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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Seule en ce moment, oui, monsieur, selon toute probabilit�; car, depuis la fuite de mademoiselle Nicole�

� Comment! Nicole a fui?

� Oui, monsieur, avec son amant.

� Avec son amant?

� Du moins � ce que je pr�sume, dit Gilbert, qui vit qu�il s��tait trop avanc�. On disait cela aux communs.

� Mais, en v�rit�, Gilbert, dit Philippe de plus en plus inquiet, je n�y comprends rien. Il faut t�arracher les paroles. Sois donc un peu plus aimable. Tu as de l�esprit, tu ne manques pas de distinction naturelle; voyons, ne g�te pas ces bonnes qualit�s par une sauvagerie affect�e, par une brusquerie qui ne va pas � ta condition, qui n�irait � aucune.

� Mais c�est que je ne sais pas tout ce que vous me demandez, vous, monsieur, et que, si vous y r�fl�chissez, vous verrez que je ne puis le savoir. Je travaille toute la journ�e dans les jardins, et ce qu�on fait au ch�teau, dame! je l�ignore.

� Gilbert, Gilbert, j�aurais cru cependant que tu avais des yeux.

� Moi?

� Oui, et que tu t�int�ressais � ceux qui portent mon nom; car enfin, si mauvaise qu�ait �t� l�hospitalit� de Taverney, tu l�as eue.

� Aussi, monsieur Philippe, je m�int�resse beaucoup � vous, dit Gilbert d�un son de voix strident et rauque, car la mansu�tude de Philippe et un autre sentiment que celui-ci ne pouvait deviner avaient amolli ce c�ur farouche; oui, je vous aime, vous; voil� pourquoi je vous dirai que mademoiselle votre s�ur est bien malade.

� Bien malade! ma s�ur! s��cria Philippe avec explosion; bien malade, ma s�ur! bien malade! et tu ne me dis pas cela tout de suite!

Et aussit�t, quittant le pas mesur� pour prendre le pas de course:

� Qu�a-t-elle, mon Dieu? demanda-t-il.

� Dame! dit Gilbert, on ne sait.

� Mais enfin?

� Seulement, elle s�est �vanouie trois fois aujourd�hui en plein parterre, et m�me, � l�heure qu�il est, le m�decin de madame la dauphine l�a d�j� visit�e, M. le baron aussi.

Philippe n�en entendit pas davantage; ses pressentiments s��taient r�alis�s et, en face du danger r�el, il avait retrouv� tout son courage.

Il laissa son cheval aux mains de Gilbert, et courut � toutes jambes vers le b�timent des communs.

Quant � Gilbert, demeur� seul, il conduisit pr�cipitamment le cheval aux �curies, et s�enfuit comme ces oiseaux sauvages ou malfaisants qui ne veulent jamais rester � la port�e de l�homme.

Chapitre 141. Le fr�re et la s�ur

Philippe trouva sa s�ur couch�e sur le petit sofa dont nous avons d�j� eu occasion de parler.

En entrant dans l�antichambre, le jeune homme remarqua qu�Andr�e avait soigneusement �cart� toutes les fleurs, elle qui les aimait tant; car, depuis son malaise, le parfum des fleurs lui causait des douleurs insupportables, et elle rapportait � cette irritation des fibres c�r�brales toutes les indispositions qui s��taient succ�d� depuis quinze jours.

Au moment o� Philippe entra, Andr�e r�vait; son beau front charg� d�un nuage penchait lourdement, et ses yeux vacillaient dans leurs orbites douloureuses. Elle avait les mains pendantes et, quoique dans cette situation le sang e�t d� y descendre, ses mains �taient blanches comme celles d�une statue de cire.

Son immobilit� �tait telle, qu�elle ne vivait point en apparence, et que, pour bien se convaincre qu�elle n��tait pas morte, il fallait l�entendre respirer.

Philippe avait toujours �t� d�un pas plus rapide depuis le moment o� Gilbert lui avait dit que sa s�ur �tait malade, de sorte qu�il �tait arriv� tout haletant au bas de l�escalier; mais, l�, il avait fait une halte, la raison �tait revenue, et il avait mont� les degr�s d�un pas plus calme, en sorte qu�au seuil de la chambre, il ne faisait plus que poser le pied sans bruit et sans mouvement comme s�il e�t �t� un sylphe.

Il voulait se rendre compte par lui-m�me, avec cette sollicitude particuli�re aux gens qui aiment, de la maladie par les sympt�mes; il savait Andr�e si tendre et si bonne que, aussit�t apr�s l�avoir vu et entendu, elle composerait son geste et son maintien pour ne pas l�alarmer.

