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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Vous vous trompez.

� Non, non, Madame. Tenez, malgr� moi, il m�attire, voyez; retenez-moi, retenez-moi.

Madame Louise saisit la jeune femme par le bras.

� Mais remettez-vous, pauvre enfant, dit-elle; f�t-ce lui, mon Dieu, vous �tes ici en s�ret�.

� Il approche, il approche, vous dis-je! s��cria Lorenza, terrifi�e, an�antie, les yeux fixes, le bras �tendu vers la porte de la chambre.

� Folie! Folie! dit la princesse. Est-ce que l�on entre ainsi chez Madame Louise de France?� Il faudrait que cet homme f�t porteur d�un ordre du roi.

� Oh! Madame, je ne sais comment il est entr�, s��cria Lorenza en se renversant en arri�re; mais ce que je sais, ce dont je suis certaine, c�est qu�il monte l�escalier� c�est qu�il est � dix pas d�ici � peine� c�est que le voil�!

Tout � coup la porte s�ouvrit; la princesse recula, �pouvant�e malgr� elle de cette co�ncidence bizarre.

Une s�ur parut.

� Qui est l�? demanda Madame, et que voulez-vous?

� Madame, r�pondit la s�ur, un gentilhomme vient de se pr�senter au couvent, qui veut parler � Votre Altesse royale.

� Son nom?

� Monsieur le comte de F�nix.

� Est-ce lui? demanda la princesse � Lorenza, et connaissez-vous ce nom?

� Je ne connais pas ce nom; mais c�est lui, Madame, c�est lui.

� Que veut-il? demanda la princesse � la religieuse.

� Charg� d�une mission pr�s du roi de France par Sa Majest� le roi de Prusse, il voudrait, dit-il, avoir l�honneur d�entretenir un instant Votre Altesse royale.

Madame Louise r�fl�chit un instant; puis, se retournant vers Lorenza:

� Entrez dans ce cabinet, dit-elle.

Lorenza ob�it.

� Et vous, ma s�ur, continua la princesse, faites entrer ce gentilhomme.

La s�ur s�inclina et sortit.

La princesse s�assura que la porte du cabinet �tait bien close, et revint � son fauteuil, o� elle s�assit, attendant, non sans une certaine �motion, l��v�nement qui allait s�accomplir.

Presque aussit�t, la s�ur reparut. Derri�re elle marchait cet homme que nous avons vu, le jour de la pr�sentation, se faire annoncer chez le roi sous le nom du comte de F�nix.

Il �tait rev�tu du m�me costume, qui �tait un uniforme prussien, s�v�re dans sa coupe; il portait la perruque militaire et le col noir; ses grands yeux, si expressifs, s�abaiss�rent en pr�sence de Madame Louise, mais seulement pour donner au respect tout ce qu�un homme, si haut plac� qu�il soit comme simple gentilhomme, doit de respect � une fille de France.

Mais les relevant aussit�t comme s�il eut craint d��tre aussi d�une trop grande humilit�:

� Madame, je rends gr�ce � Votre Altesse royale de la faveur qu�elle veut bien me faire. J�y comptais cependant, connaissant que Votre Altesse soutient g�n�reusement tout ce qui est malheureux.

� En effet, monsieur, j�y essaie, dit la princesse avec dignit�, car elle comptait terrasser, apr�s dix minutes d�entretien, celui qui venait impudemment r�clamer la protection d�autrui apr�s avoir abus� de ses propres forces.

Le comte s�inclina sans para�tre avoir compris le double sens des paroles de la princesse.

� Que puis-je donc pour vous, monsieur? continua Madame Louise sur le m�me ton d�ironie.

� Tout, Madame.

� Parlez.

� Votre Altesse, que je ne fusse point, sans de graves motifs, venu importuner dans la retraite qu�elle s�est choisie, a donn�, je le crois du moins, asile � une personne qui m�int�resse en tout point.

� Comment nommez-vous cette personne, monsieur?

� Lorenza Feliciani.

� Et que vous est cette personne? Est-ce votre alli�e, votre parente, votre s�ur?

� C�est ma femme.

� Votre femme? dit la princesse en �levant la voix, afin d��tre entendue du cabinet; Lorenza Feliciani est la comtesse de F�nix?

� Lorenza Feliciani est la comtesse de F�nix, oui, Madame, r�pondit le comte avec le plus grand calme.

� Je n�ai point de comtesse de F�nix aux Carm�lites, monsieur, r�pliqua s�chement la princesse.

Mais le comte ne se regarda point comme battu et continua:

� Peut-�tre bien, Madame, Votre Altesse n�est-elle pas bien persuad�e encore que Lorenza Feliciani et la comtesse de F�nix sont une seule et m�me personne?

