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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Adieu, monsieur, r�pondit le docteur d�un ton p�n�tr�.

� Oh! vous ne me quitterez pas ainsi sans me dire oui ou non. Un mot, un seul, c�est tout ce que je vous demande.

Le docteur s�arr�ta.

� Monsieur, dit-il, tout � l�heure, et cela amena la m�prise fatale qui vous a bless�

� Ne parlons plus de cela, monsieur.

� . Au contraire, parlons-en; tout � l�heure, un peu tard peut-�tre, vous me dites que mademoiselle de Taverney �tait votre s�ur. Mais, auparavant, avec une exaltation qui a caus� mon erreur, vous m�aviez dit que vous aimiez mademoiselle Andr�e plus que votre vie.

� C�est vrai.

� Si votre amour pour elle est si grand, elle doit le payer d�un semblable retour?

� Oh! monsieur, Andr�e m�aime comme elle n�aime personne au monde.

� Eh bien, alors, retournez pr�s d�elle, interrogez-la, monsieur; interrogez-la dans cette voie o� je suis forc�, moi, de vous abandonner; et, si elle vous aime comme vous l�aimez, eh bien, elle r�pondra � vos questions. Il y a bien des choses que l�on dit � un ami que l�on ne dit pas � un m�decin; alors peut-�tre consentira-t-elle � vous dire, � vous, ce que je ne voudrais pas, pour un doigt de ma main, vous avoir laiss� entrevoir. Adieu, monsieur.

Et le docteur fit de nouveau un pas vers le pavillon.

� Oh! non, non, c�est impossible! s��cria Philippe fou de douleur et entrecoupant chacune de ses paroles d�un sanglot; non, docteur, j�ai mal entendu; non, vous ne pouvez m�avoir dit cela!

Le docteur se d�gagea doucement; puis, avec une douceur pleine de commis�ration:

� Faites ce que je viens de vous prescrire, monsieur de Taverney, et, croyez-moi, c�est ce que vous avez de mieux � faire.

� Oh! mais, songez-y donc, vous croire, c�est renoncer � la religion de toute ma vie, c�est accuser un ange, c�est tenter Dieu, docteur; si vous exigez que je croie, prouvez au moins, prouvez.

� Adieu, monsieur.

� Docteur! s��cria Philippe au d�sespoir.

� Prenez garde, si vous parlez avec cette v�h�mence, vous allez faire conna�tre ce que je m��tais promis, moi, de taire � tout le monde, et ce que j�eusse voulu cacher � vous-m�me.

� Oui, oui; vous avez raison, docteur, dit Philippe d�une voix si basse, que le souffle mourait en sortant de ses l�vres; mais enfin la science peut se tromper, et vous avouez que, vous-m�me, vous vous �tes tromp� quelquefois.

� Rarement, monsieur, r�pondit le docteur; je suis un homme d��tudes s�v�res, et ma bouche ne dit oui que lorsque mes yeux et mon esprit ont dit: �J�ai vu � je sais � je suis s�r.� Oui, certes, vous avez raison, monsieur, parfois j�ai pu me tromper comme se trompe toute cr�ature faillible; mais, selon toute probabilit�, ce n�est point cette fois-ci. Allons, du calme, et s�parons-nous.

Mais Philippe ne pouvait se r�signer ainsi. Il posa la main sur le bras du docteur avec un air de si profonde supplication que celui-ci s�arr�ta.

� Une derni�re, une supr�me gr�ce, monsieur, dit-il; vous voyez dans quel d�sordre se trouve ma raison; j��prouve quelque chose qui ressemble comme � de la folie; j�ai besoin, pour savoir si je dois vivre ou mourir, d�une confirmation de cette r�alit� qui me menace. Je rentre pr�s de ma s�ur, je ne lui parlerai que lorsque vous l�aurez revue; r�fl�chissez.

� C�est � vous de r�fl�chir, monsieur; car, pour moi, je n�ai pas un mot � ajouter � ce que j�ai dit.

� Monsieur, promettez-moi � mon Dieu! c�est une gr�ce que le bourreau ne refuserait pas � la victime, � promettez-moi de revenir chez ma s�ur apr�s votre visite � Son Altesse madame la dauphine; docteur, au nom du ciel, promettez-moi cela!

� C�est inutile, monsieur; mais vous y tenez, il est de mon devoir de faire ce que vous d�sirez; en sortant de chez madame la dauphine, j�irai voir votre s�ur.

� Oh! merci, merci. Oui, venez, et alors vous avouerez vous-m�me que vous vous �tes tromp�.

� Je le d�sire de tout mon c�ur, monsieur, et, si je me suis tromp�, je l�avouerai avec joie. Adieu!

Et le docteur, rendu � la libert�, partit laissant Philippe sur l�esplanade, Philippe tremblant de fi�vre, inond� d�une sueur glac�e, et ne connaissant plus, dans son transport d�lirant, ni l�endroit o� il se trouvait, ni l�homme avec lequel il avait caus�, ni le secret qu�il venait d�apprendre.

