Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� Voil� tout, mon ami; et M. Gilbert aurait d� me faire gr�ce de ses commentaires.
� Allons, voil� que tu �crases encore le pauvre enfant.
� Oh! oui, prenez sa d�fense, un charmant sujet!
� Andr�e, par gr�ce, ne sois pas si rude envers ce gar�on, tu le froisses, tu le rudoies, je t�ai vue � l��uvre!� Oh! mon Dieu, mon Dieu, Andr�e, qu�as-tu encore?
Cette fois, Andr�e �tait tomb�e � la renverse sur les coussins du sofa, sans prof�rer une parole; cette fois, le flacon ne put la faire revenir; il fallut attendre que l��blouissement f�t fini, que la circulation f�t r�tablie.
� D�cid�ment, murmura Philippe, vous souffrez, ma s�ur, de fa�on � effrayer des gens plus courageux que je ne le suis lorsqu�il s�agit de vos souffrances; vous direz tout ce qu�il vous plaira, mais cette indisposition ne me para�t pas devoir �tre trait�e avec la l�g�ret� que vous affectez.
� Mais enfin, Philippe, puisque le docteur a dit�
� Le docteur ne me persuade pas et ne me persuadera jamais. Que ne lui ai-je parl� moi-m�me! O� le voit-on, ce docteur?
� Il vient tous les jours � Trianon.
� Mais � quelle heure, tous les jours? Est-ce le matin?
� Le matin et le soir, quand il est de service.
� Est-il de service en ce moment?
� Oui, mon ami; et, � sept heures pr�cises du soir, car il est exact, il montera le perron qui conduit aux logements de madame la dauphine.
� Bien, dit Philippe plus tranquille, j�attendrai chez vous.
Chapitre 142. M�prise
Philippe prolongea la conversation sans affectation, tout en surveillant du coin de l��il sa s�ur, qui cherchait elle-m�me � reprendre assez d�empire sur elle pour ne le plus inqui�ter par de nouvelles d�faillances.
Philippe parla beaucoup de ses m�comptes, de l�oubli du roi, de l�inconstance de M. de Richelieu, et, lorsque l�on entendit sonner sept heures, il sortit brusquement, s�inqui�tant peu de laisser deviner � Andr�e ce qu�il voulait faire.
Il marcha droit au pavillon de la reine, et s�arr�ta � une distance assez grande pour ne pas �tre interpell� par les gens de service, assez rapproch� pour que personne ne p�t passer sans que lui, Philippe, reconn�t la personne qui passait.
Il n��tait pas l� depuis cinq minutes, qu�il vit venir � lui la figure roide et presque majestueuse du docteur qu�Andr�e lui avait signal�.
Le jour baissait et, malgr� la difficult� qu�il devait �prouver � lire, le digne docteur feuilletait un trait� r�cemment publi� � Cologne sur les causes et les r�sultats des paralysies de l�estomac. Peu � peu l�obscurit� se faisait autour de lui et le docteur devinait d�j� plut�t qu�il ne lisait, lorsqu�un corps ambulant et opaque acheva d�intercepter ce qui restait de lumi�re aux yeux du savant praticien.
Il leva la t�te, vit un homme devant lui et demanda:
� Qu�y a-t-il?
� Pardonnez-moi, monsieur, dit Philippe; est-ce bien � M. le docteur Louis que j�ai l�honneur de parler?
� Oui, monsieur, r�pliqua le docteur en fermant son livre.
� Alors, monsieur, un mot, s�il vous pla�t, dit Philippe.
� Monsieur, excusez-moi; mais mon service m�appelle chez madame la dauphine. Il est l�heure de me rendre aupr�s d�elle, et je ne puis me faire attendre.
� Monsieur � et Philippe fit un mouvement de pri�re pour s�opposer au passage du docteur ��monsieur, la personne pour laquelle je sollicite vos soins est au service de madame la dauphine. Elle souffre beaucoup, tandis que madame la dauphine n�est point malade, elle.
� De qui me parlez-vous d�abord? demanda le docteur.
� D�une personne chez laquelle vous avez �t� introduit par madame la dauphine elle-m�me.
� Ah! ah! serait-il question de mademoiselle Andr�e de Taverney, par hasard?
� Justement, monsieur.
� Ah! ah! fit le docteur en levant vivement la t�te pour examiner le jeune homme.
� Alors, vous savez qu�elle est fort souffrante.
� Oui, des spasmes, n�est-ce pas?
� Des d�faillances continuelles, oui, monsieur. Aujourd�hui, dans l�espace de quelques heures, elle s�est �vanouie trois ou quatre fois dans mes bras.
� Est-ce que la jeune dame est plus mal?
