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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Le cardinal se rapprocha encore.

� De quelle lettre voulez-vous parler? dit-il.

� Oh! vous le savez bien.

� Dites toujours.

� Eh bien, d�une lettre que vous �criv�tes de Vienne � Paris, � l�effet de faire manquer le mariage du dauphin.

Le pr�lat laissa �chapper un mouvement d�effroi.

� Cette lettre�? balbutia-t-il.

� Je la sais par c�ur.

� C�est une trahison de M. de Breteuil, alors?

� Pourquoi cela?

� Parce que, lorsque le mariage fut d�cid�, je la lui redemandai.

� Et il vous dit?�

� Qu�elle �tait br�l�e.

� C�est qu�il n�osa vous dire qu�elle �tait perdue.

� Perdue?

� Oui� Or, une lettre perdue, vous comprenez, il se peut qu�on la retrouve.

� Si bien que cette lettre que j�ai �crite � M. de Breteuil?�

� Oui.

� Qu�il m�a dit avoir br�l�e?�

� Oui.

� Et qu�il avait perdue?�

� Je l�ai retrouv�e. Oh! mon Dieu! par hasard, en passant dans la cour de marbre � Versailles.

� Et vous ne l�avez pas fait remettre � M. de Breteuil?

� Je m�en serais bien gard�.

� Pourquoi cela?

� Parce que, en ma qualit� de sorcier, je savais que Votre �minence, � qui je veux tant de bien, moi, me voulait mal de mort. Alors vous comprenez: un homme d�sarm� qui sait qu�en traversant un bois il va �tre attaqu�, et qui trouve un pistolet tout charg� sur la lisi�re de ce bois�

� Eh bien?

� Eh bien, cet homme est un sot s�il se dessaisit de ce pistolet.

Le cardinal eut un �blouissement et s�appuya sur le rebord de la fen�tre.

Mais, apr�s un instant d�h�sitation, dont le comte d�vorait les variations sur son visage:

� Soit, dit-il. Mais il ne sera pas dit qu�un prince de ma maison aura pli� devant la menace d�un charlatan. Cette lettre e�t-elle �t� perdue, l�eussiez-vous trouv�e, d�t-elle �tre montr�e � madame la dauphine elle-m�me; cette lettre d�t-elle me perdre comme homme politique, je soutiendrai mon r�le de sujet loyal, de fid�le ambassadeur. Je dirai ce qui est vrai, c�est-�-dire que je trouvais cette alliance nuisible aux int�r�ts de mon pays, et mon pays me d�fendra ou me plaindra.

� Et si quelqu�un, dit le comte, se trouve l�, qui dise que l�ambassadeur, jeune, beau, galant, ne doutant de rien, vu son nom de Rohan et son titre de prince, ne disait point cela parce qu�il croyait l�alliance autrichienne nuisible aux int�r�ts de la France, mais parce que, gracieusement re�u d�abord par l�archiduchesse Marie-Antoinette, cet orgueilleux ambassadeur avait eu la vanit� de voir dans cette affabilit� quelque chose de plus que� de l�affabilit�, que r�pondra le fid�le sujet, le loyal ambassadeur?

� Il niera, monsieur, car de ce sentiment que vous pr�tendez avoir exist�, il ne reste aucune preuve.

� Ah! si fait, monsieur, vous vous trompez: il reste la froideur de madame la dauphine pour vous.

Le cardinal h�sita.

� Tenez, mon prince, dit le comte, croyez-moi, au lieu de nous brouiller, comme ce serait d�j� fait si je n�avais plus de prudence que vous, restons bons amis.

� Bons amis?

� Pourquoi pas? Les bons amis sont ceux qui nous rendent des services.

� En ai-je jamais r�clam� de vous?

� C�est le tort que vous avez eu; car depuis deux jours que vous �tes � Paris�

� Moi?

� Oui, vous. Eh! mon Dieu, pourquoi vouloir me cacher cela, � moi qui suis sorcier? Vous avez quitt� la princesse � Soissons, vous �tes venu en poste � Paris par Villers-Cotter�ts et Dammartin, c�est-�-dire par la route la plus courte, et vous �tes venu demander � vos bons amis de Paris des services qu�ils vous ont refus�s. Apr�s lesquels refus, vous �tes reparti en poste pour Compi�gne, et cela d�sesp�r�.

Le cardinal semblait an�anti.

� Et quel genre de services pouvais-je donc attendre de vous, demanda-t-il, si je m��tais adress� � vous?

� Les services qu�on demande � un homme qui fait de l�or.

� Et que m�importe que vous fassiez de l�or?

� Peste! quand on a cinq cent mille francs � payer dans les quarante-huit heures� Est-ce bien cinq cent mille francs? Dites.

