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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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« Vignon » ! Six heures, c’était forcément important.

— Oui !

— Léanne, on a des nouvelles. Il a réussi à appeler. Ils vont partir. Ils vont regagner la France par le poste frontière de Puigcerdà, et ils devraient emprunter une route de montagne qui donne sur Axat et Quillan. Vous connaissez ?

— Non. Mais on trouvera. On peut les taper à la frontière ?

— Vous n’aurez pas le temps d’y être, et ils sont apparemment chauds comme la braise. Les douanes ont interdiction de les contrôler. On prévient également les gendarmes. Pas question d’essayer de les serrer sans la présence de la BRI ou du GIPN. C’est valable pour vous aussi. Compris ?

— Mais oui. Pas d’inquiétude.

Le commissaire voulut la croire.

— Ils doivent effectuer la livraison à Carcassonne. Le lieu est encore inconnu.

— On se met en route. Je vous rappelle régulièrement pour faire un point… Vous voyez, je vous avais dit que c’était pour aujourd’hui.

— Oui, vous aviez raison. Bonne chance !

*

— Ce coup-ci on les a ! cria presque Léanne en raccrochant.

Elle gicla de sa chambre et se mit à tambouriner aux portes alentour.

— Debout, vite, on part !

Girard ouvrit au moment où elle s’apprêtait à cogner chez lui. Elle était pieds nus, en caleçon d’homme et tee-shirt rose. Petit sourire…

— Merci pour le réveil.

— Ne perds pas de temps à me mater. Magne-toi…

En le quittant, elle se retourna vers lui :

— Je m’attendais à te trouver en pyjama rayé avec un bonnet de nuit. Quelle surprise, tu dors en caleçon, ou c’est parce que tu n’as pas tes fringues avec toi ?

En un temps à faire pâlir d’envie un pompier en intervention, la commandant gagna le hall où Girard se trouvait déjà. Elle apprécia d’un regard. Les autres arrivèrent rapidement. En quelques mots, Léanne leur rapporta les informations de Vignon.

— On fonce pour essayer de les rattraper. Ensuite, on verra pour un dispositif. Les gars de Perpignan sont encore chez eux. Ils nous rejoindront s’ils le peuvent. Et nous demanderons également l’assistance de la PJ Toulouse. En route !

Lorsqu’elle s’approcha de la voiture pour prendre le volant, le commandant était déjà à la place du chauffeur.

— Je conduis.

— Mais…

— Mais quoi ? Il va falloir faire vite, c’est ça ? Alors, ne perdons pas de temps. Assieds-toi !

Qu’est-ce que Papy avait encore inventé pour lui pourrir la vie ? Elle se laissa tomber sur le siège passager.

— Ceinture ! Et occupe-toi du bleu et de la sirène. C’est parti.

La voiture démarra sur les chapeaux de roues en surprenant le reste du dispositif.

— Tu connais la route ?

— J’ai oublié de te dire. Je suis à moitié catalan par ma mère. Et je passe mes vacances d’été à Prades.

D’une moue, elle lui montra à quel point cette information capitale la passionnait.

— Super, j’en suis ravie pour toi.

La voiture fonça de tous ses chevaux, et Léanne n’essaya plus de discuter. Trop peur de gêner le chauffeur. En quittant la voie rapide, elle osa une remarque :

— Tes lunettes sur la tête, c’est pour lire ? Pour conduire, tu n’en as pas ?

Girard sourit.

– Ça serait mieux. Mais j’ai oublié à Paris celles pour voir de loin.

Devant eux un camion, et en face des voitures. Léanne se crispa. Girard ralentit, histoire de trouver le bon régime. Il rétrograda en troisième, puis accéléra… De son pied droit, Léanne chercha instinctivement le frein. Elle écrasa le tapis de sol. Coup de volant, appels de phares, ils étaient passés !