Pendant quelques minutes, il regarda, sans comprendre, le ciel qui s�illuminait insensiblement d��toiles et le pavillon qui s��clairait.

Chapitre 143. Interrogatoire

Aussit�t que Philippe eut repris ses sens et fut parvenu � se rendre ma�tre de sa raison, il se dirigea vers l�appartement d�Andr�e.

Mais, � mesure qu�il s�avan�ait vers le pavillon, le fant�me de son malheur s��vanouissait peu � peu; il lui semblait que c��tait un r�ve qu�il venait de faire, et non une r�alit� avec laquelle il avait un instant lutt�. Plus il s��loignait du docteur, plus il devenait incr�dule � ses menaces. Bien certainement, la science s��tait tromp�e, mais la vertu n�avait pas failli.

Le docteur ne lui avait-il pas donn� compl�tement raison en promettant de revenir chez sa s�ur?

Cependant, lorsque Philippe se retrouva en face d�Andr�e, il �tait si chang�, si p�le, si d�fait, que ce fut � elle � son tour de s�inqui�ter pour son fr�re et de lui demander comment il se pouvait qu�en si peu de temps un si terrible changement se f�t op�r� en lui.

Une seule chose pouvait avoir produit un pareil effet sur Philippe.

� Mon Dieu! mon fr�re, demanda Andr�e, je suis donc bien malade?

� Pourquoi? demanda Philippe.

� Parce que la consultation du docteur Louis vous aura effray�.

� Non, ma s�ur, dit Philippe; le docteur n�est pas inquiet, et vous m�avez dit la v�rit�. J�ai m�me eu grand-peine � le d�terminer � revenir.

� Ah! il revient? dit Andr�e.

� Oui, il revient; cela ne vous contrarie pas, Andr�e?

Et Philippe plongea ses regards dans ceux de la jeune fille en pronon�ant ces paroles.

� Non, r�pondit-elle simplement, et, pourvu que cette visite vous rassure un peu, voil� tout ce que je demande; mais, en attendant, d�o� vient cette affreuse p�leur qui me bouleverse?

� Cela vous inqui�te, Andr�e?

� Vous le demandez!

� Vous m�aimez donc tendrement, Andr�e?

� Pla�t-il? fit la jeune fille.

� Je demande, Andr�e, si vous m�aimez toujours comme au temps de notre jeunesse?

� Oh! Philippe! Philippe!

� Ainsi, je suis pour vous une des plus pr�cieuses t�tes que vous ayez sur la terre?

� Oh! la plus pr�cieuse, la seule, s��cria Andr�e.

Puis, rougissante et confuse:

� Excusez-moi, Philippe, dit-elle, j�oubliais�

� Notre p�re, n�est-ce pas, Andr�e?

� Oui.

Philippe prit la main de sa s�ur et, la regardant tendrement:

� Andr�e, dit-il, ne croyez point que je vous bl�masse jamais si votre c�ur renfermait une affection qui ne f�t ni l�amour que vous portez � votre p�re, ni celui que vous avez pour moi�

Puis, s�asseyant pr�s d�elle, il continua:

� Vous �tes dans un �ge, Andr�e, o� le c�ur des jeunes filles leur parle plus vivement qu�elles ne le veulent elles-m�mes, et, vous le savez, un pr�cepte divin commande aux femmes de quitter parents et famille pour suivre leur �poux.

Andr�e regarda Philippe quelque temps, comme elle e�t fait s�il lui e�t parl� une langue �trang�re qu�elle ne comprit pas.

Puis, se mettant � rire avec une na�vet� que rien ne saurait rendre:

� Mon �poux! dit-elle, n�avez-vous point parl� de mon �poux, Philippe? Eh! mon Dieu, il est encore � na�tre, ou du moins je ne le connais pas.

Philippe, touch� de cette exclamation si vraie d�Andr�e, se rapprocha d�elle et, enfermant sa main entre les siennes, il r�pondit:

� Avant d�avoir un �poux, ma bonne Andr�e, on a un fianc�, un amant.

Andr�e regarda Philippe tout �tonn�e, souffrant que le jeune homme plonge�t ses yeux avides jusqu�au fond de son clair regard de vierge, o� se refl�tait son �me tout enti�re.

� Ma s�ur, dit Philippe, depuis votre naissance vous m�avez tenu pour votre meilleur ami; moi, je vous ai, de mon c�t�, regard�e comme ma seule amie; jamais je ne vous ai quitt�e, vous le savez, pour les jeux de mes camarades. Nous avons grandi ensemble, et rien n�a troubl� la confiance que l�un de nous mettait aveugl�ment dans l�autre; pourquoi faut-il que, depuis quelque temps, Andr�e, vous ayez ainsi, sans motifs, et la premi�re, chang� � mon �gard?

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