Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
— Comment un péquenaud pourrait-il prétendre rivaliser avec une reine ? souleva Umbo.
— Bon, que dites-vous de mon idée ? tempéra Rigg avant que les choses ne dégénèrent.
— Pourquoi ne pas retourner aux premiers jours de l’entremur, pour assister à la ruée des colons vers la mer ? proposa Olivenko.
— Si nous pouvions les observer incognito, je serais partant, approuva Rigg. Mais rien ne garantit notre discrétion.
— J’aimerais autant les rencontrer quand ils sont encore humains.
— Ils ne sont ni plus ni moins humains que nous maintenant, fit valoir Rigg.
— Difficile de prendre une décision sans en savoir plus, formula Param, et difficile d’en savoir plus sans se décider.
— Pourquoi ne pas t’envoyer en éclaireur, Rigg ? proposa Umbo. Je te ramènerai si les choses se gâtent. »
Rigg se fendit d’un hochement de tête plus pensif qu’approbateur.
« Pourquoi pas. C’est l’option la moins risquée. Mais je serai le seul témoin… et que se passera-t-il si l’une de mes actions rejaillit sur nous tous ?
— Tu n’y vas pas pour une déclaration de guerre, non plus, nota Miche.
— Et si ce que je vois ne m’inspire pas ? s’inquiéta Rigg. En plus, tout seul, j’ai peur de manquer de crédibilité. Quand ils vont voir débarquer un enfant…
— Tu n’en es plus un depuis longtemps, le rassura Olivenko.
— Crois-en un vieux briscard : un homme prudent en vaut deux trop sûrs d’eux, quand il s’agit de juger une situation, ajouta Miche.
— Je me la note pour plus tard, glissa Param. Même si je ne suis pas sûre d’avoir tout compris.
— En résumé, Rigg n’est plus un gamin, malgré ce qu’il pense. Mais il a raison sur un point : nous devrions tous y aller.
— Je vous préviens, on va perdre le contrôle des vaisseaux, mit en garde Umbo.
— En parlant d’homme prudent… commenta Param.
— Nous n’avons pris le contrôle des vaisseaux que récemment, avant de quitter l’entremur de Vadesh, rappela Rigg. Nous pouvons nous en passer quelques semaines. Trois personnes – des humains, à leur trace, si cela peut vous rassurer – sont passées ici il y a quelques semaines. Elles sont sorties de l’eau puis ont remonté la plage jusqu’à la petite rivière, là-bas. Pour y glaner des moules d’eau douce ou autre chose. Encore que… si c’était pour pêcher, elles auraient pu rester en pleine mer.
— Ce qui signifie que ces gens marchent encore, en déduisit Umbo. Ce n’est pas rien. Ils ne se sont pas transformés en phoques ou en dauphins, ou en je ne sais quel mammifère marin.
— En loutres, pouffa Rigg.
— Ou en requins avec des mains », proposa Olivenko en référence aux créatures responsables de la mort de Knosso.
Ce souvenir tragique fit retomber l’allégresse générale.
Rigg offrit ses paumes, les autres s’en saisirent.
« Des souris avec nous ? s’enquit Olivenko.
— Trois, indiqua Miche.
— Huit, corrigea Rigg.
— Satanées fouineuses, enragea Miche.
— Je les vois, elles nous entendent : on n’a aucun secret les uns pour les autres comme ça.
— Tu as repéré ta trace ? lui demanda Umbo.
— Oui, confirma Rigg. Envoie-nous dans le passé.
— Tu peux très bien le faire seul, lui rappela Umbo.
— Non, pas avec une telle charge, contesta Rigg. Tu es plus fort et mieux entraîné que moi à ce jeu-là. Je pointe la cible, tu décoches la flèche. »
Umbo s’exécuta.
Trois femmes apparurent accroupies au bord de la rivière, de dos. Un sacrifiable les observait, debout à leurs côtés. Larsac.
« Il est là, murmura Umbo. Je parierais qu’il en sait bien plus sur ses colons que les autres sacrifiables ne le pensent.
