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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Chapitre 99. O� le lecteur retrouvera une de ses anciennes connaissances qu�il croyait perdue, et que peut-�tre il ne regrettait pas

Le lecteur nous demandera sans doute pourquoi ma�tre Flageot, qui va jouer un si majestueux r�le, �tait appel� procureur au lieu d�avocat; le lecteur ayant raison, nous ferons droit � sa requ�te.

Les vacances �taient depuis quelque temps r�it�r�es au parlement, et les avocats plaidaient si peu, que ce n��tait pas la peine d�en parler.

Ma�tre Flageot, pr�voyant le moment o� on ne plaiderait pas du tout, fit quelques arrangements avec ma�tre Guildou, le procureur, qui lui c�da son �tude et sa client�le moyennant la somme de vingt-cinq mille livres une fois donn�es. Voil� comment ma�tre Flageot se trouva �tre procureur. Que si on nous demande maintenant comment il paya les vingt-cinq mille livres, nous r�pondrons que ce fut en �pousant mademoiselle Marguerite, � qui cette somme �chut en h�ritage vers la fin de l�ann�e 1770, trois mois avant l�exil de M. de Choiseul.

Ma�tre Flageot depuis longtemps s��tait fait remarquer par sa pers�v�rance � tenir le parti de l�opposition. Une fois procureur, il redoubla de violence, et � cette violence gagna quelque c�l�brit�. Ce fut cette c�l�brit�, jointe � la publication d�un m�moire incendiaire sur le conflit de M. d�Aiguillon avec M. de La Chalotais, qui attira l�attention de M. Raft�, lequel avait besoin de se tenir au courant des affaires du parlement.

Mais, malgr� sa dignit� nouvelle et son importance croissante, ma�tre Flageot ne quitta pas la rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur. Il e�t �t� trop cruel � mademoiselle Marguerite de ne pas s�entendre appeler madame Flageot par les voisines, et de ne pas �tre respect�e par les clercs de ma�tre Guildou, pass�s au service du nouveau procureur.

On devine ce que M. de Richelieu souffrait en traversant Paris, le Paris naus�abond de cette zone pour aborder � ce trou punais [1] que l��dilit� parisienne d�corait du nom de rue.

Devant la porte de ma�tre Flageot, le carrosse de M. de Richelieu fut arr�t� par un autre carrosse qui s�arr�tait aussi.

Le mar�chal aper�ut une coiffure de femme qui descendait de cette voiture, et, comme ses soixante-quinze ans ne l�avaient pas rebut� du m�tier de galant, il se h�ta de plonger ses pieds dans la boue noire pour aller offrir la main � cette dame qui descendait seule.

Mais, ce jour-l�, le mar�chal jouait de malheur: une jambe s�che et rugueuse qui s�allongea sur le marchepied, trahit une vieille femme. Un visage rid�, tann� sous une ligne de rouge, acheva de lui prouver que cette femme �tait non seulement vieille, mais d�cr�pite.

Il n�y avait cependant pas � reculer, le mar�chal avait fait le mouvement, et le mouvement avait �t� vu; d�ailleurs, M. de Richelieu n��tait pas jeune. Cependant la plaideuse, car quelle femme � voiture f�t venue en cette rue, si elle n�e�t �t� une plaideuse? cependant, disons-nous, la plaideuse n�imita point l�h�sitation du duc; elle d�posa avec un horrible sourire sa patte dans la main de Richelieu.

� J�ai vu cette figure-l� quelque part, dit tout bas le mar�chal.

Et, tout haut:

� Est-ce que madame monte aussi chez ma�tre Flageot? demanda-t-il.

� Oui, monsieur le duc, r�pliqua la vieille.

� Oh! j�ai l�honneur d��tre connu de vous, madame? s��cria le duc, d�sagr�ablement surpris, en s�arr�tant sur le seuil de l�all�e noire.

� Qui ne conna�t M. le mar�chal duc de Richelieu? fut-il r�pondu. Il faudrait ne pas �tre femme.

� Cette guenon croit donc qu�elle est une femme? murmura le vainqueur de Mahon.

Et il salua le plus gracieusement du monde.

� Si j�osais demander � mon tour, ajouta-t-il, � qui j�ai l�honneur de parler?

� Je suis la comtesse de B�arn, votre servante, r�pondit la vieille en faisant une r�v�rence de cour sur le plancher boueux de l�all�e, � trois pouces d�une trappe de cave ouverte, dans laquelle le mar�chal s�attendait m�chamment � la voir dispara�tre � son troisi�me pli�.

� Enchant�, madame, ravi, dit-il, et je rends mille gr�ces au hasard. Vous avez donc aussi des proc�s, madame la comtesse?

