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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg et ses amis découvrent dans le Livre du Futur, qu’ils font partie d’une population-test envoyée depuis la Terre pour vérifier que la planète était viable. A présent, la Terre n’a plus besoin d’eux et s’apprête à les faire disparaître au profit des colons terriens. Mais ils ont bien l’intention de se défendre.
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— Pas surprise, mais trahie quand même.

— Écoute, ton respect me va droit au cœur, Olivenko. Et je te suis reconnaissante pour tes paroles. Elles m’ont ouvert les yeux. J’ai été dure avec Umbo non pas parce qu’il le méritait mais parce que le rabaisser me permettait de me raccrocher à la seule chose qui me définit : mon sang royal. Mais grâce à toi, je comprends aujourd’hui à quel point tout ceci est vain.

— Je n’ai pas dit que…

— “Vain” est le mot que j’ai choisi, moi, le coupa Param. Et c’est celui qui convient. Ton message est passé : je suis qui je suis. Même si mon talent de découpeuse de temps peut porter à rire, vu qu’il me rend à peu près aussi rapide – et vulnérable – qu’un escargot, je n’en suis pas moins une voyageuse du temps. J’apprends à me rendre utile, tu me respectes pour mes efforts, et j’apprécie. Alors que dire ? Merci. Du fond du cœur.

— Tout le plaisir est pour moi, votre majesté », déclara pompeusement Olivenko en se fendant d’une profonde révérence agrémentée d’un baisemain.

Ce geste trahissait en général les basses intentions de leurs auteurs, comme avait pu l’observer Param à la cour, avec tous les courtisans qui gravitaient autour de sa mère. Mais Olivenko s’était exécuté avec la spontanéité d’un homme sage et bon ; et comme Param, avec un peu de recul, était loin de n’éprouver que de l’indifférence pour le garde, elle fondit en larmes.

Ils parcoururent le reste du trajet à l’intérieur du Mur bras dessus bras dessous.

« Vous en avez mis du temps, lança Rigg à leur arrivée.

— Si on a raté l’événement du siècle, ramène-nous en arrière qu’on en profite, blagua Olivenko. En attendant, l’entremur ressemble étrangement à celui d’Odin. Il n’y manque rien, même pas les souris prêtes pour l’invasion.

— Elles commencent déjà à se disperser », nota Rigg.

Umbo rejoignit le groupe en dévalant au pas de course la colline d’en face, gravie le temps qu’ils arrivent.

« Des étendues vierges à perte de vue ! annonça-t-il en bouclant les derniers mètres. Tu nous diras si tu vois des traces. »

La dernière phrase s’adressait manifestement à Rigg et à lui seul, malgré la présence de Param et d’Olivenko à ses côtés.

« Aucune, pour l’instant, indiqua Rigg. Même pas une qui remonterait aux premiers jours de la colonie.

— Ils ont gagné la mer dès leur arrivée, les informa Param. Puis ils ont coupé tous les ponts avec Larsac. Ensuite, mystère. Les chroniques de l’entremur s’arrêtent là. »

Umbo ne snobait pas Param stricto sensu. Il attendit patiemment qu’elle finisse, l’oreille tendue, le regard ailleurs.

« Il manque la seule chose indissociable de tout entremur, et qui reste pour l’instant invisible », reprit-il quand elle eut terminé.

Param s’interrogea sur le sens de ses propos… jusqu’à ce qu’Umbo sorte la dague.

« Aucun sacrifiable n’est là pour nous accueillir, comprit-elle.

— C’était déjà le cas dans l’entremur d’Odin, reprit Umbo. Mais tel que j’entrevois les choses, Larsac n’a rien eu à faire ces onze mille dernières années. Et, comme par hasard, il serait trop occupé pour venir faire causette avec ses invités le jour de leur arrivée ?

— Les voies des sacrifiables sont impénétrables, observa Rigg.

— Essaie quand même, l’encouragea Umbo. Et si personne ne s’y oppose, j’appellerais bien l’aéronef. On convoque Larsac en même temps ?

— Pas tout de suite, le freina Rigg. Attendons que l’occasion se présente. On écoutera ce qu’il a à nous dire à ce moment-là. Au moins, ses gens ne sont pas tous morts, contrairement à ceux de Vadesh.

— À priori, remarqua Umbo.

— Si on peut toujours les appeler “gens” », discuta Param.

