Joseph Balsamo. Tome II
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #2
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:
Minuit sonna.
Au premier coup, il me sembla que tout mon corps tait secou par un mouvement convulsif pareil celui que javais lhabitude dprouver quand Acharat sapprochait de moi; puis jprouvai une commotion au cur; puis je le vis apparatre la porte de la chapelle.
Est-ce de leffroi que vous prouvtes alors? demanda le comte de Fnix.
Non, non, ce ft du bonheur, ce fut de la joie, ce fut de lextase, car je comprenais quil venait marracher cette mort dsespre que je redoutais tant. Il marcha lentement vers mon cercueil, me regarda un instant avec un sourire plein de tristesse, puis il me dit:
Lve-toi et marche.
Les liens qui retenaient mon corps tendu se rompirent aussitt; cette voix puissante, je me levai, et je mis un pied hors de mon cercueil.
Es-tu heureuse de vivre? me demanda-t-il.
Oh! oui, rpondis-je.
Eh bien, alors suis-moi.
Linfirmire, habitue au funbre office quelle remplissait prs de moi, aprs lavoir rempli prs de tant dautres surs, dormait sur sa chaise. Je passai prs delle sans lveiller, et je suivis celui qui, pour la seconde fois, marrachait la mort.
Nous arrivmes dans la cour. Je revis ce ciel tout parsem dtoiles brillantes que je nesprais plus revoir. Je sentis cet air frais de la nuit que les morts ne sentent plus, mais qui est si doux aux vivants.
Maintenant, me demanda-t-il, avant de quitter ce couvent, choisissez entre Dieu et moi. Voulez-vous tre religieuse? Voulez-vous me suivre?
Je veux vous suivre, rpondis-je.
Alors, venez, dit-il une seconde fois.
Nous arrivmes la porte du tour; elle tait ferme.
O sont les clefs? me demanda-t-il.
Dans les poches de la sur tourire.
Et o sont ces poches?
Sur une chaise, prs de son lit.
Entrez chez elle sans bruit, prenez les clefs, choisissez celle de la porte, et apportez-la-moi.
Jobis. La porte de la loge ntait point ferme en dedans. Jentrai. Jallai droit la chaise. Je fouillai dans les poches; je trouvai les clefs; parmi le trousseau, je trouvai celle du tour et je lapportai.
Cinq minutes aprs, le tour souvrait et nous tions dans la rue.
Alors je pris son bras et nous courmes vers lextrmit du village de Subiaco. cent pas de la dernire maison, une chaise de poste attendait toute attele. Nous montmes dedans, et elle partit au galop.
Et aucune violence ne vous fut faite? aucune menace ne fut profre? vous suivtes cet homme volontairement?
Lorenza resta muette.
Son Altesse royale vous demande, Lorenza, si par quelque menace ou quelque violence je vous forai de me suivre?
Non.
Et pourquoi le suivtes-vous?
Dites, pourquoi mavez-vous suivi?
Parce que je vous aimais, dit Lorenza.
Le comte de Fnix se retourna vers la princesse avec un sourire triomphant.
Chapitre 52. Son minence le cardinal de Rohan
Ce qui se passait sous les yeux de la princesse tait tellement extraordinaire, quelle se demandait, elle, lesprit fort et tendre la fois, si lhomme quelle avait devant les yeux ntait pas vritablement un magicien disposant des curs et des esprits sa volont.
Mais le comte de Fnix ne voulut point sen tenir l.
Ce nest pas tout, Madame, dit-il, et Votre Altesse na entendu de la bouche mme de Lorenza quune partie de notre histoire; elle pourrait donc conserver des doutes si, de sa bouche encore, elle nentendait le reste.
Alors, se retournant vers la jeune femme:
Vous souvient-il, chre Lorenza, dit-il, de la suite de notre voyage, et que nous avons visit ensemble Milan, le lac Majeur, lOberland, le Righi et le Rhin magnifique, qui est le Tibre du Nord?
Oui, dit la jeune femme avec son mme accent monotone, oui, Lorenza a vu tout cela.
Entrane par cet homme, nest-ce pas, mon enfant? cdant une force irrsistible dont vous ne vous rendiez pas compte vous-mme? demanda la princesse.
Pourquoi croire cela, Madame, quand loin de l, tout ce que Votre Altesse vient dentendre lui prouve le contraire? Eh! dailleurs, tenez, sil vous faut une preuve plus palpable encore, un tmoin matriel, voici une lettre de Lorenza elle-mme. Javais t oblig de la laisser malgr moi, seule Mayence; eh bien, elle me regrettait, elle me dsirait, car, en mon absence, elle mcrivait ce billet que Votre Altesse peut lire.
Le comte tira une lettre de son portefeuille et la remit la princesse.
La princesse lut:
Reviens, Acharat; tout me manque quand tu me quittes. Mon Dieu! quand donc serai-je toi pour lternit?