– À partir de Villefranche, ça va devenir un peu plus sportif. Tu permets, demanda-t-il en appuyant sur le bouton de la radio, j’ai réglé mon téléphone en Bluetooth pour écouter ma musique…, ça m’aide à me concentrer.

Une ambiance fanfare emplit l’habitacle. Elle n’en crut pas ses oreilles en reconnaissant… Fernandel ! Son conducteur était un fou dangereux.

— Tu n’es pas malade en voiture ?

Elle ne répondit pas, les yeux rivés sur la route.

— Non, je te dis ça parce que ma femme et les gosses, surtout les gosses, quand ils étaient petits, n’aimaient pas cette route.

Léanne leva les yeux au ciel… Il parle peu, mais quand il le fait, c’est vraiment passionnant.

Le bruit du moteur, compte-tours dans le rouge, le crissement des pneus et le claquement de la boîte de vitesses rythmèrent le programme musical du commandant. À cette heure, la route était quasiment déserte… Ils en étaient à Maurice Chevalier en arrivant à Fetges.

— Dans trois minutes, on est à Mont-Louis. Arrête la sirène et rentre le gyro. Faudrait pas qu’on tombe sur eux.

Léanne se retourna. Personne ne les suivait. Girard avait semé l’ensemble du dispositif.

— Je vieillis un peu, mais je crois qu’on a fait un bon temps. Quarante-neuf minutes depuis Perpignan…

Léanne reçut un SMS : « Ils sont sur la D 118, pas très loin d’Axat ». Elle communiqua l’information à son chauffeur.

— Axat ! Ils sont à cinquante bornes devant nous… On ne les rattrapera jamais !

Elle chercha à atteindre le GPS.

— Je connais.

Girard accéléra encore. Secouée par les coups de volant, Léanne s’accrocha pour attraper la radio de bord :

— Léanne au dispositif. On continue sur la D118, direction Axat.

Après plusieurs tentatives, elle eut l’assurance que tout le monde suivait.

Vignon rappela.

– Ça bouge chez nous. Braghanti est sur la route. Ils sont à deux voitures.

— Les zonzons ?

— Non, rien.

— Ils ont des portables qu’on ne connaît pas.

— Oui, c’est ce que je pense. J’ai mis deux groupes de la BRI derrière Braghanti. Ils partent en direction de Marseille.

Pour Léanne, le but des voyous était évident.

— Ils vont venir vers nous, conclut la commandant. Et pour Paris ?

— Rien. l’OCRTIS n’a rien vu de suspect. On ne sait pas s’ils envoient quelqu’un. Vous êtes où ?

— Je n’en sais rien… dans la montagne. Si on ne se tue pas, on devrait arriver à les rattraper.

— …

— Le Parisien se prend pour un virtuose du volant !

Patrick, en pleine concentration et sans lâcher la route des yeux, l’interrompit.

— Raccroche.

Léanne le regarda sans comprendre, hésitant entre l’humour et la colère.

— Oh ! je peux plus rien dire, tu fais la gueule.

— Mais non, c’est pas ça… Raccroche. J’ai une idée.

Le ton ne supportait pas la discussion, et elle préféra l’écouter.

— L’OCRTIS est en planque sur Saïd Nasri, et ils n’ont rien vu, c’est ça ?

Elle confirma.

— J’ai un informateur sur place, il pourra peut-être nous renseigner, suggéra Patrick.

— Toi ? De la Crim’ parigote, t’as un « informateur » dans cette cité ?

— Attrape mon téléphone, cherche Dazin dans le répertoire.

Elle s’exécuta et se demanda à quoi elle devait s’attendre. Au moins, il n’y avait plus de musique. Le téléphone en position haut-parleur, elle entendit une voix de vieillard, lancer un « allô » cacochyme. On touche vraiment le fond, se dit-elle.

— Monsieur Dazin ? C’est Patrick.

Une quinte de toux explosa le haut-parleur.

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