Miche prit la parole.

« J’ai appris à faire preuve d’ouverture d’esprit ces derniers temps, alors disons que oui. À part ça, les souris ont décidé de suivre mon conseil : elles poursuivent seules. Il faut dire qu’on ne passe pas inaperçus avec nos trognes, entre ce que je trimballe collé à la figure et Olivenko qui est moche comme un pou par nature. Sans parler de sa gaffe à l’entrée de l’entremur, avec son histoire d’invasion de souris…

— En d’autres termes, elles préfèrent se démultiplier avant de se faire repérer, conclut Olivenko.

— Les accouplements ont déjà commencé, les informa Miche. Elles ne se montreront que quand leurs petits auront mis bas.

— Dans une heure et demie, quoi, plaisanta Rigg.

— Leur gestation prend un peu plus de temps, rappela Miche.

— Alors ? s’enquit Umbo en brandissant la dague.

— Appelle l’aéronef, ordonna Rigg. On se déplaçait comment avant, au fait ? On n’avait pas des jambes ?

— Si, deux, confirma Umbo. Mais personnellement, me faire porter me convient très bien. »

Param gloussa, malgré la douleur que les plaisanteries des garçons avaient ravivée en elle. Olivenko avait raison : elle était la sœur de Rigg par le sang, mais c’était par amour et loyauté que Rigg et Umbo étaient liés. Param n’avait pas à chercher plus loin les raisons de son geste, dans la cabine de l’aéronef. Son frère se sentait tiraillé entre eux deux et s’en agaçait. Mais le moment venu, il n’hésiterait pas : il choisirait Umbo. Son choix était déjà arrêté.

Et il a fait le bon, songea Param. Je dois encore gagner ma place. Être une demoiselle en détresse, même incroyablement talentueuse pour jouer les filles de l’air, même proche par le sang, aussi proche qu’on puisse l’être, cela ne fait pas de vous une amie chère et fidèle. Cela prendra du temps. Et de la force, du courage, de la maîtrise. Beaucoup plus que ce dont j’ai pu faire preuve jusqu’à présent.

Chapitre 7

Entremur de Lar

L’aéronef survola les landes sauvages, frappantes de virginité pour un œil à l’affût de traces – dont il n’y avait point ici. Une terre immaculée, à l’instar de l’entremur de Vadesh, mais en plus vide encore. En comparaison, les terres des Enfants d’Odin en regorgeaient par millions, mais à l’éclat passé par le temps ; les plus vives, et aussi les plus rares, ne s’aventuraient guère à l’écart des frontières.

Trois entremurs aux antipodes de celui de Ram, où une vie bouillonnante régénérait en continu un réseau de traces plus éclatant chaque jour que la veille.

Les Enfants d’Odin vivaient parmi les ruines, Vadesh seul dans une ville fantôme. Jusqu’ici, l’entremur de Lar s’était résumé à une immensité déserte tour à tour boisée, vallonnée et montagneuse. Seul un mince filet tirant droit au nord témoignait de l’exil des colons vers la mer, dix mille ans plus tôt – une présence discrète retrouvée le long du littoral, sur une bande de cent mètres vers l’intérieur des terres.

Cette région s’apparentait pourtant, en climat et en relief, au berceau des tribus sessamides, d’immenses forêts impénétrables d’où les barbares lancèrent leurs raids vers la grande vallée de la Stashik, vague après vague, au cours des siècles. Une terre jumelle, mais préservée des abattis-brûlis agricoles, de la scarification des routes et des outrages de l’urbanisation.

Cette nature virginale n’était ni plus ni moins belle que celle façonnée par les hommes, songea Rigg. Le jeune trappeur gardait en mémoire l’image des arches qui enjambaient autrefois les chutes de la Stashi, ouvrages aujourd’hui en ruines, sapés par le courroux du ciel et de la terre. Il se souvenait des marches taillées à même la pierre jusqu’au sommet de la cascade, et dont l’ascension mettait à l’épreuve les plus endurants poumons ; il revivait ses innombrables descentes, les reins brisés par le poids du ballot, et ses remontées au pas de course, à vide. Pouvait-on considérer la montagne défigurée parce que des hommes avaient décidé d’y tailler une voie vers le sommet ? Pourquoi ne pas saluer au contraire la beauté et l’utilité de leur geste ?

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