� H�las! je ne sais; mais vous comprenez, docteur, quand on aime les gens�
� Vous aimez mademoiselle Andr�e de Taverney?
� Oh! plus que ma vie, docteur!
Philippe pronon�a ces mots avec une telle exaltation d�amour fraternel, que le docteur Louis se trompa � leur signification.
� Ah! ah! dit-il, c�est donc vous�?
Le docteur s�arr�ta h�sitant.
� Que voulez-vous dire, monsieur? demanda Philippe.
� C�est donc vous qui �tes�?
� Qui suis, quoi, monsieur?
� Eh! parbleu! qui �tes l�amant, fit le docteur avec impatience.
Philippe fit deux pas en arri�re, en portant la main � son front et en devenant p�le comme la mort.
� Monsieur, dit-il, prenez garde! vous insultez ma s�ur.
� Votre s�ur! Mademoiselle Andr�e de Taverney est votre s�ur?
� Oui, monsieur, et je croyais n�avoir rien dit qui p�t donner lieu, de votre part, � une si �trange m�prise.
� Excusez-moi, monsieur, l�heure � laquelle vous m�abordez, l�air de myst�re avec lequel vous m�adressiez la parole� J�ai cru, j�ai suppos� qu�un int�r�t plus tendre encore que l�int�r�t fraternel�
� Oh! monsieur, amant ou mari n�aimera ma s�ur d�un amour plus profond que je ne l�aime.
� Tr�s bien; en ce cas, je comprends que ma supposition vous ait bless�, et je vous en pr�sente mes excuses; voulez-vous permettre, monsieur?�
Et le docteur fit un mouvement pour passer.
� Docteur, insista Philippe, je vous en supplie, ne me quittez pas sans m�avoir rassur� sur l��tat de ma s�ur.
� Mais qui donc vous a inqui�t� sur cet �tat?
� Eh! mon Dieu, ce que j�ai vu.
� Vous avez vu des sympt�mes qui annoncent une indisposition�
� Grave! docteur.
� C�est selon.
� �coutez, docteur, il y a dans tout ceci quelque chose d��trange; on dirait que vous ne voulez pas, que vous n�osez pas me r�pondre.
� Supposez plut�t, monsieur, que, dans mon impatience de me rendre pr�s de madame la dauphine, qui m�attend�
� Docteur, docteur, dit Philippe en passant sa main sur son front ruisselant, vous m�avez pris pour l�amant de mademoiselle de Taverney?
� Oui; mais vous m�avez d�tromp�.
� Vous pensez donc que mademoiselle de Taverney a un amant?
� Pardon, monsieur, mais je ne vous dois pas compte de mes pens�es.
� Docteur, ayez piti� de moi; docteur, vous avez laiss� �chapper une parole qui est rest�e dans mon c�ur comme la lame bris�e d�un poignard; docteur, n�essayez pas de me donner le change; vous �tes en vain un homme d�licat et habile, docteur, quelle est cette maladie dont vous deviez compte � un amant et que vous voulez cacher � un fr�re? Docteur, je vous en supplie, r�pondez-moi.
� Je vous demanderai, au contraire, de me dispenser de vous r�pondre, monsieur; car, � la fa�on dont vous m�interrogez, je vois que vous ne vous poss�dez plus.
� Oh! mon Dieu, vous ne comprenez donc pas, monsieur, que chacun des mots que vous prononcez me pousse plus avant vers cet ab�me que je fr�mis d�entrevoir.
� Monsieur!
� Docteur! s��cria Philippe avec une v�h�mence nouvelle, c�est donc � dire que vous avez � m�annoncer un si terrible secret que j�ai besoin pour l�entendre de tout mon sang-froid et de tout mon courage?
� Mais je ne sais dans quelle supposition vous vous �garez, monsieur de Taverney; je n�ai rien dit de tout cela.
� Oh! vous faites cent fois plus que de me dire!� vous me laissez croire des choses!� Oh! ce n�est pas de la charit�, docteur; vous voyez que je me ronge le c�ur devant vous; vous voyez que je prie, que je supplie; parlez, mais parlez donc! Tenez, je vous le jure, j�ai du sang-froid, du courage� Cette maladie, ce d�shonneur peut-�tre� Oh! mon Dieu! vous ne m�interrompez pas, docteur, docteur!
� Monsieur de Taverney, je n�ai rien dit, ni � madame la dauphine, ni � votre p�re, ni � vous; ne me demandez rien de plus.
� Oui, oui� mais vous voyez que j�interpr�te votre silence; vous voyez que je suis votre pens�e dans le chemin sombre et fatal o� elle s�enfonce; arr�tez-moi au moins si je m��gare.