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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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En ce moment, on entendit le bruit d�un carrosse qui s�arr�tait � la porte de l�abbaye.

� Ah! s��cria la princesse, voil� le cardinal; nous allons savoir enfin � quoi nous en tenir.

Le comte de F�nix s�inclina, dit quelques mots � Lorenza et attendit avec le calme d�un homme qui aurait le don de diriger les �v�nements.

Un instant apr�s, la porte s�ouvrit et l�on annon�a Son �minence M. le cardinal de Rohan.

La princesse, rassur�e par la pr�sence d�un tiers, vint reprendre sa place sur son fauteuil en disant:

� Faites entrer.

Le cardinal entra. Mais il n�eut pas plut�t salu� la princesse, qu�apercevant Balsamo:

� Ah! c�est vous, monsieur! dit-il avec surprise.

� Vous connaissez monsieur? demanda la princesse de plus en plus �tonn�e.

� Oui, dit le cardinal.

� Alors, s��cria Madame Louise, vous allez nous dire qui il est?

� Rien de plus facile, dit le cardinaclass="underline" monsieur est sorcier.

� Sorcier! murmura la princesse.

� Pardon, Madame, dit le comte, Son �minence s�expliquera tout � l�heure, et � la satisfaction de tout le monde, je l�esp�re.

� Est-ce que monsieur aurait fait aussi quelque pr�diction � Son Altesse royale, que je la vois boulevers�e � ce point? demanda M. de Rohan.

� L�acte de mariage! L�acte, sur-le-champ! s��cria la princesse.

Le cardinal regardait �tonn�, car il ignorait ce que pouvait signifier cette exclamation.

� Le voici, dit le comte en le pr�sentant au cardinal.

� Qu�est-ce l�? demanda celui-ci.

� Monsieur, dit la princesse, il s�agit de savoir si cette signature est bonne et si cet acte est valide.

Le cardinal lut le papier que lui pr�sentait la princesse.

� Cet acte est un acte de mariage parfaitement en forme, et cette signature est celle de M. Remy, cur� de la chapelle Saint-Jean; mais qu�importe � Votre Altesse?

� Oh! il m�importe beaucoup, monsieur. Ainsi la signature�?

� Est bonne; mais rien ne me dit qu�elle n�ait pas �t� extorqu�e.

� Extorqu�e, n�est-ce pas? c�est possible, s��cria la princesse.

� Et le consentement de Lorenza aussi, n�est-ce pas? dit le comte avec une ironie qui s�adressait directement � la princesse.

� Mais par quels moyens, voyons, monsieur le cardinal, par quels moyens aurait-on pu extorquer cette signature? Dites, le savez-vous?

� Par ceux qui sont au pouvoir de monsieur par des moyens magiques.

� Magiques! Cardinal, mais est-ce bien vous?�

� Monsieur est sorcier; je l�ai dit et je ne m�en d�dis pas.

� Votre �minence veut plaisanter.

� Non pas, et la preuve, c�est que, devant vous, je veux avoir avec monsieur une s�rieuse explication.

� J�allais la demander � Votre �minence, dit le comte.

� � merveille, mais n�oubliez pas que c�est moi qui interroge, dit le cardinal avec hauteur.

� Et moi, dit le comte, n�oubliez pas qu�� toutes vos interrogations je r�pondrai, m�me devant Son Altesse, si vous y tenez. Mais vous n�y tiendrez pas, j�en suis certain.

Le cardinal sourit.

� Monsieur, dit-il, c�est un r�le difficile � jouer de notre temps que celui de sorcier. Je vous ai vu � l��uvre; vous y avez eu un grand succ�s; mais tout le monde, je vous en pr�viens, n�aura pas la patience et surtout la g�n�rosit� de madame la dauphine.

� De madame la dauphine? s��cria la princesse.

� Oui, Madame, dit le comte, j�ai eu l�honneur d��tre pr�sent� � Son Altesse royale.

� Et comment avez-vous reconnu cet honneur, monsieur? Dites, dites.

� H�las! reprit le comte, plus mal que je n�eusse voulu; car je n�ai point de haine personnelle contre les hommes, et surtout contre les femmes.

� Mais qu�a donc fait monsieur � mon auguste ni�ce? dit Madame Louise.

� Madame, dit le comte, j�ai eu le malheur de lui dire la v�rit� qu�elle me demandait.

� Oui, la v�rit�, une v�rit� qui l�a fait �vanouir.

� Est-ce ma faute, reprit le comte de cette voix puissante qui devait si bien tonner en certains moments; est-ce ma faute, si cette v�rit� �tait si terrible qu�elle devait produire de semblables effets? Est-ce moi qui ai cherch� la princesse? Est-ce moi qui ai demand� � lui �tre pr�sent�? Non, je l��vitais, au contraire; on m�a amen� pr�s d�elle presque de force; elle m�a interrog� en ordonnant.

