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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Une signature! murmura la princesse avec un doute plus humiliant que ne l�avait �t� sa col�re; mais si cette signature�?

� Cette signature est celle du cur� de Saint-Jean de Strasbourg, bien connu de M. le prince Louis, cardinal de Rohan, et si Son �minence �tait ici�

� Justement M. le cardinal est ici, s��cria la princesse attachant sur le comte des regards enflamm�s. Son �minence n�a pas quitt� Saint-Denis; elle est dans ce moment-ci chez les chanoines de la cath�drale; ainsi rien n�est plus ais� que cette v�rification que vous nous proposez.

� C�est un grand bonheur pour moi, Madame, r�pondit le comte en remettant flegmatiquement son acte dans son portefeuille; car, par cette v�rification, je l�esp�re, je verrai se dissiper tous les soup�ons injustes que Votre Altesse a contre moi.

� Tant d�impudence me r�volte en v�rit�, dit la princesse en agitant vivement sa sonnette. Ma s�ur! ma s�ur!

La religieuse qui avait un instant auparavant introduit le comte de F�nix accourut.

� Que l�on fasse monter � cheval mon piqueur, dit la princesse, et qu�on l�envoie porter ce billet � M. le cardinal de Rohan; on le trouvera au chapitre de la cath�drale; qu�il vienne ici sans retard, je l�attends.

Et, tout en parlant, la princesse �crivit � la h�te deux mots qu�elle remit � la religieuse.

Puis elle ajouta tout bas:

� Que l�on place dans le corridor deux archers de la mar�chauss�e, et que personne ne sorte sans mon cong�; allez!

Le comte avait suivi les diff�rentes phases de cette r�solution, bien arr�t�e maintenant chez Madame Louise, de lutter avec lui jusqu�au bout; et tandis que la princesse �crivait, d�cid�e sans doute � lui disputer la victoire, il s��tait approch� du cabinet, et l�, l��il fix� sur la porte, les mains �tendues et agit�es d�un mouvement plus m�thodique que nerveux, il avait prononc� quelques mots tout bas.

La princesse, en se retournant, le vit dans cette attitude.

� Que faites-vous l�, monsieur? dit-elle.

� Madame, dit le comte, j�adjure Lorenza Feliciani de venir ici en personne vous confirmer, par ses paroles et de sa pleine volont�, que je ne suis ni un imposteur ni un faussaire, et cela sans pr�judice de toutes les autres preuves qu�exigera Votre Altesse.

� Monsieur!

� Lorenza Feliciani, cria le comte dominant tout, m�me la volont� de la princesse; Lorenza Feliciani, sortez de ce cabinet, et venez ici, venez!

Mais la porte resta close.

� Venez, je le veux! r�p�ta le comte.

Alors la clef grin�a dans la serrure, et la princesse, avec un indicible effroi, vit entrer la jeune femme, dont les yeux �taient fix�s sur le comte, sans aucune expression de col�re ni de haine.

� Que faites-vous donc, mon enfant, que faites-vous? s��cria Madame Louise, et pourquoi revenir � cet homme que vous aviez fui? Vous �tiez en s�ret� ici; je vous l�avais dit.

� Elle est en s�ret� aussi dans ma maison, Madame, r�pondit le comte.

Puis se retournant vers la jeune femme:

� N�est-ce pas, Lorenza, dit-il, que vous �tes en s�ret� chez moi?

� Oui, r�pondit la jeune fille.

La princesse, au comble de l��tonnement, joignit les mains et se laissa retomber dans son fauteuil.

� Maintenant, Lorenza, dit le comte d�une voix douce mais dans laquelle n�anmoins l�accent du commandement se faisait sentir, maintenant on m�accuse de vous avoir fait violence. Dites, vous ai-je violent�e en quelque chose que ce soit?

� Jamais, r�pondit la jeune femme d�une voix claire et pr�cise, mais sans accompagner cette d�n�gation d�aucun mouvement.

� Alors, s��cria la princesse, que signifie toute cette histoire d�enl�vement que vous m�avez faite?

Lorenza demeura muette; elle regardait le comte comme si la vie et la parole, qui en est l�expression, devaient lui venir de lui.

� Son Altesse d�sire sans doute savoir comment vous �tes sortie du couvent, Lorenza. Racontez tout ce qui s�est pass� depuis le moment o� vous vous �tes �vanouie dans le ch�ur jusqu�� celui o� vous vous �tes r�veill�e dans la chaise de poste.

Lorenza demeura silencieuse.

� Racontez la chose dans tous ses d�tails, continua le comte, sans rien omettre. Je le veux.