Il entra donc en poussant si doucement la porte vitr�e, qu�Andr�e ne l�entendit pas, de sorte qu�il fut au milieu de la chambre avant qu�elle se dout�t de rien.

Philippe eut donc le temps de la regarder, de voir cette p�leur, cette immobilit�, cette atonie; il surprit l�expression �trange de ces yeux qui s�ab�maient dans le vide et, plus alarm� qu�il ne croyait lui-m�me pouvoir l��tre, il prit tout de suite cette id�e que le moral entrait pour une notable part dans les souffrances de sa s�ur.

� cet aspect qui faisait courir un frisson dans son c�ur, Philippe ne put retenir un mouvement d�effroi.

Andr�e leva les yeux et, poussant un grand cri, elle se dressa comme une morte qui ressuscite; et, toute haletante � son tour, elle courut se pendre au cou de son fr�re.

� Vous, vous, Philippe! dit-elle.

Et la force l�abandonna avant qu�elle p�t en dire davantage.

D�ailleurs, que pouvait-elle dire autre chose, puisqu�elle ne pensait que cela?

� Oui, oui, moi, r�pondit Philippe en l�embrassant et en la soutenant, car il la sentait fl�chir entre ses bras, moi qui reviens et qui vous trouve malade! Ah! pauvre s�ur, qu�as-tu donc?

Andr�e se mit � rire d�un rire nerveux qui fit mal � Philippe, bien loin de le rassurer, comme la malade l�aurait voulu.

� Ce que j�ai, demandez-vous? ai-je donc l�air malade, Philippe?

� Oh! oui, Andr�e, vous �tes toute p�le et toute tremblante.

� Mais o� donc avez-vous vu cela, mon fr�re? Je ne suis pas m�me indispos�e; qui donc vous a si mal renseign�, mon Dieu? Qui donc a eu la sottise de vous alarmer? Mais, en v�rit�, je ne sais ce que vous voulez dire et je me porte � merveille, sauf quelques l�gers �blouissements qui passeront comme ils sont venus.

� Oh! mais vous �tes si p�le, Andr�e�

� Ai-je donc ordinairement beaucoup de couleurs?

� Non; mais vous vivez au moins, tandis qu�aujourd�hui�

� Ce n�est rien.

� Tenez, tenez, vos mains, qui �taient br�lantes tout � l�heure, sont froides maintenant comme la glace.

� C�est tout simple, Philippe, quand je vous ai vu entrer�

� Eh bien?�

� J�ai �prouv� une vive sensation de joie, et le sang s�est port� au c�ur, voil� tout.

� Mais vous chancelez, Andr�e, vous vous retenez apr�s moi.

� Non, je vous embrasse, voil� tout; ne voulez-vous point que je vous embrasse, Philippe?

� Oh! ch�re Andr�e!

Et il serra la jeune fille sur son c�ur.

Au m�me instant, Andr�e sentit ses forces l�abandonner de nouveau; vainement elle essaya de se retenir au cou de son fr�re, sa main glissa raide et presque morte, et elle retomba sur le sofa, plus blanche que les rideaux de mousseline sur lesquels se profilait sa charmante figure.

� Voyez-vous, voyez-vous que vous me trompiez! cria Philippe. Ah! ch�re s�ur, vous souffrez, vous vous trouvez mal.

� Le flacon! le flacon! murmura Andr�e en contraignant l�expression de son visage � un sourire qui l�accompagnait jusque dans la mort.

Et son �il d�faillant, et sa main soulev�e avec peine, indiquaient � Philippe un flacon plac� sur le petit chiffonnier pr�s de la fen�tre.

Philippe se pr�cipita vers le meuble, les yeux toujours fix�s vers sa s�ur, qu�il quittait � regret.

Puis, ouvrant la fen�tre, il revint placer le flacon sous les narines crisp�es de la jeune fille.

� L�, l�, fit-elle en respirant � longs traits l�air et la vie, vous voyez que me voil� ressuscit�e; allons, me croyez-vous bien malade? Parlez.

Mais Philippe ne songeait pas m�me � r�pondre; il regardait sa s�ur.

Andr�e se remit peu � peu, se redressa sur le sofa, prit entre ses mains moites la main tremblante de Philippe, et son regard s�adoucissant, le sang remontant � ses joues, elle parut plus belle qu�elle n�avait jamais �t�.

� Ah! mon Dieu! dit-elle, vous le voyez bien, Philippe, c�est fini, et je gage que, sans la surprise que vous m�avez faite � si bonne intention, les spasmes n�eussent point reparu, et que j��tais gu�rie; mais arriver ainsi devant moi, vous comprenez, Philippe, devant moi qui vous aime tant� vous, vous qui �tes le mobile, l��v�nement de ma vie, mais ce serait vouloir me tuer, m�me si je me portais bien.

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