� Mais qu��tait-ce donc que cette v�rit� si terrible que vous lui avez dite, monsieur? demanda la princesse.

� Cette v�rit�, Madame, r�pondit le comte, c�est le voile de l�avenir que j�ai d�chir�.

� De l�avenir?

� Oui, Madame, de cet avenir qui a paru si mena�ant � Votre Altesse royale, qu�elle a essay� de le fuir dans un clo�tre, de le combattre au pied des autels par ses pri�res et par ses larmes.

� Monsieur!

� Est-ce ma faute, Madame, si cet avenir, que vous avez pressenti comme sainte, m�a �t� r�v�l�, � moi, comme proph�te, et si madame la dauphine, �pouvant�e de cet avenir qui la menace personnellement, s�est �vanouie lorsqu�il lui a �t� r�v�l�?

� Vous l�entendez? dit le cardinal.

� H�las! dit la princesse.

� Car son r�gne est condamn�, s��cria le comte, comme le r�gne le plus fatal et le plus malheureux de toute la monarchie.

� Monsieur! s��cria la princesse.

� Quant � vous, Madame, continua le comte, peut-�tre vos pri�res ont-elles obtenu gr�ce; mais vous ne verrez rien de tout cela, car vous serez dans les bras du Seigneur quand ces choses arriveront. Priez! Madame, priez!

La princesse, domin�e par cette voix proph�tique qui r�pondait si bien aux terreurs de son �me, tomba � genoux aux pieds du crucifix et se mit effectivement � prier avec ferveur.

Alors le comte, se tournant vers le cardinal, et le pr�c�dant dans l�embrasure d�une fen�tre:

� � nous deux, monsieur le cardinal; que me vouliez-vous?

Le cardinal alla rejoindre le comte.

Les personnages �taient dispos�s ainsi:

La princesse, au pied du crucifix, priait avec ferveur; Lorenza, immobile, muette, les yeux ouverts et fixes comme s�ils ne voyaient pas, �tait debout au milieu de l�appartement. Les deux hommes se tenaient dans l�embrasure de la fen�tre, le comte appuy� sur l�espagnolette, le cardinal � moiti� cach� par le rideau.

� Que me voulez-vous? r�p�ta le comte. Parlez.

� Je veux savoir qui vous �tes.

� Vous le savez.

� Moi?

� Sans doute. N�avez-vous pas dit que j��tais sorcier?

� Tr�s bien. Mais, l�-bas, on vous nommait Joseph Balsamo; ici, l�on vous nomme le comte de F�nix.

� Eh bien, que prouve cela? Que j�ai chang� de nom, voil� tout.

� Oui; mais savez-vous que de pareils changements, de la part d�un homme comme vous, donneraient fort � penser � M. de Sartine?

Le comte sourit.

� Oh! monsieur, dit-il, que voil� une petite guerre pour un Rohan! Comment, Votre �minence argumente sur des mots! Verba et voces, dit le latin. N�a-t on rien de pis � me reprocher?

� Vous devenez railleur, je crois, dit le cardinal.

� Je ne le deviens pas, c�est mon caract�re.

� Alors, je vais me donner une satisfaction.

� Laquelle?

� Celle de vous faire baisser le ton.

� Faites, monsieur.

� Ce sera, j�en suis certain, faire ma cour � madame la dauphine.

� Ce qui ne sera pas du tout inutile dans les termes o� vous �tes avec elle, dit flegmatiquement Balsamo.

� Et si je vous faisais arr�ter, monsieur de l�horoscope, que diriez-vous?

� Je dirais que vous avez grand tort, monsieur le cardinal.

� En v�rit�! dit l��minence avec un m�pris �crasant; et qui donc trouverait cela?

� Vous-m�me, monsieur le cardinal.

� Je vais donc en donner l�ordre de ce pas; alors, on saura quel est au juste ce baron Joseph Balsamo, comte de F�nix, rejeton illustre d�un arbre g�n�alogique dont je n�ai vu la graine en aucun champ h�raldique de l�Europe.

� Monsieur, dit Balsamo, que ne vous �tes-vous inform� de moi � votre ami M. de Breteuil?

� M. de Breteuil n�est pas mon ami.

� C�est-�-dire qu�il ne l�est plus, mais il l�a �t� et de vos meilleurs m�me; car vous lui avez �crit certaine lettre�

� Quelle lettre? demanda le cardinal en se rapprochant.

� Plus pr�s, monsieur le cardinal, plus pr�s; je ne voudrais point parler haut de peur de vous compromettre.

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