� Oui, c�est bien cela.

� Vous demandez � quoi importe d�avoir un ami qui fait de l�or? Cela importe que les cinq cent mille francs qu�on n�a pu trouver chez personne, on les trouvera chez lui.

� Et o� cela? demanda le cardinal.

� Rue Saint-Claude, au Marais.

� � quoi reconna�trai-je la maison?

� � une t�te de griffon en bronze qui sert de marteau � la porte.

� Quand pourrai-je m�y pr�senter?

� Apr�s-demain, monseigneur, vers six heures du soir, s�il vous pla�t, et ensuite�

� Ensuite?

� Toutes et quantes fois il vous fera plaisir d�y venir. Mais, tenez, notre conversation finit � temps, voici la princesse qui a termin� sa pri�re.

Le cardinal �tait vaincu; il n�essaya point de r�sister plus longtemps, et, s�approchant de la princesse:

� Madame, dit-il, je suis forc� d�avouer que M. le comte de F�nix a parfaitement raison, que l�acte dont il est porteur est on ne peut plus valable, et qu�enfin les explications qu�il m�a donn�es m�ont compl�tement satisfait.

Le comte s�inclina.

� Qu�ordonne Votre Altesse royale? demanda-t-il.

� Un dernier mot � cette jeune femme.

Le comte s�inclina une seconde fois en signe d�assentiment.

� C�est de votre propre et enti�re volont� que vous voulez quitter le couvent de Saint-Denis, o� vous �tiez venue me demander un refuge?

� Son Altesse, reprit vivement Balsamo, demande si c�est de votre propre et enti�re volont� que vous voulez quitter le couvent de Saint-Denis o� vous �tiez venue demander un asile? R�pondez, Lorenza.

� Oui, dit la jeune femme, c�est de ma propre volont�.

� Et cela pour suivre votre mari, le comte de F�nix?

� Et cela pour me suivre? r�p�ta le comte.

� Oh! oui, dit la jeune femme.

� En ce cas, dit la princesse, je ne vous retiens ni l�un ni l�autre, car ce serait faire violence aux sentiments. Mais, s�il y a quelque chose dans tout ceci qui sorte de l�ordre naturel des choses, que la punition du Seigneur retombe sur celui qui, � son profit ou dans ses int�r�ts, aura troubl� l�harmonie de la nature� Allez, monsieur le comte de F�nix; allez, Lorenza Feliciani, je ne vous retiens plus� Seulement, reprenez vos bijoux.

� Ils sont aux pauvres, Madame, dit le comte de F�nix; et, distribu�e par vos mains, l�aum�ne sera deux fois agr�able � Dieu. Je ne redemande que mon cheval Dj�rid.

� Vous pouvez le r�clamer en passant, monsieur. Allez!

Le comte s�inclina devant la princesse et pr�senta son bras � Lorenza, qui vint s�y appuyer et qui sortit avec lui sans prononcer une parole.

� Ah! monsieur le cardinal, dit la princesse en secouant tristement la t�te, il y a des choses incompr�hensibles et fatales dans l�air que nous respirons.

Chapitre 53. Le retour de Saint-Denis

En s��loignant de Philippe, Gilbert, comme nous l�avons dit, �tait rentr� dans la foule.

Mais cette fois ce n��tait plus le c�ur bondissant d�attente et de joie qu�il se jetait dans le flot bruissant, c��tait l��me ulc�r�e par une douleur que le bon accueil de Philippe et ses obligeantes offres de service n�avaient pu adoucir.

Andr�e ne se doutait pas qu�elle e�t �t� cruelle pour Gilbert. La belle et sereine jeune fille ignorait compl�tement qu�il p�t y avoir entre elle et le fils de sa nourrice aucun point de contact, ni pour la douleur ni pour la joie. Elle passait au-dessus des sph�res inf�rieures, jetant sur elles son ombre ou sa lumi�re, selon qu�elle �tait elle-m�me souriante ou sombre. Cette fois, l�ombre de son d�dain avait glac� Gilbert; et comme elle n�avait fait que suivre l�impulsion de sa propre nature, elle ignorait elle-m�me qu�elle avait �t� d�daigneuse.

Mais Gilbert, comme un athl�te d�sarm�, avait tout re�u en plein c�ur, regards de m�pris et paroles superbes; et Gilbert n�avait pas encore assez de philosophie pour ne pas se donner, tout saignant comme il l��tait, la consolation du d�sespoir.

Aussi, � partir du moment o� il fut rentr� dans la foule, ne s�inqui�ta-t-il plus ni des chevaux, ni des hommes. Rassemblant ses forces, au risque de s��garer ou de se faire broyer, il s��lan�a comme un sanglier bless� � travers la multitude et se fit ouvrir un passage.

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