Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 79
Перейти на страницу:

� Que me veut-on? demanda le duc d�une voix �mue.

� C�est � M. le duc d�Aiguillon que nous avons l�honneur de parler? dit l�un des commissaires.

� Je suis le duc d�Aiguillon, oui, messieurs.

Aussit�t le commissaire, saluant profond�ment, tira de sa ceinture un acte en bonne forme dont il donna lecture � haute et intelligible voix.

C��tait l�arr�t circonstanci�, d�taill�, complet, qui d�clarait le duc d�Aiguillon gravement inculp� et pr�venu de soup�ons, m�me de faits qui entachaient son honneur, et le suspendait de ses fonctions de pair du royaume.

Le duc entendit cette lecture comme un homme foudroy� entend le bruit du tonnerre. Il ne remua pas plus qu�une statue sur son pi�destal, et n�avan�a pas m�me la main pour prendre la copie de l�arr�t que lui offrait le commissaire du parlement.

Ce fut le mar�chal qui, debout aussi, mais alerte et ingambe, prit ce papier, le lut et rendit le salut � MM. les conseillers.

Ceux-ci �taient d�j� loin que le duc d�Aiguillon demeurait encore dans la m�me stupeur.

� Voil� un rude coup! dit Richelieu; tu n�es plus pair de France, c�est humiliant.

Le duc se retourna vers son oncle, comme si, � ce moment seulement, il e�t repris la vie et la pens�e.

� Tu ne t�y attendais pas? dit Richelieu du m�me ton.

� Et vous, mon oncle? riposta d�Aiguillon.

� Comment veux-tu qu�on aille se douter que le parlement frappera si vertement sur le favori du roi et de la favorite?� Ces gens-l� se feront pulv�riser.

Le duc s�assit, la main sur sa joue br�lante.

� C�est que, continua le vieux mar�chal enfon�ant le poignard dans la plaie, si le parlement te d�grade de la pairie pour la nomination au commandement des chevau-l�gers, il te d�cr�tera de prise de corps et te condamnera au feu le jour o� tu seras nomm� ministre. Ces gens-l� t�ex�crent, d�Aiguillon, m�fie-toi d�eux.

Le duc soutint cet horrible persiflage avec une constance de h�ros; son malheur le grandissait, il �purait son �me.

Richelieu crut que cette constance �tait de l�insensibilit�, de l�inintelligence peut-�tre, et que les piq�res n�avaient pas �t� assez profondes.

� N��tant plus pair, dit-il, tu seras moins expos� � la haine de ces robins� R�fugie-toi dans quelques ann�es d�obscurit�. D�ailleurs, vois-tu, l�obscurit�, ta sauvegarde, va te venir sans que tu le veuilles; d�chu des fonctions de pair, tu arriveras au minist�re plus difficilement, cela te tirera d�affaire; tandis que, si tu veux lutter, mon ami, eh bien, tu as madame du Barry pour toi, elle te porte en son c�ur, et c�est un solide appui.

M. d�Aiguillon se leva. Il ne rendit pas m�me au mar�chal un regard de courroux pour toutes les souffrances que le vieillard venait de lui faire subir.

� Vous avez raison, mon oncle, r�pondit-il tranquillement, et votre sagesse perce dans ce dernier avis. Madame la comtesse du Barry, � laquelle vous avez eu la bont� de me pr�senter, et � qui vous avez dit de moi tant de bien et avec tant de v�h�mence que tout le monde en peut t�moigner � Luciennes, madame du Barry me d�fendra. Gr�ce � Dieu, elle m�aime, elle est brave, et elle a tout pouvoir sur l�esprit de Sa Majest�. Merci, mon oncle, de votre conseil, je m�y r�fugie comme dans un port de salut. Mes chevaux! Bourguignon, � Luciennes!

Le mar�chal resta au milieu d�un sourire �bauch�.

M. d�Aiguillon salua respectueusement son oncle et quitta le salon, laissant le mar�chal fort intrigu�, par-dessus tout confus de l�acharnement qu�il avait mis � mordre cette chair noble et vive.

Il y eut quelque consolation pour le vieux mar�chal dans la joie folle des Parisiens, lorsque, le soir, ils lurent les dix mille exemplaires de l�arr�t, qu�on s�arrachait dans les rues. Mais il ne put s�emp�cher de soupirer quand Raft� lui demanda compte de sa soir�e.

Il la lui raconta cependant sans rien taire.

� Le coup est donc par�? dit le secr�taire.

� Oui et non, Raft�; mais la blessure n�est pas mortelle, et nous avons � Trianon quelque chose de mieux que je me reproche de n�avoir pas uniquement soign�. Nous avons couru deux li�vres, Raft� C�est une grande folie�

� Pourquoi, si l�on prend le bon? r�pliqua Raft�.

