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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Voil� tout, mon ami; et M. Gilbert aurait d� me faire gr�ce de ses commentaires.

� Allons, voil� que tu �crases encore le pauvre enfant.

� Oh! oui, prenez sa d�fense, un charmant sujet!

� Andr�e, par gr�ce, ne sois pas si rude envers ce gar�on, tu le froisses, tu le rudoies, je t�ai vue � l��uvre!� Oh! mon Dieu, mon Dieu, Andr�e, qu�as-tu encore?

Cette fois, Andr�e �tait tomb�e � la renverse sur les coussins du sofa, sans prof�rer une parole; cette fois, le flacon ne put la faire revenir; il fallut attendre que l��blouissement f�t fini, que la circulation f�t r�tablie.

� D�cid�ment, murmura Philippe, vous souffrez, ma s�ur, de fa�on � effrayer des gens plus courageux que je ne le suis lorsqu�il s�agit de vos souffrances; vous direz tout ce qu�il vous plaira, mais cette indisposition ne me para�t pas devoir �tre trait�e avec la l�g�ret� que vous affectez.

� Mais enfin, Philippe, puisque le docteur a dit�

� Le docteur ne me persuade pas et ne me persuadera jamais. Que ne lui ai-je parl� moi-m�me! O� le voit-on, ce docteur?

� Il vient tous les jours � Trianon.

� Mais � quelle heure, tous les jours? Est-ce le matin?

� Le matin et le soir, quand il est de service.

� Est-il de service en ce moment?

� Oui, mon ami; et, � sept heures pr�cises du soir, car il est exact, il montera le perron qui conduit aux logements de madame la dauphine.

� Bien, dit Philippe plus tranquille, j�attendrai chez vous.

Chapitre 142. M�prise

Philippe prolongea la conversation sans affectation, tout en surveillant du coin de l��il sa s�ur, qui cherchait elle-m�me � reprendre assez d�empire sur elle pour ne le plus inqui�ter par de nouvelles d�faillances.

Philippe parla beaucoup de ses m�comptes, de l�oubli du roi, de l�inconstance de M. de Richelieu, et, lorsque l�on entendit sonner sept heures, il sortit brusquement, s�inqui�tant peu de laisser deviner � Andr�e ce qu�il voulait faire.

Il marcha droit au pavillon de la reine, et s�arr�ta � une distance assez grande pour ne pas �tre interpell� par les gens de service, assez rapproch� pour que personne ne p�t passer sans que lui, Philippe, reconn�t la personne qui passait.

Il n��tait pas l� depuis cinq minutes, qu�il vit venir � lui la figure roide et presque majestueuse du docteur qu�Andr�e lui avait signal�.

Le jour baissait et, malgr� la difficult� qu�il devait �prouver � lire, le digne docteur feuilletait un trait� r�cemment publi� � Cologne sur les causes et les r�sultats des paralysies de l�estomac. Peu � peu l�obscurit� se faisait autour de lui et le docteur devinait d�j� plut�t qu�il ne lisait, lorsqu�un corps ambulant et opaque acheva d�intercepter ce qui restait de lumi�re aux yeux du savant praticien.

Il leva la t�te, vit un homme devant lui et demanda:

� Qu�y a-t-il?

� Pardonnez-moi, monsieur, dit Philippe; est-ce bien � M. le docteur Louis que j�ai l�honneur de parler?

� Oui, monsieur, r�pliqua le docteur en fermant son livre.

� Alors, monsieur, un mot, s�il vous pla�t, dit Philippe.

� Monsieur, excusez-moi; mais mon service m�appelle chez madame la dauphine. Il est l�heure de me rendre aupr�s d�elle, et je ne puis me faire attendre.

� Monsieur � et Philippe fit un mouvement de pri�re pour s�opposer au passage du docteur ��monsieur, la personne pour laquelle je sollicite vos soins est au service de madame la dauphine. Elle souffre beaucoup, tandis que madame la dauphine n�est point malade, elle.

� De qui me parlez-vous d�abord? demanda le docteur.

� D�une personne chez laquelle vous avez �t� introduit par madame la dauphine elle-m�me.

� Ah! ah! serait-il question de mademoiselle Andr�e de Taverney, par hasard?

� Justement, monsieur.

� Ah! ah! fit le docteur en levant vivement la t�te pour examiner le jeune homme.

� Alors, vous savez qu�elle est fort souffrante.

� Oui, des spasmes, n�est-ce pas?

� Des d�faillances continuelles, oui, monsieur. Aujourd�hui, dans l�espace de quelques heures, elle s�est �vanouie trois ou quatre fois dans mes bras.

� Est-ce que la jeune dame est plus mal?