� Eh! monsieur le duc, je n�en ai qu�un; mais quel proc�s! Il n�est pas que vous n�en ayez ou� parler?

� Fort bien, fort bien; ce grand proc�s� c�est vrai, pardon. Comment diable avais-je oubli� cela?

� Contre les Saluces.

� Contre les Saluces, oui, madame la comtesse; ce proc�s sur lequel on a fait cette chanson�

� Une chanson!� dit la vieille piqu�e, quelle chanson?

� Prenez garde, madame, il y a ici un renfoncement, dit le duc, qui vit que d�cid�ment la vieille ne se jetterait pas dans le trou; prenez la rampe, c�est-�-dire la corde.

La vieille monta les premi�res marches. Le duc la suivit.

� Oui, une chanson assez dr�le, dit-il.

� Une chanson assez dr�le sur mon proc�s?�

� Dame! je vous en fais juge� Mais vous la connaissez peut-�tre?�

� Pas du tout.

� C�est sur l�air de la Bourbonnaise; il y est dit:

Madame la comtesse,

Faites-moi politesse,

Je suis dans l�embarras.

C�est madame du Barry qui parle, vous entendez.

� C�est impertinent pour elle�

� Que voulez-vous! les chansonniers� ils ne respectent rien. Dieu! que cette corde est grasse! Alors vous r�pondez ceci:

Je suis vieille et t�tue;

Un gros proc�s me tue;

Qui me le gagnera?

� Eh! monsieur, c�est affreux! s��cria la comtesse; on n�outrage pas ainsi une femme de qualit�.

� Madame, excusez-moi si j�ai chant� faux; cet escalier m��chauffe� Ah! nous voici arriv�s; permettez que je tire le pied de biche.

La vieille laissa passer en grommelant le duc devant elle.

Le mar�chal sonna, et madame Flageot, qui, pour �tre devenue procureuse, n�avait pas cess� d��tre porti�re et cuisini�re, vint ouvrir la porte.

Les deux plaideurs, introduits dans le cabinet de ma�tre Flageot, trouv�rent un homme furieux qui s�escrimait, la plume aux dents, � dicter un factum terrible � son premier clerc.

� Mon Dieu, ma�tre Flageot, qu�y a-t-il donc? s��cria la comtesse, dont la voix fit se retourner le procureur.

� Ah! madame, serviteur de tout mon c�ur. Un si�ge � madame la comtesse de B�arn. Monsieur est avec vous, madame?� Eh! mais je ne me trompe pas, M. le duc de Richelieu chez moi!� Un autre si�ge, Bernardet, un autre si�ge.

� Ma�tre Flageot, dit la comtesse, o� en est mon proc�s, je vous prie?

� Ah! madame, justement je m�occupais de vous � cette heure.

� Fort bien, ma�tre Flageot, fort bien.

� Et d�une fa�on, madame la comtesse, qui fera du bruit, je l�esp�re.

� Hum! prenez garde�

� Oh! madame, il n�y a plus rien � m�nager�

� Si vous vous occupez de moi, alors vous pouvez donner audience � M. le duc.

� Monsieur le duc, excusez-moi, dit ma�tre Flageot; mais vous �tes trop galant pour ne pas comprendre�

� Je comprends, ma�tre Flageot, je comprends.

� Maintenant, je suis tout � vous.

� Soyez tranquille, je n�abuserai pas: vous savez ce qui m�am�ne.

� Les sacs que M. Raft� m�a remis l�autre jour.

� Quelques pi�ces relatives � mon proc�s de� � mon proc�s du� Que diable! vous devez savoir de quel proc�s je veux parler, ma�tre Flageot.

� De votre proc�s de la terre de Chapenat.

� Je ne dis pas non, et me ferez-vous gagner?� Voyons. Ce serait bien gracieux de votre part.

� Monsieur le duc, c�est une affaire remise ind�finiment.

� Bon! pourquoi?

� Cela ne se plaidera pas avant un an, au moins.

� La raison, s�il vous pla�t?

� Les circonstances, monsieur le duc, les circonstances� Vous connaissez l�arr�t� de Sa Majest�?�

� Je crois que oui� Lequel? Sa Majest� rend beaucoup d�arr�t�s.

� Celui qui annule le n�tre.

� Tr�s bien. Apr�s?

� Eh bien, monsieur le duc, nous y r�pondrons en br�lant nos vaisseaux.

� En br�lant vos vaisseaux, mon cher? vous br�lerez les vaisseaux du parlement? Voil� ce qui n�est pas parfaitement clair, et j�ignorais que le parlement e�t des vaisseaux.

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[1] Puant, qui sent mauvais.

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