Lorenza ne put comprimer un fr�missement.

� Je ne me rappelle point, dit-elle.

� Cherchez dans vos souvenirs, et vous vous rappellerez.

� Ah! oui, oui, en effet, dit Lorenza avec le m�me accent monotone, je me souviens.

� Parlez!

� Lorsque je me fus �vanouie, au moment m�me o� les ciseaux touchaient mes cheveux, on m�emporta dans ma cellule et l�on me coucha sur mon lit. Jusqu�au soir, ma m�re resta pr�s de moi, et, comme je demeurais toujours sans connaissance, on envoya chercher le chirurgien du village, lequel me t�ta le pouls, passa un miroir devant mes l�vres et, reconnaissant que mes art�res �taient sans battements et ma bouche sans haleine, d�clara que j��tais morte.

� Mais comment savez-vous tout cela? demanda la princesse.

� Son Altesse d�sire conna�tre comment vous savez tout cela, r�p�ta le comte.

� Chose �trange! dit Lorenza, je voyais et j�entendais; seulement, je ne pouvais ouvrir les yeux, parler ni remuer; j��tais en l�thargie.

� En effet, dit la princesse, Tronchin m�a parl� parfois de personnes tomb�es en l�thargie et qui avaient �t� enterr�es vivantes.

� Continuez, Lorenza.

� Ma m�re se d�sesp�rait et ne voulait point croire � ma mort; elle d�clara qu�elle passerait encore pr�s de moi la nuit et la journ�e du lendemain.

�Elle le fit ainsi qu�elle l�avait dit; mais les trente-six heures pendant lesquelles elle me veilla s��coul�rent sans que je fisse un mouvement, sans que je poussasse un soupir.

�Trois fois le pr�tre �tait venu, et chaque fois il avait dit � ma m�re que c��tait se r�volter contre Dieu que de vouloir retenir mon corps sur la terre, quand d�j� il avait mon �me; car il ne doutait pas qu��tant morte dans toutes les conditions du salut et au moment o� j�allais prononcer les paroles qui scellaient mon �ternelle alliance avec le Seigneur, il ne doutait pas, disait-il, que mon �me ne f�t mont�e droit au ciel.

�Ma m�re insista tant qu�elle obtint de me veiller encore pendant toute la nuit du lundi au mardi.

�Le mardi matin, j��tais toujours dans le m�me �tat d�insensibilit�.

�Ma m�re se retira vaincue. Les religieuses criaient au sacril�ge. Les cierges �taient allum�s dans la chapelle, o� je devais, selon l�habitude, �tre expos�e un jour et une nuit.

�Ma m�re une fois sortie, les ensevelisseuses entr�rent dans ma chambre; comme je n�avais pas prononc� mes v�ux, on me mit une robe blanche, on ceignit mon front d�une couronne de roses blanches, on pla�a mes bras en croix sur ma poitrine, puis on demanda:

�� La bi�re!

�La bi�re fut apport�e dans ma chambre; un profond frissonnement courut par tout mon corps; car, je vous le r�p�te, � travers mes paupi�res ferm�es, je voyais tout comme si mes yeux eussent �t� tout grands ouverts.

�On me prit et l�on me d�posa dans le cercueil.

�Puis, le visage d�couvert, comme c�est l�habitude chez nous autres Italiennes, on me descendit dans la chapelle et l�on me pla�a au milieu du ch�ur, avec des cierges allum�s tout autour de moi et un b�nitier � mes pieds.

�Toute la journ�e, les paysans de Subiaco entr�rent dans la chapelle, pri�rent pour moi et jet�rent de l�eau b�nite sur mon corps.

�Le soir vint. Les visites cess�rent; on ferma en dedans les portes de la chapelle, moins la petite porte, et la s�ur infirmi�re resta seule pr�s de moi.

�Cependant une pens�e terrible m�agitait pendant mon sommeil; c��tait le lendemain que devait avoir lieu l�enterrement, et je sentais que j�allais �tre enterr�e toute vive, si quelque puissance inconnue ne venait � mon secours.

�J�entendais les unes apr�s les autres les heures: neuf heures sonn�rent, puis dix heures, puis onze heures.

�Chaque coup retentissait dans mon cour; car j�entendais, chose effrayante! le glas de ma propre mort.

�Ce que je fis d�efforts pour vaincre ce sommeil glac�, pour rompre ces liens de fer qui m�attachaient au fond de mon cercueil, Dieu seul le sait; mais il le vit, puisqu�il eut piti� de moi.

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