� H�las! je ne sais; mais vous comprenez, docteur, quand on aime les gens�

� Vous aimez mademoiselle Andr�e de Taverney?

� Oh! plus que ma vie, docteur!

Philippe pronon�a ces mots avec une telle exaltation d�amour fraternel, que le docteur Louis se trompa � leur signification.

� Ah! ah! dit-il, c�est donc vous�?

Le docteur s�arr�ta h�sitant.

� Que voulez-vous dire, monsieur? demanda Philippe.

� C�est donc vous qui �tes�?

� Qui suis, quoi, monsieur?

� Eh! parbleu! qui �tes l�amant, fit le docteur avec impatience.

Philippe fit deux pas en arri�re, en portant la main � son front et en devenant p�le comme la mort.

� Monsieur, dit-il, prenez garde! vous insultez ma s�ur.

� Votre s�ur! Mademoiselle Andr�e de Taverney est votre s�ur?

� Oui, monsieur, et je croyais n�avoir rien dit qui p�t donner lieu, de votre part, � une si �trange m�prise.

� Excusez-moi, monsieur, l�heure � laquelle vous m�abordez, l�air de myst�re avec lequel vous m�adressiez la parole� J�ai cru, j�ai suppos� qu�un int�r�t plus tendre encore que l�int�r�t fraternel�

� Oh! monsieur, amant ou mari n�aimera ma s�ur d�un amour plus profond que je ne l�aime.

� Tr�s bien; en ce cas, je comprends que ma supposition vous ait bless�, et je vous en pr�sente mes excuses; voulez-vous permettre, monsieur?�

Et le docteur fit un mouvement pour passer.

� Docteur, insista Philippe, je vous en supplie, ne me quittez pas sans m�avoir rassur� sur l��tat de ma s�ur.

� Mais qui donc vous a inqui�t� sur cet �tat?

� Eh! mon Dieu, ce que j�ai vu.

� Vous avez vu des sympt�mes qui annoncent une indisposition�

� Grave! docteur.

� C�est selon.

� �coutez, docteur, il y a dans tout ceci quelque chose d��trange; on dirait que vous ne voulez pas, que vous n�osez pas me r�pondre.

� Supposez plut�t, monsieur, que, dans mon impatience de me rendre pr�s de madame la dauphine, qui m�attend�

� Docteur, docteur, dit Philippe en passant sa main sur son front ruisselant, vous m�avez pris pour l�amant de mademoiselle de Taverney?

� Oui; mais vous m�avez d�tromp�.

� Vous pensez donc que mademoiselle de Taverney a un amant?

� Pardon, monsieur, mais je ne vous dois pas compte de mes pens�es.

� Docteur, ayez piti� de moi; docteur, vous avez laiss� �chapper une parole qui est rest�e dans mon c�ur comme la lame bris�e d�un poignard; docteur, n�essayez pas de me donner le change; vous �tes en vain un homme d�licat et habile, docteur, quelle est cette maladie dont vous deviez compte � un amant et que vous voulez cacher � un fr�re? Docteur, je vous en supplie, r�pondez-moi.

� Je vous demanderai, au contraire, de me dispenser de vous r�pondre, monsieur; car, � la fa�on dont vous m�interrogez, je vois que vous ne vous poss�dez plus.

� Oh! mon Dieu, vous ne comprenez donc pas, monsieur, que chacun des mots que vous prononcez me pousse plus avant vers cet ab�me que je fr�mis d�entrevoir.

� Monsieur!

� Docteur! s��cria Philippe avec une v�h�mence nouvelle, c�est donc � dire que vous avez � m�annoncer un si terrible secret que j�ai besoin pour l�entendre de tout mon sang-froid et de tout mon courage?

� Mais je ne sais dans quelle supposition vous vous �garez, monsieur de Taverney; je n�ai rien dit de tout cela.

� Oh! vous faites cent fois plus que de me dire!� vous me laissez croire des choses!� Oh! ce n�est pas de la charit�, docteur; vous voyez que je me ronge le c�ur devant vous; vous voyez que je prie, que je supplie; parlez, mais parlez donc! Tenez, je vous le jure, j�ai du sang-froid, du courage� Cette maladie, ce d�shonneur peut-�tre� Oh! mon Dieu! vous ne m�interrompez pas, docteur, docteur!

� Monsieur de Taverney, je n�ai rien dit, ni � madame la dauphine, ni � votre p�re, ni � vous; ne me demandez rien de plus.

� Oui, oui� mais vous voyez que j�interpr�te votre silence; vous voyez que je suis votre pens�e dans le chemin sombre et fatal o� elle s�enfonce; arr�tez-moi au moins si je m��gare.

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