� Non, je l�avoue, dit la princesse, et vous avez devin� juste, monsieur; ma conviction n�est point enti�re sur ce point.

� Votre Altesse veut-elle donner l�ordre que Lorenza Feliciani soit amen�e devant elle, et alors elle ne conservera plus aucun doute. Je demande � Son Altesse pardon d�insister ainsi; mais je suis tendrement attach� � cette jeune femme, et elle-m�me regrette, je crois, d��tre s�par�e de moi.

� Le croyez-vous?

� Oui, Madame, je le crois, si pauvre que soit mon m�rite.

�Oh! pensa la princesse, Lorenza avait dit vrai, et cet homme est effectivement un homme dangereux.�

Le comte gardait une contenance calme et se renfermait dans la plus stricte politesse de cour.

�Essayons de mentir�, continua de penser Madame Louise.

� Monsieur, dit-elle, je n�ai point � vous remettre une femme qui n�est point ici. Je comprends que vous la cherchiez avec tant d�insistance, si vous l�aimez v�ritablement comme vous le dites; mais, si vous voulez avoir quelque chance de la trouver, cherchez-la ailleurs, croyez-moi.

Le comte, en entrant, avait jet� un regard rapide sur tous les objets que renfermait la chambre de Madame Louise, et ses yeux s��taient arr�t�s un instant, rien qu�un instant, c�est vrai, mais ce seul regard avait suffi, sur la table plac�e dans un angle obscur de l�appartement, et c��tait sur cette table que Lorenza avait plac� ses bijoux, qu�elle avait offerts pour entrer aux Carm�lites. Aux �tincelles qu�ils jetaient dans l�ombre, le comte de F�nix les avait reconnus.

� Si Votre Altesse royale voulait bien rappeler ses souvenirs, insista le comte, et c�est une violence que je la prie de vouloir bien se faire, elle se rappellerait que Lorenza Feliciani �tait tout � l�heure dans cette chambre, et qu�elle a d�pos� sur cette table les bijoux qui y sont, et qu�apr�s avoir eu l�honneur de conf�rer avec Votre Altesse, elle s�est retir�e.

Le comte de F�nix saisit au passage le regard que jetait la princesse du c�t� du cabinet.

� Elle s�est retir�e dans ce cabinet, acheva-t-il.

La princesse rougit, le comte continua:

� De sorte que je n�attends que l�agr�ment de Son Altesse pour lui ordonner d�entrer; ce qu�elle fera � l�instant m�me, je n�en doute pas.

La princesse se rappela que Lorenza s��tait enferm�e en dedans, et que, par cons�quent, rien ne pouvait la forcer de sortir que l�impulsion de sa propre volont�.

� Mais, dit-elle, ne cherchant plus � dissimuler le d�pit qu�elle �prouvait d�avoir menti inutilement devant cet homme � qui l�on ne pouvait rien cacher, si elle entre, que fera-t-elle?

� Rien, Madame; elle dira seulement � Votre Altesse qu�elle d�sire me suivre, �tant ma femme.

Ce dernier mot rassura la princesse, car elle se rappelait les protestations de Lorenza.

� Votre femme! dit-elle, en �tes-vous bien s�r?

Et l�indignation per�ait sous ses paroles.

� On croirait, en v�rit�, que Votre Altesse ne me croit pas, dit poliment le comte. Ce n�est pas cependant une chose bien incroyable que le comte de F�nix ait �pous� Lorenza Feliciani, et que, l�ayant �pous�e, il redemande sa femme.

� Sa femme, encore! s��cria Madame Louise avec impatience; vous osez dire que Lorenza Feliciani est votre femme?

� Oui, Madame, r�pondit le comte avec un naturel parfait, j�ose le dire, car cela est.

� Mari�, vous �tes mari�?

� Je suis mari�.

� Avec Lorenza?

� Avec Lorenza.

� L�gitimement?

� Sans doute, et, si vous insistez, Madame, dans une d�n�gation qui me blesse�

� Eh bien, que ferez-vous?

� Je mettrai sous vos yeux mon acte de mariage parfaitement en r�gle et sign� du pr�tre qui nous a unis.

La princesse tressaillit; tant de calme brisait ses convictions.

Le comte ouvrit un portefeuille et d�veloppa un papier pli� en quatre.

� Voil� la preuve de la v�rit� de ce que j�avance, Madame, et du droit que j�ai de r�clamer cette femme; la signature fait foi� Votre Altesse veut elle lire l�acte et interroger la signature?

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