Mortels trafics
- Автор: Pouchairet Pierre
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Fayard
- ISBN: 978-2213701394
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:
— Il n’y a quasiment pas de trafic. On n’a pas croisé une voiture depuis un quart d’heure. On va se les faire ici, en pleine campagne. Il y a des glissières de chaque côté. On peut aisément leur barrer la route.
Sans le savoir, la BM d’Eduardo se trouvait maintenant enserrée dans un dispositif constitué d’une voiture devant lui et de trois à l’arrière. Arrivé au sommet d’une côte, son chauffeur fut surpris par le véhicule immobilisé au milieu de la chaussée. Il pila de toutes ses forces. Le corps du Mexicain fut retenu par la ceinture, les passagers arrière non sanglés, s’écrasèrent contre les sièges avant.
Le conducteur tenta un coup de volant pour doubler. Impossible, une voiture s’était arrêtée sur la gauche à son niveau. Derrière lui, un choc léger. Ils étaient bloqués, prisonniers de leur habitacle ! Seule issue possible, sur le bas-côté, une glissière ? Tout autour, des hommes armés, avec des brassards « Police ». Eduardo pensa à des collègues à lui, braqués par une équipe concurrente déguisée en flics. Sa main se rapprocha de son calibre…
Le chef du groupe d’intervention n’avait rien raté de ce geste. Il raffermit la pression sur la queue de détente.
— Tes mains, lève tes mains !
Les regards s’affrontèrent. Eduardo se ravisa. Il avait bien affaire à de vrais policiers et c’était un moindre mal. En un dixième de seconde, il examina sa situation et se dit qu’ils ne portaient avec eux que des armes et de l’argent. Ça n’irait pas loin. Il décida ce que la sagesse lui dictait, sachant qu’on sortait plus facilement d’une prison que d’un cercueil.
— On se rend !
Aurélien sentit le regard de son adversaire vaciller. Il abandonnait. Il le regarda relever ses mains et les poser sur sa tête. Dans une belle synchronisation, les flics firent basculer ce joli monde sur la chaussée. Quatre prisonniers de plus.
L’arrestation de Fahrid, bloqué au péage autoroutier à l’entrée de Toulouse, fut plus mouvementée. Bien qu’encerclé, il défia jusqu’au bout les flics qui le braquaient :
— Vous n’avez qu’à me flinguer !
Pied au plancher, il éperonna la Ford Mondeo qui le devançait. Les pneus du 4 × 4 patinèrent sur le bitume. Un policier au contact de la BM tira presque à bout touchant dans une roue, rapidement imité par ses collègues. Avec quatre pneus crevés, la voiture n’irait pas loin. Mais Fahrid ne voulait pas entendre raison. Un policier fouetta la vitre passager d’un coup de menottes. Couvert d’éclats de verre, le visage tordu par la haine, la bave aux lèvres, Fahrid ne faiblissait pas. Le moteur rugissait à plein régime, les pneus se désintégraient sur place, mais rien n’y faisait. La Mondeo qui le bloquait bougea légèrement. Coup de volant, le 4 × 4 avançait sur les jantes. Encore quelques mètres, il heurta une nouvelle voiture de police. Hissé sur le marchepied, un flic arriva à glisser une main jusqu’au système d’ouverture. Quand Fahrid s’en rendit compte, il l’attrapa et se mit à le mordre. La portière s’ouvrit, le policier hurlait de douleur, il se dégagea et le voyou se retrouva projeté au sol à la merci du reste du groupe. Il l’avait bien cherché, des flics moins aguerris l’auraient certainement criblé de balles, et c’est presque à regret que le chef de dispo sonna la fin de la récréation. Pas la peine de donner à cette petite pourriture l’occasion de se plaindre, et mieux valait se prémunir de l’arrivée de témoins toujours prompts à utiliser leur smartphone avec l’idée de témoigner qu’ils avaient assisté à des violences policières…
28
Informée du résultat des interventions, Léanne leva les yeux au ciel en apprenant qu’une nouvelle partie de stock-car avait eu lieu à Toulouse. Au final, ils avaient deux voitures chargées de drogue, les deux chauffeurs, quatre convoyeurs venant d’Espagne et un motard. Ils avaient décidé de laisser filer les reubeus parisiens venus récupérer Fahrid… Ils les retrouveraient plus tard dans leur cité. Les bikers et Braghanti toujours en filature, celui-ci serait interpellé à son arrivée à Nice. S’il tentait de fausser compagnie au dispositif, les flics de la BRI qui le suivaient, avaient pour consigne de le serrer.
