Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
Puis, � sa s�ur:
� Andr�e, continua-t-il, soyez loyale et franche avec le docteur.
La jeune fille haussa les �paules, comme si elle ne pouvait m�me pas comprendre ce qu�on lui voulait dire.
Philippe reprit:
� Mais, tandis qu�il va vous questionner sur votre sant�, j�irai faire un tour dans le parc. L�heure � laquelle j�ai demand� mon cheval n�est point encore venue, en sorte que je pourrai te revoir avant mon d�part, et causer encore un instant avec toi.
Et il serra la main d�Andr�e en essayant de sourire.
Mais il y avait pour la jeune fille quelque chose de contraint et de convulsif dans ce serrement et dans ce sourire.
Le docteur reconduisit gravement Philippe jusqu�� la porte d�entr�e, qu�il ferma.
Apr�s quoi, il revint s�asseoir sur le m�me sofa o� Andr�e �tait assise.
Chapitre 144. La consultation
Le plus profond silence r�gnait dehors.
Pas un souffle de vent ne passait dans l�air, pas une voix humaine ne retentissait; la nature �tait calme.
D�un autre c�t�, tout le service de Trianon �tait termin�; les gens des �curies et des remises avaient regagn� leurs chambres; la petite cour �tait d�serte.
Andr�e sentait bien au fond de son c�ur quelque �motion de l�esp�ce d�importance que Philippe et le m�decin donnaient � cette maladie.
Elle s��tonnait bien un peu de cette singularit� du retour du docteur Louis, qui, le matin m�me, avait d�clar� la maladie insignifiante et les rem�des inutiles; mais, gr�ce � sa candeur profonde, le miroir resplendissant de l��me n��tait pas m�me terni par le souffle de tous ces soup�ons divers.
Tout � coup, le m�decin, qui n�avait cess� de la regarder, apr�s avoir dirig� sur elle la lumi�re de la lampe, lui prit la main comme un ami ou un confesseur, et non plus le pouls comme un m�decin.
Ce geste inattendu �tonna beaucoup la susceptible Andr�e; elle fut un moment pr�s de retirer sa main.
� Mademoiselle, demanda le docteur, est-ce vous qui avez d�sir� me voir, ou n�ai-je c�d�, en revenant, qu�au d�sir de votre fr�re?
� Monsieur, r�pondit Andr�e, mon fr�re est rentr� en m�annon�ant que vous alliez revenir; mais, d�apr�s ce que vous m�aviez fait l�honneur de me dire ce matin du peu de gravit� de ma maladie, je n�eusse point pris la libert� de vous d�ranger de nouveau.
Le docteur s�inclina.
� Monsieur votre fr�re, continua-t-il, para�t tr�s emport�, jaloux de son honneur, et intraitable sur certaines mati�res; voil� sans doute pourquoi vous avez refus� de vous ouvrir � lui?
Andr�e regarda le docteur comme elle avait regard� Philippe.
� Vous aussi, monsieur? dit-elle avec une supr�me hauteur.
� Pardon, mademoiselle, laissez-moi achever.
Andr�e fit un geste qui indiquait la patience, ou plut�t la r�signation.
� Il est donc naturel, continua le docteur, qu�en voyant la douleur et qu�en pressentant la col�re de ce jeune homme, vous ayez obstin�ment gard� votre secret; mais vis-�-vis de moi, mademoiselle, de moi qui suis, croyez-le bien, le m�decin des �mes autant que celui du corps, de moi qui vois et qui sais, de moi qui, par cons�quent, vous �pargne la moiti� du p�nible chemin des r�v�lations, j�ai le droit d�attendre que vous soyez plus franche.
� Monsieur, r�pondit Andr�e, si je n�avais vu le visage de mon fr�re s�assombrir et prendre le caract�re d�une v�ritable douleur, si je ne consultais votre ext�rieur v�n�rable et la r�putation de gravit� dont vous jouissez, je croirais que vous vous entendez tous deux pour jouer une com�die � mes d�pens, et pour me faire prendre, � la suite de la consultation, par suite de la peur que vous m�auriez faite, quelque m�decine bien noire et bien am�re.
Le docteur fron�a le sourcil.
� Mademoiselle, dit-il, je vous en supplie, arr�tez-vous dans cette voie de dissimulation.
� De dissimulation! s��cria Andr�e.
� Aimez-vous mieux que je dise d�hypocrisie?
� Mais, monsieur, s��cria la jeune fille, vous m�offensez!
� Dites que je vous devine.
� Monsieur!
Andr�e se leva; mais le docteur la for�a doucement � se rasseoir.
� Non, continua-t-il, non, mon enfant, je ne vous offense pas, je vous sers; et, si je vous convaincs, je vous sauve!� Ainsi, ni votre regard courrouc�, ni l�indignation feinte qui vous anime, ne me feront changer de r�solution.
