamais homme ne m�a dit: �Je t�aime�, que jamais bouche ne m�a bais� la main; que je suis pure d�esprit, vierge de d�sirs, et cela comme au jour de ma naissance. Maintenant, Philippe, maintenant Dieu ait mon �me, tu tiens mon corps entre tes mains.

� C�est bien, dit Philippe apr�s un long silence; c�est bien, Andr�e, je te remercie. � pr�sent, je vois clair jusqu�au fond de ton c�ur. Oui, tu es pure, innocente, ch�re victime; mais il est des boissons magiques, des philtres empoisonn�s; quelqu�un t�a tendu un pi�ge inf�me: ce que, vivante, nul n�e�t pu t�arracher avec la vie, eh bien, on te l�aura d�rob� pendant ton sommeil. Tu es tomb�e dans quelque pi�ge, Andr�e; mais maintenant nous voil� unis; par cons�quent, maintenant, nous voil� forts. Tu me confies le soin de ton honneur, n�est-ce pas, et celui de ta vengeance?

� Oh! oui, oui, dit vivement Andr�e avec un sombre �clat; oui, car, si tu me venges, ce sera d�un crime.

� Eh bien, continua Philippe, voyons, aide-moi, soutiens-moi. Cherchons ensemble, remontons heure � heure les jours �coul�s; suivons le fil secourable du souvenir et, au premier n�ud de cette trame obscure�

� Oh! je le veux! je le veux! dit Andr�e; cherchons.

� Voyons, as-tu remarqu� que quelqu�un te suivit, te guett�t?

� Non.

� Personne ne t�a �crit?

� Personne.

� Pas un homme ne t�a dit qu�il t�aimait?

� Pas un.

� Les femmes ont pour cela un instinct remarquable; � d�faut de lettres, � d�faut d�aveu, as-tu jamais remarqu� que quelqu�un te� d�sir�t?

� Je n�ai jamais rien remarqu� de pareil.

� Ch�re s�ur, cherche dans les circonstances de ta vie, dans les d�tails intimes.

� Guide-moi.

� As-tu fait quelque promenade seule?

� Jamais, que je me rappelle, si ce n�est pour aller chez madame la dauphine.

� Quand tu t��loignais dans le parc, dans la for�t?

� Nicole m�accompagnait toujours.

� � propos, Nicole, elle t�a quitt�e?

� Oui.

� Quel jour?

� Le jour m�me de ton d�part, � ce que je crois.

� C��tait une fille de m�urs suspectes. As-tu connu les d�tails de sa fuite? Cherche bien.

� Non; je sais seulement qu�elle est partie avec un jeune homme qu�elle aimait.

� Quels sont tes derniers rapports avec cette fille?

� Oh! mon Dieu, vers neuf heures, elle est entr�e, comme d�habitude, dans ma chambre, m�a d�shabill�e, m�a pr�par� mon verre d�eau et est sortie.

� Tu n�as point remarqu� qu�elle m�l�t une liqueur quelconque dans cette eau?

� Non; d�ailleurs, cette circonstance n�aurait aucune importance, car je me rappelle qu�au moment o� je portais le verre � ma bouche, j�ai �prouv� une sensation �trange.

� Laquelle?

� La m�me que j�avais �prouv�e un jour � Taverney.

� � Taverney?

� Oui, lors du passage de cet �tranger.

� De quel �tranger?

� Du comte de Balsamo.

� Du comte de Balsamo? Et quelle �tait cette sensation?

� Oh! quelque chose comme un vertige, comme un �blouissement, puis la perte de toutes mes facult�s.

� Et tu avais �prouv� cette impression � Taverney, dis-tu?

� Oui.

� Dans quelle circonstance?

� J��tais � mon piano, je me sentis d�faillir: je regardai devant moi, j�aper�us le comte dans une glace. � partir de ce moment, je ne me souviens plus de rien, si ce n�est que je me r�veillai � mon piano sans pouvoir mesurer le temps que j�avais dormi.

� C�est la seule fois, dis-tu, que tu as �prouv� cette singuli�re sensation?

� Et une fois encore, le jour ou plut�t la nuit du feu d�artifice. J��tais entra�n�e par toute cette foule, sur le point d��tre broy�e, an�antie; je r�unissais toutes mes forces pour lutter; tout � coup, mes bras raidis se d�tendirent, un nuage enveloppa mes yeux; mais, � travers ce nuage, j�eus encore le temps de voir ce m�me homme.

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