� Eh! mon cher, le bon, souviens-toi de cela, c�est toujours celui qu�on n�a pas pris, et, pour celui-l� qu�on n�a pas, on donnerait toujours l�autre, c�est-�-dire celui qu�on tient.

Raft� haussa les �paules, et cependant M. de Richelieu n�avait pas tort.

� Vous croyez, dit-il, que M. d�Aiguillon sortira de l�?

� Crois-tu que le roi en sorte, nigaud?

� Oh! le roi fait un trou partout; mais il ne s�agit pas du roi, que je sache.

� O� le roi passera, passera madame du Barry, qui tient de si pr�s au roi� et par o� madame du Barry aura pass�, d�Aiguillon passera aussi, lui qui� Mais tu n�entends rien � la politique, Raft�.

� Monseigneur, ce n�est pas l�avis de ma�tre Flageot.

� Bon! que dit ce ma�tre Flageot? et qu�est-ce que c�est, d�abord?

� C�est un procureur, monseigneur.

� Apr�s?

� Eh bien, monsieur Flageot pr�tend que le roi lui-m�me ne s�en tirera pas.

� Oh! oh! qui donc fera obstacle au lion?

� Ma foi, monseigneur, ce sera le rat!�

� Ma�tre Flageot, alors!

� Il dit que oui.

� Et tu le crois?

� Je crois toujours un procureur qui promet de faire du mal.

� Nous verrons, Raft�, les moyens de ma�tre Flageot.

� C�est ce que je me dis, monseigneur.

� Viens donc souper pour que je me couche� Cela m�a tout retourn� de voir que mon pauvre neveu n��tait plus pair de France et ne serait pas ministre. On est oncle, Raft�, ou on ne l�est pas.

M. de Richelieu se mit � soupirer, et ensuite il se mit � rire.

� Vous avez pourtant bien ce qu�il faut pour �tre ministre, lui r�pliqua Raft�.

Chapitre 98. M. d�Aiguillon prend sa revanche

Le lendemain du jour o� le terrible arr�t du parlement avait empli de bruit Paris et Versailles, lorsque l�attente �tait grande pour tout le monde de savoir quelle serait la suite de cet arr�t, M. le duc de Richelieu, qui s��tait transport� � Versailles et avait repris sa vie r�guli�re, vit entrer chez lui Raft�, tenant une lettre � la main. Le secr�taire flairait et pesait cette lettre avec un air d�inqui�tude qui se communiqua promptement au ma�tre.

� Qu�est-ce encore, Raft�? demanda le mar�chal.

� Quelque chose de peu agr�able, j�imagine, monseigneur, et qui est enferm� l� dedans.

� Pourquoi imagines-tu cela?

� Parce que la lettre est de M. le duc d�Aiguillon.

� Ah! ah! fit le duc, de mon neveu?

� Oui, monsieur le mar�chal. Au sortir du conseil du roi, un huissier de la chambre est venu et m�a remis ce pli pour vous; voil� dix minutes que je le tourne et le retourne sans pouvoir m�emp�cher d�y voir quelque mauvaise nouvelle.

Le duc �tendit la main.

� Donne, dit-il, je suis brave.

� Je vous pr�viens, interrompit Raft�, que l�huissier, en me remettant ce papier, a ri jusqu�au fond du gosier.

� Diable! voil� qui est inqui�tant; donne toujours, r�pliqua le mar�chal.

� Et qu�il a ajout�: �M. le duc d�Aiguillon recommande que M. le mar�chal ait ce message sur-le-champ.�

� Douleur! tu ne me feras pas dire que tu sois un mal! s��cria le vieux mar�chal en brisant le cachet d�une main ferme.

Et il lut.

� Eh! eh! vous faites la grimace, dit Raft� les mains derri�re le dos, en observateur.

� Est-il possible! murmura Richelieu poursuivant sa lecture.

� C�est s�rieux, � ce qu�il para�t?

� Tu as l�air enchant�?

� Sans doute, je vois que je ne m��tais pas tromp�.

Le mar�chal reprit sa lecture.

� Le roi est bon, dit-il au bout d�un instant.

� Il nomme M. d�Aiguillon ministre?

� Mieux que cela.

� Oh! oh! quoi donc?

� Lis et commente.

Raft� lut � son tour ce billet; il �tait �crit de la main m�me du duc d�Aiguillon et con�u en ces termes:

�Mon cher oncle,

�Votre bon conseil a port� ses fruits: j�ai confi� mes chagrins � cette excellente amie de notre maison, madame la comtesse du Barry, qui a bien voulu d�poser ma confidence dans le sein de Sa Majest�. Le roi s�est indign� des violences que me font MM. du parlement, � moi qui me suis employ� si fid�lement � son service, et, dans son conseil de ce jour m�me, Sa Majest� a cass� l�arr�t du parlement et m�a enjoint de continuer mes fonctions de pair de France.

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)