� Mais que voulez-vous, qu�exigez-vous, mon Dieu?
� Avouez, ou, sur mon honneur, vous me donnerez de vous une mis�rable opinion.
� Monsieur, encore une fois, mon fr�re n�est point l� pour me d�fendre, et je vous dis que vous m�insultez, et que je ne comprends pas, et que je vous somme de vous expliquer clairement, nettement, � propos de cette pr�tendue maladie.
� Pour la derni�re fois, mademoiselle, reprit le docteur �tonn�, voulez-vous m��pargner la douleur de vous faire rougir?
� Je ne vous comprends pas! je ne vous comprends pas! je ne vous comprends pas! r�p�ta trois fois Andr�e regardant le docteur avec des yeux �tincelants d�interrogation, de d�fi et presque de menace.
� Eh bien, moi, je vous comprends, mademoiselle: vous doutez de la science, et vous esp�rez cacher votre �tat � tout le monde; mais, d�trompez vous, d�un seul mot j�abattrai tout votre orgueiclass="underline" vous �tes enceinte!�
Andr�e poussa un cri terrible et tomba renvers�e sur le sofa.
Ce cri fut suivi d�un bruit de porte violemment pouss�e, et Philippe bondit au milieu de la chambre, l��p�e au poing, l��il sanglant, les l�vres tremblantes.
� Mis�rable! dit-il au docteur, vous mentez.
Le docteur se tourna lentement vers le jeune homme, sans avoir quitt� le pouls d�Andr�e, qui palpitait demi-morte.
� J�ai dit ce que j�ai dit, monsieur, r�pliqua le docteur avec m�pris, et ce n�est point votre �p�e, nue ou au fourreau, qui me fera mentir.
� Docteur! murmura Philippe en laissant tomber son �p�e.
� Vous avez d�sir� que je contr�lasse, par une seconde �preuve, mon premier examen; je l�ai fait: maintenant, la certitude est fond�e, acquise, rien ne me l�arrachera du c�ur. Je le regrette vivement, jeune homme; car vous m�avez inspir� autant de sympathie que cette jeune fille m�inspire d�aversion par sa pers�v�rance dans le mensonge.
Andr�e demeurait immobile; mais Philippe fit un mouvement.
� Je suis p�re de famille, monsieur, continua le docteur, et je comprends tout ce que vous pouvez, tout ce que vous devez souffrir. Je vous offre donc mes services, comme je vous promets ma discr�tion. Ma parole est sacr�e, monsieur, et tout le monde vous dira que je tiens plus � ma parole qu�� ma vie.
� Oh! mais, monsieur, c�est impossible!
� Je ne sais si c�est impossible, mais c�est vrai. Adieu, monsieur de Taverney.
Et le docteur s�en retourna du m�me pas calme et lent, apr�s avoir affectueusement regard� le jeune homme, qui se tordait de douleur et qui, au moment o� se refermait la porte, tombait ab�m� de douleur sur un fauteuil, � deux pas d�Andr�e.
Le m�decin parti, Philippe se leva, alla fermer la porte du corridor, celle de la chambre, les fen�tres, et, s�approchant d�Andr�e, qui le regardait avec stupeur faire ces sinistres pr�paratifs:
� Vous m�avez l�chement et stupidement tromp�, dit-il en se croisant les bras; l�chement, parce que je suis votre fr�re, parce que j�ai eu la faiblesse de vous aimer, de vous pr�f�rer � tout, de vous estimer plus que tout, et que cette confiance de ma part devait au moins provoquer la v�tre � d�faut de tendresse; stupidement, parce qu�aujourd�hui l�inf�me secret qui nous d�shonore est au pouvoir d�un tiers; parce que, malgr� votre discr�tion, peut-�tre il a �clat� � d�autres yeux; parce que enfin, si vous m�eussiez avou� � moi tout d�abord la situation o� vous vous trouvez, je vous eusse sauv�e de la honte, sinon par affection, du moins par �go�sme; car, enfin, je m��pargnais en vous sauvant. Voil� comment et en quoi vous avez failli surtout. Votre honneur, tant que vous n��tes pas mari�e, appartient en commun � tous ceux dont vous portez, c�est-�-dire dont vous souillez le nom. Or, maintenant, je ne suis plus votre fr�re, puisque vous m�avez d�ni� ce titre; maintenant, je suis un homme int�ress� � vous arracher par tous les moyens possibles le secret tout entier, afin que, de cet aveu, il jaillisse pour moi une r�paration quelconque. Je viens donc � vous plein de col�re et de r�solution, et je vous dis: Puisque vous avez �t� assez l�che pour esp�rer en un mensonge, vous serez punie comme on punit les l�ches. Avouez-moi donc votre crime, ou