— À moins que les sacrifiables n’aient pas tout dit aux souris, supputa Param.
— Ou que les souris ne nous aient pas tout dit », hasarda Olivenko.
Le sacrifiable se retourna et les salua d’un signe de bras. Les femmes se retournèrent à leur tour.
« Il nous a entendus, observa Rigg.
— Il a l’ouïe fine », nota Param.
Rigg et Larsac se mirent en route l’un vers l’autre d’un pas tout aussi décidé. Les femmes restèrent sur la berge.
Rigg tenta de focaliser son attention sur le sacrifiable. Sa ressemblance avec Père, d’une part, et avec Vadesh et Odsac, de l’autre, le mettait tout en joie tout en l’invitant à la plus grande prudence. Rigg ne put retenir un coup d’œil furtif en direction des femmes. Elles paraissaient à la fois nues et vêtues ; comme couvertes d’une cape qui aurait laissé transparaître la peau, mais pas les attributs féminins.
D’ailleurs, pourquoi les appelaient-ils « femmes » ? En raison de leur longue chevelure ?
Étaient-ce des cheveux, du reste, qui pendaient de manière singulière de leurs crânes ?
Elles se levèrent et, ce faisant, leurs vêtements semblèrent onduler, glisser, se transformer. Un premier doute fut levé : il s’agissait bien de femmes, nues. Mais ce que Rigg avait tout d’abord pris pour une cape vivait. Sur chaque femme se mouvait une créature dont la forme s’adaptait au gré de leurs mouvements. Drapée autour d’elles lors de leur station assise, elle s’était ferlée depuis vers le haut, entre leurs omoplates, comme une voile de navire – pour ne pas entraver leurs mouvements si le besoin de se battre ou de courir se faisait ressentir.
Le surprenant tombé de leur chevelure s’expliquait quant à lui par un enracinement partagé entre leur crâne et la créature elle-même. Quoique… en y regardant de plus près, seule la créature semblait avoir des cheveux. Libérés une seconde auparavant, ils venaient de se rétracter à l’intérieur de la créature. Rigg avait désormais face à lui trois femmes chauves.
« Laissez-moi deviner, lança Larsac. La bande échappée de l’entremur de Ram il y a quelques semaines. Que nous vaut l’honneur de votre visite ? De votre visite impromptue, devrais-je ajouter, car aux dernières nouvelles, vous étiez encore en pleine traversée de l’entremur de Vadesh.
— Vos sources sont fiables, observa Rigg. Après un court séjour dans l’entremur d’Odin, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur votre monde. Les traces de ces femmes nous ont intrigués, d’où notre présence ici.
— Vous n’avez pas vu la mienne, je parie, plastronna Larsac.
— Vous m’en savez bien incapable, le pommada Rigg. Les historiques des vaisseaux ne sont pas très bavards sur les habitants de votre entremur.
— Parce que les Enfants d’Odin le sont un peu trop, justement.
— Vous voulez dire que certaines informations, censées être partagées, peuvent être gardées secrètes ?
— Bien entendu, confia Larsac. En cas de force majeure.
— De quel cas parlez-vous ? l’interrogea Rigg.
— J’imagine que je serai contraint de vous le dire le jour où vous prendrez le commandement des vaisseaux et des sacrifiables, rétorqua Larsac sans se départir de son sourire.
— Pourquoi ne pas me répondre tout de suite, dans ce cas ?
— Vous êtes l’homme du futur. À vous de me dire si j’ai fini par le faire. »
Ce petit jeu ne menait nulle part, songea Rigg. Son élan de joie des premiers instants lui parut soudain injustifié. Dans ces trompeuses retrouvailles, seule la méfiance était de mise.
« Notre but est de rencontrer les gens de l’entremur, reprit Rigg. Établir un premier contact sur le rivage nous semblait être une bonne idée.
— Le spectacle vous plaît ? Leurs corps nus ne vous laissent pas insensibles, on dirait.
— À quinze ans, la nudité féminine intrigue. Et les vêtements vivants encore plus.