Léanne avait son idée sur la suite des opérations :
— Je veux que l’IJ fasse des recherches sur tout, empreintes et ADN, pareil pour la voiture d’Eduardo et l’argent. Je vais demander des dépanneuses pour tout rapatrier sur Nice.
Au téléphone, le commissaire s’étouffa.
— Poh ! poh ! poh ! on se calme. Je sais combien coûte ce genre de sport et la juge aussi. Vous les emmenez à Carcassonne, et une équipe de l’IJ viendra les examiner. La BM endommagée restera dans un garage sur place.
Léanne râla pour le principe.
— Je propose qu’on y commence les gardes à vue. On peut rester cette nuit. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Vignon hésitait encore.
— Ils veulent des avocats ?
— Je ne sais pas. Le motard et le chauffeur ont demandé un commis d’office. Pour ceux interpellés ailleurs, les collègues devaient leur signifier les gardes à vue et me rappeler. Justement, s’ils exigent un avocat, on est bloqué. On ne peut pas partir, il faut plusieurs heures pour rejoindre Nice.
Cette arrestation allait coûter un bras. Léanne ne lâcha pas :
– Écoutez-moi, de toute manière, si on doit attendre que l’IJ de Montpellier arrive et qu’elle examine les voitures, on sera déjà au milieu de la nuit. Si on reste ici, le Parisien peut encore entendre les gens dans le cadre de son flag.
Elle imagina le commissaire en train de se tortiller sur son siège, et de triturer un stylo. Elle trouva un nouvel argument :
— Vous allez participer au serrage de Braghanti ?
— Oui, j’allais partir.
— Justement, quand vous l’aurez, avec un peu de chance, il ne saura pas qu’on vient de taper. Vous pourrez jouer avec, il va croire au coup de bluff. Il commencera par faire le malin et ensuite, il va s’en prendre plein la tronche quand on abaissera nos cartes… Si on a tout le monde en même temps à Nice, les geôles de garde à vue, vous savez comme moi que ce n’est pas étanche. Ils arriveront à communiquer entre eux…
Elle insista sur le point le plus important à ses yeux :
— Après une première audition ici, ça va se décanter, on saura quels sont les maillons faibles. Demain, en voiture, on aura quatre heures de route pour discuter sans que ce soit consigné… Ça peut servir, non ?
La conversation traîna encore, jusqu’à ce que Léanne raccroche et s’adresse au dispositif :
— On rentre à Carcassonne ! On ramène les voitures et on commence les gardes à vue au commissariat.
— Je connais, c’est petit pour tout ce monde ! s’avisa un collègue.
— On en mettra chez les gendarmes s’il faut… À propos de gendarme, appelez notre ami, le major du peloton autoroutier, il s’occupera de joindre le garage de permanence pour transporter les véhicules saisis. L’IJ de Montpellier est en route. D’ici là, il faut assurer une surveillance constante et armée des voitures… Pas question qu’on vienne nous les braquer dans la nuit pour récupérer la came, ça s’est déjà vu.
— On vit une époque magnifique, remarqua Patrick, avant de s’adresser à Léanne : ton plan me va, je vais entendre tout le monde ce soir et si j’ai besoin de plus, je viendrai avec vous à Nice.
Elle fit une petite moue.
— Cache ta joie !